Géopo ESCP 2016 – Analyse du sujet Géopo ESCP 2016 – Analyse du sujet
Voici le sujet de géopo ESCP 2016 : https://major-prepa.com/concours/geopo-escp-2016/     Ce sujet d’excellente facture n’a pas dû paraître déstabiliser les candidats qui ont... Géopo ESCP 2016 – Analyse du sujet

Voici le sujet de géopo ESCP 2016 : https://major-prepa.com/concours/geopo-escp-2016/

 

 

Ce sujet d’excellente facture n’a pas dû paraître déstabiliser les candidats qui ont appris leurs cours. A l’inverse du sujet retenu par l’ESSEC, qui mettait en relation deux notions qui sont rarement traités explicitement l’une avec l’autre, celui-ci faisait appel à une zone du cours qui est bien balisée, à savoir, celle qui concerne les enjeux du monde arabo-musulman. Pour autant, l’intitulé subtil du sujet appelle plusieurs remarques qui tendent à en montrer toute la subtilité, sinon, la difficulté.

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A l’instar d’autres sujets retenus par les jurys, celui-ci s’ancre dans l’actualité. Les hésitations et atermoiements des puissances occidentales à intervenir pour hâter la fin du conflit civil en Syrie, débuté en 2011 dans le cadre des Printemps Arabes, le montrent avec évidence.

Certes, ce sujet paraîtrait un simple sujet de cours à de cours à des candidats qui traiteraient hâtivement le monde arabo-musulman dans son entier. Pour autant, ce n’est pas un simple sujet de cours tant il appelle une définition extrêmement méticuleuse de tout son périmètre. C’est sur ce terrain délicat que nous allons revenir.

 

En effet, au vu de ses termes proches, le sujet requerrait une définition pointue et rigoureuse de ses concepts principaux.

– Influences : ce sont les interventions civiles ou militaires indirectes qui permettent d’exercer une forme de pouvoir à basse intensité sur une zone géographique (présence culturelle, échanges économiques, diplomatie politique)

– Ingérences : ce sont les interventions civiles ou militaires directes qui permettent d’exercer une action immédiate à forte intensité dans une zone géographique (soutien matériel et financier aux régimes locaux, gestion politique et administrative de territoires, dissuasion ou envoi de forces armées)

– Moyen-Orient : il recouvre la péninsule arabique, majoritairement de confession musulmane, tout en comprenant les pays qui ont un voisinage immédiat avec eux (Turquie, Egypte, Iran, Pakistan).

– Proche-Orient : il constitue la section du Moyen-Orient proche de la Méditerranée qui inclut notamment des pays comme la Syrie, la Jordanie, le Liban et Israël et la Palestine.

– Etranger : désigne tout ce qui ne procède pas de cette zone, et, plus particulièrement, les anciennes puissances coloniales, le régulateur que sont les Etats-Unis ainsi que la puissance sur le retour qu’est la Russie.

 

En outre, il s’agissait bien entendu d’un sujet qui exigeait une compréhension fine des divers gradients en adoptant à chaque fois le prisme le plus adapté.

  • Gradient religieux : l’antagonisme datant du entre le sunnisme et le schisme de 632 structure encore les tensions intérieures, donc les soutiens extérieurs, au Moyen-Orient (chiisme de l’Iran ou du Hezbollah, sunnisme des pétromonarchies ou des groupes terroriste comme Al-Nosra ou Daesh)
  • Gradient ethnique : il ne doit guère être négligé dans l’analyse tant les revendications ethniques pèsent également pour la compréhension de la situation actuelle (peuple juif contre les arabes palestiniens, kurdes contre alaouites en Syrie)
  • Gradient idéologique : éclipsé avec la fin de la guerre Froide, les préférences pour l’idéologie capitaliste, le choix tiers-mondiste ou le soutien communistes, permettent aussi de comprendre les alliances et rivalités.

 

C’est un sujet qui exige une définition personnelle de ses bornes, en particulier historique, pour répondre avec amplitude et justesse aux exigences du jury.

Comme indiqué précédemment, le traitement de toute la zone du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) ne pouvait pas être permis. Incidemment, peut-être quelques remarques sur le Machrek (Lybie, Egypte) pouvaient être acceptées à condition qu’elles éclairent avec pertinence les influences ou ingérences (affaire de Suez en 1956)

 

En outre, les bornes historiques du sujet devaient être définies. De notre point de vue, au vu des documents mentionnant les accords secrets de Sykes-Picot de la Première Guerre Mondiale (1916), il s’agissait de remonter aux sources historiques du début du XXème siècle pour remonter le flux historique jusqu’à nos jours.

Ainsi, il fallait être capable de faire le tri de ses connaissances. En effet, la densité des informations des documents ainsi que la présence de la carte incitaient à faire primer la synthèse sur le poids de la copie. C’est cette orientation d’écriture, favorable aux correcteurs, qui permettra de distinguer les meilleurs candidats.

En outre, même si l’originalité est tout à fait possible dans le traitement de ces sujets, les césures évidentes et la mutation des interventions (influences ou ingérences) des puissances incitait fortement à retenir un plan historique sur lequel nous allons vous aider. Ce plan sera publié ultérieurement.

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Débattez du sujet avec les autres candidats ici : http://www.forum-commerce.com/

 

Matthieu ALFRE

Ancien élève du Lycée Kléber de Strasbourg, Matthieu Alfré est aussi titulaire de trois diplômes de master : HEC Paris, Sciences Po Paris et la Sorbonne. Au terme de ses études, il part autour du monde en solitaire pendant deux ans dans le cadre du projet « Faire de sa vie une aventure ». Aujourd’hui, il a fait le choix de se consacrer à ses passions qui sont l’éducation et l’aventure.

Mehdi Cornilliet Fondateur

Ancien étudiant à HEC Paris après une prépa ECS au Lycée La Bruyère (Versailles) et fondateur de Major-Prépa.