Les auteurs incontournables en prépa ECT #2 – Joseph Alois Schumpeter Les auteurs incontournables en prépa ECT #2 – Joseph Alois Schumpeter
La croissance économique par les cycles et les grappes d’innovation L’innovation source de croissance L’innovation est le concept clé pour comprendre les théories de... Les auteurs incontournables en prépa ECT #2 – Joseph Alois Schumpeter

Parmi la centaine d’auteurs que tu auras rencontrée tout au long de ta prépa durant tes cours d’économie, il y en a certain qui ont eu une influence plus ou moins grande sur la pensée économique. S’il n’a pas eu la même que celle de Keynes ou de Marx, Joseph Alois Schumpeter n’en reste pas moins un personnage qui a su marquer l’histoire de la pensée économique à travers ses diverses théories. D’ailleurs, tu as sûrement aperçu plusieurs fois son nom dans tes cours d’éco dans plusieurs chapitres différents, notamment ceux sur le chômage et la croissance qui sont des piliers du programme, ce qui atteste de l’importance de cet auteur et te prouve que tu dois absolument connaître ses principales théories qui sont des fondamentaux et bien souvent attendues des correcteurs.

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La croissance économique par les cycles et les grappes d’innovation

L’innovation source de croissance

L’innovation est le concept clé pour comprendre les théories de Schumpeter. Dans Le cycle des affaires (1939), il propose une typologie des innovations qui en distingue trois sortes : les innovations de produits, de processus et de procédés. La première désigne tout simplement l’invention d’un nouveau produit par une entreprise qui peut être consommé par les consommateurs, la seconde concerne une innovation dans le matériel utilisé pour la fabrication du produit tandis que la dernière concerne l’organisation, la structure de l’entreprise et du processus de production de ce produit.

Avec cette typologie, Schumpeter présente alors trois moyens pour une entreprise d’être innovante et pour lui, ce sont des innovations de produits, de processus ou de procédés qui permettent la croissance économique. En effet, il constate que le progrès technique et les découvertes scientifiques engendrent des innovations de rupture qui, elles aussi, vont engendrer de nombreuses autres innovations, bien que moins « disruptives » que celle d’origine. Ces innovations favorisent la croissance de plusieurs façons : celles de produits favorisent la consommation en proposant de nouveaux produits à consommer, tandis que celles de processus et de procédés permettent soit de réduire les coûts de production, d’augmenter les marges et donc de plus investir ou embaucher, soit d’innover encore plus permettant ainsi un cercle vertueux. On constate alors que pour Schumpeter, une innovation en appelle généralement d’autres, voire beaucoup d’autres, d’où le terme de « grappes d’innovation ».

Cependant, ces grappes ne sont pas infinies. Ces innovations qui découlent d’une innovation disruptive majeure finissent par être de moins en moins importantes jusqu’à s’essouffler. Par conséquent, la croissance engendrée par ces grappes s’étiole également. C’est donc pour cela que Schumpeter considère l’activité économique comme cyclique : puisque la croissance découle principalement du rythme d’apparition des innovations, celle-ci est très importante lorsqu’une découverte scientifique a permis un progrès technique important qui engendrera de nombreuses innovations, puis s’estompe lorsque celle-ci n’est plus source d’innovation.  L’analyse cyclique de Schumpeter doit donc venir compléter vos connaissances sur les cycles d’affaires que vous connaissez déjà, c’est-à-dire les cycles de Juglar, de Kitchin et de Kondratiev, qui sont d’ailleurs des auteurs dont il s’est inspiré pour son ouvrage.

L’évolution des cycles schumpetériens dans le temps

L’analyse de Schumpeter sur les cycles d’innovations n’est pas qu’une théorie abstraite. Elle est basée sur des travaux et des observations concrètes dont les données empiriques confirment l’existence de tels phénomènes. Même après sa mort, aujourd’hui, on constate encore de tels cycles suite à des innovations de rupture. Le schéma suivant regroupe à la fois les observations faites par Schumpeter mais également le prolongement de sa théorie jusqu’à aujourd’hui.

Ce graphique permet alors de constater rapidement un phénomène : les cycles engendrés par les grappes d’innovations sont de plus en plus courts. Deux facteurs provoquent cela : D’une part, les innovations sont de moins en moins disruptives et ont un impact de moins en moins durable sur l’économie, ce qui fait que les effets des innovations sur la croissance s’épuisent plus rapidement, raccourcissant la durée des cycles. Par exemple, si les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont bien évidemment bouleversé les processus de production et de consommation au début des années 2000, c’est une innovation qui a eu évidemment beaucoup moins d’impact que la machine à vapeur dans les années 1850, véritable révolution des moyens de transport. D’autre part, le temps d’apparition entre une nouvelle innovation majeure est de plus en plus court. En effet, la période de récession n’est pas plus longue, ce qui devrait être le cas si les innovations apparaissaient toujours au même rythme puisque les cycles s’épuisent plus rapidement. Cela signifie donc que l’on entre plus rapidement dans un nouveau cycle car le temps d’apparition entre deux innovations majeures est plus court.

Les grappes d’innovations de Schumpeter peuvent permettre d’analyser la conjoncture actuelle de l’activité économique et ses futures fluctuations. Les cycles étant de plus en plus courts et s’accélérant, la croissance dans les pays risque de beaucoup plus fluctue, les périodes de croissance et de récessions alternant de plus en plus rapidement.

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Jean-Loup Osella

étudiant à La Martinière Duchère à Lyon puis à l'EM Lyon

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