ESH ESSEC 2018 – Analyse du sujet ESH ESSEC 2018 – Analyse du sujet
L’analyse du sujet d’ESH ESSEC 2018 est en ligne !   Les termes du sujet Pas de difficulté de tournure ici, tout le monde a... ESH ESSEC 2018 – Analyse du sujet

L’analyse du sujet d’ESH ESSEC 2018 est en ligne !

 

Les termes du sujet

Pas de difficulté de tournure ici, tout le monde a une bonne définition de ce qu’est la mondialisation. On peut insister ici sur l’interdépendance des économies.

La notion d’irréversibilité renvoie à un processus : on voudrait endiguer le processus de mondialisation. On se demande si ce processus est irréversible, si l’on n’a plus aucune emprise sur lui.

 

 

Quel est l’intérêt de cette question, dans le contexte actuel ?

 

Actualité :

Trump instaure une nouvelle taxe sur les importations : « Ni les menaces de représailles ni les mises en garde des économistes ou de ses alliés républicains ne semblent pouvoir faire plier Donald Trump. Une semaine après avoir annoncé son intention de taxer lourdement les importations d’acier (25%) et d’aluminium (10%) aux Etats-Unis, ouvrant la voie à une guerre commerciale, le président américain persiste. » (extrait de Libération).

On voit que « revenir en arrière » dans le processus de mondialisation suscite des craintes, des critiques, des angoisses vis à vis d’une guerre commerciale, autant de facteurs qui auraient pu pousser le président américain à abandonner son projet. Cette pression montre l’actualité du sujet : peut-on se permettre de remettre en cause le libre-échange ? Ou bien la mondialisation échappe-t-elle au contrôle des Etats ?

 

Pourquoi voudrait-on retourner en arrière dans le processus de mondialisation ?

 

La mondialisation a des effets négatifs : mise en concurrence des Etats qui les pousse à adopter une fiscalité attrayante pour les firmes (et donc baisse des recettes publiques servant à financer la protection sociale par exemple), montée des inégalités, délocalisations et chômage, problèmes environnementaux liés aux transports, exploitation de la main d’oeuvre à bas coût dans le but d’être compétitif etc.

Il faut confronter ces aspects négatifs aux bienfaits de la mondialisation : baisse des prix, hausse du nombre de variétés, échange des idées et des technologies au niveau mondial, croissance…

On peut aussi se demander si les problèmes que l’on attribue à la mondialisation sont bien engendrés par la mondialisation, et non par d’autres facteurs : le chômage peut être structurel, la compétitivité dépend aussi des investissements du pays en R&D.

 

 

Peut-on revenir en arrière ?

 

C’est la deuxième question qui se pose.

On voit le pouvoir important qu’ont les firmes transnationales sur les décisions des pays (en matière de fiscalité, de fixation des normes, de signature de traités, grâce à des lobbys qui entre en jeu dans la sphère politique), ainsi que le grand mouvement des idées en faveur du libre-échange et de la mondialisation.

Un exemple qui prouve l’influence des firmes multinationales sur les politiques internes des pays : http://www.juriguide.com/monde-des-affaires/arbitrage-international-apres-legypte-veolia-sen-prend-a-la-lituanie/

De plus, les Etats se sont dotés d’institutions (GATT puis OMC) pour approfondir le libre-échange. On peut penser à la clause de consolidation de l’OMC : on ne peut pas revenir sur une baisse des tarifs douaniers sauf cas exceptionnel. On peut aussi citer le FMI qui a su imposer l’ouverture à des nombreux pays en développement dans un but de croissance.

Enfin, les pays signent de plus en plus d’accords commerciaux régionaux, ce qui va dans le sens de plus de mondialisation.

 

Il est donc légitime de se demander si l’on peut, de manière réaliste, penser à aller vers moins de mondialisation.

Pour contredire cette idée d’irréversibilité, on peut faire appel à l’histoire : une forme de démondialisation a déjà eu lieu à la fin du XIXème siècle, à la suite de la Grande Dépression (hausse du protectionnisme tarifaire), de même après la crise des années 1930. De plus, dans l’absolu, ce sont les Etats qui ont choisi ce mode d’organisation des échanges par la signature de traités, ils devraient donc être capables de les renégocier.

On peut objecter que le contexte est différent : en effet, le progrès technique a réduit le coût des transports de façon exceptionnelle et l’évolution de la division internationale des processus productifs a rendu les économies interdépendantes. Néanmoins, des signes de démondialisation apparaissent comme on le voit avec les exemples actuels des Etats-Unis et de la Chine, des relocalisations (voir les menaces de Trump aux entreprises qui veulent produire à l’étranger pour ensuite vendre aux Etats-Unis) et de l’incitation à acheter local (Buy America Act).

 

On pouvait aussi se pencher sur les idées des altermondialistes et de la démondialisation modernes.

 

En somme, ce sujet permettait de mobiliser des connaissances théoriques (sur les bienfaits du libre-échange par exemple), la connaissance de l’actualité, des données chiffrées et des connaissances historiques. Très complet donc !

 

Bon courage pour la suite des épreuves.

 

Retrouvez toute l’actualité des concours dans notre rubrique Inside Concours :  https://major-prepa.com/concours/inside-concours-bce-2018/

Mehdi Cornilliet Fondateur

22 ans, étudiant à HEC Paris, ancien étudiant en prépa ECS au Lycée La Bruyère (Versailles) et fondateur de Major-Prépa.