Géopo ESCP 2020 – Analyse du sujet Géopo ESCP 2020 – Analyse du sujet
Dans cet article, nous te donnons notre analyse du sujet de géopo ESCP 2020. Retrouve ici le sujet de géopo ESCP 2020. La France... Géopo ESCP 2020 – Analyse du sujet

Dans cet article, nous te donnons notre analyse du sujet de géopo ESCP 2020.

Retrouve ici le sujet de géopo ESCP 2020.

La France est sans en douter le sujet le plus attendu de ces dernières années. Elle est certes tombée à Ecricome cette année, mais de façon plus classique, dans son rôle dans la construction européenne. S’interroger sur la France dans la recomposition des puissances dominantes, c’est faire état de

Rappelons que la difficulté des sujets ESCP repose sur la réalisation d’une dissertation et d’une carte avec légende, et ce en seulement 4 heures.
Ici, le fond de carte était une carte du monde en projection de Mercator, ce qui est tout à fait classique.

 

Définition des termes du sujet

Le sujet comportait beaucoup de termes techniques. Une définition rigoureuse de ces-derniers était nécessaire pour dégager les réels enjeux du sujet.

Recomposition : peut-être le terme le moins habituel pour les candidats, même s’il reste tout à fait classique. La recomposition désigne le rassemblement d’éléments déjà présents pour former quelque chose de nouveau. Il ne s’agit pas d’une reconstruction à l’identique, mais bien d’une transformation en profondeur.

Puissance : Etat qui se distingue par son poids territorial, économique, démographique ; par les moyens dont il dispose pour atteindre ses objectifs et par les stratégies qu’il est capable de mettre en œuvre de façon à s’assurer une influence durable. Cette puissance se décline selon dimensions : militaire, économique, géopolitique, diplomatique, culturelle. On pouvait ici choisir parmi les différentes références possibles pour définir le terme : Aron, Thierry de Montbrial, Joseph Nye…

Dominante : un état dominant est un état qui a les moyens matériels et institutionnels d’exercer le pouvoir, d’imposer durablement sa volonté à une entité. Cette entité peut être une organisation, une entreprise, une partie de la population, un Etat ou un groupe d’Etat.

La France : Il s’agit de l’Etat comme entité, mais aussi de sa dimension démographique, géographique… On pouvait utiliser une courte phrase pour définir la France en rappelant sa population, sa superficie ou son régime politique.

 

Les documents

Tous les documents, hormis le document 5, étaient des documents très récents. Ce-dernier permettait aux candidats de ne pas oublier la perspective historique du sujet : qui dit recomposition dit forcément composition, se plaçant par rapport à un référentiel historique qu’il fallait définir.

Le premier document indiquait la place de la France dans les budgets mondiaux alloués à la R&D, soulignant son importance dans la puissance économique et technologique des pays. Le deuxième document traitait lui de la compétitivité des pays dans le monde, insistant notamment sur des indicateurs relatifs aux entreprises. Le document 3, montrant l’étendu de la ZEE française, était une invitation à considérer les enjeux liés à la géographie particulière de la France (2ème ZEE mondiale). Les documents 4 et 6 abordaient deux aspects des relations internationales, à la fois diplomatiques et militaires.

 

Les enjeux du sujet

Interroger la place de la France dans la recomposition des puissances dominantes, c’est d’abord faire état d’un déclin depuis le début du XXème siècle. Autrefois puissance coloniale incontournable, la France n’est aujourd’hui que 7ème dans le classement des PIB mondiaux, un chiffre qui baisse d’ailleurs régulièrement. Son poids géopolitique a également baissé. Cependant, ce déclin n’a pas été linéaire historiquement : les années 1960-1990 ont été celles de l’affirmation de la France sous la politique gaulliste et mitterrandienne, et ce dans un contexte géopolitique troublée par la Guerre Froide.

L’idée d’une « France qui tombe », comme le dit Nicolas Baverez, n’est également pas à prendre de façon totale. Après 1945, la France a réussi à maintenir son rang dans les premières puissances mondiales, notamment en rénovant ses outils de puissance internationaux.

La puissance française affiche aujourd’hui des faiblesses qu’elle doit corriger pour maintenir son rang et résister à la concurrence des autres grandes nations dans le cadre d’une économie mondialisée et d’un ordre multipolaire.

Il fallait également interroger la nature de la recomposition des puissances dominantes : certains acteurs, comme la Chine, n’étaient pas des puissances dominantes au début du siècle.

On devait également interroger la capacité de la France à influer sur cette recomposition des puissances dominantes.

 

La dimension historique

Elle était, comme dans chaque sujet de HGGMC, incontournable. La France a été une puissance dominante dans l’ordre mondial du début du XXème siècle, notamment grâce à ses nombreuses colonies, sur lesquelles elle exerce une réelle domination. Elle est également une puissance dominante sur le plan économique après la Grande Dépression, car elle connait une croissance très soutenue, et finance d’autres pays (notamment la Russie). Victorieuse de la Première Guerre Mondiale, elle affirme également sa puissance militaire et impose ses règles pour l’ordre mondial.

 

L’idée d’un déclin de la France

Le déclin français est un thème récurrent de l’imaginaire collectif du pays, qui idéalise les années d’avant. La France connait certes un déclin dans l’entre-deux guerres. Après 1945, elle ne domine plus et est reléguée au simple plan de puissance de second rang.

Cependant, elle réussit à renouveler ses leviers d’influence et à se maintenir comme « une grande puissance moyenne », selon Valéry Giscard d’Estaing. Il était intéressant de montrer comment l’Europe avait été un instrument pour maintenir le rayonnement de la France tant économiquement (via la PAC par exemple) que géopolitiquement (on pouvait parler de l’exception culturelle française).

Le déclinisme français, porté par Nicolas Baverez par exemple, ne révèle qu’un aspect de l’évolution de la France dans les puissances dominantes.

 

La recomposition des puissances dominantes

D’un point de vue économique, la France est largement dominée par d’autres puissances, comme le montrait le document 1. On aurait également pu évoquer la remise en cause de son leadership sur la Françafrique.
Elle essaie d’affirmer son rôle aujourd’hui majoritairement sur le plan géopolitique. Parler des atouts du hard power français pouvait ainsi faire l’objet d’une sous-partie : sur le plan militaire, la France compte. Elle reste également diplomatiquement un acteur de poids, de par sa présence dans les grandes institutions internationales. Elle cherche également à diffuser l’image d’une puissance normative, qui se bat contre d’autres puissances dominantes telles que les entreprises en cherchant à mieux réguler le jeu international (RGPD, …).

 

La carte

L’exercice de cartographie de cette année était relativement difficile. Trouver suffisamment de figurés de surface, afin de ne pas se retrouver avec « une carte vide », était un vrai défi. Faire une typologie des puissances mondiales pouvait être un pari ambitieux. Les figurés ponctuels étaient nombreux (sommets, sièges, …). Les renvois à la carte dans le corps de la dissertation sont toujours appréciés.

Il ne faut surtout pas oublier que la légende doit être structurée : trois grandes parties et des sous parties (pas de nombre précis à suivre) dans lesquelles on met les figurés.

Retrouvez toute l’actualité des concours dans notre rubrique Inside Concours.

 

 

 

Ysaline Bortone-Bouvet

Etudiante à HEC Paris