Synthèse d’actualité de juillet et août – Amérique du Nord Synthèse d’actualité de juillet et août – Amérique du Nord
Qu’ont fait les américains cet été (à part gagner des médailles aux JO) ? Quels sont les faits qu’il ne faut pas avoir manqué... Synthèse d’actualité de juillet et août – Amérique du Nord

Qu’ont fait les américains cet été (à part gagner des médailles aux JO) ? Quels sont les faits qu’il ne faut pas avoir manqué sous peine de passer pour un ignorant lors de votre prochaine discussion avec votre voisin de table (hyper calé sur la politique migratoire du Canada, en plus) ? Quel petit détail original pourrez vous recaser dans votre première dissertation ? Attrapez vos cahier : voici notre récapitulatif des actualités nord-américaines de l’été !

Pour finir, vous retrouverez les principaux termes de cette synthèse en anglais et un quizz pour vérifier vos connaissances.

 

Le point sur la campagne de Hillary Clinton

Clinton et Sanders s’allient :

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Bernie Sanders a été battu aux primaires démocrates et l’a reconnu. Depuis, il soutient son ancienne adversaire, mais à quelques conditions. C’est ainsi que le relèvement du salaire minimum fédéral à 15 dollars, l’introduction d’une taxe carbone et l’interdiction de la fracturation hydraulique pour extraire le pétrole et le gaz de schiste, ont été introduits dans le programme de Clinton. Satisfait, Sanders a appelé ses électeurs à voter pour elle. Mais près d’un tiers d’entre eux n’y sont pas prêts, et ils ont été nombreux à manifester durant la convention d’investiture démocrate. Bernie Sanders avait également demandé le renvoi de la présidente du Democratic National Comitee, Debbie Wasserman Schutlz, ce que Clinton lui avait refusé mais que les événements lui ont accordé. En effet, alors que Sanders dénonçait depuis longtemps sa partialité en faveur de Clinton, celle-ci a été avérée par la publication, par WikiLeaks, de milliers de courriels du parti.

Clinton est investie candidate démocrate et choisit son colistier :

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Le 22 juillet Clinton avait annoncé qu’elle choisirait Tim Kaine comme colistier pour le 8 novembre. Celui ci, 58 ans, est le sénateur de Virginie, ancien maire de Richmond et ancien gouverneur de l’Etat. Il avait également été un colistier potentiel de Barack Obama en 2008. Venant d’un “swing state” (un Etat où la majorité alterne entre les deux grands partis), expérimenté, intègre et compétent, il semble être un bon choix. Cependant il ne plait pas à tous les démocrates, certains le qualifiant d’ennuyeux centriste (car il veut collaborer avec les républicains). Enfin, le fait qu’il soit un homme blanc (et non une femme ou un représentant des minorités comme on aurait pu s’y attendre pour un colistier de Clinton) peut assurer au parti démocrate une partie de l’électorat (les électeurs masculins blancs surtout) qui préfère souvent Trump. Le 27 juillet Tim Kaine a donc été désigné par les délégués de la convention démocrate de Philadelphie comme candidat officiel à la vice-présidence. Et le 28 juillet, au dernier jour de la convention, Hillary Clinton a accepté l’investiture démocrate.

L’affaire des e-mails n’en finit plus :

Reprenons du début. De 2009 à 2013 et alors qu’elle était secrétaire d’Etat, Hillary Clinton a utilisé une adresse e-mail personnelle pour ses activités professionnelles. Ce que la loi fédérale interdit, toutes les correspondances officielles devant être archivées. L’affaire a éclatée en 2014, lorsqu’une commission du Congrès en charge d’enquêter sur l’attaque du consulat américain de Benghazi en Libye, a besoin de ses correspondances et découvre l’existence de cette adresse e-mail. Clinton fournit alors plus de 30 000 messages reçus et envoyés de cette adresse. Mais elle en supprime une partie : les messages personnels ou top-secrets. La presse s’empare alors de l’affaire et le FBI entame une enquête. Finalement le 5 juillet le FBI affirme qu’il n’y a pas matière à poursuites. Mais Trump rappelle souvent l’affaire souvent pour mettre le doigt sur l’absence de rigueur de son adversaire, qui confond parfois intérêts privés et publics.

 

Le point sur la campagne de Donald Trump

Trump est investi candidat républicain et choisit un colistier :

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Le 15 juillet, Donald Trump a annoncé que Mike Pence, le gouverneur de l’Indiana, sera son colistier pour novembre. Ce gouverneur, 57 ans, ancien élu de la chambre des représentants, ancien président de la Conférence du Parti républicain, constitue un choix raisonnable. En effet, chrétien, conservateur, et expérimenté de la politique,  il rassure les électeurs de Trump. Mais il n’aide pas à en apporter plus, ce qu’aurait pu faire une femme ou un représentant des minorités. Trump a également choisi Pence pour son Etat d’origine. En effet, l’Indiana souffre de la désindustrialisation, ce qui permet à Trump de mettre en lumière les conséquences néfastes du libre échange. Le 19 juillet, au 2ème jour de la convention républicaine de Cleveland, Trump a officiellement été désigné candidat des républicains à la présidence, et Pence, à la vice-présidence.

Malgré son investiture Trump ne s’assagit pas tout de suite :

Alors qu’il venait d’être désigner candidat des républicains à la présidence, Trump a encore fait quelques dérapages. En voici la liste. Le 24 juillet, alors qu’il avait déjà affirmé être contre l’Alena (zone de libre échange nord-américaine) et le TPP (le traité trans-pacifique), il a évoqué une possible sortie des Etats-Unis de l’OMC. Puis, le 30 juillet, il a critiqué Mr Khan, un immigré pakistanais naturalisé, père d’un soldat musulman mort en Irak en 2004, qui avait fait un discours lors de la convention démocrate dénonçant les propos anti-musulmans et anti-immigrés de Trump. Celui-ci a donc répondu en suggérant que, du fait de sa religion musulmane, Mme Khan n’avait pas eu le droit de s’exprimer tandis que son mari faisait son discours. Ensuite, le 31 juillet, Trump a suggéré que les Etats-Unis acceptent l’annexion de la Crimée pour améliorer les relations avec la Russie. Enfin le 9 août il a affirmé qu’il y avait une solution pour empêcher Clinton d’abolir le second amendement. Les démocrates ont interprété ces propos comme un appel à la violence.

Trump remanie son équipe de campagne, comme pour l’épurer :

Le 17 août Trump a annoncé un remaniement complet de son équipe de campagne. Son directeur de campagne, Mr Manafort a gardé son poste mais son pouvoir a été limité et il a choisit de démissionner. On peut penser que cela a un rapport avec les révélations du New York Times qui, le 15 août, avait affirmé que Mr Manafort était impliqué dans une affaire de corruption avec l’ancien président ukrainien.

Suite à ce remaniement, son ton devient beaucoup plus “présidentiel” :

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On a tout de suite vu un changement. Le 18 août Trump a présenté d’inhabituelles excuses pour ses propos déplacés. Il a, à présent, recours à des prompteurs pour ne plus déraper lors de ses discours. De plus, il tente à présent de séduire l’électorat noir et a rencontré le Conseil National des Hispaniques. Enfin, le 23 août, il a montré des signes d’inflexions sur ses positions sur l’immigration. Après avoir assuré qu’il voulait expulser les 11 millions de sans papiers des Etats-Unis, il ne parle plus, à présent, que d’expulser les sans-papiers délinquants.

 

Ce que disent les sondages sur la présidentielles américaines

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Le dernier sondage de la CNN, datant du 4 août, donne 9 points d’avance à Clinton, Fox News lui en donne 10. L’électorat féminin, afro-américain, latino-américain, les jeunes et les diplômés universités luis sont déjà acquis, tandis que seuls les blancs, les plus de soixante ans et les hommes blancs soutiennent largement Trump. De plus, Clinton à l’avantage dans les swing states. Trump souffre sans doute du manque de cohésion régnant dans son parti (Ted Cruz, son dernier concurrent dans le camp républicain n’a pas appelé ses électeurs à voter pour lui) et de ses derniers dérapages, qui lui ont valu des critiques de la part de Barack Obama et François Hollande.

Enfin, selon CNN, les petits partis profitent beaucoup du manque de popularité de Trump et Clinton. La candidate du Green Party, Jill Stein, récolte 6% des intentions de vote (alors que le parti n’avait eu que 0,36% des voix en 2012). Gary Johnson, le candidat du parti libertarien, récolte, lui, 10 à 12% des intentions de votes (il en avait eu 1% en 2012). Ce sont surtout les jeunes qui rejettent les deux grands paris puisque 23% d’entre eux vont voter pour Johnson et 16% pour Stein.

 

Comment la Russie met son grain de sel dans les élections américaines

People walk past a mural on a restaurant wall depicting US Presidential hopeful Donald Trump and Russian President Vladimir Putin greeting each other with a kiss in the Lithuanian capital Vilnius on May 13, 2016. Kestutis Girnius, associate professor of the Institute of International Relations and Political Science in Vilnius university, told AFP -This graffiti expresses the fear of some Lithuanians that Donald Trump is likely to kowtow to Vladimir Putin and be indifferent to Lithuania’s security concerns. Trump has notoriously stated that Putin is a strong leader, and that NATO is ‘obsolete and expensive.’ / AFP PHOTO / Petras Malukas

Pour commencer, le camp démocrate a accusé les Russes d’avoir, pour aider Trump, fournis à Wikileaks les courriels du Democratic National Comitee qui, une fois publiés, ont conduits Debbie Wasserman Schultz à démissionner. Cependant le hacker qui revendique l’attaque dit ne pas avoir de lien avec la Russie. Le Kremlin dément également tout implication. Trump, quant à lui, parle de diversion de la part de Clinton. Le site Wikileaks, lui même, a affirmé que les documents ne viennent pas des piratages dont parle le camp démocrate. Puis, Trump a relancé le débat en appelant la Russie a retrouver les e-mails que Clinton n’a pas fournis au FBI et en affirmant que l’annexion de la Crimée pourrait être acceptée.

 

Baton Rouge, Minneapolis, Dallas, Milwaukee, autant de villes où la mésentente entre la police et les citoyens s’exprime dans le sang

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Trayvon Martin à Sanford le 26 février 2012, Michael Brown à Ferguson le 9 août 2014, Eric Garner à New York le 17 juillet 2014, Freddie Gray à Baltimore le 19 avril 2015. Les meurtres par des policiers de ces quatre jeunes afro-américains avaient avivé les tensions raciales et généré beaucoup de manifestations. Cet été, les tensions se sont encore accrues et les manifestations sont devenues des émeutes.

Le 5 juillet, à Baton Rouge en Louisiane, un policier a abattu Alton Sterling, un vendeur ambulant noir. Les conditions de l’accident sont encore confuses. Mais une vague d’indignation s’est tout de même propagée dans le pays, alimentée par le mouvement Black Lives Matter (mouvement ralliant la jeunesse antiraciste américaine, mais aussi plateforme et réseau rassemblant des milliers de personnes).

Le 7 juillet, alors même que Barack Obama avait admis que son pays a un “gros problème” dans l’après midi, 5 policiers ont été tués en marge d’une manifestation contre les violences policières. Micah Johnson, le tireur, un homme noir de 25 ans, réserviste de l’armée, voulait tuer des policiers blancs, en soutien au mouvement BLM (qui a condamné son action). Barack Obama a refait un discours le 9 juillet.

Enfin, le 13 août, à Milwaukee dans le Wisconsin, Sylville Smith, un jeune afro-américain de 23 ans a été tué alors qu’il fuyait un contrôle de police. Le soir même, lors d’une manifestation, une banque et une station-essence ont été incendiés et des coups de feux tirés.

Pour un point plus complet sur la question, allez voir l’article de Major Prépa !

 

Un an que Cuba a renoué avec les Etats-Unis, quel bilan ?

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Le 20 juillet 2015, Cuba et les Etats-Unis ont ré-ouvert leurs ambassades après 54 années de gel de leurs relations diplomatiques. Pourtant, depuis, les changements ont été minimes.

Du point de vue diplomatique, Cuba a été retiré de la liste noire des Etats soutenant le terrorisme et Obama a été reçu à La Havane. Cependant Raoul Castro a ensuite vivement critiqué son intervention et seulement 53 prisonniers politiques ont été libérés (alors que Castro avait promis qu’ils le seraient tous). Les droits de l’Homme restent un sujet sensible.

Du point de vue économique, la modernisation promise est lente. Fin 2010, les cubains ont eu l’autorisation d’exercer des activités à leur compte. Mais le secteur privé ne représente toujours que 5% du PIB. La concentration de la propriété privée et l’accumulation de richesse sont toujours interdites. Cela limite beaucoup les investissements étrangers. Le 13 juillet le gouvernement cubain a donc annoncé des réformes en vue d’une transition vers une économie de marché. Le ministre de l’économie Marino Murillo a été nommé président de la commission en charge de piloter ces réformes tandis que Cabrisas Ruiz le remplace au ministère. Le président Castro a tout de même averti de l’imminence de périodes difficiles en raison de ces réformes, d’un manque de liquidités et de la diminution de l’aide Vénézuélienne. En effet, le Vénézuela, premier partenaire économique de l’île et dont son approvisionnement en pétrole dépend, est actuellement en récession. La croissance cubaine, quant à elle, est tombée à 1% au début 2016. Peut-être une thérapie de choc aurait elle été plus efficace…

Pour finir, sur le plan du commerce avec les Etats-Unis, l’évolution déçoit également. Si les restrictions dans les domaines des télécommunications et de l’agriculture notamment ont été levées, l’embargo américain n’a pas été officiellement abolit. Sa levée doit en effet être validée par le congrès, aux mains des républicains qui s’y opposent. De même, si les touristes américains ont à présent plus de facilités pour se rendre à Cuba, leur nombre constitue toujours une petite part de l’ensemble des touristes de l’île.

 

Say it in English !

Fracturation hydraulique : hydraulic fracturing

Partialité : bias, partiality

Colistier : running mate

Investiture : nomination

Electorat : electorate

Scandales : scandals

Remaniement : reshuffle, overhaul

Sondage : survey, pool

Intentions de vote : voting intentions

Annexion : annexation

Modernisation : modernization

Suite aux conventions républicaines et démocrates, les couples (président et vice président) de candidats de chacun des deux grands parties ont été désignés.

Following the republican and the democratic conventions, the tickets of both major parties were nominated.

Le gouvernement russe a-t-il “mis son grain de sel” dans les campagnes pour les élections présidentielles ?

Did the Russian government put its two cents worth in the presidential election campaign ?

Héloïse Bergeal

Elève de première année à Neoma BS après une classe préparatoire ECS au lycée La Bruyère, à Versailles.