La Silicon Valley : Ruée vers l’or 2.0 La Silicon Valley : Ruée vers l’or 2.0
Véritable lieu de pèlerinage pour les entrepreneurs en herbe, la Silicon Valley est à l’origine des « success stories » à l’image de Google, Apple ou... La Silicon Valley : Ruée vers l’or 2.0

Véritable lieu de pèlerinage pour les entrepreneurs en herbe, la Silicon Valley est à l’origine des « success stories » à l’image de Google, Apple ou autres géants de l’industrie technologique made in USA.

Berceau des innovations majeures de la fin du XXème siècle, la Silicon Valley a toujours été un espace marqué par une forte concentration de compétences de haut niveau couplées à un esprit d’entreprendre.

La Silicon Valley est à l’image de la ruée vers l’or : une aventure pleine de rebondissements où le succès est, en théorie, possible mais terriblement difficile.

I/ Les origines de la Silicon Valley : Electronique, Supernova et HP

Beaucoup d’observateurs attribuent la naissance de la Silicon Valley à Frederick Terman, docteur en ingénierie électronique au MIT et professeur à Stanford.

Néanmoins, cette affirmation est réfutée par certains puristes dont… Mr Hewlett, himself ! L’un des deux fondateurs du groupe HP (devenu HP Inc. et HP Entreprise) affirme que la naissance de la Silicon Valley est avant tout liée à Lee De Forest, inventeur majeur dans le domaine de l’électronique.

Au début des années 1920, De Forest faisait des recherches sur la supernova, un ensemble de phénomènes astronomiques liées à l’explosion d’étoiles. Le rôle clé de l’Université de Stanford dans les recherches de l’inventeur marque les prémices de la Silicon Valley. La Grande Dépression abrège les recherches du chercheur et il faudra attendre 1925 pour voir la naissance de la Silicon Valley.

Tout juste diplômé du MIT, Frederick Terman est embauché à Stanford afin d’enseigner l’électronique. Il dirige alors de nombreux programmes d’études afin de développer des nouvelles technologies à usage militaire. C’est le cas notamment des brouillages radar utilisés par l’armée américaine durant la Seconde Guerre Mondiale.

Une fois les essais concluants, le « père de la Silicon Valley » incite ses étudiants à créer leur propre entreprise.

Deux de ses étudiants prennent le conseil très au sérieux : William Hewlett et David Packard s’inspirent des travaux de leur professeur et apportent des améliorations à l’oscillateur audio, une machine permettant de tester et d’ajuster les équipements audios.

En 1939, les deux diplômés de Stanford fondent leur entreprise dans leur garage, avec un capital social de $538…et leur premier client s’appellera Walt Disney !

 

En 2014, le groupe HP générait près de 103.3 milliards de dollars de revenus. Cette ascension fulgurante avec des moyens modestes est l’identité de la Silicon Valley. Le succès d’HP marque le début d’un véritable mythe qui ne cesse d’être entretenu.

 

II/ Les recettes du succès : un écosystème dense mais organisé

Ce n’est qu’à partir des années 1960 que le nom de « Silicon Valley » apparaît. Ce néologisme est issu d’un article de Don C. Hoefler, journaliste local qui constate l’arrivée massive d’entrepreneurs du secteur informatique.

« Silicon » fait référence aux fortes quantités de silicium présentes dans la vallée de Santa Clara. Le silicium est utilisé afin de produire des composants électroniques (en particulier les semi-conducteurs qui composent les micro-processeurs). La Silicon Valley s’étend sur 40 km au Sud-Est de San Francisco, de San Mateo et Fremont, en passant par San Jose.

Le tissu économique de « The Valley » évolue au fil du temps : dans les années 60s, la région est connue pour la production massive de semi-conducteurs. Puis viendront d’autres composants (cartes mères, puces) avant de créer des logiciels et des réseaux sociaux. Progressivement, un écosystème dense se crée faisant intervenir différentes parties prenantes (entreprises de toutes tailles, écoles, laboratoires, investisseurs, incubateurs…).

Mais, le succès de la Silicon Valley est l’articulation de 3 facteurs propices au développement économique de la région :

  • Des conditions d’investissement facilitées : le rôle du capital-risque

En 1958, l’Etat fédéral fait voter le Small Business Investment Act : ce cadre légal permet à des organismes de financement à capitaux privés investissant dans des créations d’entreprises d’emprunter jusqu’à trois fois leurs capitaux avec la garantie de l’Etat. Cette loi marque le début d’une période florissante du capital-risque (« venture capital »).

Dès 1960, la société de capital-risque Davis and Rock s’installe en Californie et devient ainsi la première firme de capital-risque californienne. En 1962, David and Rock investit près de 280.000 dollars dans Scientific Data Systems, une société créée l’année précédente qui fabrique des ordinateurs destinés à la Nasa. Sept ans plus tard, la vente de sa participation lui rapporte pas moins de 990 millions de dollars !

Aujourd’hui, le mécanisme est identique : des sociétés de capital-risque identifient des start-ups à haut potentiel qui n’ont pas les fonds suffisants pour développer leur activité. Les investisseurs prennent part au capital de la société en finançant ainsi les différents besoins de la startup. Une fois les fonds dépensés, les investisseurs attendent un rendement élevé comme prime de risque sur leur apport.

En 2015, les entreprises de la Silicon Valley et de San Francisco attiraient près de 42% des investissements en capital-risque réalisés aux US. (6)

  • Proximité entre université et entreprises

Autre spécificité : La Silicon Valley représente un modèle unique de coopération entre le monde universitaire et le business. La plupart des entreprises à forte croissance ont pour origine la découverte d’une technologie, fruit de la recherche des professeurs et des étudiants.

Parmi ses alumni, Stanford compte de nombreux entrepreneurs à succès : Google, Cisco, Sun Microsystems, Intel, Yahoo!, Netflix, Paypal, Electronic Arts, LinkedIn, YouTube ou encore Mozilla Firefox ont été fondés par d’anciens étudiants de Stanford.

Vous rêvez de travailler chez Google ? Faites Stanford : 1 « Googler sur 20 » est diplômé de cette université !

En 2012, l’université californienne réalisait une étude dans laquelle elle estimait que, depuis les années 1930, les alumni de Stanford et membres de la faculté ont fondé  39 900 sociétés ayant généré plus de 5.4 millions d’emplois. (12) 

  • Un esprit d’entreprendre fort et un état d’esprit unique

Enfin, la Silicon Valley est également connue pour le rôle du réseau. Toute personne ayant été en Californie vous fera part de l’ouverture d’esprit des locaux ainsi que de l’enthousiasme inégalable de votre entourage à l’égard de vos projets. Le networking n’est pas un « buzzword » mais bien une réalité : savoir « pitcher » son projet en quelques mots avec les bons chiffres est la clé pour séduire.

Jean-David NACE, étudiant à NEOMA BS – Campus de Reims, est actuellement en échange à University of California, Berkeley. Très intéressé par l’entrepreneuriat, il a rencontré plusieurs acteurs de la Silicon Valley et nous partage son retour : « C’est une expérience unique, les gens mangent et dorment startup ! On entend parler des startups partout : dans les transports en commun, dans les cafés, au restau… »

Il ajoute :

« Les lancements de produits quotidiens et les conférences hebdomadaires rythment la vie de la Silicon Valley. La tech est le ferment de l’entrepreneuriat sur place. Tout est organisé autour de ça d’ailleurs (avocats, angel investors et venture capitalists…). On y dit que le coeur de la technologie mondiale y bat, et, en effet, je l’ai constaté. Tout se joue sur place, c’est la Champions League de la tech’ ! »

A propos de l’état d’esprit des locaux, Jean-David est unanime :

«  L’esprit qui y règne est incroyable. Collaboration tous azimuts, mise en relation, entraide et ouverture d’esprit : « it’s more about who you know than what you do » comme ils disent

Conséquence de ces 3 facteurs, des innovations majeures…

 

 …Et des « Unicorns »* par centaines (*ou licornes, des startups valorisées à plus d’un milliard de dollars) :

 En 2010, on en comptait moins de 10. En 2015, ce sont plus de 229 licornes qui continuent leur développement.

Sur les 229 licornes recensées en 2015, 101 sont localisées en Californie.

Facebook est en tête de ce groupe avec une valorisation supérieure à 200 milliards de dollars. Uber, Linkedin et Twitter complètent le classement..

 

Mais la France tire également son épingle du jeu comme l’a remarqué Jean-David :

 « La « French Mafia » y est bien implantée, autour de points stratégiques comme le French Tech Hub ou The Refiners, un accélérateur de startup façon Silicon Valley. Beaucoup de Français y cherchent la réussite et le challenge, l’esprit d’entraide y est d’autant plus fort.»

 

Pour en savoir plus sur la Silicon Valley…

  • Conseil n° 1 : Suivre l’aventure de Mehdi et Mehdi à partir du 28 Décembre !

http://business-cool.com/featured/mehdi-mehdi-a-conquete-de-silicon-valley/

  • Conseil n° 2 : Maîtriser les chiffres-clés grâce à la fiche récap’ préparée par nos soins.

  • Conseil n° 3 : Consulter la bibliographie fonction de vos besoins.

 

 L’histoire de la Silicon Valley

(1) http://www.netvalley.com/silicon_valley_history.html

(2) https://en.wikipedia.org/wiki/Silicon_Valley

(3) http://www.sjsu.edu/faculty/watkins/sivalley.htm

(4) http://www.npr.org/2012/03/26/149404846/the-birth-of-silicon-valley

(5) http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/innovation-recherche/dossiers/innovation-silicon-valley/la-silicon-valley-epicentre-mondial-de-l-innovation-60250.php

 

Les chiffres sur la Silicon Valley

(6) http://siliconvalleyindicators.org/data

(7)https://data.bls.gov/search/query/results?cx=013738036195919377644%253A6ih0hfrgl50&q=silicon+valley

(8)https://search.bea.gov/search?query=silicon+valley&commit=Go&utf8=%25C3%2583%25C2%25A2%25C3%2585%25E2%2580%259C&affiliate=u.s.bureauofeconomicanalysis

(9) http://frenchdistrict.com/californie-nord/articles/silicon-valley-entreprises-hightech/

(10) http://www.strategyand.pwc.com/global/home/what-we-think/innovation1000/top-20-rd-spenders-2015

 

Les succès et dernières innovations de la Silicon Valley

(11) http://www.slideshare.net/NDCFepz/global-trends-on-innovation-entrepreneurism-silicon-valley-perspective

(12) http://www.blogdumoderateur.com/tendances-tech-silicon-valley/

(13) http://www.lesechos.fr/06/08/2013/LesEchos/21494-043-ECH_la-silicon-valley–berceau-de-la-high-tech.htm

(14) http://lentreprise.lexpress.fr/international-export/la-silicon-valley-reste-le-creuset-des-start-up_1522322.html

(15) http://www.rfi.fr/ameriques/20140212-silicon-valley-innovation-hollande-french-hub-google-twitter-facebook-apple

(16) https://hbr.org/2016/04/what-makes-some-silicon-valley-companies-so-successful

 

Entrepreneuriat, capital-risque et Unicorns

(17) http://venturebeat.com/2016/01/18/there-are-now-229-unicorn-startups-with-175b-in-funding-and-1-3b-valuation/

(18) http://socialistappeal.org/news-analysis/the-economy/1814-capitalism-s-1-3-trillion-unicorn-problem.html

(19) https://www.linkedin.com/pulse/what-does-ponies-centaurs-unicorn-mean-silicon-valley-singh

 

Stanford

(20) http://www.etudierauxusa.com/inscription-stanford-admission/

(21) http://www.independent.co.uk/student/news/the-billionaire-factory-why-stanford-university-produces-so-many-celebrated-web-entrepreneurs-8706573.html

 

 

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Allan Labate

Allan Labate

Allan Labate, 21 ans, est étudiant en Master 2 à NEOMA BS - campus de Reims. Passionné d'histoire économique, il a un goût prononcé pour les nouvelles technologies, le sport business et les pays émergents.

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