20 notions clés sur l’Energie 20 notions clés sur l’Energie
Dans le but de vous simplifier la vie, voici une liste de 20 concepts à absolument ressortir si vous tombez sur un sujet sur... 20 notions clés sur l’Energie

Dans le but de vous simplifier la vie, voici une liste de 20 concepts à absolument ressortir si vous tombez sur un sujet sur l’énergie. Il faut savoir que les mots-clés sautent de suite aux yeux du correcteur (qui passe en moyenne 2 minutes sur votre copie). C’est donc eux qui vous permettent de faire la différence. Simple et efficace, bienvenue sur Major-Prépa !

La liste suivante est évidemment non exhaustive…

 

Géopolitique objectale : Concept général qui concerne l’étude de l’énergie, de toute nature. En clair, la géopolitique des ressources.

Au lieu de parler de « politique de l’énergie », utilisez cette notion ! Cela permet ensuite de poser une première réflexion sur les critères de la puissance qui sont de plus en plus axés sur l’appropriation indispensable des ressources de toute nature, situées n’importe où dans l’espace mondial.

 

Passage à une énergie de flux : Fait référence à la nécessité d’approvisionner les zones de consommation à partir des bassins de production. Exemple classique mais radical : la France est dépendante à 98% de l’extérieur pour toutes les énergies fossiles.

À cette notion, se greffe naturellement celle du contrôle des zones de production et des zones transitoires.

Ainsi, l’opération Atalante menée par l’UE en 2009 avait pour principal objectif de sécuriser la Corne de l’Afrique et donc le Golfe d’Aden, accès direct au canal de Suez… En bref, il est primordial pour sécuriser l’acheminement de 3,6 millions de barils par jour…

 

Géopolitique des tubes : À mettre en relation avec la notion précédente. Même si les échanges d’hydrocarbures se font aujourd’hui majoritairement par voie maritime, les oléoducs et les gazoducs sont des acteurs de premier plan de la géopolitique objectale. Ainsi, l’Europe s’est divisée en 2015 face à l’Allemagne qui souhaitait construire un nouveau gazoduc, le « North Stream 2 », en liaison directe avec la Russie.

 

Pétrole : Energie fossile ; contribue à 34% de l’énergie mondiale consommée ; il existe 2 types de pétrole :

Le pétrole conventionnel formé au niveau de la roche-mère, les sédiments migrent vers une roche poreuse et perméable, et est exploité par simple forage.

Le pétrole non conventionnel (techniques autres que la méthode traditionnelle de puits pétroliers, ou impliquant des coûts et des technologies supplémentaires en raison des conditions d’exploitation plus difficiles) (Cf. après pour plus de détails)

Pour faire la différence n’hésitez pas à citer le NYMEX (New York Mercantile Exchange). Il s’agit tout simplement de la place financière où se réalise la majorité des échanges financiers concernant l’électricité, le gaz, les métaux et surtout le pétrole.

 

Hydrocarbures non conventionnels : carburants fossiles difficiles à exploiter par les méthodes d’extraction conventionnelles. On y retrouve principalement le gaz de schiste. Il est alors indispensable de parler du fracking (= fracturation sous haute pression de la roche mère avec des agents chimiques). Rex Tillerson (Secrétaire d’Etat, ancien CEO d’ExxonMobil) revendique depuis l’élection de Donald Trump son utilisation dans le bassin de Bakken (Dakota), un des premiers réservoirs d’hydrocarbures non conventionnels au monde.

 

Arme énergétique : Pas de doute possible, l’énergie est depuis toujours une arme à part entière. La crise de 1973 est la première à avoir mis en évidence ce pouvoir (Petit rappel : L’OPEP a décidé une réduction de la production et un embargo contre les Etats-Unis, qui soutenaient Israël lors de la guerre du Kippour). Vous pouvez vous appuyer aujourd’hui sur les tensions de 2006 et 2009 entre l’Ukraine et la Russie à propos de l’acheminement de gaz. Kiev est en effet dépendante à 80% de Gazprom qui n’hésite pas à profiter de son monopole pour obtenir certaines concessions. Petite anecdote : désireuse de fragiliser l’UE, la Russie a offert à Chypre, en 2013, de l’aider à exploiter son gaz si elle quittait l’UE.

 

Guerre de l’énergie : S’il y a arme, il y a risque de guerre. Jouez sur le fait qu’il y a des guerres énergétiques à toutes les échelles.

A grande échelle, la guerre Iran-Irak (1980-1988) en est un exemple, lorsque S. Hussein lorgnait depuis longtemps sur plusieurs réserves iraniennes.

A petite échelle, la piraterie dans le Golfe de Guinée illustre cette notion. La filiale nigériane de Shell fut obligée de se déclarer en état de force majeure (i.e. cessation des activités industrielles) sous la pression du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (MEND) qui lutte pour une meilleure répartition de la rente pétrolière.

Pour faire la différence : seulement 2% des réserves off-shore ont été découvertes. Qu’en est-il de la délimitation des ZEE ? des eaux internationales ? Qui contrôlera les réserves du Groenland ? Affaire à suivre …

 

OPEP : Cartel de pays visant à négocier avec les compagnies pétrolières les prix et les futurs droits de concession. Parlez des accords du 29 septembre 2016 : les pays de l’OPEP ont décidé de plafonner la production à 32,5 millions barils / jour (contre 33,2 avant l’accord) afin de faire remonter les prix…

Citez aussi l’OPAEP (Organisation des Pays Arabes Exportateurs de Pétrole), qui vise à coordonner les politiques énergétiques des pays arabes. On ne va pas se mentir, elle est peu utile.

 

AIE (Agence Internationale de l’Energie) : Moins citée que l’OPEP dans les copies mais non moins utile. Subordonnée à l’OCDE, l’AIE publie des rapports sur les perspectives futures de toutes les énergies. C’est entre autres elle qui conseille, pour les 29 pays membres, des stratégies à adopter afin de sécuriser leur approvisionnement énergétique. Avec le développement des énergies renouvelables, l’AIE est de plus en plus reconnue. Le siège de l’AIE est à Paris.

 

Pétrole off-shore : Près de 25% des réserves de pétrole et 30% de celles de gaz sont localisées sous les fonds marins.  Ainsi, en 2010, le champ gazier « Léviathan » de 500 milliards de m3 a été découvert à 130km des côtes israéliennes. La Turquie, le Liban et Chypre revendiquent également l’exploitation de ce gisement. Pas de quoi pacifier les relations diplomatiques…

N’hésitez pas à parler du Brésil qui cherche à exploiter l’Amazonie Bleue et le gisement de Libra au large de Rio.

Enfin, mentionnez la logique des 4A « Accessibility – Availability – Affordability – Acceptability » qui est de plus en plus remise en cause.

 

Dutch Disease : En clair, les pays victimes de la « maladie hollandaise » se concentrent sur l’exploitation des ressources naturelles aux dépens de l’industrie locale. Il en résulte un recours aux importations de substitution, les exportations ayant rendu non compétitives les autres activités. Un exemple historique pour changer : Avant les années 1970, les Pays-Bas s’appuyaient sur l’industrie manufacturière exportatrice. Mais l’exploitation des gisements découverts en 1959 a fini par « asphyxier » cette branche industrielle. Les entreprises ont alors fermé les unes à la suite des autres, le chômage a explosé,… C’est à peu près la même situation aujourd’hui avec le Venezuela, le Nigéria, …

 

Fonds souverain : Il s’agit des fonds de placements financiers obtenus par l’activité générée par les hydrocarbures et gérés par les autorités étatiques. Une réflexion est alors primordiale à développer : Sont-ils prédateurs ou développeurs ? Le FONDEN au Venezuela, ayant servi à financer les programmes sociaux a clairement nui au développement du pays. Il en est de même avec le FRR (Fonds de Régulation des Recettes) en Algérie par lequel A. Bouteflika a tenté d’acheter la paix sociale lors des Printemps Arabes. Sonatrach avait ainsi embauché 5000 personnes en 2010-2011. A l’inverse, le Koweit a mis en place le « Reserve Fund for Futur Generation » visant à élaborer une stratégie de long terme en diversifiant ses activités.

 

Entreprise : Depuis toujours, les multinationales sont les premiers acteurs de l’échiquier énergétique mondial. Premièrement, les « sept sœurs » se sont réunies dès 1928 lors des accords d’Achnacarry afin de stabiliser et de négocier leurs parts respectives de marché. Cette entente durera jusqu’en 1971. Mais aujourd’hui encore, les multinationales pétrolières sont des acteurs du développement dans de nombreux pays à l’image des investissements de Total au Gabon. Également, n’oublions pas que Gazprom est une entreprise étatique… En clair, les entreprises pétrolières sont des leviers de puissance pour les états.

 

Nucléaire : C’est la source d’énergie la plus complexe. En effet, la frontière entre utilisation civile et utilisation militaire est mince. L’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) a ainsi eu les plus grandes difficultés, avec l’aide de la communauté internationale, pour arriver aux accords de Vienne. Ces derniers visaient à contrôler la mise en place du nucléaire en Iran, en tenant de limiter les réserves d’uranium enrichi détenues par l’Iran.

Le nucléaire demeure cependant la source d’énergie la plus puissante. Près de 77% de la production française d’électricité est d’origine nucléaire ! Le nucléaire est donc pourvoyeur d’indépendance énergétique.  Le Royaume-Uni tente ainsi de rattraper son retard, à l’image de l’accord donné par le gouvernement britannique en 2016 pour la construction de deux réacteurs EPR, nouvelle génération. L’opposition reste forte, mettant en avant les accidents de Three Mile Island (1979) et de Tchernobyl (1986).

 

Moyen-Orient : Selon Fatih Birol, économiste en chef de l’AIE : « Le MO est et restera le cœur de l’industrie pétrolière pendant de nombreuses années ». Cette zone du globe concentre en effet presque 48% des réserves prouvées de pétrole.

George Mutin considère quant à lui le Moyen-Orient comme « la zone la plus belligène du monde ». On peut alors prendre pour exemple la situation en Arabie Saoudite. Pays majoritairement sunnite, la majorité des réserves d’hydrocarbure de l’A.S se situe à l’Est, région chiite, dans le plus grand gisement pétrolier du monde : Ghawar. Inutile de préciser que cela crée des tensions politiques à toutes les échelles, ce qui confirme la citation de G. Mutin.

 

Mix énergétique : Cette notion renvoie à la répartition des différentes sources d’énergie primaire consommées pour produire de l’énergie. Ainsi, le mix énergétique du Danemark est composé à 20% de l’éolien. Le charbon contribue quant à lui à 73% du mix énergétique chinois… Pour certains observateurs, les renouvelables pourraient passer au second rang du mix électrique, devant le gaz.

 

Energie Renouvelable : Vous connaissez tous ce concept. Alors pour faire la différence, appuyez vous sur l’ouvrage de Philippe Murer : La transition énergétique. Il estime qu’il est possible de passer en 20 ans aux énergies renouvelables. Certes cela a selon lui un coût de $75mds mais cela permettrait de créer 3,6 millions d’emplois. N’hésitez pas à revenir sur le fait que cette analyse semble ambitieuse étant donné le faible rendement des énergies renouvelables.

 

Développement Durable : Il ne faut pas oublier que cette notion englobe 3 piliers : L’économie, le social et l’environnement. A côté de cela, utilisez la notion de « bilan carbone » pour parachever votre œuvre. C’est l’outil de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Par exemple, les mesures mises en place par A. Hidalgo visant à réduire la circulation dans la capitale ont pour principal objectif d’infléchir le bilan carbone.

 

Pic de production : Désigne le moment ou la production mondiale d’une ressource non-renouvelable est maximum. Le peak oil (Moment où la production de pétrole atteindra son maximale) est toujours une inconnue. Selon l’AIE, le pic de production du pétrole conventionnel a eu lieu en 2006. Toutefois, il est facile de remettre en cause l’exactitude de cette information. En effet, le Club de Rome avait prédit pour 2000 la fin du pétrole… De plus, quand on s’attarde sur les progrès techniques de prospection et d’extraction, il est à ce jour impossible de pouvoir vraiment jauger.

 

Energie grise : Notion qui fera sans aucun doute la différence. Elle englobe toute l’énergie qui est consommée dans la conception d’un produit fini ou d’un matériau. Ainsi, la production d’aluminium consomme énormément d’électricité. N’hésitez pas à citer Benjamin Dessus qui a théorisé cette notion dans Déchiffrer l’énergie.

Arthur Jennequin

Étudiant à l'EDHEC en première année et anciennement préparationnaire à Saint-Jean de Douai en ECS. Mes domaines de prédilection sont la géopolitique et l'actualité.

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