Concours 2020 : fiche sur les dernières actualités économiques Concours 2020 : fiche sur les dernières actualités économiques
À l’approche des concours, Major Prépa te récapitule toutes les dernières actualités économiques que tu vas pouvoir utiliser dans tes copies pour te démarquer.... Concours 2020 : fiche sur les dernières actualités économiques

À l’approche des concours, Major Prépa te récapitule toutes les dernières actualités économiques que tu vas pouvoir utiliser dans tes copies pour te démarquer.

Certaines informations peuvent être utilisées pour elles-mêmes en introduction (ou conclusion) pour montrer que ta copie est ancrée dans la réalité de l’actualité. D’autres peuvent être utilisées dans le corps du devoir mais doivent alors servir d’illustration à des notions du programme d’ESH. Il est capital de relier les actualités économiques que tu exploites aux thèmes de ton cours.

 

1. Les dernières actualités économiques liées à la crise du coronavirus

Les sujets ont été conçus avant la crise du coronavirus mais il est impensable de ne pas l’évoquer du tout. Emmanuel Combe, le concepteur du sujet ESCP et auteur du Précis d’Économie que tu connais peut-être déjà très bien, a précisé lors de notre live qu’il est possible de parler du coronavirus dans tous les sujets. Il faut donc utiliser tes connaissances sur la crise pour illustrer un concept économique ou pour établir des comparaisons.

 

Les réponses immédiates de la Fed et de la Banque Centrale Européenne

Dès le 16 mars, le gouverneur de la Federal Reserve, Jerome Powell, annonce une baisse des taux d’intérêts directeurs à 0% et un rachat massif de dette d’une valeur de 700 milliards de dollars.

Deux jours après, c’est au tour de la BCE de lancer un nouveau dispositif qui lui permet de racheter pour 750 milliards d’actifs. La BCE n’avait jamais injecté autant de liquidités aussi rapidement. Baptisé PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme ou Programme d’Achat Urgence Pandémique en Français), ce programme a pour but de rassurer les marchés financiers qui avaient complètement dévissé mi-mars. Cette annonce de Christine Lagarde a stabilisé les cours boursiers qui ont immédiatement rebondi (cf. le graphique ci-dessous).

 

 

Tu peux également citer cette actualité si tu viens à parler de la crise des subprimes. Tu peux utiliser l’action de la Fed et de la BCE pour appuyer que les politiques monétaires conventionnelles ne suffisent définitivement plus à contrer de graves crises de confiance. NB : contrairement à le Fed, la BCE n’a même pas baissé ses taux directeurs, qui est pourtant le mécanisme conventionnel par excellence pour répondre à une crise de liquidité.

 

Les plans de relance en Europe et aux États-Unis

Aux États-Unis, le Congrès américain a validé le 26 mars un plan de relance record de 2 000 milliards de dollars. À titre de comparaison, le gouvernement d’Obama avait débloqué 775 milliards de dollars en janvier 2009. Tu peux utiliser cet exemple pour illustrer le retour en force des politiques conjoncturelles de relance. Ces politiques keynésiennes avaient été complètement discréditées dans les années 1980 après le renouveau de la pensée néoclassique (Milton Friedman, Paul Romer …).

Ursula Van Der Leyen, la présidente la Commission Européenne a aussi de son côté dévoilé un plan de relance de 750 milliards d’euros. Il prévoit 500 milliards de subventions accompagnés de 250 milliards d’euros de prêts aux États membres les plus affectés. Il accorde aussi le droit à la Commission d’emprunter des fonds et donc de lever de la dette qui sera une dette commune européenne.

Alors qu’en 2010 l’Allemagne manquait de solidarité à l’égard des pays du Sud très endettés, Angela Merkel approuve cette fois le plan de la Commission. Cette information te permettra de montrer dans ta copie qu’il y a de plus en plus de coopération budgétaire et de solidarité entre les États membres. En revanche, les Pays-Bas, l’Autriche, la Suède et le Danemark, surnommés les « quatre frugaux », restent encore à convaincre. Certains économistes libéraux, comme Jean-Marc Daniel (professeur à l’ESCP qui a publié récemment cette tribune dans le Monde !) refuse de voir une augmentation des déficits budgétaires.

 

Les chiffres clés de la crise et les solutions apportées par les États

Actualités économiques sur la crise dans le monde

Le FMI prédit une récession mondiale historique en 2020, avec un recul de la croissance évalué à 3% du PIB mondial. C’est un chiffre très frappant, tu peux le citer sur un sujet traitant des fluctuations économiques, des crises, de la croissance, etc.

Les conséquences de la crise du coronavirus, appelée par le FMI la crise du  » Grand Confinement  » en référence à la  » Grande Dépression  » de 1929, seront aussi sociales. Selon des chercheurs de King’s College, la pandémie va faire basculer 500 millions d’habitants dans la pauvreté. Si tu viens à parler du grand thème du développement ou des inégalités, ce chiffre te sera très utile !

Enfin, la crise a fait chuter de 42% le cours des matières premières au niveau mondial. Les pays qui dépendent de leurs exportations se retrouvent dans des situations critiques, à l’image de la Bolivie ou du Pérou. Si tu dois montrer la faiblesse des stratégies de développement des pays exportateurs de produits non transformés, cette information est faite pour toi !

 

Actualités économiques sur la crise en France

Selon les dernières prévisions de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique), la contraction du PIB français va se situer entre 11,4% et 14,1% en 2020. Le chômage a lui progressé de 22% rien que pour le mois d’avril.

Si tu as besoin d’évoquer le rôle de l’Etat dans l’économie, l’exemple de la France est très pratique. Alors que l’Etat s’était désengagé de l’économie française dans les années 1980, il continue d’occuper un rôle prépondérant lors des crises. Et ce n’est pas celle du coronavirus qui va contredire cette assertion.

En effet, le gouvernement a pris des mesures radicales pour soutenir les salariés et les entreprises en difficulté. Pour éviter au maximum les licenciements, il a étendu les mesures de chômage partiel qui concernent aujourd’hui 13 millions de Français. Le chômage partiel est un nouvel instrument étatique que tu peux évoquer dans un sujet sur le chômage. Dans le secteur des transports, il a octroyé à Air France des prêts et garanties totalisant 7 milliards d’euros. Cette aide ne va pas empêcher la suppression de 7 à 10 000 postes au sein de la compagnie aérienne. Le 19 juin, la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a aussi promis d’aider la SNCF qui a perdu 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

 

Actualités économiques sur la crise aux Etats-Unis

Selon le département du travail, le taux de chômage a atteint 14% en avril. 36 millions d’Américains ont perdu leur emploi depuis le début de la crise. Le confinement a fait basculer les Etats-Unis du plein-emploi à la pire situation enregistrée depuis les années 1930. Le Congrès a voté une loi pour aider les chômeurs (versement de 600$ par semaine et augmentation de la durée des prestations).

 

Penser le monde d’après

Financement

Pour répondre à la crise, tous les États ont oublié les restrictions budgétaires et ont multiplié les dépenses. En France, l’INSEE prévoit un déficit public de 11,4% et une dette de 120% du PIB. Les critères de Maastricht ont été clairement oubliés !

Cette augmentation apporte une nouvelle dimension à la question classique de la soutenabilité de la dette. A quel moment les marchés vont-ils considérer une dette comme insoutenable ? L’endettement est-il sans frais pour l’économie ? Ce sont des questions récurrentes dans les sujets de dissertations d’ESH.

Un nouveau rythme de croissance ?

Le confinement a fait baisser de près de 40% la pollution atmosphérique dans le monde. Depuis la lente reprise de l’activité économique, ce niveau est remonté. En Ile-de-France, il est revenu « à la normal » dès le 10 juin.

L’expérience du confinement n’a été qu’une énième confirmation de l’impact néfaste de l’activité productive sur l’environnement et la santé humaine. Le Covid-19 est pour certains une opportunité à saisir pour effectuer une « relance verte ». Cette actualité économique est à relier à toute notion du programme portant sur l’environnement et l’avenir de la croissance.

De plus, la crise du coronavirus a également marqué un véritable recul de la mondialisation.

Premièrement, le net recul des échanges commerciaux a mis en exergue la dépendance de certaines industries envers d’autres pays. Les pays européens et les Etats-Unis ont par exemple dû acheter des masques aux Chinois. Cette information peut être utilisée pour traiter du thème de la souveraineté économique des États. Les gouvernements ne devraient-ils pas inciter à relocaliser des secteurs stratégiques ?

Deuxièmement, les restrictions liées au confinement ont gelé le fonctionnement des supply chains mondiales. La rupture des chaînes d’approvisionnement s’est traduite par une baisse de 30% du PIB mondial. Dès que la Chine a réduit son activité industrielle, beaucoup d’industries ont fonctionné au ralenti. Par exemple, le géant de l’automobile Volkswagen a vu son chiffre d’affaires mondial baisser de 25% dès le début de l’année 2020 (bien avant le début du confinement en Europe) car certaines pièces indispensables sont produites en Chine.

Enfin, même si le commerce international va chuter de 13 à 32% selon les prévisions de l’OMC, il devrait remonter dès 2021. Il est donc difficile de savoir si la crise du coronavirus aura un effet de long terme sur le degré de mondialisation. La crise du coronavirus ne marque pas la fin de la mondialisation.

 

2. Vers une fin de la coopération internationale ?

Ce petit récapitulatif des actualités économiques sur le thème des échanges te sera utile si tu dois évoquer l’avenir incertain de la mondialisation et du commerce international.

Depuis l’élection de Donald Trump, les Etats-Unis se replient sur eux-mêmes. En moins de quatre ans, le Président américain a mis en place des politiques protectionnistes, a renégocié l’ALENA, a paralysé l’OMC, s’est retiré de l’OMS et a quitté l’accord de partenariat transpacifique qui créait une zone de libre-échange entre les pays bordant le Pacifique. La mondialisation a donc perdu son principal leader. Et dire qu’en 1996, Bill Clinton vantait le libre-échange : « Nous n’avons pas besoin de construire des murs, mais des ponts. Nous n’avons pas besoin de protection, mais d’opportunités ».

D’autres pays suivent le pas des Etats-Unis. Quatre ans après le référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni a enfin quitté l’Union Européenne le 31 janvier dernier. Le gouvernement de Boris Johnson a refusé d’étendre la période de transition au delà de décembre. Cependant, aucun accord de libre-échange n’a encore été trouvé et les discussions se poursuivent entre les négociateurs anglais et européens. Les questions des droits de douane, des quotas de marchandises et de la garantie d’une concurrence équitable restent encore en suspens.

Enfin, l’Union Européenne vient de récemment gagner un litige à l’OMC contre la Chine. Celle-ci avait porté plainte en 2016 car l’UE lui imposait des droits de douane élevés, car elle ne considère pas la Chine comme une économie de marché. Après une première victoire de l’UE, la Chine a décidé de ne pas renouveler sa plainte. Ce conflit est un exemple récent et original pour évoquer les tensions commerciales qui existent entre les grandes puissances.

 

3.  L’exploit d’Elon Musk

Le 30 mai dernier, l’entreprise spatiale Space X a envoyé deux astronautes américains dans l’ISS (International Spacial Station) à bord d’une capsule Crew Dragon lancée par une fusée Falcon 9. Ce succès permet aux Etats-Unis de ne plus être dépendant des Russes et de leurs vaisseaux Soyouz. Cet événement peut t’être très utile pour illustrer la progression du marché dans de nouvelles sphères de l’économie. Jusqu’alors, c’était l’Etat américain qui envoyait des astronautes dans l’espace.

 

4. L’opposition entre la Cour Constitutionnelle allemande et la BCE

Pour conclure cet article sur les dernières actualités économiques, rappelons que le 5 mai 2020, la Cour Constitutionnelle allemande (Bundesverfassungsgericht pour les germanistes) a rendu un arrêt qui remet en cause le droit de la BCE de racheter de la dette publique des Etats de la zone euro. Les programmes de quantitative easing ont été directement critiqués. Cet arrêt, passé relativement inaperçu, est la preuve que les Allemands ont du mal à renoncer à leur souveraineté monétaire. Il affaiblit aussi le nouveau programme de Christine Lagarde mis en place pour contrer la crise liée au coronavirus. Tu peux retrouver plus d’informations sur cette décision dans cet article très clair de Libération.

 

En citant judicieusement certaines de ces actualités économiques aux concours, tu vas différencier et donc valoriser ta copie !!

Juliette de Cordovez

Etudiante à HEC Paris