Rapport de jury – Anglais LV1 ELVI 2019 Rapport de jury – Anglais LV1 ELVI 2019
Tu peux trouver le sujet ici : LV1 Anglais ELVi 2019 – Sujet Et l’analyse là : LV1 Anglais ELVi 2019 – Analyse du sujet  ... Rapport de jury – Anglais LV1 ELVI 2019

Tu peux trouver le sujet ici : LV1 Anglais ELVi 2019 – Sujet

Et l’analyse là : LV1 Anglais ELVi 2019 – Analyse du sujet

 

Les statistiques

8 358 candidats, 10,21 de moyenne (3,50 d’écart-type).

 

Le rapport

Sujet 

Les candidats traitent 4 exercices : 1 thème (traduction de 200 mots de français en anglais), 1 version (traduction de 250 mots d’anglais en français) et 2 rédactions de 250 mots chacun, dont un résumé et un essai d’opinion, suite à la lecture d’un article de la presse anglo-saxonne de 850 mots. Le nombre de mots dans chaque item peut varier de +/- 10%.

 

Sujet 2019

Les deux traductions sont des extraits d’œuvres de fiction littéraires :

Le thème, extrait du roman d’Amélie Nothomb, « Frappe-toi le cœur », publié en 2017, décrit la noce d’un jeune couple et les états d’âme de la mariée. Le texte est principalement descriptif, avec une soixantaine de mots prononcés par deux personnages. Il comporte des éléments de lexique basiques ainsi que des items plus complexes, une variété de constructions grammaticales, des défis syntactiques et des expressions « orales » courantes. Le registre du langage est plutôt formel.

La version provient d’un conte gothique « The Silent Companions » de Laura Purcell, écrivain britannique de romans historiques, publié en 2017. L’ouvrage a gagné quelques prix populaires au Royaume-Uni mais n’est pas encore édité en français. Ecrit du point de vue du personnage principal, une femme patiente dans un hôpital psychiatrique qui rencontre un nouveau médecin, le texte est composé d’environ un tiers chacun de description, de monologue intérieur et de dialogue. Les principaux défis résident dans quelques éléments de lexique peu courants qui demandent une lecture attentive et une compréhension claire du contexte.

L’expression écrite s’appuie sur la lecture de l’article intitulé « With food deserts everywhere, it’s no wonder so many Brits are obese » publié dans The Guardian le 12 octobre 2018.

Suite à leur lecture, les candidats composent deux rédactions :

1) Identifier les principaux responsables de la situation qui entraine l’augmentation du nombre de britanniques en surpoids, selon l’auteur,

2) Donner leur opinion – avec, en appui, des exemples tirés de l’actualité ou de l’histoire des pays anglophones – sur la question de l’inégalité économique entre les plus et les moins favorisés : l’écart s’est-il creusé pendant les dernières décennies ?

Pour les deux rédactions, la consigne est donnée de composer dans ses propres mots sans citer l’article directement.

 

Barème, attentes du jury

Les deux traductions réunies représentent 40% de la note et les deux rédactions 60%.

Des traductions ‘modèles’ avec de nombreuses variantes acceptables et des notes de correction détaillées pour les rédactions sont fournies. Aussi, les examinateurs travaillent avec des profils correspondant aux fourchettes de notes applicables à chaque item ou soussection et à l’ensemble de la copie.

Les traductions sont divisées en 4 sections de difficulté à peu près équivalente. Chaque section est notée séparément selon des critères adaptés à l’exercice du thème ou de la version: la justesse grammaticale, la richesse du vocabulaire, le style, le registre ou ton, la syntaxe, l’orthographe, la compréhension du texte original, l’utilisation d’expressions idiomatiques.

Les meilleures copies tiennent compte du style de l’original et se lisent de manière fluide et cohérente, sans faute grave ni contresens. Le candidat peut faire preuve de créativité dans son choix d’expressions et de lexique ainsi que dans l’ordre des mots.

Thème: les correcteurs recherchent le respect des règles de grammaire et de syntaxe de base, la connaissance du vocabulaire et des expressions courantes et, pour les parties complexes, des tentatives intelligentes de solutions à travers la compréhension du contexte et l’appréciation de la nature du texte.

Version: les correcteurs s’attendent à ce que les candidats démontrent leur compréhension du texte en anglais en fournissant une traduction cohérente et sensée, et par ailleurs ils espèrent trouver une maîtrise de la langue française digne de candidats du niveau Bac+2.

Expression écrite: Les rédactions sont notées en fonction de la justesse de la langue (grammaire, champ lexical), la structure de la composition (mots de liaison, cohérence des arguments), la compréhension de l’article d’origine (aspects de l’article reformulés en adéquation avec les consignes données) et la pertinence du contenu (qualité de l’argumentation, validité des références culturelles). La qualité linguistique est néanmoins le facteur de réussite déterminant ; une rédaction présentant des défauts linguistiques trop nombreux n’obtiendra pas la moyenne quelle que soit la qualité du contenu. A l’inverse, un essai bien rédigé mais sans références adéquates et sans originalité obtiendra au moins 10/20.

Le candidat ne doit pas confondre le but des deux rédactions. Pour la question 1, les correcteurs attendent une reformulation des arguments de l’auteur dans un lexique riche, sans commentaire personnel, ainsi que suffisamment d’éléments de structure pour démontrer une compréhension claire du texte étudié. Pour la question 2, le candidat doit élargir le champ du débat pour tenir compte du contexte général, sans reformulation du contenu spécifique de l’article, en illustrant ses propos avec des exemples pertinents et concrets. Les deux rédactions doivent fournir des réponses précises à la question posée afin d’éviter le hors-sujet.

 

Remarques de correction, commentaires synthétiques

Traductions

Thème:

Une épreuve qui s’est avérée difficile pour un grand nombre de candidats tant sur le plan du vocabulaire que de la grammaire.

La première moitié du texte, ainsi que la réplique à la fin étaient les parties les plus réussies. Dans les meilleures copies les verbes sont bien conjugués. Les candidats ont créé des périphrases et fait preuve d’inventivité et d’une bonne exploitation de leur connaissance de la langue. Là où le vocabulaire manquait de précision, la syntaxe et la grammaire globalement justes ont permis de surmonter les difficultés pour arriver aux choix de traduction judicieux.

Beaucoup de copies ‘moyennes’ démontrent des réflexes de reformulation qui ‘sauvent les meubles’, mais peu ou pas de recherche des traductions idiomatiques, de menus oublis répétés (par exemple, les adverbes intensificateurs : cela se vît tant ; des épousailles si vite préparées…), des erreurs mineures faciles à éviter (orthographe de dinner ou wedding ; l’emploi des prépositions : are invited to ; fall in love with…).

Sur de nombreuses copies les correcteurs déplorent la méconnaissance de l’emploi des temps, des conjugaisons et des verbes irréguliers (confusion fell/felt* ou méconnaissance : falled*), des lacunes lexicales, des pluriels fantaisistes (whiches*, theses*, closests*) et des calques du français. Trop de candidats ont essayé de résoudre les insuffisances lexicales par des remaniements syntactiques périlleux.

Version:

La version était globalement mieux traitée malgré de nombreux éléments de vocabulaire peu courants et moins connus. Un grand nombre de candidats ont su retrouver le sens de certains de ces termes grâce à une lecture attentive du contexte et une bonne qualité de compréhension écrite.

Quelques phrases ont posé des problèmes à une majorité des candidats, notamment she could only just recall (elle se souvenait à peine), compris soit comme « only » (Elle ne pouvait que/ Elle pouvait seulement s’en souvenir), soit comme une négation (Elle ne pouvait pas se souvenir).

En dehors de difficultés de vocabulaire ponctuelles, le principal élément problématique est la « sur-interprétation » du texte, dont la traduction n’avait parfois plus grand-chose à voir avec le sens d’origine, dénotant un manque de rigueur dans l’analyse linguistique et la décomposition des éléments de la phrase. Certains candidats traduisent de manière littérale sans chercher à construire du sens, donnant lieu aux absurdités telles que : il venait de plus loin à l’intérieur d’elle ; les murs lavés au citron vert ou lavés au peigne fin ; une aide-soignante moyenâgeuse ou encore à la moitié de sa vie (pour « middle-aged »).

On notera également de réelles faiblesses en français, aussi bien en conjugaison qu’en orthographe (prit*/pris ; prena*, vena* ; il vut* ; ils venirent* ; elle voulu* ; je vous l’avez bien dis* ; le choque* ; gentillement …)

 

Expression Ecrite

Question 1 :

Dans l’ensemble l’article était compris, au moins dans ses grandes lignes, et les candidats ont répondu à la question posée : des éléments attendus sont bien identifiés et apparaissent dans un grand nombre de copies. Les arguments développés par le journaliste (notamment que le problème de l’obésité ne peut être attribuée aux malheureuses ‘victimes’) sont reformulés, organisés et structurés de manière concise et fluide. L’introduction, la conclusion et les mots de liaison sont corrects ; rares sont ceux qui reprennent des parties du texte dans leur intégralité. Le nombre de mots est bien respecté.

La formulation de la question a posé des difficultés de compréhension à certains candidats qui ont confondu le sens du verbe lie dans ‘where do the main responsibilities lie ?’ (ou réside la responsabilité ?) avec l’autre verbe to lie (mentir ; le mensonge).

D’autres confondent responsibilities avec reasons / causes / factors et s’étendent donc peu utilement sur la première partie de l’article où le contexte est posé. Les éléments saillants se trouvent dans la seconde moitié du texte ; les candidats qui ont, par prudence, intégré l’ensemble du texte dans leur réponse, ou qui n’ont pas reconnu la problématique centrale de la question, n’avaient plus assez de place pour développer les arguments les plus pertinents.

Bien que les correcteurs aient relevé les difficultés habituelles dans l’emploi des structures de la langue courante (grammaire et orthographe approximatives, contresens…) les faiblesses concernaient plutôt la forme : certaines synthèses ressemblaient à des résumés descriptifs avec des structures énumératives sans agencement thématique apparent ou des catalogues d’expressions apprises par cœur et alignées bout à bout (« listes de courses »).

Question 2 :

Les meilleures réponses font preuve de connaissances du monde et de la culture anglo-saxons, ainsi que de l’actualité et des travaux contemporains sur l’inégalité observée dans ces sociétés. Des avis variés et souvent bien documentés étaient fournis, 11 avec des références précises (Oxfam, Occupy Wall Street, Thomas Piketty, Joseph Stiglitz, the Gini coefficient, Ken Loach, austerity policies, Grenfell Tower, hurricane Katrina, ghettoization and gated communities, tax-cutting measures…). De nombreux candidats ont disserté non seulement sur les inégalités économiques, mais aussi sur l’inégalité d’accès à l’éducation, le logement, la culture ou le tourisme. Dans ces copies l’anglais était dans l’ensemble de bonne qualité, bien que pas forcément très complexe sur le plan des structures employées.

Comme pour la première rédaction, la question en elle-même a mené des candidats dans l’erreur suite à une mauvaise compréhension de celle-ci ou une inattention aux contraintes imposées. Le mot-clé « exacerbated » est pourtant transparent, mais de nombreuses copies comportaient des contre-sens. La contrainte chronologique « in the last generation » et la précision civilisationnelle « from the English-speaking world » n’étaient pas systématiquement respectées.

D’autres copies étaient hors-propos, citant la parité, les droits des homosexuels, l’accès à l’avortement, voire la facilité d’acquisition des appareils électroniques (confusion entre « haves/have-nots » et « must-haves » ?) Enfin, plusieurs candidats ont repris les arguments de l’article, ou ont parlé exclusivement de santé publique et de régime alimentaire.

Les fautes de langue sont plus nombreuses dans la deuxième rédaction ; on constate des erreurs basiques (accord sujet-verbe, erreurs de conjugaison au présent simple, adjectifs au pluriel, orthographe) même dans des copies relativement bonnes, ainsi que la tendance à insérer un nombre immodéré d’expressions idiomatiques – souvent à moitié correctes – qui mettent en relief l’insuffisance du langage employé dans le reste de la composition.

 

Conseils aux futurs candidats

Les traductions :

  • Réviser les temps et les structures basiques en anglais et en français avant l’épreuve – les formes verbales, les verbes avec préposition, la syntaxe sont plus utiles à apprendre que des listes de vocabulaire.
  • Ne pas calquer le temps des verbes d’une langue à l’autre : les concordances ne sont pas identiques.
  • Ne pas traduire mot par mot ou de manière littérale sans chercher à construire du sens. Lire les textes en entier afin de saisir le sens et le registre avant de commencer à composer.
  • Respecter le style autant que le sens du contenu. Apporter quelques « fioritures », tout en respectant le registre de l’original.
  • Oser prendre des risques (calculés !) en changeant l’ordre des mots, en se permettant d’utiliser des expressions et des tournures de phrase idiomatiques ou poétiques. Si le sens de l’original n’est pas altéré, la stratégie est souvent payante.
  • Relire la production finale avec le texte de départ pour s’assurer de n’avoir pas omis des parties de phrase.
  • Oublier toute stratégie visant à penser que les correcteurs ne verront pas qu’un mot difficile a été intentionnellement oublié – revoir plutôt des stratégies de contournement des difficultés lexicales.

L’expression écrite :

  • Pour la question 1, l’erreur la plus grave qu’un candidat puisse commettre est de faire un copier-coller. Toujours s’assurer de reformuler les arguments de l’auteur dans ses propres mots en utilisant un lexique varié et en évitant d’être vague (people, things…), et aussi en évitant les mots de liaison répétitifs et les expressions toutes faites.
  • Il est très important de ne pas apporter de jugement ou d’ajouter des arguments à l’article ; ne pas faire référence à des points de vue qui ne figurent pas dans le texte.
  • Pour la question 2, les correcteurs recherchent un énoncé clair, une argumentation structurée, un lexique riche et de la précision affichant un point de vue critique, une contreargumentation, et une opinion personnelle clairement formulée sur le sujet, ainsi que des références concrètes et des exemples provenant du monde anglophone.
  • Il est très important de ne pas répéter les exemples provenant de l’auteur de l’article ; il faut inclure ses propres opinions et les défendre vigoureusement en donnant des exemples pertinents provenant de l’actualité du monde anglo-saxon. Ne pas se limiter à des exemples d’actualité: inclure de la littérature, du cinéma, de la musique, etc… afin d’élargir la vision.
  • Penser à la forme et l’organisation du contenu de sorte que le correcteur n’ait pas la tâche de retrouver les différents paragraphes.
  • Eviter les phrases trop complexes si la syntaxe est mal maîtrisée.
  • Mettre bout à bout des formules apprises par cœur ne constitue pas un commentaire.
  • Se relire pour éliminer les incorrections commises par inadvertance et les illogismes (‘What is the point of having a house if there is not a good planet to put on it?’; ‘people are suffering from hunger and thrust’).
  • Lire régulièrement la presse et les auteurs spécialisés dans le monde anglo-saxon.

 

Dimitri Des Cognets

Rédacteur en chef de Major-Prépa