Géopolitique Ecricome 2020 – Analyse du sujet 2 Géopolitique Ecricome 2020 – Analyse du sujet 2
Retrouvez les sujets de l’épreuve géopolitique Ecricome 2020 ici ! Ce sujet est particulièrement complexe et intéressant. Il sort des sentiers battus, permettant aux... Géopolitique Ecricome 2020 – Analyse du sujet 2

Retrouvez les sujets de l’épreuve géopolitique Ecricome 2020 ici !

Ce sujet est particulièrement complexe et intéressant. Il sort des sentiers battus, permettant aux meilleurs candidats de se démarquer par une fine maîtrise des enjeux géopolitiques contemporains.

 

Ecricome 2020 : analyse des termes du sujet 2 de géopolitique

Le terme nouvelles technologies ne devait pas être résumé à Internet ; on devait penser à y inclure l’Intelligence Artificielle, le Deep learning, Big data, mais aussi les technologies du type avancées spatiales ou robotiques (c’est ce que la carte nous laissait penser).

Rapports de force : sous-entend des relations de domination, de rivalités entre les puissances.

Nouveau : le terme pouvait être l’objet d’une réelle réflexion. On pouvait partir du postulat que, depuis la révolution industrielle, la croissance économique et le hard power (un concept popularisé par Joseph Nye) sont essentiellement tirés par l’innovation qui a permis l’accroissement de la production, qui a facilité la vie quotidienne et qui a permis aux pays les plus avancés de dominer militairement. Les tensions existantes autour de ces problématiques de technologies et de recherche n’ont en fait rien de nouveau… Il n’est d’ailleurs pas étonnant que la chronologie commence par l’explosion de la première bombe atomique, qui fut l’objet d’une véritable guerre des cerveaux entre les belligérants.

 

Les grands enjeux

Dans la course aux nouvelles technologies et à la recherche, les deux grands concurrents sont les Etats-Unis et la Chine. L’Europe apparaît quelque peu en retard sur ces sujets, mais elle essaie de s’imposer dans le domaine, notamment via la régulation (voir les débats européens sur la taxation des GAFA, ou la protection des données), affirmant son rôle de puissance normative.

On a pu penser aux débuts d’Internet que les nouvelles technologies permettraient d’apaiser les tensions mondiales, en mettant le monde en réseau. Cependant, cette vision paraît un peu obsolète aujourd’hui, le cyberespace étant devenu un nouvel espace de conflictualités entre les Etats et/ou les entreprises. La recherche est soumise à la même logique paradoxale : là où la connaissance gagnerait à être partagée pour progresser, certains Etats peuvent vouloir garder pour eux leurs avancées afin de rester le plus compétitif possible. La recherche ne devrait-il pas être le lieu d’une réelle entraide entre les Etats ?

Il fallait donc prendre en compte les deux aspects de l’ordre mondial qui se sont transformés avec l’arrivée des nouvelles technologies et la progression de la recherche : l’ordre mondial économique et l’ordre mondial militaire.

 

La dimension historique

Le développement des nouvelles technologies et la recherche ont bouleversé l’ordre mondial. Poussant le monde dans un système toujours plus mondialisé et connecté, elles ont contribué à fluidifier les échanges internationaux mais ont également créé de nouveaux espaces de tensions. On peut par exemple penser à la course à la bombe atomique durant la seconde guerre mondiale, mais aussi à la « guerre des étoiles » entre l’URSS et les Etats-Unis pendant la Guerre Froide. Rappelons qu’il s’agit d’une dissertation essentiellement géopolitique : la dimension historique ne doit pas faire plus d’une partie !

 

Le nouveau rapport de force économique

La recherche et les nouvelles technologies ont modifié l’ordre mondial économique en accroissant le poids des entreprises dans celui-ci, la où les Etats dominaient. On peut ainsi dater ce tournant des années 1990, en développant l’exemple de la Silicon Valley. Aujourd’hui, certaines grandes entreprises (comme Apple ou Alphabet), ont une capitalisation boursière plus élevée que le PIB de certains pays. Ceci crée des frictions entre les Etats et les entreprises ; l’exemple le plus probant reste peut-être les tensions autour de la  taxation des GAFA en Europe. Un autre exemple aurait pu être celui de la privatisation de l’espace, avec des entreprises comme SpaceX qui ont les mêmes capacités que certaines grandes puissances. Les entreprises commencent même à vouloir obtenir les mêmes prérogatives que les Etats (Facebook et son projet de monnaie…)

Cependant, les Etats jouent toujours un rôle important dans la recherche et les nouvelles technologies, notamment en menant des politiques volontaristes pour attirer les talents. La Chine est bien sur celle qui mène les politiques les plus interventionnistes, en coopérant étroitement avec les BATX pour assurer leur hégémonie (déploiement de la 5G de Huawei, censure de Google et Being en Chine).

 

Le nouveau rapport de force géopolitique

Les guerres contemporaines reposent moins sur les moyens humains que sur les moyens technologiques qui la sous-tendent. Qui dit nouvelles technologies dit nouveaux risques : le danger lié au nucléaire est plus grand que celui lié aux armes « traditionnelles ». Une partie sur le cyberespace et la cybercriminalité s’intégrait parfaitement dans le sujet.

Il fallait également montrer comme les nouvelles technologies et la recherche reflétaient la nouvelle réalité des conflictualités entre Etats, qui ont moins lieu sur le plan du hard power que sur le plan du soft power, voire du smart power.

Une partie sur les risques liés aux nouvelles technologies était également la bienvenue – risque environnemental, question de désindustrialisation, etc.

 

Les écueils à éviter

Voici quelques petits pièges dans lequel il ne fallait pas tomber :

  • oublier la dimension historique : les nouvelles technologies ne se limitent pas à Internet !
  • être trop long sur la dimension historique : la partie historique doit permettre de comprendre l’évolution, la mutation des rapports de force mondiaux. Elle ne peut pas occuper les deux premières grandes parties du devoir !
  • ne pas territorialiser le sujet : les sujets de géopolitique s’inscrivent dans des lieux, dans des territoires. Ceci était d’autant plus manifeste que les annexes comportaient une carte. Tu dois toujours essayer d’inclure une partie géographique dans ton devoir !
  • négliger la recherche : encore une fois, ceux qui se limiteront à évoquer des technologies informatiques sans évoquer la fuite des cerveaux ou les enjeux liés à l’économie de la connaissance seront un peu pénalisés.

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Lisa Schneider