Géopo Ecricome 2018 – Analyse du sujet sur le dérèglement climatique Géopo Ecricome 2018 – Analyse du sujet sur le dérèglement climatique
Retrouve les sujets de géopo Ecricome 2018 juste après la fin de l’épreuve en cliquant ici.   Remarques générales Comme à son habitude, ECRICOME... Géopo Ecricome 2018 – Analyse du sujet sur le dérèglement climatique

Retrouve les sujets de géopo Ecricome 2018 juste après la fin de l’épreuve en cliquant ici.

 

Remarques générales

Comme à son habitude, ECRICOME nous propose ici deux sujets qui portent chacun sur des parties différentes du programme. Le premier sujet est comme l’année dernière plutôt un sujet de première année (Enjeux contemporains) alors que le second sujet s’intéresse plutôt au programme de seconde année (l’Union Européenne et la Russie). C’était déjà le cas l’année dernière où le premier sujet avait mis à l’honneur les nouvelles guerres (seconde partie du second module de première année) alors que le second avait questionné l’avenir du rêve américain (les États-Unis).

Ce cru ne surprend donc guère dans le fond, ni dans la forme. ECRICOME fait le choix de formuler les sujets avec des termes clairs et qui ne laissent pas de place à l’ambiguïté, contrairement à l’épreuve de l’ESSEC qui de manière générale choisie des formulations plus complexes.

 

Premier sujet : « Le dérèglement climatique : une nouvelle donne majeure pour l’économie mondiale et les relations internationales »

 

Intérêt du sujet

Ce premier sujet aborde un thème qui n’était pas revenu depuis assez longtemps. Il n’est tout simplement jamais tombé à l’épreuve de l’ESCP (sûrement car trop difficilement cartographiable, mais sait-on jamais !) et le thème avait été indirectement traité dans l’épreuve 2012 de l’ESSEC à travers le développement durable. Il n’y a rien d’étonnant à voir ce thème tomber aux concours et il faudra y faire attention pour les épreuves de la BCE.

 

Analyse des termes

[sociallocker id=12946]Le dérèglement climatique désigne l’ensemble des modifications qui affectent la météo (qui est l’expression à court-terme du climat, qui la désigne sur le long-terme).

Il ne désigne donc pas simplement le réchauffement climatique – qui constitue cependant sa caractéristique dominante – mais aussi ses conséquences, en particulier l’augmentation des catastrophes climatiques en nombre mais aussi en intensité (cyclones dans les Caraïbes ou en Asie du Sud-est, sécheresses, inondations, …). Le seul écueil ici était de confondre la question du dérèglement climatique avec celle plus générale de l’environnement (pollution des eaux ou des sols, déforestation).

Dans la seconde partie du sujet, il fallait certainement faire attention au terme « majeure ». La question du dérèglement climatique n’est pas nouvelle puisqu’on peut estimer qu’elle est devenue publique dès les années 1970-80 avec la création des premiers partis écologistes, et surtout l’organisation des premiers sommets mondiaux sur la question (Premier sommet de la Terre en 1972 à Stockholm puis rapport Bruntland en 1987 par exemple). Ce qui a changé est le rapport que l’on a avec. Aujourd’hui l’on a de plus en plus conscience que notre activité a un impact sur le climat et que celui-ci a des conséquences qui se répercutent sur notre économie. Le succès de la COP21 qui s’est tenue à Paris à l’automne 2015 montre ce nouveau rapport.

Ce sujet s’intéressait donc à comprendre en quoi le dérèglement climatique était-il devenu une composante principale de la manière dont on conçoit l’organisation générale du monde à la fois d’un point de vue économique et politique.

 

Pistes de réflexions possibles

Il était intéressant dans un premier temps de rappeler que l’humanité a connaissance du réchauffement climatique depuis près d’un demi-siècle mais que cette question a d’abord été reléguée au second plan. Pendant longtemps, on a donné priorité à la croissance, au nord comme au sud de l’équateur. On peut noter que la période de crise globalement constante dans les pays du Nord depuis les années 1980 n’a pas aidé à amener le débat sur la place publique.

C’est à cette même époque que les pays du Tiers-monde entament réellement leur chemin sur la route du développement. Il n’est jusque dans les années 2000 pas encore question de se brider pour des considérations qui ont encore du mal à s’imposer (et encore aujourd’hui, il reste nombre de climato-sceptiques, même au Nord). La prise de conscience ne s’effectue donc pas à la même vitesse et de la même manière au Nord comme au Sud.

L’échec du protocole de Kyoto (1997) est la première illustration de ce décalage puisqu’il n’est pas ratifié par les principaux pollueurs. C’est ici, qu’économie et géopolitique se mêlent : les pays du Sud ont besoin de se développer et ne comprennent pas pourquoi ils ne pourraient pas faire la même chose que les pays du Nord qui sont en grande partie responsables de la situation actuelle.

Ils revendiquent alors une « dette écologique » et se réunissent à l’ONU dans le « groupe des 77 » duquel les Philippines ont été pendant longtemps l’un des leaders. Toutefois, l’intensification du phénomène finit par porter le sujet au-devant de la scène.

Dans les pays du Nord d’abord, une véritable conscience écologique finit par émerger face à la multiplication des preuves concrètes d’un réchauffement climatique et grâce à une meilleure information des citoyens. C’est dans les pays en développement qu’on en prend la mesure des dégâts du dérèglement climatique de manière la plus directe. L’intensification des sécheresses, le phénomène El Nino, la multiplication des cyclones, ont des conséquences désastreuses sur des économies qui sont encore souvent à domination rurale. Au-delà de l’économie, c’est souvent les populations qui paient le prix cher : famine, destruction de l’habitat, migration forcée comme au Bengladesh où la hausse du niveau de la mer pousse les indigènes à quitter le delta du Gange. Le tourisme est en particulier touché, au nord comme au sud.

Au Nord, c’est notamment le tourisme d’hiver avec les stations de ski dont l’activité doit toujours plus se réinventer pour faire face à des neiges plus tardives et à la fonte des glaciers.

 

Dans un dernier temps, on pouvait faire modifier la perspective. Jusqu’ici nous avons traité de la question du dérèglement climatique à travers les conséquences négatives qu’elle avait sur l’activité économique et qu’elle restait une épreuve de force dans les négociations internationales (et jusqu’en 2015 toutes les COP se soldent généralement par un échec). Néanmoins, les pays finissent par s’emparer de la question du dérèglement climatique.

Les entreprises, bien souvent, ne les ont pas attendus et l’économie verte est de plus en plus un terreau fertile à l’innovation et à la croissance. Au Nord comme au Sud, les énergies renouvelables qui n’émettent pas de gaz à effet de serre contrairement au charbon ou aux hydrocarbures connaissent un véritable boom. La Chine notamment s’est imposée dans le secteur des panneaux solaires. Les initiatives pour une économie décarbonée se sont multipliées en Europe (subvention à l’achat de véhicules électriques à l’échelle nationale, ou Plan Climat 2020 à l’échelle de l’UE). Les pays du Nord ont fini par entendre (au moins en partie) les revendications des pays du Sud qui sont de plus en plus menacés, à l’image des pays du V20, groupe fondé juste avant la COP21 et qui regroupe les pays les plus menacés par le réchauffement climatique (parmi lesquelles de nombreuses îles qui risquent de disparaître). La COP21 montre que la question du dérèglement climatique est aujourd’hui autant que possible devenu un sujet de coopération plutôt que d’affrontement.

On pouvait aussi invoquer l’importance des acteurs de la société civile dans ce débat, notamment les ONG comme Greenpeace qui ont une importance à l’échelle nationale comme internationale. [/sociallocker]

En conclusion, le dérèglement climatique invite l’économie mondiale à se réinventer. S’il on ne peut faire table rase du passé, on doit maintenant en saisir les opportunités. Reste que puisqu’il s’agit d’un problème global, la coopération est essentielle. Si les États ont fait de beau progrès depuis, l’élection d’un président climatosceptique à la tête du deuxième pollueur mondial, va certainement donner un coup d’arrêt à une solution mondiale. L’injonction du président Macron au président Donald Trump « Make our planet great again » démontre qu’encore aujourd’hui, la dynamique d’affrontement est toujours à l’ordre du jour.

Pour aller plus loin

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/34293-gfbiochemicals-linnovation-durable-tourner-page-petrole

https://major-prepa.com/geopolitique/articles-exemples-lenvironnement-les-yeux-du-monde/

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/europe/29527-le-choix-fort-de-la-transition-ecologique-en-suisse/%20

Etc.

 

Retrouve toute l’actualité des concours dans notre rubrique Inside Concours : https://major-prepa.com/concours/inside-concours-ecricome-2018/

 

Dimitri Des Cognets

22 ans, étudiant à NEOMA Reims, ancien étudiant au lycée La Bruyère (Versailles) et co-fondateur de Up2school (www.major-prepa.com, www.business-cool.com et www.up2school.com)