Mode d’emploi aux prépas troubadours  (aussi appelées CPGE littéraires A/L) Mode d’emploi aux prépas troubadours  (aussi appelées CPGE littéraires A/L)
La prépa littéraire A/L : mais quel est ce monde étrange ? Les clichés sur les filières littéraires ont de bien longues années devant eux. A coups... Mode d’emploi aux prépas troubadours  (aussi appelées CPGE littéraires A/L)

La prépa littéraire A/L : mais quel est ce monde étrange ?

Les clichés sur les filières littéraires ont de bien longues années devant eux. A coups de « tu n’auras jamais de travail » et de « ce sont des rêveurs, ils ne touchent jamais du concret », les élèves de cette filière ont souvent mauvaise réputation. Et si on leur disait que… les classes préparatoires littéraires sont celles qui offrent le plus de débouchés ?

Tout d’abord, il faut différencier les classes prépas littéraires A/L des B/L. En B/L, les cours sont beaucoup plus éclectiques et moins spécialisés (je te renvoie à un article qui présente cette section de façon détaillée). Les A/L sont les littéraires des littéraires. Les matières enseignées en première année (nommée l’hypokhâgne) sont : le français, l’histoire, la philosophie, la géographie, une LV1, une LV2, la culture de l’Antiquité, une langue morte (latin ou grec), ainsi que des options qui varient selon les établissements. En hypokhâgne, ce sont les professeurs qui choisissent du programme qu’ils te feront étudier : il y a alors de fortes chances pour que le sujet en question les intéresse personnellement et qu’ils te transmettent donc cet intérêt pour la matière.

Bien que les littéraires soient considérés comme les fainéants, les rêveurs du bac, ils deviennent souvent ceux à qui on demande le plus de travail en classe prépa. Le nombre d’heures de cours par semaine tournant généralement autour de 30 heures en hypokhâgne, il s’agit de doubler ce nombre avec du travail personnel en première année. On t’a déjà prévenu : la classe prépa n’est facile pour personne, et demande un investissement énorme.

De plus en plus d’élèves considèrent aujourd’hui l’hypokhâgne comme une année de transition : la rigueur et la richesse intellectuelles les attire, certains ne se sentant pas prêts pour le modèle de travail de la fac par exemple. D’autres y voient une nouvelle opportunité de passer les concours pour les IEP (Instituts d’études politiques, l’équivalent de Sciences Po) tout en acquérant une méthode de dissertation et une culture imparables. Dans tous les cas, les élèves ne regrettent pas cette année d’efforts, qui est une occasion d’amasser une culture et une méthode de réflexion sans aucun enjeu décisif (excepté pour ceux qui préparent les concours aux IEP).

 

 

La khâgne : et après ?

La deuxième année de classe prépa littéraire (nommée khâgne) est une autre paire de manches. Une préparation aux concours est toujours intense, quelle que soit la filière. Cependant, la filière littéraire prépare surtout, par tradition, aux ENS (Lyon, Cachan et Ulm, qui ont différentes spécialités et modalités de concours), particulièrement difficiles à intégrer. Alors que les filières ECS et ECE préparent à peu près n’importe quel élève à rentrer dans une école, seulement 3 % des élèves qui se présentent au concours de l’ENS de Lyon sont admis. L’ENS est le top au niveau du diplôme et tout étudiant en prépa littéraire se doit de l’envisager, mais il faut garder en tête qu’elle reste difficile à atteindre.

Etre admissible, voire admis, à l’ENS, représente un travail énorme. Le nombre d’heures de cours par semaine baisse encore par rapport à l’hypokhâgne, et se situe autour de 25 heures par semaine. Ainsi, pour avoir une chance de réussir ses concours, il s’agira de presque tripler ce chiffre à force de travail personnel, pour arriver à 60 heures par semaine. Mais le travail personnel n’est pas la clé de la réussite, et c’est de se diviser le travail avec une personne ou un groupe de personnes du même niveau qui te permettra d’atteindre les sommets. Le travail d’équipe est la meilleure solution pour gagner du temps et se soutenir mentalement mutuellement. Et puis, se diviser le travail signifie aussi pouvoir se permettre une ou deux sorties dans la semaine !

De très nombreux autres préparationnaires littéraires ne sont cependant pas attirés par un avenir dans la recherche ou l’enseignement, et se préparent donc pour d’autres voies après la prépa : la voie alternative la plus répandue aujourd’hui est la fac. Bien que certains professeurs et l’ambiance en classe prépa soient souvent favorables à un certain mépris de la fac, il n’y a pas de raison concrète à cela. L’université a son mode de travail propre et des exigences différentes de la prépa, que les préparationnaires ont du mal à comprendre, ayant toujours été dans un modèle bien particulier. En arrivant en L3 (après une khâgne) ou en M1 (après une khûbe), libre à toi de travailler autant qu’en prépa. Là est l’avantage de la fac : ceux qui veulent aller plus loin dans les cours peuvent le faire ; les autres peuvent s’en tenir à ce qu’on leur demande, ce qui requiert toujours un certain investissement.

Une nouvelle voie gagne en succès depuis quelques années : celle des écoles de commerce. Encore trop méprisée ou négligée par les professeurs et les élèves, les littéraires ont cependant largement leur place dans les écoles de management. Les arguments phares sont une apparente pauvreté intellectuelle et une absence de sciences humaines dans le cursus. Pourtant, ce sont des voies privilégiées pour ceux qui souhaitent travailler dans la culture, sans pour autant être artiste. Certaines écoles proposent des spécialisations dans le management culturel ou encore des double-diplômes avec des écoles de journalisme, de beaux-arts, ou encore des IEP, etc. Il arrive même régulièrement que des littéraires se prennent de passion pour la finance… si si, c’est vrai !

 

 

Se préparer aux concours d’écoles de commerce

Il faut se le dire : avoir une école de commerce est dans une certaine mesure plus compliqué pour les littéraires. De fait, ils sont jugés de façon plus discriminatoire dans les épreuves de l’ENS (qui comptent dans les notes pour les écoles de commerce), mais sont quand même en concurrence avec les élèves d’ECS, ECE et ECT. Pas de panique : venir de littéraire peut devenir un atout avec les outils adaptés.

Il est avant tout crucial de bien étudier les modalités de concours de chaque école que tu présentes. Il s’agit de savoir quelles épreuves sont utilisées, et quels sont leurs coefficients respectifs : ces paramètres changent selon les écoles. De cette façon, tu pourras établir une stratégie selon tes points forts et points faibles. Ne lésine pas non plus sur l’ENS, ses épreuves seront décisives pour ta moyenne aux concours des écoles : travaille-les comme si tu voulais Normale Sup !

De plus, il faut faire attention : préparer trop d’écoles ne mène à rien. Il faut savoir cibler les écoles qui sont à la fois atteignable avec assez de travail, et que tu sais que tu ne refuseras pas si tu y es pris. Et surtout, ne sous-estime pas tes capacités, au risque d’être déçu après les résultats, en te disant que tu aurais pu visez plus haut. Dans le top 10, toutes les écoles se valent plus ou moins au niveau des cours, et elles se distinguent majoritairement par leur prix ainsi que leur réseau d’anciens. Alors fonce !

Pour les littéraires, certaines épreuves des écoles de commerce ont une méthode particulière, quand d’autres sont carrément nouvelles, comme la contraction de texte. Il faut alors s’arranger, soit pour qu’un professeur compétent vous préparent à ces épreuves, soit pour récupérer des cours et copies d’ECS et ECE pour se donner un ordre d’idée et s’entraîner seul. Pour les langues, il est important d’être tenu au courant des consignes et attentes clairement différentes de celles de l’ENS. Et enfin, il faut aussi s’adapter au temps imparti : alors que la plupart des épreuves de l’ENS durent 6 heures, celles des écoles de commerce n’en durent jamais plus de 4.

L’écrit est donc une étape cruciale et très stressante des concours, qu’il faut préparer soigneusement, et ce malgré un manque de préparation de la plupart des classes prépas littéraires. Les épreuves orales, quant à elles, ont plutôt tendance à privilégier les littéraires, qui ont des profils atypiques que les jurés apprécient beaucoup. Le conseil que je pense être le plus important pour ces oraux est de rester soi-même. En essayant de se conformer à ce qu’on croit être le profil le plus apprécié, au mieux, tu seras au même niveau que les autres, et au pire, on te reprochera de ne pas assumer ta particularité. Sans aller dans le cliché, il faut montrer que tu es fier de la filière que tu représentes et que tu sauras la tourner en point fort dans leur école.

 

Pour aller plus loin… D’autres écoles accessibles après une classe prépa littéraire A/L :

  • Le CELSA, École des hautes études en sciences de l’information et de la communication ;
  • L’ISIT, école de traduction ;
  • L’ESIT, équivalent de l’ISIT mais dans le public ;
  • Sciences Po, en master (donc après une khûbe) ;
  • Les IEP, en 2e année ;
  • Saint-Cyr;
  • L’école des chartes;

etc.

 

Allez, au travail, concours are coming… Sois fort camarade khâgneux, le jeu en vaut la chandelle.

Eva Devriere Rédactrice

Ancienne khâgneuse à plein temps à Reims, et fraîchement intégrée à Audencia BS. Intello éclectique, curieuse et anglophile. Avis aux préparationnaires en détresse, depuis les ECS titubant en CG jusqu'aux littéraires dépassés : je suis là pour vous aider !

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