Et si la métropolisation tombait aux concours ? Et si la métropolisation tombait aux concours ?
Dans le cadre de son partenariat avec le festival de géopolitique de Grenoble, consacré cette année au pouvoir des villes, Major-Prépa met à ta... Et si la métropolisation tombait aux concours ?

Dans le cadre de son partenariat avec le festival de géopolitique de Grenoble, consacré cette année au pouvoir des villes, Major-Prépa met à ta disposition l’article rédigé de Juliette, étudiante à GEM. Si tu es intéressé par le festival, ça se passe par-là —> https://www.facebook.com/festivaldegeopolitique/?fref=ts

Bonne lecture ! 🙂

Et si cette année, le métropolisation tombait aux concours ? En effet, les villes sont aujourd’hui des symboles du phénomène de mondialisation. Mais cette métropolisation du monde est complexe et présente de nombreux enjeux.

 

Le monde est ville : un phénomène actuel à dimension mondiale

Si les pays européens ont réalisé leur transition urbaine il y a longtemps, ce phénomène est désormais patent sur l’ensemble de la planète. Le cap a été passé : plus de la moitié de la population mondiale vit désormais en milieu urbain. Mais cette urbanisation n’est pas homogène, des mécanismes complexes sont à l’œuvre derrière elle. Aujourd’hui les villes sont vectrices de polarisation, richesses, rivalités, et menaces.

Ce sont des aspects qui sont traités dans la neuvième édition du Festival de Géopolitique de Grenoble, du 8 au 11 mars sur le thème « Le pouvoir des villes ».

 

Les défis de l’explosion urbaine des Sud

Difficile de passer à côté de l’explosion urbaine des Sud, notamment en Asie et en Afrique. Dans les prochaines années, plus de 95% de la croissance se fera dans les Sud et particulièrement en Asie.

En effet, les villes sont attractives, elles sont symboles de développement, d’un meilleur niveau de vie, d’emploi, etc.

Cependant, l’explosion de ces villes du Sud est un défi majeur à relever pour la planète : il faut réussir à maîtriser une urbanisation qui semble être devenue incontrôlable, on parle même de villes « monstres ». Un exemple marquant est la ville de Lagos, qui connaît une croissance sans précédent : en 1900 la ville n’avait que 40 000 habitants et en compte aujourd’hui 12 millions. Lagos, c’est aujourd’hui : 10% des Nigérians sur 0,4% du territoire, et la ville est devenue célèbre pour ses embouteillages impressionnants que les autorités n’arrivent plus à suivre.

 

  • Les villes catastrophes, concentration de la pauvreté

En Afrique, Kinshasa a perdu son surnom de « Kinshasa la Belle » pour devenir « Kinshasa Poubelle ». Il y a une forte ségrégation spatiale, les populations aisées sont regroupées dans les beaux quartiers et les populations pauvres dans des bidonvilles. Le contraste est flagrant à Rio entre les « Gated Communities » et les immenses Favelas. Certains bidonvilles sont presque des « villes dans la ville » comme le plus grand du monde, celui de Dharavi, à Mumbay (cf l’article « les bidonvilles, un mal inévitable » sur le site Major Prépa).

Pour approfondir ces problématiques, nous vous invitons à visionner en direct ou en replay la conférence de Roland Pourtier qu’il donnera pendant le Festival de Géopolitique de Grenoble (samedi 10 mars de 17h45 à 18H15), intitulée : « L’explosion urbaine de l’Afrique noire, peur et espoirs ».

 

 

Les pouvoirs de la ville 

 

  • Des poumons économiques

La ville est par excellence le lieu de toutes les concentrations, et notamment de celle des richesses économiques. On y trouve la majorité des services, des emplois et des sièges d’entreprises. C’est aussi le lieu où se regroupe les principales activités financières. Par exemple, les bourses de NYC, Londres & Tokyo (à savoir « trois villes mondes » selon l’expression de Saskia Sassen) représentent 2/3 des transactions financières mondiales.

Cette concentration dans les villes permet aussi une surproductivité des régions métropolitaines par rapport au reste du pays. Cette dernière s’élève par exemple à plus de 35% à Paris ou encore 38% à New York.

Ces nombreux éléments procurent aux villes un pouvoir économique indéniable. Certaines villes sont ainsi plus puissantes économiquement qu’un pays : c’est le cas de Tokyo, dont le PIB est comparable à celui du Royaume-Uni ou de celui de Londres qui est équivalent au PIB de la Suède.

Vous trouverez aussi plus d’informations, sur la conférence Nadine Levratto, lors du festival, intitulée « Métropoles et performances économiques » (jeudi 9 mars 2017 de 9h à 10 heures), également retransmise en direct sur le site du festival de géopolitique ou encore la table ronde intitulée « Le pouvoir financier des villes » (jeudi 9 mars – GEM – de 17h45 à 19h, retransmise).

 

  • Une concentration culturelle

La culture est un vecteur de puissance pour un pays mais aussi pour les villes (cf la notion de soft power). On trouve effectivement une concentration des musées et centres culturels les plus importants dans les villes mondiales ; New York abrite le MET et le Moma, Londres le British Museum, le Tate Modern et Paris rayonne à travers le Louvre ou encore le Musée d’Orsay. Cette puissance culturelle est aussi un moyen d’attirer des touristes et d’offrir une attractivité à la ville. De même pour le marché de l’art qui est dominé par Londres et New York, deux villes mondiales majoritairement peuplées par des individus très aisés.

Les villes sont également des lieux privilégiés pour l’accueil de grands évènements sportifs internationaux, ceux-ci leur permettant d’exposer leur puissance et leur modernité. Par exemple, pour les villes du Sud, l’organisation des jeux olympiques leur donne moyen de refléter une puissance économique nouvellement acquise. Ainsi, Mexico en 1968 était la première ville du Sud à accueillir une telle compétition mondiale. 50 ans plus tard, la Chine investissait plus de 44 milliards de dollars et cherchait à exalter sa puissance et sa modernité en organisant des jeux grandioses.

De la même manière, l’organisation d’une exposition universelle participe au soft power d’une ville et reflète son influence culturelle sur le monde. Là encore, la conférence de Florence Pinot de Villechenon sur le thème « Accueillir le monde dans la ville : les expositions universelles » lors du festival nous permettra d’en savoir plus sur le sujet.

 

 Et la ville de demain ?

  • La ville, le nouveau lieu des dangers

Aujourd’hui, les gratte-ciels, la verticalité sont les symboles de la puissance d’une ville. Mais cela induit également un risque. Les villes peuvent devenir objets de tensions. En effet, par cette verticalité et hauteur qu’elles acquièrent, elles représentent le pouvoir et ainsi le terrorisme choisi de s’attaquer en priorité à ces villes symboliques. Naturellement les attentats du 11 septembre sont un exemple probant mais il en existe beaucoup d’autres. Pour approfondir cette notion de risque de la ville, nous vous invitons à vous tourner vers la conférence « Criminalité et terrorisme : le côté sombre des villes. » (Vendredi 10 mars – 15h15 – 16h15 au festival de géopolitique).

Qui dit ville, dit concentration certes de richesse, de services, de population, de pouvoir, mais aussi de pollution ce qui représente un nouvel enjeu pour les villes. C’est le cas par exemple pour celles d’Asie et particulièrement de Chine : en effet 20 des 30 villes les plus polluées se trouvent dans ce pays. Le taux de particules fines est à Pékin 50 fois supérieur à la moyenne recommandée par l’OMS.

  • Une ville à repenser

C’est pour cela qu’un des défis de demain est de repenser la ville durable. Cette idée est apparue dès 1986 avec l’émergence du projet Mega Cities (Paris participant), à savoir un réseau d’entraide et de réflexion entre une vingtaine de villes. La ville durable a pour objectif de suivre les trois piliers économique, social (avec moins d’injustice, d’inégalités au sein des villes) et bien sûr le pilier écologique pour être plus respectueuse de l’environnement.  Il existe la norme ISO 37120 depuis 2015 pour essayer d’établir un critère de la ville durable par exemple. En France, des initiatives sont également mises en place comme la création de quartiers durables tel que Confluence à Lyon où de nouveaux bâtiments sont conçus avec des matériaux durables.

On peut toutefois noter que les projets de villes totalement « vertes » ont pour l’instant échoué. Dongtan, en Chine, qui devait se présenter comme un anti-Shenzhen, n’a jamais été construite. Masdar City à Abou Dabi est quant à elle à ce jour une ville fantôme.

Enfin, la ville de demain c’est aussi la ville de l’innovation et la ville intelligente (à voir également la projection « Les villes du futur – les villes intelligentes » – GEM – 18h- 19h30).

 

 

Rédigé par Juliette Huot, étudiant en L3 à Grenoble EM

Dimitri Des Cognets

20 ans, étudiant à NEOMA Reims, ancien étudiant au lycée La Bruyère (Versailles) et co-fondateur de Up2school (www.major-prepa.com, www.business-cool.com et www.forum-commerce.com)

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