Les classements : un outil à utiliser avec modération Les classements : un outil à utiliser avec modération
Ah les classements… Seul moyen prétendument objectif de classer les écoles, ceux-ci sont à relativiser pour de très nombreuses raisons que nous allons détailler.... Les classements : un outil à utiliser avec modération

Ah les classements… Seul moyen prétendument objectif de classer les écoles, ceux-ci sont à relativiser pour de très nombreuses raisons que nous allons détailler.

Les classements : un outil marketing pour la presse

Comment s’assurer que son classement ne sera pas une énième répétition d’une hiérarchie bien établie depuis des années ? Les journalistes ont réussi à répondre à cette question de la sorte : par des surprises. Ainsi, le dernier opus Challenges sort l’EDHEC du top 5 au profit de KEDGE, vendeur n’est-ce pas ?

Ce procédé est un classique, il faut bien une petite surprise pour que l’éternelle litanie du sempiternel top 5/10/15/20 devienne intéressante. Sinon, quel serait l’intérêt pour le lecteur d’acheter son magazine spécial “écoles de commerce” pour relire le même classement que l’année précédente ?

Et souvent, ces classements ne sont même pas réalisés par des journalistes, mais par des agences de communication…qui peuvent aussi travailler pour des écoles ! Alors, quelle crédibilité lorsqu’un organisme peut conseiller une école et en effectuer le classement ? Aucune. Explications.

 

L’incompétence de ceux qui élaborent les classements

Nous avons publié il y a peu une critique du classement Le Parisien des écoles de commerce, que nous qualifions de grande cuisine (relire ici : https://major-prepa.com/ecoles/classement-le-parisien-2016-ecoles-de-commerce/).Si les critiques des classements des écoles de commerce sont légions et n’épargnent pas ceux de Challenges, du Figaro, de l’Etudiant (qui ne classe plus les écoles dans leur intégralité) ou encore du Financial Times (on se souvient d’emlyon, pénalisée car ayant trop d’étudiantes en proportion), nous avons pour la première fois obtenu la réponse d’une rédaction face à nos critiques.

Et vous savez quoi ? C’est seulement la deuxième fois depuis sa création que Le Parisien Étudiant vient répondre sur son forum. Au programme, une grande démonstration d’incompétence qui nous ferait bien rire, mais qui s’avère dangereuse lorsqu’on sait que certains osent baser leurs choix sur ce type de supports. Nous vous laissons découvrir ce tissu d’inepties :

 


1 / « La recherche de Paris School of Business (ex-ESG), de l’ESSCA et de l’EDC est aussi performante que celle de l’ESSEC, de l’ESCP ou encore d’emlyon (4/5)».

Oui. D’après nos chiffres, sur la période observée L’Essec produit moins d’articles par enseignant que PSB ou EDC. Et en volume, la production de l’ESSEC est par exemple égale (à trois articles près) à celle de l’ESSCA. Nous disposons des chiffres (FNEGE et CNRS) et cela n’est pas discutable.

2. « Plus étonnant encore : la recherche de l’IPAG est aussi performante que celle d’HEC, de l’EDHEC et de KEDGE BS (5/5) et donc meilleure que celles des trois autres écoles du top 5 ».

L’IPAG a produit l’an dernier 69 articles (catégorie FNEGE et et ou CNRS) pour 75 profs. La capacité de l’IPAG à produire de la recherche est bien connue et a été déjà exposée dans un autre classement. Cela a fait également l’objet de nombreux articles. Dans le même temps l’ESSEC produit 45 articles pour 120 enseignants, Kedge 95 articles pour 160 profs permanents et l’EDHEC 52 articles pour 90. Nous portons également à la connaissance des internautes que l’IPAG a été récompensé au niveau mondial pour la qualité de sa recherche (IPAG 1ère Business School Française pour la recherche en économie). Le classement RePEc fait autorité au plan mondial en matière de recherche en économie. Il est établi par le département recherche de la Réserve Fédérale des Etats-Unis à Saint-Louis et se base sur des critères objectifs tels que le prestige des publications et les citations des travaux de recherche.

3 « Vous voulez une école puissante ? Pourquoi faire une prépa ?! Paris School of Business (5/5) est plus puissante qu’HEC, l’ESSEC, l’ESCP et toutes les écoles du top 10 (4/5) ! »

PSB a été racheté cette année par Galiléo. Ce rapprochement a donné naissance au 3ème groupe mondial et premier groupe européen d’éducation supérieure indépendant. Les deux groupes possédaient des marques reconnues mondialement comme l’Istituto Marangoni, Penninghen, le cours Florent ou Strate College. Dans le même temps les difficultés financières des écoles de CCIP ne sont un secret pour personne. Quant aux autres établissements, ils sont en dessous en termes de budget et de budget par étudiant

4 « Pauvres étudiants de l’ESCP Europe, les infrastructures de votre école sont quasiment les pires de France… (2/5) A moins qu’il s’agisse du point en moins nécessaire pour être à égalité avec l’Emlyon et donc être cité dans les brochures de cette dernière… »

Avec 54000 m2 pour 5000 étudiants l’ESCP se retrouve dans la moyenne basse des écoles. D’autant que l’école n’a connu aucune extension de locaux depuis 3 ans. L’EM Lyon dans le même temps inaugure à la rentrée un campus flambant neuf à Paris. Pour le savoir, encore faut-il suivre l’actualité

5 « Vous voulez créer votre boîte ? Foncez à l’ESC Troyes (5/5) qui fait bien mieux qu’HEC et l’ESSEC (4/5). A l’inverse, l’ESC Clermont, dont l’un des alumni vient de revendre sa boîte (StickyADS.tv) pour la coquette somme 110 millions de dollars serait à fuir avec 2/5 ».

Difficile de faire un rapport entre la vente d’une start-up et les qualités entrepreneuriales d’une école. Toutes les écoles de notre classement connaissent d’ailleurs des success story comparables. Notre enquête se base sur le nombre d’entreprises incubées et lancées. L’ESC Troyes est bel et bien spécialisée sur l’entrepreneuriat et a bénéficié d’ailleurs du soutien de HEC. A HEC, on le sait, longtemps l’entrepreneuriat n’a pas été au cœur des préoccupations. Pour l’Essec, il y a bien une tradition entrepreneuriale mais les efforts ne portent pas exclusivement sur cet aspect.

6 « Bouh Audencia et sa politique sociale ! (2/5) L’école reçoit l’une des plus faibles notes du top 10 alors qu’elle se situe parmi les moins chères du groupe ! ».

C’est factuellement Faux ! Pour être précis Audencia coute 35.250€ pour 3 ans et situe à la 19ème place. Selon nos chiffres précis et vérifiés, sa politique de bourses et d’aides sociales est loin d’être supérieure aux autres.

La Rédaction du Parisien Etudiant


 

Répondons à cela argument par argument pour vous démontrer à quel point ceux qui font ces classements sont… totalement à côté de la plaque :

1. et 2. Le Parisien ose tout et finit même sur une note d’autorité. Si seulement…

Chère rédaction du Parisien Etudiant, nous sommes ravis de vous apprendre qu’aujourd’hui, l’horizon de travail des chercheurs en école de commerce est mondial et non national. Alors venir affirmer fermement que la recherche de l’ESSEC est inférieure à celle de l’IPAG sur la base du nombre d’articles FNEGE et CNRS produits est une preuve (et pas la seule) de l’incapacité d’une telle rédaction à concevoir un classement. Fort heureusement, lorsque cela l’arrange, la rédaction fait enfin appel à un outil mondial, le classement RePec. Enfin… si seulement ils savaient lire : https://ideas.repec.org/top/top.bschool.html . Vous la voyez l’IPAG première business school française ? L’EDHEC et HEC ne seraient pas très contents…

3. Alors là, c’est le pompon. Clairement, lorsque Le Parisien dit “premier groupe européen d’éducation supérieure indépendant”, vous devez plutôt entendre “premier groupe européen d’écoles privées à but lucratif” et par conséquent, plutôt bon annonceur du Parisien. Ainsi, pour Le Parisien Etudiant, aller dans une école qui possède aussi une école de théâtre est un signe de puissance incontestable… Mais bon sang, pourquoi les étudiants de prépa se battent-ils pour intégrer HEC, l’ESSEC ou l’ESCP…en proie à des prétendues difficultés financières ? Quitte à avoir une école parisienne, filez à Paris School of Business ! 😉

4. L’ESCP Europe dispose depuis septembre 2015 d’un nouveau campus à Varsovie. Pour le savoir, encore faut-il suivre l’actualité.

5. Donc si nous suivons bien le raisonnement du Parisien, l’ESC Troyes reçoit 5/5 pour sa formation de qualité soutenue par HEC, école qui en fait n’est pas si bonne que ça puisque l’entrepreneuriat y a été négligé ? Nous ne devons pas être les seuls à avoir du mal à comprendre… Par ailleurs, on attend impatiemment les exemples de startups revendues à 100M$ de chacune des 35 écoles de votre classement.

6. Pour Audencia, une réponse qui tient en un lien : https://major-prepa.com/ecoles/linsupportable-hausse-des-frais-de-scolarite/ Enfin, nous ne soulignerons pas l’absurdité d’une comparaison des frais de scolarité entre des écoles post-bac et post-prépa.

PS : Le Parisien Etudiant, nous publierons avec plaisir un droit de réponse de votre rédaction, nos lecteurs ayant le droit de se délecter de vos innombrables absurdités.

 

Pourquoi une telle mise au point est nécessaire ?

Certains peuvent y percevoir ici un acharnement de notre part sur cette pauvre rédaction incompétente. Néanmoins, lorsque l’on connait le rôle que ces classements peuvent jouer chez certains lors de leur prise de décision, il nous paraît presque nécessaire de procéder à une mise au point abrupte de la sorte, tout comme l’était la leur face à nos critiques. Nous savons que vous, prépas, lisez avec grande attention ces classements mais que vous nous lisez également. Alors par pitié, NE CHOISISSEZ JAMAIS UNE ECOLE SUR DES CLASSEMENTS de ce genre ! Seul un classement fait foi, c’est le classement SIGEM, qui se base sur les choix d’intégration : il permet de mesurer ainsi la capacité d’attraction de chaque école et illustre bien souvent les dynamiques des écoles. Et encore, le cœur prime comme vous pouvez le lire dans notre interview à la fin de l’article.

Si le classement du Parisien est définitivement à jeter aux oubliettes, les autres classements peuvent être utiles. Non pas par leur rangs mais par les données qu’elles illustrent. Celui du Financial Times s’avère souvent très correct. Quant aux classements de la presse nationale, nous vous conseillons de vérifier par vous-même les données présentées (salaire de sortie, entreprises incubées, etc.) étant donné que les écoles ont adopté dans l’ensemble un pêché coquin, celui de gonfler leurs statistiques.

 

Ce qui importe vraiment : votre ressenti

Alors, à l’heure des choix, nous vous conseillons qu’une chose : faîtes vos choix sur les critères objectifs qui vous importent (cette liste de questions peut vous aider : https://major-prepa.com/oraux/questions-admisseurs-oraux/ ) mais également sur votre capacité à vous y projeter : votre avenir ne s’écrit pas en données statistiques, mais en expériences. A vous de choisir l’école où elles seront exceptionnelles ! 😀

 

Pour illustrer ce propos, nous avons trouvé celle qui constituait “la surprise” du tableau des désistements croisés du SIGEM 2015, Leeana, une ancienne d’Henri IV. C’est bien elle qui est à l’origine de ces désistements d’Audencia/GEM/TBS pour l’ESC Dijon :

SIGEM désistement Dijon

Pourquoi as-tu choisi d’ignorer les classements et d’intégrer l’ESC Dijon alors que tu étais admise à Audencia et Grenoble EM ?

Leeana : Jusqu’au jour des résultats d’admissibilité, j’étais convaincue que si je n’obtenais pas une des trois parisiennes, je cuberais. Une fois les résultats tombés, je me suis retrouvée face à la réalité et j’ai vite réalisé que non, je ne voulais pas faire de troisième année. J’avais été admise à beaucoup d’autres écoles et j’ai décidé d’aller aux oraux de ces mêmes écoles et de me donner à fond. Mon premier critère de sélection était l’existence et la qualité d’un parcours dédié au Management et à la finance du secteur culturel. Mon deuxième critère était le suivant: mon feeling dans chacune des écoles. L’ESC Dijon propose un double diplôme qui me fait rêver, et lors de mes oraux, j’ai tout de suite su que je me retrouverais dans cette ville en septembre. Je le sentais dans mes tripes. La structure du parcours académique, l’accueil et la présence et disponibilité de certains membres de la Direction m’avaient particulièrement marqués, et plu. De plus, les classements, il y en a des dizaines ! Et selon les sources et les critères que chacun préfère valoriser, ils varient. J’ai préféré me faire confiance !

Quelles étaient les réactions de tes proches ?

Mes proches ont été et sont encore soulagés, heureux, et fiers de mon choix à l’issue des concours. Ils ont toujours été d’un précieux soutien.

Aujourd’hui, pas de regrets ?

Hahahaha, pourquoi des regrets ? Absolument pas ! A tous ceux qui me posent cette question, je réponds : choisir mon école est une des meilleures décisions que j’ai prises de ma vie !

Mehdi Cornilliet Fondateur

Ancien étudiant à HEC Paris après une prépa ECS au Lycée La Bruyère (Versailles) et fondateur de Major-Prépa.