Synthèse d’actualité estivale 2018 – Amérique du Nord Synthèse d’actualité estivale 2018 – Amérique du Nord
L’été est bientôt terminé et tu as passé plus de temps sur Instagram qu’à lire les articles du New York Times ? La dernière... Synthèse d’actualité estivale 2018 – Amérique du Nord

L’été est bientôt terminé et tu as passé plus de temps sur Instagram qu’à lire les articles du New York Times ? La dernière chose que tu as appris est qu’il existe une ville en Angleterre qui s’appelle Winchester (oui oui, dans le Wessex) grâce au documentaire sur les bleus ? Pour pas bégayer devant le prof d’anglais à la rentrée, Major-Prépa t’a concocté un résumé de ce qu’il s’est passé en Amérique du Nord pendant les vacances. Au programme de cette synthèse, les mesures protectionnistes prises par le président Trump, qui témoigne d’un certain isolationnisme, la difficulté des renégociations de l’Aléna, la création d’une armée spatiale américaine, les difficiles relations avec la Turquie et d’autres choses. Enjoy !

 

Les États-Unis vers un retour au protectionnisme

america first

En mars 2018, l’administration Trump annonce que le pays va instaurer des taxes douanières importantes sur l’acier et l’aluminium. Après un sursis accordé par la Maison-Blanche, la guerre commerciale débute réellement le 31 mai, jour de l’entrée en vigueur de ces surtaxes de 25% sur toutes les importations d’acier et de 10% sur les importations d’aluminium en provenance de l’Union Européenne, mais aussi du Canada et du Mexique, pourtant membres de l’Aléna. Cette décision est d’ailleurs un moyen d’exercer une pression sur ces pays en vue d’une renégociation du traité. 

Ces mesures ne sont pas surprenantes lorsque l’on connait la tradition protectionniste du pays, notamment depuis la crise de 1929 et la mise en place du Buy American Act (1933) qui impose au gouvernement fédéral l’achat de biens manufacturiers produits aux États-Unis afin de soutenir la production nationale. Ces mesures ont par le passé principalement été prises alors que l’économie était en dépression, mais Trump rompt avec cette tradition, le FMI prévoyant une croissance du PIB américain de 2,9% en 2018.

Le but de ces taxes sur les produits importés est de protéger les entreprises et les emplois de l’industrie sidérurgique aux États-Unis, ainsi que de lutter contre le déficit commercial, qui atteignait 483 milliards d’euros en 2017. Le président tient ainsi sa promesse de campagne, et reste dans sa logique de faire passer les États-Unis avant tout (“America first”) au risque de s’exposer à des sanctions similaires de la part des pays visés par ces taxes.

Suggestion : L’économie mondiale en 2018

 

Quelles conséquences pour l’UE ? 

Si l’impact direct sur les exportations européennes vers les États-Unis est faible, l’Europe n’y exportant “que” 5 millions de tonnes d’acier par an, Philippe Darmayan, président d’ArcelorMittal France et de l’Union des industries et métiers de la métallurgie, s’alarmait en juin d’un effet ricochet en Europe : “Ce qui nous importe, c’est qu’il n’y ait pas de ricochet, qu’à cause de la fermeture globale du marché américain des bateaux chinois soient détournés sur le marché européen.” L’UE a malgré cela décidé le 22 juin de répondre en imposant des taxes sur l’équivalent de 2,8 milliards d’euros de produits importés des États-Unis, dont les célèbres motos Harley-Davidson. Le constructeur a par conséquent décidé de délocaliser une partie de son activité de construction pour ne pas voir son marché européen chuter, au grand dam du président américain.

 

Une possible guerre commerciale nuisible aux consommateurs

 Cette offensive protectionniste touche en revanche davantage un pays comme le Canada, qui vend 90% de sa production d’acier à la première puissance mondiale.

 importations américaines d'acier 2017

La ministre canadienne des affaires étrangères Chrystia Freeland a donc annoncé fin juin, en représailles aux tarifs douaniers américains, une sanction de 16,6 milliards de dollars. La menace d’escalade est donc bien présente, alors que la Maison-Blanche menace d’étendre les sanctions au domaine de l’automobile, malgré la forte intégration de cette industrie en Amérique du Nord.

La chambre de commerce américaine, un des lobbies les plus importants du pays, a pointé du doigt en juillet la politique de droits de douanes de Trump, affirmant que les représailles commerciales nuiraient aux consommateurs américains. Elle ajoute que “des millions d’emplois américains dépendent de la capacité de l’Amérique à commercer avec d’autres pays” tandis que “la moitié des emplois manufacturiers américains dépendent des exportations”.  Si ces tarifs douaniers ont été bénéfiques dans le secteur sidérurgique (US Steel ayant déjà rappelé 500 employés au chômage technique, alors que des dizaines de milliers d’emplois pourraient être créés dans ce secteur), l’institut de recherche Trade Partnership Worldwide LLC a en revanche estimé que 400 000 emplois pourraient être détruits aux États-Unis en conséquence à l’instauration de ces tarifs douaniers.

 

La Chine, un cas à part

Depuis le 6 juillet, les États-Unis ont imposé des taxes à hauteur de 25% sur 34 milliards de dollars d’importations chinoises afin de prévenir des transferts de technologie importants sur les technologies américaines, et surtout de rétablir un “fair trade” entre les deux pays, selon les mots du président de la première puissance mondiale. La Chine a contre-attaqué en taxant plus de 500 produits américains, principalement dans l’agriculture, visant une production se trouvant en majorité dans des États ayant voté Donald Trump. L’OMC a également été saisie, accusant le président américain de déclencher “la plus grande guerre commerciale de l’histoire économique”. N’appréciant pas qu’on lui tienne tête, le commander in chief” a annoncé mi-juillet que plus de 6000 produits supplémentaires importés à la Chine seraient à leur tour taxés à hauteur de 10%. Le problème ? De nombreux produits de la liste ne sont plus exportés par la Chine aux États-Unis depuis plusieurs années…

 

L’Aléna, l’OTAN, on en est où ?

otan

L’Aléna, des renégociations compliquées

Ce climat de tensions ne facilite pas les négociations pour ce nouvel accord entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, pour l’heure formellement exclu des négociations. Le président des États-Unis a annoncé le 11 aout sur Twitter que les négociations avec le Mexique étaient en bonne voie, notamment concernant les secteurs clés que représentent l’agriculture et l’automobile. Il précise également que le Canada devra patienter avant de faire son retour à la table des négociations, tant que leurs barrières protectionnistes seront si élevées.

Les renégociations sont en bonne voie selon Chrystia Freeland et Ildefonso Guarajdo, ministre mexicain de l’économie à la tête des négociations avec les États-Unis, bien que Donald Trump ait qualifié de désastre pour les emplois américain l’accord de libre-échange nord-américain, ajoutant qu’il prendrait son temps pour conclure l’accord : “Soit nous allons faire un bon Aléna, un Aléna équitable pour nous, soit nous ne faisons pas du tout d’Aléna”.

 

L’OTAN renforcée

Alors qu’il a plusieurs fois laissé planer le doute quant à ses intentions vis-à-vis de l’OTAN, le président américain a affirmé le 12 juillet l’engagement des États-Unis envers l’organisation. Il a notamment annoncé sur Twitter qu’il avait obtenu 33 milliards de dollars de dépenses supplémentaires, et cela “seulement grâce à [lui]”. Pourtant, ces plans d’investissement avaient été présentés dès 2014, comme l’a rappelé Emmanuel Macron à Bruxelles. Néanmoins, il semblerait que la volonté de Trump de voir les alliés de l’OTAN porter leurs dépenses de défense à 4% du PIB ait eu un écho à Bruxelles, Angela Merkel affirmant qu’il y avait eu une nouvelle discussion concernant ces dépenses.

 

 

La Turquie en conflit avec les États-Unis
racep erdogan

En avril, l’AFP annonçait que débutait en Turquie le procès du pasteur américain Andrew Brunson, accusé d’avoir aidé deux organisations qualifiées de terroristes par le pays. En réalité, il semblerait que le tort du pasteur soit de participer à la “christianisation” de ce pays musulman, selon les mots du procureur. Alors qu’il était en détention préventive depuis octobre 2016, le tribunal turc a tranché en juillet et a placé M. Brunson en résidence surveillée.

Cette affaire ne fait qu’ajouter des tensions entre deux pays qui connaissent de nombreux sujets de discorde, notamment à propos de la Syrie. Le président des États-Unis a (une nouvelle fois) réagi sur twitter, appelant la Turquie à libérer immédiatement le pasteur, sous peine de se voir imposer de larges sanctions. Ainsi, Donald Trump a décidé le 10 août de… doubler les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turc ! Cette mesure a accéléré la chute de la livre turque, atteignant un niveau historique de 6,99 pour un dollar. La tension entre les deux pays est à son comble, comme en attestent les déclarations d’Erdogan qui appelle à une “guerre économique” afin de soutenir la devise nationale : “Si vous avez des dollars, des euros ou de l’or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques.” En clair, comme l’a dit le président des États-Unis “nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment”.

 

En bref

Les États-Unis lancent une armée de l’espace

La “Space Force” de Donald Trump servira principalement à défendre les équipements américains dans l’espace, et devrait être doté d’un budget de 8 milliards de dollars, sous réserve de l’approbation du Congrès américain. C’est également un moyen de rappeler la suprématie des États-Unis, notamment dans l’espace où ils détiennent 443 des 966 satellites en orbite. Le président américain a en effet affirmé que “l’Amérique sera toujours la première dans l’espace”. Certains spécialistes craignent d’ailleurs que cela passe par la dégradation volontaire par les États-Unis de satellites étrangers.

300 prêtres accusés de pédophilie en Pennsylvanie

Ce n’est malheureusement pas la première fois que ce genre de scandale éclate aux États-Unis. Dès 2002, le Boston Globe révélait que de nombreux prêtres de l’archidiocèse de Boston abusaient sexuellement des mineurs, le tout couvert par l’Église catholique, qui réassignait les prêtres accusés dans d’autres paroisses.

La révélation d’un nouveau scandale impliquant l’Église américaine témoigne de l’absence de progrès dans ce domaine, 16 ans après les révélations du Boston Globe. Selon les investigations des services du procureur de Pennsylvanie, c’est pas moins de 1000 enfants qui ont été abusés par des prêtres catholiques de Pennsylvanie. Sur plus de 300 prêtres accusés dans cette affaire, seuls deux d’entre eux ont été poursuivis, les autres étant aujourd’hui frappés par la prescription.

Vocabulaire utile

to call the tune : donner le ton

to be as good as your words : tenir ses promesses

upheaval : bouleversement

to lambast : fustiger

to catch someone off guard : prendre de cours

to play a dicey game : jouer un jeu dangereux

to advocate : préconiser

to reignite : raviver

political savvy : bon sens politique

to be prone to : être enclin à

jingoism : chauvinisme

to peddle : colporter

to bark up the wrong tree : se tromper d’adversaire

a catch-22 situation : une situation inextricable

 

Victor Elias

Cube à Integrale en ECE, passé par Sainte-Croix. Numéro 19 du FC Major-Prépa.

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