Pourquoi ne faut-il pas délaisser une matière faible Pourquoi ne faut-il pas délaisser une matière faible
Certains diraient: « on ne peut pas être bon partout », mais quand même, on a tous une matière (ou plus) qui nous rebute un... Pourquoi ne faut-il pas délaisser une matière faible

Certains diraient: « on ne peut pas être bon partout », mais quand même, on a tous une matière (ou plus) qui nous rebute un peu : on ne l’aime vraiment pas, c’est lourd à travailler, ça prend du temps pour trois fois rien, des mauvaises notes, et impossible à comprendre…

 

I – Mon expérience

Je vais vous expliquer mon cas : je suis vraiment une brêle en langue. Alors en 1A ça allait, je bossais ça assez régulièrement et assidûment parce que je voulais progresser. Donc je me maintenais à flot : la moyenne mais pas plus, voire moins en allemand. Mais j’ai continué à travailler, pas trop quand même parce que je n’aimais pas vraiment ça. Les vacances d’été sont passées: travail minimal dans les matières faibles, un peu plus ailleurs. Et arrivée en 2A, je découvre le fameux tableau SIGEM  des épreuves :

Et là, c’est un CHOC TOTAL: les écoles du top 12 n’ont pas beaucoup de coefficient en langues, beaucoup en maths (ma matière favorite). Je me suis donc dit : ce n’est pas si compliqué, il suffit de cartonner en maths et de limiter la casse en langues. Alors j’ai lâché un peu plus les langues : le minimum de grammaire et de vocabulaire. Arrivé vers le milieu/fin d’année, j’ai commencé les thèmes/versions pour être au point le jour J. Pendant la période de révision avant les concours, j’ai à peu près suivi le planning de Major Prépa (en bon élève studieux). J’adorais les maths le matin, mais je trouvais le temps long pendant les langues… Les concours passent, et je savais que je n’avais pas performé en langues. Mais je me suis dit que ça allait le faire quand même. Les résultats tombent (merci GEM d’avoir fait fuiter les notes J ) : un petit 6 en anglais et un 8 en allemand (CCIR). Résultat : ça m’a plombé toutes les chances d’être admissible dans le top 8…

C’est à ce moment-là que j’ai compris que j’avais commis une grosse erreur : délaisser les langues. J’avais bien foncé en maths pour avoir un niveau élevé, en ESH j’avais limité la casse à 12 au concours (je n’étais pas une bête non plus mais j’aime beaucoup la matière) et en CG j’avais adoré le thème (« la nature »), donc je m’en étais bien sorti.

J’ai donc pris la décision de cuber. Pas facile… Nouvelle prépa, nouvelles méthodes de travail. Et là, presque tout a changé : je me suis mis à fond dans les langues pour rattraper le retard accumulé durant quasiment 2 ans. 1 heure par jour de chaque langue. Et finalement, j’ai commencé à apprécier ça : que c’est bon quand on peut parler ou écrire correctement! Et ne plus voir de rouge partout sur la copie était une vrai première pour moi. Bon, honnêtement j’ai commencé l’année par un 8 en anglais et un 7 en allemand pour finir à 13 et 12 en CCIR.

Mais, petit retournement de situation: j’ai commencé à détester la CG en 3A (cc « la parole »), alors qu’en 2A j’étais relativement bon… Donc, je me suis dit : ne tombe plus dans le même piège, et bosse la!

 

II – Mes conseils

Voici mon expérience personnelle, mais ces conseils seront utiles à tous, pour toutes les matières, quelque soit la filière. Il y a forcément des matières que tu n’aimes pas, et tu ne peux pas tout aimer, c’est sûr. Mais ne lâche rien. Si tu n’aimes pas les maths, force toi, parce que c’est une matière importante, quelle que soit la filière. Tu te rendras compte en 2A/3A que ça se répète énormément, et avoir un niveau correct est assez facile.

En fin de compte, les gens qui réussissent le mieux au concours sont ceux qui ont développé une certaine polyvalence, tout en conservant une ou plusieurs matières fortes.

Voici un profil qui se répète assez souvent: être à l’aise dans les matières littéraires (langues ou CG), mais ne pas vraiment aimer les maths et « lutter » dans cette matière. Beaucoup lâchent dès la première année et je suis profondément convaincu que c’est une erreur. Cette décision te poursuivra en 2A et te vaudra sûrement une année de cube (d’ECS à ECE dans certaines prépas même, cc Henry Tran du Rire Jaune). Alors ne lâche pas dès la première année et accroche toi tout en renforçant tes matières fortes (oui c’est possible !).

Si tu es « dégoûté » par l’ESH, tu vas vite comprendre que cette matière est très utile. En fait, il est simple de progresser parce que tout ce qui est vu peut te servir d’accroche dans la copie du samedi matin. Et cette matière permet aussi de te donner un regard nouveau sur le monde, de comprendre les problèmes des sociétés actuelles (économiques, sociaux, …).

D’ailleurs, pour progresser plus vite et avoir des idées qui sortent des sentiers battus, va sur le site de Xerfi Canal ( http://www.xerficanal.com ) : ils ont de superbes vidéos d’environ 5 minutes sur des problèmes contemporains, ils invitent des gens qui pèsent (cc Emmanuel Combe) … Ca va te permettre d’aborder un thème sous un nouveau jour et d’avoir des références qui sont peu communes. Tu peux aussi aller voir les notes quotidiennes de Patrick Artus (oui oui, il écrit beaucoup: http://cib.natixis.com/research/economic/publications.aspx?lang=fr ).

De même pour la géopo ou le management : ces matières te permettent de comprendre le monde dans lequel tu vis. Alors, des fois, quand tu n’es pas vraiment motivé pour les travailler dans l’optique du concours, pense que ça peut au moins servir pour ta culture personnelle.

Enfin, si tu as des difficultés en CG en 1A, ne t’en fais pas. C’était également mon cas, mais la première année sert principalement à te faire découvrir les auteurs, arriver à les identifier de façon générale (ne pas paniquer quand on entend « Leibniz » ou « Nietzsche », par exemple). En fin de compte, en 1A, le plus important est la méthodologie de dissertation. Etant donné que le thème de l’année suivante te sera imposé, la technique pour améliorer sa note est de bien maîtriser la méthodo de dissertation.

 

Conclusion

J’espère que mon expérience aura aidé à comprendre que lâcher une matière pour se concentrer sur une autre n’est pas du tout le bon choix. Ca ne va faire qu’accroître tes faiblesses, te rendre moins polyvalent, au risque d’avoir de moins bons résultats.

Souviens-toi que tes faiblesses peuvent devenir des forces. Il suffit de s’ouvrir d’esprit pour se rendre compte que cette matière que tu détestais n’est pas si mal, que finalement elle se répète beaucoup et tu peux facilement trouver la clé d’une bonne note au concours !

Benjamin Kasprzyk

Ancien étudiant au lycée Charles de Gaulle à Caen et cube à Chateaubriand Rennes, mes matières préférées sont l'ESH et les maths

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