Géopolitique GEM 2021 – Analyse du sujet Géopolitique GEM 2021 – Analyse du sujet
Retrouve dans cet article l’analyse du sujet de géopolitique GEM du concours BCE 2021 ! Cette épreuve est relativement nouvelle, et se différencie des... Géopolitique GEM 2021 – Analyse du sujet

Retrouve dans cet article l’analyse du sujet de géopolitique GEM du concours BCE 2021 ! Cette épreuve est relativement nouvelle, et se différencie des autres épreuves de géopolitique, même si l’exercice reste de faire une dissertation. Pour en savoir plus, regarde le replay de l’interview du concepteur du sujet sur Major Prépa !

Tu peux découvrir le sujet de géopolitique GEM 2021 qui a été donné en cliquant ici.

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L’analyse du sujet de géopolitique GEM 2021 :

Définition des termes :

La politique commerciale englobe l’ensemble des activités de l’Etat visant à influer sur les rapports commerciaux d’un pays avec l’extérieur. Il constitue un des pans du hard power. On pouvait ici bien sûr se référer à Joseph Nye.

Puissance : terme classique s’il en est. On pouvait penser à la définition de Serge Sur qui la définit comme la « capacité de faire, de faire faire, d’empêcher de faire et de refuser de faire ». Evidemment, beaucoup d’autres définitions étaient acceptables et la définition de ce terme pouvait être complétée. On pouvait utiliser notamment la distinction soft power / hard power de Joseph Nye. 

Dimension historique : Le sujet n’étant pas limité dans le temps, il ne faudra surtout pas négliger la dimension historique. Pour ceux qui ont négligé l’histoire, l’addition risque d’être salée.

 

Une puissance commerciale établie qui sait s’appuyer sur ses FTNs :

Les Etats-Unis sont une vieille puissance commerciale. On pouvait dans cette première partie en profiter pour faire quelques rappels historiques. On pouvait notamment évoquer la loi de 1934, qui fait de l’ouverture réciproque des marchés une priorité de la politique étrangère. Il était important de parler du GATT et de Bretton Woods, par exemple. L’influence dans les institutions internationales devait aussi être évoquée. En particulier à l’OMC où les Etats-Unis pèsent de tout leur poids.

Il convenait aussi de rappeler le poids actuel des Etats-Unis dans les échanges internationaux. Par exemple, les États-Unis sont le plus grand importateur et le deuxième exportateurs de marchandises au monde, ainsi que le plus grand importateur et exportateur de services commerciaux. Selon la Banque mondiale, le commerce représente 26% du PIB du pays en 2019.

Enfin, les Etats-Unis savent s’appuyer sur des firmes transnationales rayonnantes qui sont les fers de lance de sa puissance commerciale. On peut penser dans l’industrie aérospatiale à Boeing, à Wal-Mart dans la distribution, Ford dans l’automobile ou Apple dans l’électronique ou Microsoft dans l’informatique. Cependant les exemples sont nombreux donc il ne fallait pas hésiter à faire référence à d’autres entreprises.

 

La politique commerciale, outil de puissance que les Etats-Unis manient avec soin :

Mais l’intérêt de cette politique commerciale volontariste, c’est avant tout d’en faire un levier de puissance pour les Etats-Unis. Les Etats-Unis s’efforcent d’ailleurs de maintenir un cadre favorable à leur puissance commerciale en interne. Le grand pragmatisme économique de l’Etat américain, qui n’hésite pas à intervenir quand cela est nécessaire soutient cette puissance commerciale. On peut penser ici à la décision de Barack Obama de débloquer des fonds pour secourir General Motors en 2009 et lui éviter la faillite. Ainsi, l’Etat Américain sait préserver un cadre favorable en interne pour que ses entreprises soutiennent sa puissance commerciale.

Cet outil commercial est régulièrement utilisé par les Etats-Unis pour peser dans des négociations bien au-delà du simple domaine commercial. Avec l’Iran par exemple, où les sanctions commerciales servaient à faire pression sur d’autres sujets : terrorisme, nucléaire, coopération internationale… On pouvait aussi évoquer les sanctions sur le Venezuela. Un peu de profondeur historique (Cuba, URSS) était aussi une idée raisonnable. La politique commerciale apparaît donc bien comme un outil de puissance.

En outre, il était très important d’évoquer combien le soft power étasunien s’étend par le biais de sa politique commerciale. Ses firmes ont une grande influence. On pouvait penser à l’ouverture d’un Starbucks dans la cité interdite au début du siècle, ou à Coca, McDonalds, Apple, qui contribuent à alimenter une certaine image de l’Amérique.

 

Toutefois, il faut bien noter qu’il est compliqué d’évoquer une seule politique commerciale :

Ici on pouvait imaginer faire une étude de cas sur la rivalité USA/Chine et combien la politique commerciale est utilisée comme outil de puissance dans ce conflit. On pouvait y opposer la relation relativement cordiale avec le Japon ou le Canada. Cette politique commerciale n’est pas exclusivement utilisée contre des puissances, mais aussi dans le cadre d’alliances ou de rapprochement avec des puissances étrangères pour étendre l’influence étasunienne. On peut penser à l’Amérique du Sud, particulièrement concernée par les velléités d’influence des USA sur son territoire.

Aussi, s’il est compliqué de parler « d’une politique commerciale », c’est parce que les Etats-Unis ont connu un fort revirement lors de la présidence Trump. Les sanctions commerciales et les tarifs douaniers n’ont eu de cesse d’augmenter lors de ce mandat. Par exemple, Donald Trump a fait le choix d’utiliser des droits de douane punitifs de 20 à 50% sur les machines à laver et les pièces détachées importées, marquant le début d’une longue série de mesures qui ont tendu les relations commerciales, en particulier avec la Chine.

A tel point que les relations commerciales se sont crispées avec bon nombre de pays. Laissant un certain nombre d’inquiétudes pour la suite. En effet, l’incertitude établie par Donald Trump a conduit à un climat très anxiogène pour les investisseurs, à tel point que les investissements étrangers ont chuté de 98% entre 2016 et 2019 selon le magazine Challenges. Toutefois, ces bouleversements dans la politique commerciale ont eu le mérite de mettre en valeur la situation des travailleurs américains de secteur secondaire et leur mal-être avec la délocalisation importante qui a commencé pendant la deuxième partie du 20ème siècle. 

 

Les écueils à éviter

Comme dans tous les sujets sur la puissance, il faut en permanence évaluer les rapports de force. 

Le sujet n’était pas limité dans le temps, donc il ne fallait pas hésiter à faire des références historiques, qui de toute façon étaient nécessaires pour bien cadrer le sujet.

 

Nous espérons que cette dernière épreuve de géopolitique pour les ECS s’est bien passé ! Félicitations pour tout le chemin traversé !! 🙂

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Geoffroy Richard