Que faire en culture générale quand on connaît déjà son cours ? Que faire en culture générale quand on connaît déjà son cours ?
Vous avez déjà relu cent fois votre cours de culture générale que vous connaissez maintenant sur le bout des doigts, vous avez relu vos... Que faire en culture générale quand on connaît déjà son cours ?

Vous avez déjà relu cent fois votre cours de culture générale que vous connaissez maintenant sur le bout des doigts, vous avez relu vos dissertations de l’année, demandé à vos camarades les plus brillants de vous donner les leurs, et vous ne savez plus comment travailler la culture générale en cette dernière semaine avant les concours. Voici quelques clefs pour travailler différemment lors de ces derniers jours.

Tout d’abord, pour mettre à l’épreuve ses connaissances et ses exemples, il est indispensable de s’entraîner sur des sujets. Pour cela, fiez-vous aux sujets qui sont déjà tombés à des concours exigeants :

  • « L’ineffable » au concours général des lycées de 2009
  • « Pourquoi parlons-nous ?» en 1999
  • « Des paroles et des actes » à HEC

 

D’autres très bons sujets donnés au concours d’entrée à l’école normale se trouvent dans un article précédent de Major-Prépa.

A chaque fois, tentez de problématiser le sujet, d’établir une structure pour votre introduction ainsi qu’un plan détaillé. Réfléchissez aux exemples les plus à même de soutenir vos thèses dans chaque partie. Pour ceux qui disposent du plus de temps ou qui manquent d’aisance dans la rédaction, n’hésitez pas à rédiger l’introduction et un paragraphe de votre choix (celui qui vous paraît le plus difficile à rédiger justement), c’est un excellent exercice de préparation.

Un très bon exercice consiste aussi à se demander ce que la culture populaire a à nous apprendre sur le sujet. En effet, nous sommes souvent retenus dans les hauteurs kantiennes et platoniciennes sans questionner une approche plus terre à terre de la notion. Posez-vous la question des dictons et des expressions communes qui intègrent le mot « parole » :

La parole est d’argent mais le silence est d’or

Il ne tient jamais parole, cet homme n’a qu’une parole

Parole, parole pour les plus mélomanes d’entre vous

Une étude philosophique et rigoureuse d’un dicton populaire peut être très bien venue dans une copie car très originale. Avez-vous un exemple de personnage pour qui la parole est d’argent et le silence est d’or ? Les stoïciens par exemple sont si paradoxaux qu’ils affirment qu’il faut suspendre son jugement et donc sa parole puisque rien n’est certain. Il est assez ironique qu’un stoïcien ait justement à parler pour dire cela.

Confrontez également cette notion à l’actualité. Ne parle-t-on pas actuellement d’une crise de la parole en politique avec les différents scandales de corruption et des hommes politiques qui mentent « les yeux dans les yeux ». Evidemment, ne prenez pas l’actualité comme matière d’un paragraphe mais, dans une démarche nietzschéenne, demandez-vous ce qui relève de l’inactuel dans toutes ces considérations actuelles. Par exemple, en réfléchissant à ces affaires de mensonges en politique, vous pouvez vous demander si la démocratie, parce qu’elle est l’art de la drague du peuple, n’était pas prédestinée à vivre cette crise de la parole.

Il vous faut aussi « rentrer dans le sujet », le retourner dans tous les sens et le voir sous toutes les lumières. Interrogez-vous sur le rapport de la parole avec la politique, la métaphysique, la morale, la littérature, les arts… Si vous découvrez que vous ne savez rien dans un domaine spécifique de la parole, surtout ne l’occultez pas et recherchez par vous-mêmes des références afin de limiter la casse.  Pourquoi ne pas même confronter le thème à des notions absurdes pour voir ce qui en ressort. Exemple : la parole et la végétation. Absurde de prime abord, n’est-ce pas ? Et puis, en y réfléchissant, on peut penser à Rousseau pour qui la contemplation ou la compagnie de la nature est féconde d’une parole littéraire dans ses Rêveries. Les associations de thèmes parfois absurdes amènent vos esprits à utiliser vos exemples littéraires et philosophiques dans des domaines insoupçonnés.

Si vous avez une idée ou une thèse qui vous séduit et dont vous aimeriez parler dans vos copies, vérifiez bien que vous avez un auteur philosophique ou un exemple littéraire pour l’appuyer. Par exemple, si vous avez toujours trouvé « l’évolution historique de la parole » comme un thème intéressant, demandez-vous si vous avez bien un Ferdinand de Saussure pour vous prêter sa voix quand il dit qu’on ne meurt jamais dans la langue qui nous a vu naître. Ou bien, assurez-vous de pouvoir parler du vieux français tel qu’on peut le trouver chez Rabelais. De même, demandez-vous si vous avez des exemples de grand discours qui ont fait date et, sinon, trouvez-en un dont vous pourrez parler avec passion. Si possible, ne prenez pas ceux que tout le monde aura comme le discours de Malraux au Panthéon : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… »

Enfin, cherchez dans vos lectures personnelles, dans les expositions auxquelles vous vous êtes rendus, dans les pièces que vous êtes allés voir ce qui peut éclairer le thème de la parole. Ce sont des exemples originaux car personnels. Pourquoi ne pas, par exemple, prendre le contre-pied du thème et parler du mime Marceau que vos parents vous ont montré quand vous étiez enfants.

Bon courage à vous tous dans vos révisions. Au chapitre des prévisions de sujets, votre humble serviteur met sa pièce sur « La crise de la parole ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aristide Machard

Etudiant en deuxième année à HEC, ancien élève de la prépa Saint Louis de Gonzague-Franklin

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