Ce qu’il faut connaître en sociologie pour le concours – Sociologie des organisations Ce qu’il faut connaître en sociologie pour le concours – Sociologie des organisations
La sociologie des organisations – Grand classique de l’oral ESCP-HEC La sociologie, c’est souvent la discipline que négligent  le plus les profs de classe... Ce qu’il faut connaître en sociologie pour le concours – Sociologie des organisations

La sociologie des organisations – Grand classique de l’oral ESCP-HEC

La sociologie, c’est souvent la discipline que négligent  le plus les profs de classe préparatoire, et pourtant, cela est fréquent que l’on rencontre des sujets de socio aux oraux, voire aux écrits. C’est pour cela que j’ai entrepris d’écrire plusieurs articles sur  les trois grands axes importants à maîtriser en sociologie pour les concours, le premier article portant sur la sociologie des organisations. La problématique de la sociologie des organisation émerge parallèlement au processus de concentration des entreprises à la fin du 19ème siècle, mais également à la création des États modernes et le développement des administrations publiques (création de la bureaucratie).

  • Qu’est-ce qu’une organisation ? (à ne pas confondre avec une institution) :

Il s’agit d’un ensemble d’individus rassemblés pour atteindre un objectif donné. En particulier, l’entreprise, réunit des agents afin de produire des biens et des services.

Il existe trois grands mouvements dans la sociologie des organisations, tout d’abord il y a l’analyse stratégique de Crozier et Friedberg, qui est une réponse aux théories rationalistes de Weber et Ford. C’est une problématique qui tombe très souvent aux oraux d’ESH de l’ESCP et de HEC, ainsi, il vaut mieux en avoir déjà entendu parlé avant la période de révision des oraux. Il y a ensuite les approches culturelles qui tentent de comprendre l’importance de la culture d’entreprise dans une organisation. Et enfin, il y a l’approche en terme de convention, dans une démarche compréhensive des organisations. Nous allons nous intéresser à l’opposition entre Weber/Taylor et Crozier/Friedberg, qui est la problématique tombant la plus souvent aux oraux.

 

  1. L’analyse stratégique de Crozier et Friedberg place l’acteur au cœur de la construction et de l’organisation, remettant ainsi en cause « the one best way » et le modèle bureaucratique wébérien.

 

A) M.Weber et H.Ford

Il faut maîtriser la théorie de la bureaucratie de Weber, et la théorie du “one best way” de Ford : ces théories visent à rationaliser les organisations.

  • Weber

Max Weber, dans Economie et société au Chapitre 3 : Les types de dominations, à la partie 2. La domination légale à direction administrative bureaucratique (soyons précis, c’est du sur-déjà-vu) dresse un idéal-type de l’administration bureaucratique et explique que la bureaucratie est “la forme de pratique de la domination la plus rationnelle” .

Les traits principaux de la bureaucratie sont tout d’abord, l’existence de règles écrites formelles et la définition précise des fonctions​ de chacun et de sa position hiérarchique.

Ainsi, la bureaucratie supprime l’arbitraire dans le commandement​, puisque celui-ci repose sur des bases rationnelles et légales. En effet, l’administration bureaucratique signifie la domination en vertu du savoir : c’est ce qui lui confère son caractère rationnel.

D’autre part, la bureaucratie​ permet la précision, la confiance, la prévisibilité, la continuité et la rapidité de l’action collective.

 

Selon Weber, “à son stade de développement actuel, le capitalisme requiert la bureaucratie” (Economie et société). Ainsi, l’organisation bureaucratique au sein des entreprises expliquerait le succès du capitalisme occidental au 19ème siècle.

 

  • Ford : la mise en application des théories de Taylor, le « one best way »

L’ouvrage phare de Taylor qui jette les bases de l’organisation scientifique du travail : Principles of Scientific Management en 1911

1. Premier principe: la division verticale du travail.

  • Séparation des tâches exécutives et des tâches de conceptions : les ouvriers qui disposent de savoir-faire deviennent des ingénieurs, et ceux qui ne sont pas qualifiés restent ouvriers.

2. Second principe: la division horizontale des tâches.

  • Application de la méthode de la division du travail au sein du lieu de production,  ce qui a entraîné la constitution des chaînes de montage et le développement du travail à la chaîne dans le secteur de l’industrie.
  • Se développe ainsi la parcellisation des tâches entre opérateurs. A chaque opérateur est attribuée une tâche élémentaire, la plus simple possible, afin d’automatiser et d’accélérer les gestes. L’objectif est de lutter contre ce qu’appelle Taylor la « flânerie ouvrière » et de rationaliser le temps de travail.

3. Troisième principe: salaire au rendement et contrôle des temps.

  • «Mais maintenant il nous faut dire que l’une des premières caractéristiques d’un homme qui est capable de faire le métier de manutentionnaire de gueuses de fonte est qu’il est si peu intelligent et si flegmatique qu’on peut le comparer, en ce qui concerne son attitude mentale, plutôt à un bœuf qu’à toute autre chose. L’homme qui a un esprit vif et intelligent est, pour cette raison même, inapte à exercer ce métier en raison de la terrible monotonie d’une tâche de ce genre.»
  • La seule justification pour qu’un homme accepte un travail aussi aliénant est qu’il soit rémunéré à son rendement calculé à partir de l’écart avec le temps admis par l’organisateur (utilisation du chronomètre).  Le salaire au rendement permet donc la lutte contre les temps morts, qu’ils découlent d’une mauvaise organisation ou de la tendance spontanée des travailleurs à choisir leur propre rythme («la flânerie ouvrière»).

4. La coordination du travail au moyen de la hiérarchie fonctionnelle.

  • Le système de la hiérarchie fonctionnelle consiste en une multiplicité de lignes hiérarchiques. Il doit y avoir selon Taylor autant de postes que de fonctions existantes dans l’organisation.

 

B)  La remise en cause de Crozier et Friedberg

Ils critiquent la théorie de la bureaucratie de Weber  ; notamment dans le cadre d’enquêtes de terrain qu’ils ont réalisé, la première parmi les employés d’un Centre de chèque postaux, la seconde dans une manufacture de la Seita. Loin d’être rationnelle, la bureaucratie est source de dysfonctionnement du fait de sa rigidité et sa faible productivité Or, le système de l’organisation scientifique du travail a pu perdurer pour différentes raisons, notamment parce qu’il offrait aux travailleurs (1) une plus grande sécurité (2) une absence de relation conflictuelle  (3) fonctionne comme une structure protectrice assurant aux salariés divers avantages (sécurité, ancienneté, etc)

Ces deux auteurs s’opposent ainsi aux théories classiques de la sociologie des organisations reposant sur l’hypothèse de la parfaite rationalité des agents :

➢ Théories classiques de l’organisation « the one best way » de Taylor

➢ Au concept d’acteur rationnel « l’homo economicus »

 

Ils mettent l’accent sur :

➢ L’autonomie des acteurs et leur capacité à établir des stratégies rationnelles, car ils disposent d’une marge de liberté pour agir.

➢ Or, il ne s’agit pas de la même rationalité : leur rationalité est limitée et contingente conformément  à la théorie de H.SIMON

➢Le concept de stratégie est central mais l’acteur ne disposent que d’une rationalité limité et ne peuvent donc pas établir des stratégie optimal. Ils ne peuvent accéder à une information parfaite donc au lieu d’avoir accès au le choix le plus rationnel et efficace possible il se contente du premier choix qui lui procure de la satisfaction.

L’organisation est envisagée comme un compromis fait de relations de coopération conflictuelle​. La vie quotidienne d’une organisation est constitué de conflits et de pouvoir.

Au sein de l’organisation, les objectifs des acteurs divergent et souvent sont en confrontation. Par exemple : les objectifs de la production​ (produire en série) ne coïncident pas avec ceux du commercial​ (adapter le produit aux exigence du client), ni avec ceux des financiers​ (dégager une marge suffisante). De plus, le pouvoir​ n’est pas seulement lié à une position hiérarchique supérieure. Par exemple dans la manufacture de la SEITA : les ouvriers d’entretien obtiennent de nombreux avantages de leurs chefs d’atelier car ils ont un pouvoir sur eux : fondé sur la possession d’une spécialisation​.

 

 

Assia Hadj-Ahmed

Étudiante à l'ESSEC en deuxième année, anciennement élève au lycée Montaigne (75) en ECE, je suis référente au pôle CG/Philo du site.

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