Les auteurs incontournables en prépa ECT #2 – Joseph Alois Schumpeter Les auteurs incontournables en prépa ECT #2 – Joseph Alois Schumpeter
Schumpeter et l’entrepreneur comme fondement du capitalisme On en vient aux théories plus managériales de Schumpeter, à savoir celles qui concernent l’entrepreneur et son... Les auteurs incontournables en prépa ECT #2 – Joseph Alois Schumpeter

Parmi la centaine d’auteurs que tu auras rencontrée tout au long de ta prépa durant tes cours d’économie, il y en a certain qui ont eu une influence plus ou moins grande sur la pensée économique. S’il n’a pas eu la même que celle de Keynes ou de Marx, Joseph Alois Schumpeter n’en reste pas moins un personnage qui a su marquer l’histoire de la pensée économique à travers ses diverses théories. D’ailleurs, tu as sûrement aperçu plusieurs fois son nom dans tes cours d’éco dans plusieurs chapitres différents, notamment ceux sur le chômage et la croissance qui sont des piliers du programme, ce qui atteste de l’importance de cet auteur et te prouve que tu dois absolument connaître ses principales théories qui sont des fondamentaux et bien souvent attendues des correcteurs.

Rédigé avec le soutien de l'ESC Clermont ;)

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Schumpeter et l’entrepreneur comme fondement du capitalisme

On en vient aux théories plus managériales de Schumpeter, à savoir celles qui concernent l’entrepreneur et son lien avec l’innovation, qu’il expose dans son œuvre la plus connu : Capitalisme, socialisme et démocratie (1942).

Qu’est-ce qu’un entrepreneur pour Schumpeter ? Ce n’est pas simplement un chef d’entreprise, encore moins celui qui possède le capital dans une entreprise et qui jouit d’une rente grâce à la possession des moyens de production. Pour lui, un entrepreneur est avant tout une personne qui est animé par le goût du risque, par la volonté d’innover et de sortir des sentiers battus. Contrairement au simple chef d’entreprise et plus encore au rentier, celui-ci n’est pas (que) motivé par la perspective de réaliser du profit. Il souhaite plutôt bouleverser le monde dans lequel il vit, changer ce qui lui déplaît en se donnant les moyens lui-même d’apporter une réponse qui lui semble plus pertinente.

En ce sens, Schumpeter en tant qu’économiste hétérodoxe était lui-même un entrepreneur puisque qu’après avoir appris l’économie de manière tout à fait classique, il s’est distingué volontairement des plus gros mouvements de pensés économiques de son époque et d’avant. Ainsi, c’est donc l’entrepreneur qui permet l’innovation dans un système capitaliste et les plus grandes révolutions commerciales et industrielles proviennent d’entrepreneurs. Par exemple, le nouveau processus de production d’Henry Ford avec sa Ford T révolutionna à la fois la manière de produire et de consommer, avec le succès que l’on connaît.

Ainsi, lorsqu’une entreprise souhaite innover, le dirigeant de l’entreprise doit avoir l’esprit entrepreneur au sens de Schumpeter. Et pour lui, cet esprit ne peut se cultiver et prendre forme que dans un certain type de structure d’entreprise bien particulier qui est une structure souple, qui permet à chacun des membres de participer au processus de prise de décision et de création, et qui favorise la coopération et le partage des points de vus pour enrichir la vision de l’entrepreneur qui ne souffre d’aucune limite interne pour laisser parler son inventivité et prendre des risques. Ainsi, Schumpeter s’oppose totalement à la vision de la parfaite structure d’organisation de Max Weber pour qui « la bureaucratie est la meilleure forme d’organisation que l’on connaisse pour diriger des êtres humains » (Etat et société (1925)). Pour ce dernier, l’organisation doit être rigide, avec des règles strictes, et même le dirigeant qui prend les décisions stratégiques ne décident pas tout seul mais doit rendre des comptes aux actionnaires qui peuvent avoir des intérêts divergents, car ils ne recherchent que le profit pour toucher plus de dividendes de ce dernier et donc l’empêcher de prendre des décisions trop risquées ou qui ne maximisent pas les bénéfices pour des enjeux plus sociétaux ou environnementaux, ce qui, pour Schumpeter, réduit à néant les chances d’innover.

Dès lors, dans un sujet de management HEC comme celui de l’année dernière où le mot « innovation » revenait toutes les trois lignes, évoquer Schumpeter, et notamment sa typologie des innovations ainsi que la structure d’entreprise pertinente pour laisser l’entrepreneur prendre des risques et innover était plus que pertinent, notamment dans la première question concernant le processus de prise de décision qui a tant déconcerté les candidat, pour montrer en quoi les décisions prises par le dirigeant de l’entreprise, dont les prises de risques lui permettaient de correspondre aux critères de l’entrepreneur, l’étaient dans un souci constant d’innover.

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Jean-Loup Osella

étudiant à La Martinière Duchère à Lyon puis à l'EM Lyon

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