Culture générale EDHEC/ESSEC 2020 – Analyse du sujet Culture générale EDHEC/ESSEC 2020 – Analyse du sujet
L’épreuve de culture générale EDHEC/ESSEC 2020, seconde épreuve de culture générale du concours BCE (troisième pour les ECT) est un incontournable des concours. Le... Culture générale EDHEC/ESSEC 2020 – Analyse du sujet

L’épreuve de culture générale EDHEC/ESSEC 2020, seconde épreuve de culture générale du concours BCE (troisième pour les ECT) est un incontournable des concours. Le thème du désir permet de faire une infinité de sujets différents. On analyse dans cet article le sujet choisi par les concepteurs de l’épreuve !

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Ça y est ! La fin tant attendue des épreuves de culture générale approche à grands pas. Vous y êtes presque ! C’est donc en cet historique mercredi 1er juillet que les candidats au concours de culture général EDHEC/ ESSEC ont du faire face à un sujet à la fois compliqué et attendu : Désir et réalité.

 

Analyse du sujet de culture générale EDHEC / ESSEC 2020

Désir et réalité. Enfin un sujet qui n’est pas posé sous la forme d’une question ! On évite donc la tentation de répéter le sujet en formulant sa problématique. Mais ce sujet reste compliqué. En effet, il n’y a que deux mots – deux concepts qu’il s’agit ici de comparer et d’opposer. Pour bien traiter ce sujet, il faut s’imaginer en situation. Réfléchissez fort. A quoi pensez-vous lorsqu’on vous parle de désir et de réalité ? Quelle est la tension entre ces deux termes ? C’est cette tension qu’il faudra sentir et mettre en avant dans votre devoir.

 

Prenons quelques exemples. Il existe la célèbre expression par exemple : “Il ne faut pas prendre ses désirs pour des réalités”. Le désir n’est donc pas réel – c’est quelque chose qu’on voudrait atteindre, mais qu’on n’atteint pas forcément. Il s’agit ensuite de les transformer, de les rendre réels et palpables. L’étymologie du mot désir – que l’on vous rabâche sûrement depuis la terminale va également dans ce sens. Le désir renvoie à la quête de l’étoile disparue, la nostalgie d’une étoile. C’est le manque d’un objet que nous n’avons pourtant jamais eu.

 

Rappelez-vous maintenant de vous enfant, rêvant du dernier jouet à la mode, nuit et jour, persuadé que cet objet, ce désir, vous rendra heureux. Que se passait-il une fois que ce désir se réalisait dans la réalité ? C’était souvent la déception. Le jouet, tant désiré, finissait immanquablement dans une caisse entière d’autres objets de désir abandonné. Le désir créée ainsi en nous l’attente, le manque de quelque chose d’extraordinaire – mais une fois que le désir se réalise, une fois qu’il devient réalité, il s’éteint et en laisse place à un autre. La réalité est ainsi rendue déceptive par le désir même de posséder ce qu’on n’a a pas. L’action de désirer est ainsi bien plus stimulante et forte que la réalité.

 

Pourtant en même temps, ce qui nous motive au quotidien à nous surpasser dans la réalité, c’est ce désir même, cette quête d’ailleurs, cette flamme, impossible à éteindre qui nous habite et nous force sans cesse à nous surpasser. Pensez-y tout de même – sans le désir d’intégrer les grandes écoles, seriez-vous là, assis devant votre ordinateur, à regarder les corrigés ? C’est le désir qui nous pousse à dépasser dans la réalité.

 

La problématique de votre devoir de culture générale EDHEC/ESSEC 2020 devait donc avant tout rendre palpable cette tension qui existe entre désir et réalité – le désir nous pousse à nous dépasser dans la réalité, tout en étant irréaliste. Toute formulation de problématique est bonne dès lors que vous faites bien entendre la tension du sujet et que vous ne partez pas sur un tout autre sujet. Il est très important de reprendre les termes du sujet et de faire le devoir le mieux structuré possible, répondant à votre problématique.

 

En guise de plan

Il faut avant tout dans une bonne copie de culture générale montrer que vous savez suivre les consignes et que vous avez compris la méthodologie de l’exercice. Vous pourrez toujours briller par des exemples hors de commun ou par une troisième partie des plus originales mais seul un devoir construit avec rigueur vous garantira de bons résultats.

 

Il fallait donc dans les trois parties explorer trois approches, trois relations différentes entre le désir et la réalité. Dans une première partie, il fallait partir de ce qui est le plus évident – par exemple le désir n’est pas la réalité et se révèle souvent déceptif, pour aller vers les idées les plus compliquées dans la troisième partie.

 

Une fois de plus, et particulièrement sur ce type de sujet, il est très important de construire de la logique entre les différentes parties. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses en soit – c’est la manière dont vos parties sont agencées et articulées qui permet de juger la qualité de votre devoir.

 

Le désir comme dépassement de la réalité

Parmi les différentes références canoniques, on aurait pu par exemple citer la positivité du désir, décrite par Rousseau. Il propose une conception à la fois positive et très paradoxale du désir en montrant que le désir, en tant que puissant pouvoir de l’imagination peut devenir une source de bonheur. Le désir nous permettrait ainsi de dépasser la morne et triste réalité pour apporter un peu de sens à la vie. C’est également la vision qu’en donne Epicure en décrivant le désir frugal. On aurait pu également penser à Sartre et à sa théorie sur le désir amoureux.

 

Un dépassement qui peut avoir des effets désastreux

Attention cependant à ne voir dans le désir qu’un simple dépassement innocent et rêveur de la réalité. Pour montrer les aspects négatifs du désir sur la réalité, on aurait pu penser à Pasolini qui montre que la logique capitaliste réduit les hommes eux-mêmes à l’état de marchandises destinées à satisfaire les désirs de consommateurs ou encore à Kant qui prône l’amoralité du désir.

 

Prôner le juste équilibre entre réalité et désir

Dans une troisième partie on aurait pu discuter de la possible existence d’un juste équilibre entre désir et réalité qui permettrait justement de ne pas tomber dans ses travers. Telle est la société prônée par exemple par Rabelais dans Gargantua, appelée l’Abbaye de Thélème. Cette utopie a pour fonction de répondre à la question suivante : comment le désir libre peut-il être un facteur d’ordre et de paix, et non un facteur de désordre et de conflit ?

 

Conseils généraux

Tout au long de votre devoir, n’hésitez pas également à penser à des exemples littéraires (par exemple la très canonique Peau de Chagrin qui montre qu’un homme qui se laisse aller à ses désirs finit par finalement causer sa propre destruction, par opposition par exemple à la figure canonique du génie dans les contes orientaux qui n’octroie que trois voeux, et limite ainsi la portée du désir ce qui génère également un effet de frustration et d’autodestruction). Toute réalisation infinie des désirs provient ainsi à chaque fois d’un objet irréel, fictif, imaginaire qui finit par détruire la réalité de ceux qui l’utilisent. Montrez également toute l’étendue de votre culture cinématographique.

 

Mais n’oubliez jamais –  votre devoir doit être bien construit, les transitions soignées, les exemples toujours systématiquement rattachés au sujet. Dès lors que vous respectez ce cahier des charges, vous êtes sur la bonne voie. Alors, libre à vous de briller par la pertinence de vos exemples et l’exactitude de vos références !

 

Bon courage pour les dernières épreuves qui vous restent, c’est presque fini. Votre désir deviendra bientôt réalité !

Anna Logacheva