ESH Ecricome 2020 – Analyse du sujet 1 ESH Ecricome 2020 – Analyse du sujet 1
Découvre dans cet article l’analyse du sujet 1 d’ESH Ecricome 2020. Tu peux par ailleurs retrouver les sujets d’ESH Ecricome en cliquant ici.  ... ESH Ecricome 2020 – Analyse du sujet 1

Découvre dans cet article l’analyse du sujet 1 d’ESH Ecricome 2020. Tu peux par ailleurs retrouver les sujets d’ESH Ecricome en cliquant ici.

 

Les politiques économiques peuvent-elles éviter les crises économiques ?

Analyse du sujet 1 d’ESH Ecricome 2020 et de ses difficultés

Ce sujet très classique fait appel à deux grands thèmes du programme d’ESH : les politiques économiques et les crises. Le risque n’était pas de n’avoir rien à dire mais de basculer dans la récitation de connaissances. Le sujet 2 était plus simple car plus ciblé, il ne traitait que du commerce international. La majorité des candidats devraient donc l’avoir choisi. Le sujet 1 était plus challengeant et une bonne copie sur ce sujet sera donc très valorisée. Il présente néanmoins deux grandes difficultés.

Premièrement, il est très large puisque le terme « politiques économiques » est volontairement vague. Il désigne à la fois les politiques des Etats (politiques budgétaires, fiscales, industrielles, de l’emploi), d’institutions supranationales telles que l’Union Européenne (politiques commerciales, de la concurrence, règlementations) et des Banques Centrales (politique monétaire). Il faut donc trier dans ses connaissances pour utiliser les exemples de politiques les plus pertinentes !

Deuxièmement, le terme « éviter » était à bien analyser. On pouvait le comprendre dans deux sens différents. Il veut tout d’abord signifier « prévenir » et fait alors référence au possible pouvoir des politiques économiques à anticiper les crises économiques. Prendre le terme « éviter » dans ce sens permet de se concentrer sur les politiques économiques structurelles (fiscale, industrielle, concurrence) qui sont mises en place pour créer un contexte de croissance sur le long terme.

Cependant, le terme « éviter » prend également le sens de « limiter ». Eviter une crise économique c’est non seulement l’anticiper, mais c’est aussi éviter sa propagation une fois qu’elle a surgi. Avec cette signification du verbe éviter, tu peux évoquer alors toutes les politiques conjoncturelles (budgétaire, monétaire, commerciale, de l’emploi, …)

 

Eléments de réponses

Introduction

Tout d’abord, même si le sujet d’ESH Ecricome 2020 a été choisi en janvier avant la crise du coronavirus, il était tout à fait pertinent d’utiliser la situation actuelle en accroche. La crise économique actuelle est due à une pandémie qui est, par définition, complètement exogène à l’économie. À première vue, les politiques économiques ne sont donc pas capables d’éviter (au sens d’anticiper) les crises, elles ne peuvent que réagir à celle-ci. Cette entrée en matière permet ainsi d’établir une première distinction fondamentale entre les crises endogènes et exogènes.

Tu peux d’ailleurs retrouver plus d’informations sur les politiques économiques à l’heure du coronavirus dans cet article ! Il y a 100% de chance que tu puisses t’en servir pour un des sujets d’ESH de la BCE.

Tu pouvais également utiliser des exemples historiques comme les crises de 1929, 1973 ou 2009 pour montrer que, au premier abord, les politiques économiques sont relativement inefficaces pour prévenir des crises. En revanche, elles peuvent parfois en limiter l’ampleur, à l’image des politiques de relance et de rachats de titres après la crise financière de 2009.

Après avoir fait un travail de définition sur les trois termes clés (politiques économiques, éviter et crises économiques), la problématique vient naturellement. Il suffit de reformuler l’intitulé du sujet.

 

Corps du devoir

L’impossibilité d’éviter complètement les crises mais le pouvoir de les limiter

Le but est de montrer qu’au vu de la récurrence des crises depuis le début de la révolution industrielle, les politiques économiques ne peuvent pas totalement éviter les crises économiques. Elles peuvent toutefois en limiter leur fréquence et leur ampleur si elles sont adéquates. Tu pouvais ici longuement évoquer les politiques de relance budgétaire des Etats après la crise de 2009 mais également le New Deal de Roosevelt.

Il fallait aussi parler à un moment de la théorie keynésienne (multiplicateur, efficacité des politiques budgétaires de relance …). Il est aussi valorisant de joindre à cette analyse un graphique d’ISLMBP. Ce graphique pouvait montrer l’efficacité d’une politique budgétaire ou monétaire dans un contexte donné. Ou montrer au contraire que certaines politiques économiques sont totalement inefficaces dans un certain contexte. C’est par exemple le cas de la politique budgétaire en parfaite mobilité des capitaux et en change flottant.

C’était enfin l’occasion de parler de l’effort de réglementation des Etats et de l’UE des marchés financiers après la crise de 2009. Ces politiques structurelles de réglementation ont été adoptées pour éviter qu’un nouveau krach financier surgisse. Tu pouvais évidemment questionner leur efficacité concrète.

Pour illustrer tes propos, il fallait évidemment inclure une dimension historique. Il était nécessaire de citer  les grandes crises économiques de 1873, 1929 1973 ou 2009? Il était également possible de se démarquer en citant des crises plus « originales » : la crise des dettes souveraines en Amérique Latine dans les années 1980, la crise asiatique de 1997, les krachs financiers de l’année 2000, etc.

Les politiques conjoncturelles de sorties de crise sont contreproductives et néfastes

Il était aussi d’intéressant d’évoquer la pensée des néoclassiques qui expliquent que les politiques économiques ne peuvent non seulement pas éviter les crises économiques, mais qu’elles ne doivent pas le faire. La crise est un phénomène naturel qui permet de purger l’économie et de la remettre sur le chemin de la croissance. Des politiques de sorties de crise ne font que repousser la reprise de la croissance. Eles peuvent même créer les conditions d’une nouvelle crise. Seules des politiques qui permettent aux marchés de mieux fonctionner sont légitimes : politique de la concurrence, politique fiscale adaptée, politique commerciale libérale … Tu pouvais citer à ce titre Jean-Baptiste Say, Friedman ou Hayek. Schumpeter et sa théorie de la destruction créatrice était également pertinente ici. 

Enfin, c’est normal si ton devoir n’a pas questionné l’efficacité de l’ensemble des politiques économiques. Il fallait juste bien montrer que tu n’en oubliais aucune !

 

Si tu veux retrouver une fiche qui te récapitule la pensée de 10 économistes que tu peux toujours citer dans tes copies, clique ici !

Retrouve aussi la rubrique Inside concours pour tout savoir de l’actu du concours Ecricome !

 

 

Juliette de Cordovez

Etudiante à HEC Paris