ESH ESCP/SKEMA 2020 – Analyse du sujet ESH ESCP/SKEMA 2020 – Analyse du sujet
Tu peux trouver ici l’analyse du sujet d’ESH ESCP/SKEMA 2020. L’épreuve d’ESH ESCP/SKEMA est une épreuve phare de la BCE et très importante pour... ESH ESCP/SKEMA 2020 – Analyse du sujet

Tu peux trouver ici l’analyse du sujet d’ESH ESCP/SKEMA 2020. L’épreuve d’ESH ESCP/SKEMA est une épreuve phare de la BCE et très importante pour les ECE. Elle consiste en une dissertation sur un sujet qui englobe l’économie, la sociologie et un recul historique. Cette année, les concours sont très particuliers : pas d’oraux, trois mois de révisions… Mais les épreuves restent les mêmes que les années précédentes ! Les sujets ont été conçus avant la crise sanitaire.

Tu peux retrouver le sujet d’ESH ESCP/SKEMA ici ! 

Le sujet se situe dans la lignée de ceux portant sur la concurrence. Ces dernières années : « Peut-on considérer que la concurrence constitue le véritable moteur de la croissance économique ? » (ESCP, 2015) ; « La concentration industrielle est-elle toujours un obstacle à la concurrence ? » (ESCP, 2006) ; « Le rôle de la concentration des entreprises dans le développement depuis le milieu du XIXe siècle ? » (HEC, 2000) ; « Faut-il combattre les monopoles ? » (ESSEC, 2011).

Le thème n’est pas sans lien avec Emmanuel Combe, professeur à SKEMA BS depuis 2017 et co-concepteur du sujet ESCP-SKEMA avec Didier Marteau. En effet, Emmanuel Combe est vice-président de l’Autorité de la concurrence depuis 2012. Il est notamment l’auteur de La politique de la concurrence dont la dernière édition date de 2016.

S’il était possible de puiser des idées et des exemples dans tout le programme, la question de la concentration industrielle a pu être posée dans le bloc « Entreprise et organisations » (module 1) et dans le chapitre « Allocation des ressources et réglementation des marchés » du bloc « Les politiques économiques » (module 4). Il fallait surtout être à l’aise avec le chapitre « La concurrence imparfaite » du module 3 de l’économie approfondie.

 

Définition

La concentration industrielle peut-être définie comme le processus au cours duquel la taille des unités de production (établissement, société, groupe) s’accroît et les parts de marché des unités les plus importantes s’accentuent.

Puisque la concentration industrielle est bien souvent synonyme de diminution du nombre de concurrents – voire de la concurrence elle-même – les industries deviennent davantage oligopolistiques ou monopolistiques. De cette manière, c’est l’imperfection des marchés (en référence à la concurrence pure et parfaite, CPP) qui est questionnée.

Les concentrations se font principalement par acquisition (une entreprise en achète une autre) ou fusion (deux entreprises s’associent pour n’en former plus qu’une). On distingue généralement les concentrations horizontales (deux entreprises concurrentes d’une même branche), verticales (deux entreprises de branches complémentaires, soit des fournisseurs ou des distributeurs) et conglomérales (deux entreprises de branches complètement différentes).

 

Une évolution historique tacite

« Le retour de la concentration industrielle » suppose qu’au moins une vague de concentration industrielle a déjà eu lieu mais que le processus ne caractérise plus la situation économique actuelle.  Le processus de concentration est fluctuant. Il peut ne toucher que certains pays et certaines industries.

Si cela ne doit pas représenter le cœur du développement, l’évocation de vagues de concentration précédentes peut venir enrichir l’introduction : deux vagues de fusions-acquisitions aux Etats-Unis dans le premier quart du XXe siècle ; une vague importante aux Etats-Unis et en Europe occidentale dans les années 1960-1970, et deux autres vagues à la fin des années 1980 et des années 1990.

Si le sujet parle d’un « retour » de la concentration, cela induit qu’elle a diminué à un moment. Il est donc intéressant de parler à un moment dans ton devoir (introduction ou corps du devoir) du nouvel essor, dans les années 1970 et 1980, d’un réseau d’entreprises de tailles moyennes qui ont plus de flexibilité que les grands groupes. De plus en plus de grandes entreprises pratiquent l’outsourcing (externalisation de la production) pour éviter de pâtir des mauvais effets de la concentration (bureaucratie, peu de flexibilité …).

 

Les deux questions du sujet

La question « Faut-il craindre un retour de la concentration industrielle ? » est double. D’un côté, elle peut être comprise comme : faut-il craindre qu’une nouvelle vague de concentration ait lieu ? D’un autre côté, on peut comprendre : faut-il craindre la vague de concentration qui arrive ? Dans le premier cas, on interroge la probabilité que les concentrations industrielles se multiplient dans un futur proche : une concentration va-t-elle avoir lieu ? Dans le deuxième on questionne les risques de concentrations industrielles : la concentration qui arrive est-elle dangereuse ?

Dédoubler la question ainsi permettait de construire un développement en deux parties assez aisément. L’avantage est aussi d’étendre un sujet qui, contrairement à ceux de l’ESSEC ou d’HEC, pouvait s’avérer assez restreint.

 

Proposition de plan

Amorce 1. La récession économique qui suit la pandémie du Covid-19, va très probablement, comme lors de tous les moments post-crise, déboucher sur de nouvelles concentrations imposées par la restructuration des marchés.

Amorce 2. En février 2019, la Commission européenne rejette le projet de fusion entre Alstom et Siemens, censé créer un champion européen dans le secteur ferroviaire.

 

I – Si les conditions sont réunies pour qu’une nouvelle vague de concentration industrielle ait lieu, les autorités de régulation veillent au grain

A – Des conditions propices à la concentration : taux bas et crise économique

Les faibles taux encouragent les rachats d’entreprises à crédit du fait de l’effet levier (Leverage Buy Out, LBO). Les récessions qui suivent les crises économiques sont propices à la concentration industrielle parce que de nombreuses petites sociétés ne survivent pas et que certains grands groupes sont fragilisés.

B – Les autorités de régulation

Essor des politiques de la concurrence dans les années 1980. On pouvait différencier les législations américaines (Sherman Act et Clayton Act notamment) des législations européennes (TFUE), ainsi que les autorités de la concurrence (a priori) des activités antitrust (a posteriori).

 

II – Si certains effets de la concentration industrielle sont à craindre, elle ne met pas nécessairement fin à la concurrence

A – La concentration éloigne le marché de son fonctionnement idéal (la concurrence pure et parfaite) et pénalise la croissance à terme

A l’encontre de l’atomicité, il fallait ici évoquer le pouvoir de marché dans les situations de monopoles, d’oligopoles (cas Cournot ou Stackelberg) ou d’ententes jusqu’à ce que certaines entreprises deviennent « faiseuses de prix ». La concentration industrielle peut d’ailleurs être une stratégie pour réduire la concurrence. Des schémas issus de l’économie approfondie auraient trouvés leur place ici, comme le graphe sur la non-optimisation des marchés en situation de monopole.

La concentration peut également entrainer une baisse voire un arrêt de la croissance économique. En effet, les grands groupes, qui ont un pouvoir de marché conséquent, vont être tentés de limiter l’innovation pour préserver leur situation dominante. Ces grandes entreprises ne vont donc pas stimuler l’innovation en leur sein et vont racheter les entreprises innovantes qui pourraient les concurrencer.

Dans Capitalisme, Socialisme et Liberté (1942), Schumpeter a expliqué que la présence de ces grands groupes allait à terme porter préjudice au niveau de croissance mondiale. La concentration accrue mène selon lui nécessairement à un état stationnaire.

B – Le marché imparfait n’est pas synonyme de fin de la concurrence

Théoriquement, deux entreprises suffisent pour que le marché soit en concurrence parfaite (duopole de Bertrand).

Dans le cas d’un monopole, l’entreprise est amenée à pratiquer le même prix que celui de la concurrence parfaite lorsqu’il n’y pas de barrières à l’entrée ou de coûts fixes irrécupérables (théorie des marchés contestables de Baumol). Lorsqu’il y a monopole sur un marché de biens substituables, il s’agit d’un marché de concurrence monopolistique (Chamberlin).

On pouvait ici citer des exemples historiques : le marché étasunien de l’automobile dominé par les Big Three (General Motors, Ford, Chrysler) dans les années 1930 par exemple.

 

Pour tout savoir sur les concours, rendez-vous dans la rubrique Inside Concours ! 

On espère que ça s’est bien passé !

 

Benjamin Ménard

• Prépa : Nelson Mandela, Nantes, ECE • Essec, ENS