Se remettre d’une déception aux admissibilités Se remettre d’une déception aux admissibilités
Samedi 16 juin, 10h05. Tu te réveilles, le moment tant redouté des admissibilités est enfin passé, mais il ne s’est pas bien passé. Tu... Se remettre d’une déception aux admissibilités

Samedi 16 juin, 10h05. Tu te réveilles, le moment tant redouté des admissibilités est enfin passé, mais il ne s’est pas bien passé. Tu as connu une désillusion, et tu es victime de la dure loi des écrits. Après avoir passé une ou deux journées noires, à ressasser la déception, il est maintenant temps de se ressaisir.

 

Laisse-toi un peu de temps pour souffler…

Tu n’es actuellement absolument pas dans les conditions pour travailler efficacement. Le secret, c’est peut-être de se laisser le week-end pour souffler, pour essayer de retrouver le sourire en te concentrant sur des activités qui te plaisent. Le coup est difficile à encaisser, et tu as sûrement des oraux sur lesquels te concentrer. Ils sont en ligne de mire, et ils ne devront pas être négligés. Essaye donc durant tout le week-end de faire des choses qui te plaisent, de voir des amis extérieurs à la prépa, de ne pas excessivement discuter du sujet et de ne pas t’enfermer dans un cercle vicieux de déprime. N’hésite vraiment pas à sortir, cela ne pourra que bonifier ton travail futur. Tu peux notamment réserver hôtels et trains avec tes potes pour faire le tour de France des oraux, ce qui permet de se projeter par delà la déception.

Parlant des amis, tu le sais, en prépa, tes potes ne sont pas seulement des camarades de classe, mais aussi des partenaires de travail. Pourtant, même si vous avez fait les mêmes efforts, ensemble, dans les tranchées, ils ont pu être admissibles à l’école dont tu rêvais, et pas toi. Cela arrive, et même si c’est dur, ce n’est pas le moment de concevoir de la jalousie à leur égard : n’hésite pas à leur expliquer, calmement mais fermement, que tu ne souhaites pas évoquer le sujet de l’école qui t’a refusé. C’est du déni ? Peut-être, mais surtout une stratégie de survie : inutile de miner tes amitiés si près des échéances importantes que sont les oraux : vous êtes les plus à même de vous entraider !

 

Cet échec est-il vraiment si grave pour la suite?

Si, de plus, tu as raté l’admissibilité à une école, mais tu as réussi à être admissible à une école de niveau équivalent ou supérieur, alors on ne peut que te conseiller d’essayer autant que faire se peut de relativiser l’échec que tu as subi, et de recréer une spirale de confiance en te concentrant sur les réussites de tes concours.

Parfois, de plus, le microcosme prépa nous conduit à mal apprécier la réelle différence de niveau, de diplôme, ou d’opportunités entre différentes écoles. Celles-ci semblent parfois abyssales alors qu’elles sont bien souvent assez minimes pour la plupart des secteurs. C’est seulement une fois arrivés en école qu’on se rend compte de la similarité des écoles, et de la proximité des débouchés professionnels auxquels des écoles de rang similaire aboutissent. L’école ne sera quoi qu’il en soit pas la seule composante de ta carrière professionnelle, et il est souhaitable dans ces moments de ne pas surestimer l’importance que l’école aura sur ta vie, par delà le coup à l’égo que des résultats décevants t’infligent.

Dès lundi, les résultats écrits te donneront les raisons de ta déception, et te permettront d’y voir plus clair, et de débriefer une dernière fois ces résultats décevants.

 

Prépare tes dossiers de khûbe, tout en pensant à la khûbe le moins possible.

Si dès les résultats d’admissibilité, tu penses khûber ; tout en adoptant un esprit conquérant pour réussir tes oraux, on te conseille de préparer assez tôt ton dossier de khûbe si tu souhaites changer d’établissement. Les dossiers de khûbe – dont les modalités diffèrent selon les années et les prépas – sont chronophages et energivores : au programme, lettres de motivations, envoi de bulletins, et parfois entretiens, notamment. Les meilleures prépas sont rapidement assaillies de demandes, et les places sont évidemment limitées. De là, le dossier de khûbe doit être réalisé assez tôt, pour ne pas polluer les révisions et le travail pour les oraux d’une part, et car certaines prépas réclament ces dossiers de khube très tôt d’autre part. La fin de ces dossiers de khûbe doit marquer la fin de la période d’acceptation : il faut maintenant se relever, car tu as certainement des oraux à préparer, et à réussir.

 

Ne néglige pas les oraux…

Certes, les écoles que tu as obtenues ne sont pas à la hauteur de tes espérances. Mais la période des admissibilités, puis celle des admissions, sont des périodes assez bizarres, durant lesquelles notre seuil de tolérance à la khûbe change assez rapidement. Ce n’est pas parce que tu disais durant toute l’année que tu khûberais si tu n’avais pas cette école que tu arriveras dans le même état d’esprit en juillet, émoussé par les résultats, et découragé par l’entrée de tes potes en école. En fait, tu ne sais pas encore ce dont tu auras envie le jour où tu rentreras tes vœux dans SIGEM, et trop nombreux sont les étudiants qui négligent les oraux après des résultats d’admissibilité décevants, et qui le regrettent amèrement lorsque, conscients de ne pas avoir donné le meilleur d’eux-mêmes, ils n’ont même pas de solution de repli.

C’est pour cela que les oraux que tu as doivent être gérés de la meilleure des manières. Non seulement parce qu’ils te préparent aux potentiels oraux de l’an prochain et te font connaître l’atmosphère si particulière des oraux de concours, mais aussi parce qu’ils peuvent te permettre d’accéder à une solution de secours qui sera peut-être bienvenue fin juillet, lorsque tu entreras tes vœux d’école dans SIGEM, et lorsque tu n’auras peut-être plus du tout la foi de khûber.

Tu dois aller aux oraux que tu as réussi à avoir en gagnant, et en conquérant. Tu peux même regarder le verre à moitié plein : en effet, une école de perdue à l’admissibilité, c’est peut-être dix écoles de retrouvées aux admissions : le temps et l’énergie laissés par l’absence d’oraux dans une école peuvent te permettre de travailler plus à fond les oraux des écoles auxquelles tu es admissible, augmentant ainsi d’autant tes chances d’y être admis. Cette remarque est particulièrement vraie pour HEC, l’ESSEC, l’ESCP ou l’ENSAE : autant d’écoles dont la non-admissibilité conduit à l’abandon de certaines matières, et à un temps accru pour travailler les oraux d’autres écoles.

Bon courage, et pour cette période compliquée, force et honneur à tous.

Clément Chaffard