En Thaïlande, un référendum qui renforce les militaires En Thaïlande, un référendum qui renforce les militaires
I.                     Présentation générale de la Thaïlande Afin de mieux comprendre les événements qui se sont déroulés en Thaïlande, dans le courant du mois d’Aout,... En Thaïlande, un référendum qui renforce les militaires

I.                     Présentation générale de la Thaïlande

Afin de mieux comprendre les événements qui se sont déroulés en Thaïlande, dans le courant du mois d’Aout, il est nécessaire de contextualiser.

 

a)       Données générales

La Thaïlande que nous devrions normalement appeler le Royaume de Thaïlande, est un pays d’Asie de 513 000 km2 qui a pour capitale Bangkok. La particularité de ce pays réside dans son régime, une « monarchie militaire » dont les deux figures emblématiques sont le Premier Ministre, le Général Prayuth Chan-Ocha, et le Chef de l’Etat régnant depuis 1946, Rama IX -son nom complet étant Bhumibol Adulyadej, je ne peux que vous conseiller de ne retenir que le nom que je vous ai donné précédemment-. Avec ses 67,2 millions d’habitants -d’après les chiffres de 2014 issus de la Banque Mondiale -le pays possède une densité de population de 135 hab/km2, ce qui en fait un pays densément peuplé. En se focalisant sur les indicateurs macroéconomiques, la Thaïlande apparaît comme un pays en voie de développement comme le montrent les nombreux progrès réalisés -89ème pays pour l’IDH, un taux d’alphabétisation de 94% ainsi qu’une espérance de vie de 74 ans.

Le PIB de la Thaïlande se décompose de la manière suivante : 12% pour le secteur primaire, 44% pour les secteurs secondaire et tertiaire. Il apparaît donc, très clairement, que la Thaïlande a connu une révolution et s’est fortement tourné vers le secteur des services afin d’approfondir sa modernisation économique. En outre, ce pays maintient de très bonnes relations commerciales avec les géants mondiaux tels que la Chine, les Etats-Unis ou bien le Japon ou l’UE.

 

b)      Politique intérieure

La Thaïlande, telle que nous la connaissons actuellement, provient d’une vie politique bicéphales dans laquelle les institutions ainsi que les pratiques démocratiques se sont construites.

En effet, depuis 2013, la Thaïlande est l’objet d’une grave crise politique. Le général Chan-Ocha, à l’époque chef de l’armée de terre thaïlandaise, a annoncé le 22 mai 2014, la prise de pouvoir par l’armée ainsi que la suspension de la Constitution. Cette prise de pouvoir, que nous pouvons qualifier de « coup d’Etat » clôture la crise politique d’octobre 2013, qui a divisé le pays entre les chemises rouges -les partisans du gouvernement de Madame Yingluck Shinawatra – et les chemises jaune -le mouvement d’opposition monarchiste et conservateur mené par l’ancien vice Premier ministre. Ce dernier, avait, en effet, réclamé la démission de la Première ministre et de son gouvernement. Peu de temps après la démission en bloc des députés de l’opposition, Madame Shinawatra dissout l’Assemblée nationale en décembre 2013, des élections anticipées se sont déroulées début février de l’année suivante, avant d’être invalidées en mars 2014.

Depuis ce coup d’Etat, le pouvoir militaire -qui est représenté par le CNPO, le Conseil National pour la Paix et l’Ordre- a installé une feuille de route institutionnelle. En outre, la Constitution provisoire qui est entrée en vigueur en juillet a permis la mise en place de différentes institutions telles qu’une Assemblée nationale législative, composée de 197 membres dont la majorité sont des militaires. Cette Assemblée a élu le Général Prayruth comme Premier Ministre en août 2014, cumulant, de ce fait, les fonctions de chef du gouvernement et du CNPO.

Il est nécessaire de comprendre que le CNPO concentre la majorité des pouvoirs. En effet, son chef prend n’importe quelle décision qu’il juge nécessaire, et ce, même si la décision en question peut constituer une violation de la Constitution. A ce propos, l’intégralité des membres du CNPO bénéficient d’une immunité et, les partis politiques sont également exclus de tout processus décisionnel. Les libertés publiques sont limitées car les manifestations sont interdites, les médias tout comme les réseaux sociaux restent très majoritairement contrôlés.

 

c)       Situation économique

L’économie de la Thaïlande peut être qualifiée de très dynamique. Bien que très fortement touchée par la crise asiatique de 1997-1998 ainsi que par la crise financière de 2008, le gouvernement, issu du coup d’Etat militaire, a pris un certain nombre de décisions afin de relancer une économie en difficulté telles que le plafonnement du prix des carburants.

d)      Politique extérieure

Depuis de nombreuses années, la Thaïlande joue un rôle très actif dans l’Asie du Sud-Est, tout d’abord de par son statut de membre fondateur de l’ASEAN à laquelle elle attache une très grande importance, car c’est à Bangkok en 1967 qu’elle a vu le jour, mais également parce que la Thaïlande en a assuré la présidence en 2008-2009.

D’un point de vue commerciale, les Etats Unis restent un des partenaires majeurs du pays et, afin de montrer leurs bonnes relations, le Président Barack Obama s’est en personne rendu en Thaïlande en 2012. A ce propos, le partenariat Etats-Unis/Thaïlande ne se limite pas qu’au domaine économique, en effet, ce pays a obtenu le statut d’allié majeur hors OTAN. Lorsque l’on mentionne la Thaïlande et le domaine commercial, il ne faut pas oublier la Chine, qui est son principal partenaire.

De manière générale, la Thaïlande entretient de bonnes relations avec les pays, institutions du monde. Seule exception qui confirme la règle réside dans les tensions avec le Cambodge à propos d’un territoire de 5km2. Néanmoins, ce léger accroc n’empêche pas les importants flux entre les deux pays.

 

II) Les élections en Thaïlande

Les Thaïlandais ont massivement voté -à hauteur de 61%- en faveur de la nouvelle loi fondamentale selon laquelle les pouvoirs militaires sont renforcés. Il faut préciser que la junte militaire est au pouvoir depuis 2014 dans un pays où les tentatives de coup d’état sont monnaie courante. D’autre part, ce vote conforte le gouvernement militaire actuel dans la perspective des élections législatives de 2017. Si le résultat est révélateur de la popularité du pouvoir en place, le vote montre également les disparités existantes entre le centre et Bangkok qui ont été en faveur et les régions plus rurales telles que le nord-ouest et le sud -régions dans lesquelles les minorités musulmanes sont très représentées -qui s’y sont opposées. Par ailleurs, selon toute vraisemblance, l’opposition a largement été bridé par les militaires durant la campagne qui a précédé le vote.

D’après le nouveau texte, dorénavant les membres du Sénat seront désignés par les membres de la junte militaire, et, certains sièges sont même déjà réservés pour les hauts dirigeants militaires. Cette mesure, constitue selon certain une entrave car, elle permettrait à la junte militaire de choisir elle-même le futur Premier Ministre. Cette dernière se défend en affirmant que cette mesure constitue une avancée considérable dans la lutte contre la corruption.

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Noémie Moreau

Ancienne élève au lycée Dupuy de Lôme (Lorient) voie S. Actuellement étudiante en deuxième année à SKEMA et à l'université Jean Moulin (Lyon) en relations internationales et diplomatie.

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