L’insupportable hausse des frais de scolarité L’insupportable hausse des frais de scolarité
Passer un concours sélectif, c’est bien, mais pour gagner le droit d’entrer dans les écoles supérieures de commerce, il faut également payer des frais... L’insupportable hausse des frais de scolarité

Passer un concours sélectif, c’est bien, mais pour gagner le droit d’entrer dans les écoles supérieures de commerce, il faut également payer des frais de scolarité. Et ces derniers ne font qu’augmenter, de plus en plus, au plus grand désarroi des étudiants.

Pour continuer à exister dans la course à la visibilité (inter)nationale, les écoles investissent de plus en plus pour ouvrir de nouveaux campus mais aussi afin de se distinguer dans la course à la taille critique (nombre d’élèves et de professeurs et par conséquent, budget en hausse). Pour remplir ces objectifs, ces écoles ont besoin d’un budget de plus en plus conséquent. Et puisque l’Etat ne les finance pas directement (à l’exception de Telecom EM), les écoles répercutent ces coûts sur les étudiants par une hausse des frais de scolarité… à tel point que cette année, les étudiants affectés à l’EDHEC ont eu le plaisir ou plutôt la surprise de découvrir (après la fin de la procédure d’affectation!) qu’ils s’apprêtent à intégrer la première école de commerce de France à franchir le cap des 45 000€ de frais de scolarité sur 3 ans :

frais EDHEC 2

Non seulement le déficit de transparence est choquant car le fait que les étudiants découvrent le prix de l’école seulement après leur admission les prive d’un critère de choix au moment des affectations (payer son école 36,4% plus cher que la suivante au SIGEM, ça vaut vraiment le coup ?) et aucun d’eux ne pourra légitimement contester ce prix une fois qu’il est « enfermé » dans le système de son école car dénoncer cet abus ne fera que dévaloriser son diplôme chèrement acquis. Mais cette hausse mine aussi la rentabilité des études en écoles de commerce étant donné que les salaires de départ, eux, stagnent et que cette hausse dépasse largement l’inflation. Précisons pour l’EDHEC qu’une baisse des frais de scolarité était envisagée en cours d’année…

frais sco EDHEC interview

Pour avoir un aperçu des hausses entre la rentrée 2013/2014 et celle 2015/2016, nous avons compilé un maximum de données fournies par les écoles sur leur site web et nous avons dressé le tableau suivant :

coûts scolarité2

 

Le premier enseignement de ces calculs est que pour les écoles dont les données 2015 sont accessibles, les frais de scolarité sont passés de 28 679€ à 31 833€ en moyenne (+ 3 154€ – +11%). En pondérant par la taille des promos, on obtient une moyenne encore plus élevée…mais inférieure au coût moyen d’un étudiant du supérieur.

Tout d’abord, n’omettons pas que certaines écoles ont des frais plutôt raisonnables et ont augmenté leurs frais de moins de 5% en deux ans (Toulouse BS, EM Strasbourg et Grenoble EM). A l’inverse, d’autres se sont littéralement lâchées…sans pression. Si certaines utilisent ces frais pour changer de statut et dont les gains de positions dans les classements démontrent une certaine dynamique (malgré une méthodologie critiquable) comme l’ESC Rennes, d’autres semblent voir en leur flot d’étudiant une clientèle captive et sans autre choix après deux ou trois années de sacrifices en classes préparatoires, à l’image des écoles dont les hausses excèdent allègrement les améliorations offertes aux étudiants…

 

Si la tendance se confirme, les écoles séduiront de moins en moins. Cette perte d’attractivité pourrait bel et bien être fatale… Et si, au lieu de boucler leur budget quasi-exclusivement par les étudiants du Programme Grande Ecole, ces écoles faisaient davantage participer les entreprises à l’image de HEC ?

Quant aux écoles, elles ne peuvent négliger le fait que ces frais demeurent un critère important de choix : et si les hausses importantes des frais de scolarité de NEOMA et KEDGE par rapport à leurs concurrents étaient partiellement à l’origine de leur perte d’attractivité au classement SIGEM 2015 ?

La seule solution envisageable serait alors la création ou le renforcement des mécanismes d’aide au financement de ces frais de scolarité, notamment par des collectes de fonds auprès des anciens étudiants, afin de permettre à tous de vivre cette formidable expérience qu’est la formation en école de commerce.

 

Si vous avez des données pour les écoles manquantes, nous les prendrions avec plaisir ! Source des données 2013 et 2014 : Challenges.

Mehdi Cornilliet Fondateur

22 ans, étudiant à HEC Paris, ancien étudiant en prépa ECS au Lycée La Bruyère (Versailles) et fondateur de Major-Prépa.

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