Synthèse d’actualité estivale 2017 – Amérique latine Synthèse d’actualité estivale 2017 – Amérique latine
  La fin de l’été a malheureusement sonné, et soyons honnêtes, notre préoccupation première des vacances n’a pas été de prendre de l’avance en civi’... Synthèse d’actualité estivale 2017 – Amérique latine

  La fin de l’été a malheureusement sonné, et soyons honnêtes, notre préoccupation première des vacances n’a pas été de prendre de l’avance en civi’ d’Amérique Latine en fichant les articles d’El Pais. Pas de panique. Vous voulez y voir plus clair quant à la crise au Vénézuela ? Vous voulez savoir comment la Colombie prend un nouvel envol après l’accord de paix entre le Gouvernement et les Farcs ? Vous voulez comprendre pourquoi le Mexique reste encore en proie à une extrême violence liée au trafic de drogue ? Tout est là.

 

Economie et politique en Argentine

25 juin 2017 :

Nombreux sont ceux qui pensaient que Cristina Kirchner finiraient sa carrière politique sur sa défaite à la présidentielle de 2015. Or, l’ancienne présidente a annoncé qu’elle serait candidate au Sénat pour la province de Buenos Aires en octobre 2017. À suivre…

12 aout 2017 :

Un projet d’envergure est sur le point d’être lancé en Amérique du Sud : il s’agit de la construction du tunnel de Agua Negra reliant l’Argentine au Chili en passant sous la Cordillère des Andes, soit le tunnel le plus long de ce continent. En effet, sur 5 150 kilomètres de frontière séparant les deux pays, ce sont seulement 14 passages (plus ou moins « praticables ») qui relient ces deux pays. La construction de ce tunnel de 13,9 kms prendra 9 ans et coûtera 1 330 millions d’euros, mais sera à long terme au combien bénéfique économiquement, reboostant en particulier le commerce au sein du Mercosur.

13 août 2017 :

Le rapprochement entre Washington et Buenos Aires ne fait plus aucun doute. Trump semble considérer Macri, le président argentin, comme un ami de longue date, et c’est un fait que l’on comprend mieux au vu des chiffres : l’Argentine a importé en 2016 7 000 millions de dollars de biens et services tandis qu’elle n’en a exporté que 5 000 millions.

 

Le Venezuela s’enfonce dans la dictature

21 août 2017 :

Le coup d’Etat institutionnel mené par Nicolas Maduro, le président vénézuélien, est désormais parachevé. Vendredi 18 août, l’Assemblée constituante, qu’il a fait élire le 30 juillet malgré le boycott de l’opposition et hors de tout cadre ou calendrier institutionnels, s’est arrogé, sans surprise, la plupart des pouvoirs législatifs normalement dévolus au Parlement dominé par ses adversaires politiques depuis leur victoire aux législatives de décembre 2015. La tentative par la Cour suprême, aux mains des chavistes, de priver le Parlement de ses pouvoirs a déclenché le vaste mouvement de protestation qui, depuis début avril, a été réprimé dans le sang par les forces de sécurité. Plus de 120 manifestants ont déjà trouvé la mort. Le processus de destitution du président Maduro lancé au Parlement par l’opposition s’est retourné contre elle : Nicolas Maduro a usé de tous les moyens à sa disposition, y compris la force armée, pour briser la dynamique politique qui menaçait de l’emporter.

Le coup de force de la Constituante chaviste est donc l’aboutissement d’une longue crise, mais pas son dernier acte. Si l’héritier d’Hugo Chavez a désormais tous les pouvoirs en main, y compris la justice depuis le limogeage de la procureure générale, une chaviste devenue trop critique, le Venezuela lui a échappé depuis longtemps. Alors que des pans entiers des classes populaires, touchées de plein fouet par la crise, ont commencé à se détourner du pouvoir, l’opposition, longtemps revancharde et factieuse, a su s’unir et choisir la voie des urnes. En vain. Trop d’intérêts, semble-t-il, sont en jeu pour que Nicolas Maduro et l’aile dure du chavisme, y compris dans l’armée, acceptent une alternance.

Le Venezuela, démocratie imparfaite et populiste sous Hugo Chavez, a glissé vers la dictature. Plus de 2 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis l’avènement du chavisme. Et l’exode s’accélère. L’Organisation des Etats américains n’a pas ménagé ses critiques envers le pouvoir à Caracas ; le Mercosur, l’organisation économique sud-américaine, a suspendu le Venezuela. La crise vénézuélienne, cependant, est à présent trop grave pour rester une affaire strictement régionale. Les Nations unies et l’Union européenne doivent peser et faire pression sur le régime Maduro pour convaincre ceux qui le soutiennent encore qu’il est dans l’impasse. Les Etats-Unis, pour leur part, feraient mieux de s’abstenir de toute démarche unilatérale, telle que la menace de « l’option militaire » récemment brandie par le président Trump, sous peine d’offrir sur un plateau à Nicolas Maduro un nouveau souffle inespéré contre « l’impérialisme yankee ».

 

Ennemi numéro un du Venezuela, le Pérou

12 août 2017 :

Nombreuses sont les tensions diplomatiques entre le Pérou et le Venezuela. Le président Kuczynski semble inquiet de la situation actuelle au Venezuela. Le Pérou a annoncé l’expulsion de l’ambassadeur vénézuélien, tandis que le Venezuela a ordonné en retour l’expulsion du chargé d’affaires de l’ambassade du Pérou. Le Pérou devient dès lors l’ennemi numéro un du Venezuela, faisant opposition au régime qualifié de dictatorial de Maduro.

 

Le rôle primordial que pourrait jouer Cuba

15 juillet 2017 :

A quelques jours du deuxième anniversaire de la réouverture de l’ambassade cubaine à Washington – c’était le 20 juillet 2015 –, Raul Castro s’en est pris à la politique initiée par Donald Trump, qui entraîne une limitation des voyages des citoyens américains vers l’île et qui interdit toute négociation avec des entreprises dirigées par les militaires cubains, des sociétés omniprésentes dans le secteur du tourisme. Le président américain avait durci le ton face à Cuba à la mi-juin, lors d’un déplacement en Floride, où il s’était exprimé devant un auditoire d’exilés anti-castristes.

20 juillet 2017 :

La Colombie, mais aussi le Mexique, l’Argentine et d’autres Etats de la région, voudraient que Cuba assume le rôle de médiateur ou de facilitateur en vue d’une issue négociée de la crise vénézuélienne. Les Colombiens sont les premiers à souffrir l’impact de la crise économique, sociale et humanitaire au Venezuela. La frontière poreuse entre les deux nations a déjà été franchie par près d’un million de réfugiés. Jusqu’à présent, la médiation du Vatican, de l’Espagne ou d’anciens présidents latino-américains n’a donné aucun résultat. M. Maduro répugne à faire la moindre concession. Ainsi, son gouvernement relâche l’opposant Leopoldo Lopez le 8 juillet, après trois ans et demi dans une prison militaire, et le place en résidence surveillée, mais en même temps, les autorités multiplient par quatre le nombre de prisonniers politiques (plus de 440) et défèrent des civils devant des tribunaux militaires. Face à l’escalade, les diplomates sont engagés dans une course contre la montre pour éviter un affrontement sanglant. Seul La Havane peut infléchir la position irréductible de Caracas. Les conseillers cubains sont présents à tous les niveaux de l’Etat vénézuélien. Mais s’il y a une alternance à Caracas, La Havane ne perdrait pas seulement un allié politique, mais surtout le soutien économique qui lui a permis de surmonter l’effondrement.

 

Le Mexique en proie à une extrême violence

21 juillet 2017 :

Parmi les zones les plus dangereuses du Mexique, on retrouve le cartel de Sinaloa, cartel dirigé par Joaquin Guzman dit aussi El Chapo, située au Nord-Ouest du pays (quitte à joindre l’utile à l’agréable, vous pouvez retrouver la série El Chapo sur Netflix…). El Chapo est actuellement le mafieux et trafiquant le plus dangereux au monde, mais aussi l’un des hommes les plus riches du Mexique. Depuis janvier 2016, date à laquelle le baron a été extradé aux Etats-Unis après s’être échappé à trois reprises de prison du Mexique (en 2001, en 2014 et dernièrement en 2016), la région du Sinaloa est ensanglantée, certains parlent même de « terreur généralisée ». Des clans s’affrontent en permanence pour reprendre le contrôle du cartel à la suite de Joaquin Guzman. Les trois principaux clans qui s’affrontent sont en réalité trois anciens bras droits du baron qui se disputent le cartel aux milliards de dollars. En quelques chiffres, ce sont 5700 policiers et militaires qui sont présents dans cette région, mais il en faudrait en réalité 9.000 pour maintenir l’ordre.

Et c’est en lien étroit avec le désordre actuel dans ce cartel que le Mexique reste l’un des pays les plus dangereux du monde pour un journaliste. Aujourd’hui, on compte plus de 100 journalistes assassinés, 23 journalistes disparus et des dizaines menacés. Le meurtre du journaliste Javier Valdez, le 15 mai, pourrait être lié à l’interview de Damaso Lopez (un des trois anciens bras droit de Guzman) qu’il avait réalisée en février.

 

 

Pauvreté extrême en Bolivie

24 août 2017 :

La Bolivie reste à l’heure actuelle l’un des pays les plus pauvres d’Amérique Latine et du continent américain. De surcroit, le président bolivien Evo Morales affirme que l’économie de son pays souffre lourdement du manque d’accès à l’océan Pacifique. Un isolement qui dure depuis plus de 130 ans. Mais à l’heure actuelle, le président Evo Morales aspire à un quatrième mandat, suite à ses succès économiques notamment en matière de lutte contre cette extrême pauvreté.

 

Corruption au Panama

31 août 2017 :

L’ancien président Ricardo Martinelli, réfugié aux USA, ne va pas tarder à se faire extrader puisqu’accusé de corruption et d’espionnage politique (espionnages de plus de 150 opposants entre 2007 et 2014).

 

Mandat sauvé au Brésil

2 août 2017 :

En dépit d’indices accablants, le chef de l’Etat a sauvé son mandat grâce au soutien de plus d’un tiers des députés qu’il a réussi à convaincre. Reste le malaise qui s’est emparé de Brasília. Un an plus tôt, les députés affichaient crânement leurs opinions, assurant en direct à la télévision voter au nom de « Dieu » ou « de la famille » contre la présidente Dilma Rousseff. Mercredi, hormis le très singulier Wladimir Costa (SD), qui s’est tatoué sur l’épaule le nom de Temer, les parlementaires se sont faits moins discrets, arguant de la stabilité du pays pour justifier un vote en faveur d’un homme qui, comme beaucoup d’entre eux, est mis en cause par la justice. Pour le politologue Paulo Baia, « mercredi, “Lava Jato” a été blessé à mort », dans la quasi-indifférence des Brésiliens, lassés et davantage intéressés par le transfert du footballeur star Neymar du FC Barcelone au PSG.

 

Avancées sociales chiliennes

21 août 2017 :

C’est l’aboutissement de vingt-huit ans de lutte. Le Tribunal constitutionnel du Chili a validé lundi la loi de dépénalisation de l’avortement thérapeutique, déjà approuvée par le Parlement. Les femmes dont la vie est en danger, qui ont été violées ou dont le foetus est jugé non viable seront ainsi autorisées à avoir recours à l’IVG. On estime qu’au moins 120 000 avortements sont pratiqués tous les ans au Chili, dans la clandestinité. Cette mesure va dans le même sens que l’accord bilatéral entre le Canada et le Chili signé en juin, qui avait intégré un chapitre sur l’égalité entre les sexes. Les deux pays s’étaient engagés à mettre en place un comité du commerce et de l’égalité entre les sexes pour superviser les expériences communes dans la conception des programmes afin de favoriser la participation des femmes dans l’économie.

23 août 2017 :

L’ancien président brésilien Fernando Collor de Mello a été mis en examen dans le cadre du scandale Petrobras. Le parquet général accuse M. Collor de Mello d’avoir reçu entre 2010 et 2014 des dessous-de-table d’un montant de plus de 29 millions de reais (7,8 millions d’euros) pour diverses opérations liées à BR Distribuidora, une filiale du groupe public pétrolier Petrobras. M. Collor de Mello est le troisième sénateur à être formellement mis en examen dans le cadre de l’opération « Lava Jato » (lavage express).

 

Révolution uruguayenne

19 juillet 2017 :

La révolution en herbe se poursuit en Uruguay avec, à partir du mercredi 19 juillet, la vente, sous contrôle de l’Etat, de cannabis à usage récréatif dans les pharmacies. Une première au monde. Pour l’instant, seize d’entre elles ont accepté ce nouveau service et répondent à tous les critères de l’Institut de Régulation et de Contrôle du Cannabis. Après avoir formellement légalisé la marijuana en décembre 2013, l’Uruguay est devenu le premier pays au monde où le marché du cannabis, sa production et sa commercialisation sont entre les mains de l’Etat. Ces lois visent à combattre les narcotraficants et le crime organisé. La marijuana est désormais en vente en pharmacie au prix de un euro et dix centimes le gramme, soit moins cher qu’au marché noir. Toute personne inscrite au préalable sur les registres de consommateurs peut en acheter au maximum 10 grammes par semaine.

Quelques autres exemples de lois avant-gardistes de l’Uruguay :

Le divorce y a été légalisé en 1913 et les femmes ont acquis le droit de vote en 1927. La légalisation de la prostitution date de 2002. Le mariage entre personnes du même sexe est possible depuis décembre 2012, soit quelques semaines avant la France, et la loi autorise également l’adoption par les couples homosexuels. En revanche, l’avortement n’a été dépénalisé qu’en octobre 2012.

 

Costa Rica ou la « Suisse d’Amérique centrale »

15 août 2017 :

Costa Rica est celle que l’on l’appelle la « Suisse d’Amérique centrale » parce que c’est le pays le plus stable et le second avec le revenu le plus élevé par habitant dans la région. Mais, il y a quelques jours, le 1er août, le président Luis Guillermo Solís Rivera a reconnu qu’ils étaient confrontés à des «difficultés de liquidité pour payer des obligations et garantir l’exploitation de services essentiels». Et pour faire face à la crise, on a annoncé une série de mesures d’austérité telles que l’annulation des contrats et les paiements inutiles. Au lieu de cela, les analystes et les partis d’opposition disent que la situation n’est pas aussi grave que Guillermo Solís l’affirme et dénonce une manœuvre politique pour obtenir un soutien à la réforme fiscale proposée par le président à l’Assemblée législative. Le débat arrive à un moment difficile : il y a des élections présidentielles en février.

 

Fin des FARCS et renouveau en Colombie

15 août 2017 :

Elle était la plus ancienne rébellion du continent américain. Le désarmement des FARC a officiellement pris fin mardi 15 août. La guérilla marxiste, fondée en 1964, avait signé la paix avec le gouvernement colombien en novembre. Le conflit a duré plus d’un demi-siècle et a fait environ 7,5 millions de disparus et de déplacés. Parmi eux, deux cent vingt mille personnes sont mortes. Les FARCS ont aussi annoncé lundi 24 juillet qu’elles allaient lancer leur parti politique le 1er septembre. L’accord de paix, conclu au terme de quatre ans de négociations à Cuba, prévoit la transformation des FARC en parti politique. Le nom et la ligne politique du nouveau parti doivent être décidés lors d’un congrès des FARC en août. Rien n’est toutefois acquis. L’opposition de droite s’est d’ores et déjà engagée à réviser l’accord avec les FARC, qu’elle juge trop indulgent, si elle remporte les élections prévues en 2018.l avait ainsi porté un coup au rapprochement initié par son prédécesseur Barack Obama fin 2014.

 

 

Margaux Cornille et Eva Rial

Eva Rial

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