L’actualité économique de l’été-rentrée 2019 L’actualité économique de l’été-rentrée 2019
La plage ou les horribles DM de maths t’ont empêché de suivre l’actualité économique de l’été ? Pas de souci ! Major Prépa t’a concocté... L’actualité économique de l’été-rentrée 2019

La plage ou les horribles DM de maths t’ont empêché de suivre l’actualité économique de l’été ? Pas de souci ! Major Prépa t’a concocté un petit résumé des grands moments économiques de l’été et de ce début de rentrée 2019. Alors, c’est parti pour un petit voyage temporel !

 

L’Amazonie consumée par les feux

C’est certainement l’image forte de cet été : les flammes dévorant le poumon de la terre qu’est l’Amazonie. Au total, plus de 90 000 départs de feu ont été recensés en une quinzaine de jours dans la forêt, faisant suite à une déforestation démesurée soutenue par le président Jair Bolsonaro. Durant son mandat, la déforestation a augmenté de 83 %. Les causes de ces feux sont la déforestation massive (multipliée par trois en juillet et par quatre en août), avec un bilan très inquiétant pour l’écosystème mondial. Et le président semble continuer à privilégier les intérêts économiques de court terme à une gestion durable de la forêt. Lors du G7, il s’est aussi opposé à toute aide internationale publique clamant la souveraineté de son pays et de son territoire. Une crise diplomatique s’en est suivie, notamment entre Bolsonaro, Macron et l’ONU. Par ailleurs, la catastrophe a beaucoup ému sur les réseaux sociaux et un appel au boycott a été lancé sur les marques dont la production participait à la déforestation. C’est ainsi que H&M a suspendu ses achats de cuir provenant du Brésil, car ils favorisaient l’élevage bovin et donc la déforestation.

 

Christine Lagarde, du FMI à la BCE

C’était aussi un grand titre de l’actualité économique : Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international depuis 2011, sera très certainement dès le 1er novembre 2019 la nouvelle présidente de la Banque centrale européenne (BCE), succédant à Mario Draghi. Elle est la 4e personne à endosser ce rôle et, par ailleurs, la première femme. L’ancienne directrice du FMI avait entamé son mandat en 2011 en pleine crise grecque et avait été un des acteurs majeurs de la troïka internationale venue en aide à la Grèce. Bien que des mesures d’austérité aient été imposées par le FMI, Lagarde s’est toutefois distinguée de la pensée parfois ultralibérale et occidentalo-centrée qui peut animer le FMI : elle a reconnu le yuan comme monnaie officielle, a admis les possibles conséquences néfastes de l’austérité et a exhorté les pays riches à soutenir la croissance par des investissements (financés par des fonds privés certes).

La future présidente arrive cependant dans un contexte particulier et il n’y a nul doute qu’elle doive prendre des décisions très rapidement. La faible inflation, les taux d’intérêt quasi nuls, la fébrilité des marchés financiers, les tensions monétaires et le cas de la dette publique sont autant d’indices de l’instabilité chronique de la scène économique et monétaire mondiale. « Whatever it takes », avait annoncé Mario Draghi en 2012 pour sauver l’euro. On attend avec impatience les premiers mots de Mme Lagarde.

Pour le projet européen, ceci peut être l’occasion de faire souffler un vent de nouveauté sur une intégration en panne, gênée par le Brexit, le bras de fer avec l’Italie, la dette publique, la guerre commerciale… La présidente de la Commission européenne, Mme Von der Leyen, l’annonçait : il y a volonté d’entamer un nouveau chapitre dans la construction européenne, en embrassant la soutenabilité économique et le développement durable et en insistant sur le poids géopolitique de l’UE. À voir si une potentielle crise va raviver le brasier déjà brûlant ou si les espoirs seront brisés…

 

La réforme des retraites, futur catalyseur de la gronde sociale ?

Sujet épineux, surtout au vu des évènements de la dernière année avec les gilets jaunes. Le grand débat national, organisé par Emmanuel Macron, avait mis en lumière la demande de plus d’équité dans le système français et la question des retraites avait été aussi abordée à plusieurs reprises. Le gouvernement s’est alors attaqué à cette réforme très compliquée. Le système de retraite français est en effet complexe, en témoigne l’entrée au gouvernement de Jean-Paul Delevoye (haut commissaire à la réforme des retraites) : les nombreux régimes spéciaux (plus d’une cinquantaine), le vieillissement démographique qui menace l’avenir du système par répartition, la question de son financement…

Le système actuel est de plus en plus déséquilibré : les pensions stagnent voire s’amoindrissent, la CSG augmente, les cotisations couvrent à présent seulement 2/3 des dépenses liées à la retraite, l’âge du départ à la retraite recule, il y a 1,7 cotisant par retraité… Toujours est-il que les dialogues avec les partenaires sociaux ont débuté et que la route semble très longue pour le gouvernement en raison de syndicats s’opposant déjà aux projets du gouvernement ou les jugeant insuffisants.

Parmi les plans du gouvernement figure l’instauration d’un âge d’équilibre fixé à 64 ans (mais l’âge minimum deviendrait 62 ans), à partir duquel le taux de pension serait plein. La proposition risque de coincer pour les travailleurs, qui voient l’âge reculer de plus en plus, même si les générations successives font des études de plus en plus longues. Autre proposition : une pension minimale de 1 000 euros mensuels pour les bas revenus (ayant pleinement cotisé), une indexation sur l’évolution des salaires (et non plus sur l’inflation)… Enfin, le grand projet est une harmonisation des systèmes de retraite, pour en faire un plus universel, mais les héritages corporatistes risquent de poser problème.

C’est surtout la question du financement qui suscite les interrogations : hausse des cotisations, hausse des impôts, nouvelle cotisation sur le capital… Les scissions idéologiques et politiques reviennent.

 

Le Groenland au cœur d’un nouvel enjeu géopolitique

Donald Trump est intéressé par l’achat du Groenland, région autonome appartenant au Danemark. Démenti puis confirmé, et ainsi de suite, Donald Trump suit tout de même de très près les activités du Groenland. Il souhaiterait que ce territoire rejoigne celui des États-Unis, comme ce fut le cas pour l’Alaska en 1867. En effet, le Groenland se situe dans la région arctique, un terrain géopolitique qui s’annonce décisif dans les années à venir : avec la fonte des glaces, de nouvelles routes maritimes s’ouvrent, reliant plus facilement la Russie à l’Europe par exemple.

De même, les ressources naturelles et les hydrocarbures sont pléthoriques et encore peu exploités dans ce territoire très touché par le réchauffement climatique et la Chine, les États-Unis et la Russie investissent massivement pour prendre le contrôle de l’Arctique (860 milliards de dollars en projets d’infrastructures). Une véritable course pour l’expansion de sa puissance, tandis que la glace fond. La Russie détient déjà un coup d’avance notamment avec Gazprom et Donald Trump, avec ses vues sur le Groenland, compte bien rattraper son retard. L’Arctique est donc un terrain géo-économique de premier plan pour la conquête du leadership mondial.

L’achat reste toutefois très peu probable et une ancienne proposition de 100 millions de dollars avait déjà été formulée en 1946, mais le refus avait été catégorique. De même à la suite de cette nouvelle, la Première ministre du Danemark a été intransigeante : «Le Groenland n’est pas à vendre. Le Groenland n’est pas Danois. Le Groenland appartient au Groenland.»

 

Le bilan du G7

Dernier gros titre, et pas des moindres : le G7 à Biarritz, du 24 au 26 août 2019. La France, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l’Italie, le Japon et l’Allemagne se sont réunis. Divers sujets ont été abordés, dont la lutte contre les inégalités, les incendies en Amazonie et donc la lutte contre le réchauffement climatique, la mise en place d’une taxe GAFA, la guerre commerciale américano-européenne…

Les déclarations d’Emmanuel Macron à la suite de ce sommet se sont voulues rassurantes, aucun accord signé ou aucune avancée majeure dans les thèmes du G7. Il y a ainsi pour projet de continuer à moderniser les règles du commerce international pour le rendre plus équilibré, d’apaiser les relations économiques internationales, d’arriver à une taxe internationale sur les GAFA et entreprises du numérique… Le président français a promis aux États-Unis de retirer la taxe sur les GAFA dès que cette taxe internationale verrait le jour et de déduire ce que les GAFA avaient déjà payé à la France.

Pour conclure, peu de garanties, mais des volontés de tous les participants. Quant au thème de la lutte contre les inégalités, pourtant central dans les objectifs de ce G7, il semble être passé à la trappe. Les prochains mois diront si le 24 août sera une grande date dans l’histoire de la mondialisation.

 

 

Voilà, c’est tout pour l’instant ! On espère que ceci te sera utile pour agrémenter tes copies doubles en ESH ! N’hésite pas à jeter un coup d’œil à l’actualité économique et à Major prépa pour te tenir au courant : tout bouge très vite !

Fabien Mialo