Synthèse de textes ESCP 2020 – Analyse du sujet Synthèse de textes ESCP 2020 – Analyse du sujet
Retrouve ici l’analyse du sujet de synthèse de textes ESCP 2020 ! La synthèse de textes est une épreuve très spécifique : trois textes... Synthèse de textes ESCP 2020 – Analyse du sujet

Retrouve ici l’analyse du sujet de synthèse de textes ESCP 2020 ! La synthèse de textes est une épreuve très spécifique : trois textes à confronter dans une synthèse de 300 mots. L’exercice est assez difficile, car il demande de bien restituer les idées importantes tout en restant très concis. On analyse ici le sujet de cette année !

Tu peux retrouver le sujet de la synthèse de textes ESCP 2020 ici ! 

La synthèse était cette année plus que difficile. Les textes n’avaient au premier abord peu de rapport entre eux : le premier portait sur l’appropriation par l’homme de son environnement, le second sur la volonté de toute puissance comme vecteur des sociétés modernes et le dernier sur le transhumanisme. Une telle difficulté est assez discriminante car elle entraînera beaucoup de hors sujet et les notes s’en ressentiront. A l’inverse, si tu as réussi à cerner le thème principal et si tes parties sont logiques, tu pourras avoir une très bonne note. Il n’était pas nécessaire au vu de la difficulté des textes de retranscrire parfaitement toutes les idées pertinentes.

 

Texte 1 : Michel Serres, Le Mal propre, polluer pour s’approprier ?

Le premier texte était un texte plutôt actuel sur les dangers de la société de consommation. Michel Serres développait via la métaphore filée des déjections humaines pour insister sur l’aspect néfaste de la production du consumérisme. Trois idées principales se dégageaient dans le texte.

Premièrement, l’auteur différencie deux manières de polluer : la manière forte et la manière douce. La manière forte est celle, explicite, d’utiliser les déchets pour s’approprier un espace. En effet, personne ne va réclamer un endroit sale ou une rivière polluée. La manière douce est plus étonnante. C’est la façon dont les publicités envahissent l’espace, en se l’appropriant également. Cette manière de s’approprier l’environnement direct est plutôt fourbe : la victime ne sait pas que son milieu n’est plus le sien à cause des affiches publicitaires et des spots audios ou vidéo.

Deuxièmement, Michel Serres développe sa théorie des couches. Selon lui, cette frontière de la propriété a trois épaisseurs. L’épaisseur interne protège le for intérieur de chacun, la couche externe empêche les menaces, et la couche intermédiaire fait le lien. L’auteur reprend l’opposition du début du texte et l’applique à sa thèse, en théorisant le terme d’ « ultrastructure ». L’excrément fait ainsi partie de ces ultrastructures. Les déchets organiques sont dans la couche externe.

Enfin, le texte dénonce une évolution dangereuse de la société de consommation : plus on consomme, plus l’on fait de déchets et plus il y a de publicités, donc plus on pollue l’espace.

 

Texte 2 : Christian Godin, La haine de la nature, 2012

La second texte, écrit par Christian Godin, portait sur les causes de l’actuel rapport de l’homme à son environnement. Le texte se concentrait sur l’aspect religieux et les changements de vision actuels, et cela explique les raisons pour lesquelles la société moderne de consommation est en place aujourd’hui. De même, on peut tirer trois idées principales du texte.

L’auteur part d’abord d’un constat : la littérature et les arts aujourd’hui ne louent plus la nature mais se contentent de décrire différents environnements. L’art ne nous permet plus d’admirer le naturel, ce qui n’est pas fait par l’homme. Cela s’explique par le passage de l’admiration à l’activisme selon Godin. L’admiration est fondée sur le respect de l’aspect supérieur d’une chose, alors que l’activisme s’oppose à toute contemplation.

Un tel changement dans la société moderne s’explique par la fin de la croyance en Dieu, qui permet alors de croire en la toute puissance de l’homme. Godin utilise de nombreuses références pour expliquer que la religion est le fait de croire en une puissance supérieure à l’homme. Grâce à cette croyance, on peut admirer ce que Dieu est et ce qu’il a fait – en un mot, on peut admirer sa toute-puissance. Mais la fin de la croyance en Dieux entraine la redistribution de cette toute-puissance à l’homme. La volonté de l’homme dépasse la croyance en Dieu, ce qui le rend capable de tout. Il n’a alors plus d’admiration pour son environnement.

Enfin, l’auteur montre que la fin de la société fondée sur les valeurs de religion explique l’émergence de la société moderne, qui repose elle sur une volonté de domination infinie. Le texte prouve enfin que cette nouvelle société moderne est plus ou moins universelle. Il fait le rapprochement entre le système capitaliste et communiste, que tout semble opposer, pour montrer que les deux modèles ont le même moteur.

 

Texte 3 : Francis Wolff, Trois utopies contemporaines, 2017

Francis Wolff, dans le dernier texte, expose les grands principes de la philosophie transhumaniste. On retrouve ici aussi trois idées principales, qui montrent une certaine évolution dans la théorie du transhumanisme.

Tout d’abord, l’auteur expose le but ultime du transhumanisme : créer l’homme immortel. Il est clair que le corps humain ne peut pas vivre éternellement. Le transhumanisme vise à séparer la conscience humaine du corps pour atteindre une vie éternelle sur terre, grâce à la biologie et à l’innovation technologique.

Francis Wolff liste ensuite les 5 piliers de la philosophie transhumaniste. D’abord, le mouvement de pensée hérite de la contre-culture libertaire des années 1970. Ensuite, c’est un milieu athée où penser l’homme immortel sur terre est possible. De plus, la biologie est au centre de cette pensée et l’idéal transhumaniste repose sur un monisme matérialiste. Enfin, le transhumanisme suppose une triple réduction conceptuelle. Le texte développe cette théorie : ce qui est considéré comme proprement humain dans l’opinion commune devient une caractéristique typique de l’animal dans la pensée transhumaniste. L’animalité peut alors s’expliquer par le biotique, qui lui-même est mécanique. On peut donc réduire la conscience à un aspect mécanique pour la conserver. D’une façon miroir, on peut aussi développer la technologie pour simuler l’humain grâce notamment à l’intelligence artificielle.

Enfin, Francis Wolff montre les limites de la thèse du transhumanisme, la principale étant la critique du monisme matérialiste. Le transhumanisme suppose que l’on peut séparer la conscience du corps, mais ce qui fait l’humain c’est justement l’impossibilité d’une telle séparation : je suis moi parce que j’ai un corps. On le voit notamment dans la façon dont on ressent la douleur.

 

Le thème et les idées importantes

Après avoir lu les trois textes, on comprend que ce qui les rapproche est la volonté de l’homme d’acquérir toujours plus de pouvoir : sur son environnement, sur la société en elle-même, ou même sur son corps et sa mort.

Regrouper les idées entre elles et trouver des liens était très compliqué : le premier texte se concentre sur la façon dont l’homme s’approprie son milieu et sur ses conséquences, le deuxième sur les causes de la volonté de toute puissance humaine et le troisième est purement une description du concept transhumaniste.

Mais on pouvait tout de même essayer de faire quelques liens. Ainsi, on pouvait regrouper dans une même partie toutes les critiques (la dernière idée de Michel Serres, la critique de l’art actuel de Christian Godin et les limites du transhumanisme de Francis Wolff). Les cinq piliers du transhumanisme pouvaient également se rapprocher avec la théorie des couches dans le texte 1. Par élimination, on peut enfin regrouper les dernières idées ensemble (ce n’est pas une manière idéale de procéder, mais cela peut aider face à des textes avec peu de rapport…).

 

Une proposition de structure de la synthèse

Une fois les idées regroupées, on peut penser à des questions qui les englobent. On te propose ici une façon de construire la synthèse, non rédigée. Il y avait bien sûr de nombreux plans possibles, tous différents, et d’autres moyens de lier les idées entre elles ! Tu peux avoir une très bonne note en ayant fait quelque chose de très différent.

Comment la situation contemporaine permet-elle à l’homme d’acquérir plus de pouvoir ?

Dans quels domaines l’homme exprime-il sa volonté de toute puissance ?

Texte 1 : sur l’environnement, avec la manière forte et la manière douce de s’approprier l’espace.

Texte 2 : sur la société moderne en elle-même

Texte 3 : sur soi-même pour vaincre la mort.

Quelle théorie peut expliquer une telle action ?

Texte 1 : la théorie des trois couches

Texte 2 : l’explication de la fin de la croyance en Dieu qui amène l’homme à se sentir tout puissant

Texte 3 : les cinq piliers du transhumanisme

Quels sont les défauts majeurs qu’apporte cette volonté de toute puissance ?

Texte 1 : la pollution qui augmente chaque jour.

Texte 2 : critique de l’art qui empêche de retrouver une admiration

Texte 3 : pas tant un défaut mais une limite au transhumanisme : l’importance du corps

 

La rédaction

Il fallait bien sûr soigner la rédaction. Cela supposait de montrer les liens entre les différentes idées des auteurs et de respecter le nombre de mots. Attention aussi à bien soigner la formulation des questions, qui sont très importantes dans la synthèse de textes ESCP !

Bon courage pour la suite, c’est bientôt fini !

Retrouve toute l’actualité du concours BCE dans notre rubrique Inside Concours ! 

Lisa Schneider