Travailler l’économie soi-même : les meilleures ressources pour apprendre tout seul Travailler l’économie soi-même : les meilleures ressources pour apprendre tout seul
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles vous pourriez vouloir vous émanciper du cours de votre professeur. Peut-être pensez-vous que votre professeur est mauvais,... Travailler l’économie soi-même : les meilleures ressources pour apprendre tout seul

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles vous pourriez vouloir vous émanciper du cours de votre professeur. Peut-être pensez-vous que votre professeur est mauvais, qu’il n’est pas assez ambitieux par rapport à vos objectifs. Peut-être que ses méthodes ne marchent pas sur vous. Ou, plus simplement, il se peut que vous vouliez simplement compléter son cours. Cet article passe en revue les différentes manières dont vous pouvez forger votre propre cours, que votre objectif soit simplement d’intégrer quelques suppléments, ou que vous vouliez carrément faire votre propre cours tout seul.

 

La méthode

D’abord, attention. Il est très facile de critiquer les cours de son professeur, mais bien souvent, il se peut juste que vous ne vous impliquiez pas assez dedans pour en tirer pleinement parti, ou que vous soyez obnubilé par votre a priori. Donc prenez garde à ne pas céder à des conclusions hâtives : posez-vous de nouveau devant le cours, et voyez s’il est si mauvais que ça, objectivement. Il manque une ou deux références par rapport à tel manuel ? Evidemment, votre professeur ne peut pas tout traiter, le programme est extrêmement long et il faut faire des choix, d’autant plus qu’une montagne de références ne rendra pas forcément votre copie meilleure, surtout si vous ne savez pas les creuser.

Vous êtes quand même décidé ? Bien. Première chose, il vous faut un programme de référence pour être sûr que vous n’allez pas passer à côté de quelque chose. Le programme officiel est disponible ici et vous permet de consulter les différents modules, ainsi que le contenu qui doit y être abordé (la microéconomie commence à la page 28, et l’ESH page 34).

Hors-de-question d’apprendre chaque chapitre au fil de l’année dans tel ou tel manuel juste en le surlignant, sans centraliser les informations quelque part. Il y a trois raisons qui motivent cela :

  • Si vous vous éparpillez dans différents manuels, il y a 100% de chance que vous reteniez moins d’informations, car vous serez noyés dans des tonnes de chiffres, d’auteurs, de théories et de faits qui servent tous à décrire la même chose mais de manière différente.
  • Quand vous devrez réviser à la fin de l’année, vous ne pourrez pas apprendre avec dix manuels sous la main.
  • Refaire le cours (même si vous ne faites que recopier presque machinalement un manuel) vous fera apprendre le chapitre en même temps, et vous permettra d’enlever des informations qui ne vous intéressent pas ou qui sortent du programme ; vous pourrez également mettre à jour des informations datées avec des chiffres récents.

Ainsi, vous allez bel et bien devoir avoir un cours, qui sera votre unique source d’apprentissage lorsque vous devrez tout réviser à la fin de l’année. Ca prend plus de temps au départ, mais ça vous fera gagner en efficacité.

Pour construire ce cours, il nous faudra donc partir d’une base, c’est-à-dire une ressource qui ressemble de près ou de loin à un cours “complet”, que l’on complètera ensuite pour pallier aux insuffisances : actualité, références plus poussées, etc.

Cela nous amène directement aux ressources que vous allez pouvoir utiliser.

 

Les ressources

Les bases

Comme nous disions, donc il va vous falloir une base pour votre cours : une structure sur laquelle vous rajouterez ensuite les détails qui vous permettront d’aller plus loin. Si vous n’êtes pas entièrement en guerre contre votre prof, ce peut simplement être son cours, que vous améliorerez là où vous pensez qu’il manque des choses. Dans le cas contraire, voici ce qui vous permettra de construire cette base :

  • Le Bréal

C’est, pour ainsi dire, réellement la base. Il y a tout le programme d’ESH des deux années (moins les modèles de micro/macro, qu’il faudra aller chercher autre part malheureusement), développé de manière très détaillé, avec des références très intéressantes et beaucoup de chiffres. Aucun des chapitres traités n’est à plaindre, que ce soit en termes de faits ou de théories, et le manuel peut réellement suffire pour aborder les concours sereinement. Si vous connaissez tout le Bréal, c’est bon pour vous. S’il faut trouver un défaut, il est vrai que les chiffres sont parfois un peu datés, même lorsque l’ouvrage a été réédité pour l’année de votre concours : par exemple, l’édition 2016/2017 contenait beaucoup de chiffres cruciaux pour la période récente, mais pour l’année 2012, ce qui est légèrement (pas non plus très) embêtant lorsque l’on passe son concours en 2017 ou plus tard.

  • Le Dunod

A l’inverse du Bréal, celui-ci contient la micro et la macro. L’ouvrage est un peu plus succint, sauf pour certaines parties, ce qui peut aussi être un avantage si l’on veut réviser rapidement. Il peut être une alternative intéressante, ou compléter le Bréal si l’on veut avoir la micro/macro sous la main (elles sont, elles, très bien présentées et de manière assez exhaustive)

  • L’essentiel de l’histoire économique

Cet ouvrage est intéressant car il sort du découpage classique du programme (qui n’est autre que celui du programme officiel). L’auteur aborde le cours en notions, permettant certains regroupements judicieux, et se donne comme objectif d’être le plus efficace possible en allant à l’essentiel pour contraster avec les “polys de 80 pages” de certains professeurs. Les auteurs sont suffisamment nombreux et les références précises (ouvrage, date), permettant de produire l’effet “name dropping” (dont il ne faut pas abuser pour autant). Les étudiants qui l’ont utilisé en sont généralement très contents, comme en attestent les commentaires Amazon qui lui donnent presque tous 5 étoiles. Si le livre est très bon, on peut néanmoins déplorer l’absence de certains points de cours particuliers – ce qui est excusable par l’effort de synthèse – mais qui pousse tout de même à préconiser, si l’on veut l’utiliser, le recours à des sources alternatives qui le complèteront.

 

Evidemment, il existe d’autres manuels, mais on ne peut tout présenter. Ceux-ci semblent les plus susceptibles d’offrir une base proche de ce qui est attendu aux concours.

Les suppléments

Maintenant que vous avez votre base, votre cours référence, vous pouvez rédiger vos chapitres et travailler de votre côté. Mais, à chaque fois, vous pouvez vouloir les compléter pour approfondir certains points que le manuel ne traîte pas, ajouter des références personnelles, etc. Voici les sources que vous pouvez utiliser :

  • Major-Prépa

Evidemment, Major-Prépa a prétention a vous fournir tout le contenu supplémentaire dont vous pouvez avoir besoin. S’il n’existe pas (encore) de cours d’économie Major-Prépa, vous y trouverez l’essentiel de l’actualité (à ficher!), des points sur des notions importantes, l’explication de certaines théories, etc.

  • D’autres manuels

D’autres manuels ne se qualifient pas au statut de “base”, soit parce qu’ils visent des points trop précis du programme et ne cherchent pas à le traiter de manière exhaustive, soit parce qu’ils ne sont tout simplement pas destinés uniquement aux élèves de classe préparatoire. Je vais rester simple, et relever ici uniquement les manuels que je considère les meilleurs dans leur catégorie :

Politique économique de Pinasy et al.. Ce manuel est excellent. Vraiment. C’est un des manuels les plus complets et précis qui existe en économie (en plus il vient d’être réédité, à la toute fin 2017, ce qui veut dire qu’il fourmille d’actualité !). Pourquoi je ne l’ai pas mis plus haut ? Parce qu’il n’est vraiment pas destiné en priorité aux élèves de classe préparatoire, dans le sens où il est d’un niveau plus soutenu (jusqu’en master). Il va parfois jusqu’à la modélisation mathématique assez poussée pour décrire des phénomènes, ce qui est plus ou moins inutile en dissertation (heureusement, les présentations mathématiques sont en général bien isolées, ce qui permet de ne pas s’en préoccuper lorsque cela ne nous intéresse pas). Mais ce manuel vous donnera un pléthore de références extrêmement intéressantes, très détaillées, qui vous permettront de sortir du lot par un niveau d’analyse bien supérieur à ce que les autres élèves délivreront. Qui plus est, le livre est normalement fourni avec sa version numérique, vous permettant ainsi des copier-coller pratiques, et libérant par la même occasion de la place dans votre sac ! C’est un manuel à acheter si vous visez vraiment des notes très élevées en économie. Evidemment, il possède quelques points faibles : 1) comme dit plus haut, le niveau de développement des notions est parfois trop élevé pour ce qui est attendu ; 2) tout le programme n’est pas traité (on peut dire que l’angle de tir est différent qu’en ECE), notamment, les faits historiques sont présentés de manière assez succincte, mais ce n’est pas tout ce qu’il manque ; 3) Le ficher vous prendra beaucoup de temps, et c’est pour cela que je le conseillerais plutôt aux cubes, qui passent souvent leur temps à faire de l’ESH ; 4) le prix est particulièrement élevé (presque 50€)

– Précis d’économie de Combe. Ce manuel est assez connu dans le milieu, parfois considéré comme une référence classique en ECE. Il a beaucoup de qualités, à commencer par sa précision dans l’explication (extrêmement claire) des différentes notions. Vous pouvez l’acheter les yeux fermés. Son seul vrai défaut est de ne pas constituer une “base” acceptable pour le cours, étant donné qu’il n’aborde pas tous les points du programme.

– 100 fiches d’histoire économique de Montoussé: simple, concis, extrêmement efficace ; beaucoup de faits d’histoire économique – mais que de l’histoire économique.

– 100 fiches de microéconomie de Montoussé : simple, concis, extrêmement efficace ; beaucoup de microéconomie – mais que de la microéconomie (permet de compléter le Bréal, notamment !)

  • Des blogs

Certains blogs sont vraiment très très intéressants pour compléter le cours, ou obtenir des informations intéressantes :

réussir-esh : par l’auteur de l’essentiel de l’histoire économique, aussi accessible via Twitter

blog-illusio : des articles très complets offrant des ressources souvent directement mobilisables en dissertation (vous pouvez aussi suivre Martin Anota sur Twitter afin d’être au courant des dernières publications)

Natixis : les publications de recherche de la banque sont aussi extrêmement intéressantes pour compléter le cours, ou plus généralement obtenir des accroches qui feront la différences (là encore, les publications sont accessibles via Patrick Artus sur Twitter).

  • D’autres sources d’actualité

– Alternatives économiques : évidemment, c’est souvent le magazine de référence pour les étudiants d’économie. On ne répétera jamais assez que le magazine est assez orienté et que d’autres solutions que celles proposées existent et que, même lorsqu’elles sont discutables, elles méritent débat (attention à ne pas être trop orienté.e en dissertation). Toutefois, les articles sont de très bonne qualité et éclairent souvent des points de cours importants.

– Les annuels de l’OFCE et du CEPII. Tous les ans, ces deux centres de recherche publient des mensuels très riches en informations et pas seulement en actualité (il y a aussi un aspect “cours”) : L’économie française 2018 ; L’économie mondiale 2018 (par exemple, celui-ci présentait les mutations du capitalisme dans un article de Michel Aglietta) ; L’économie européenne 2018 (à paraître). A noter que, presque tous les ans, la majorité des sujets qui tombent avaient été traités dans un de ces trois ouvrages pour l’année en cours…. Par exemple, pour le concours 2017, le sujet ESSEC interrogeait sur les conséquences de “l’extension” du projet européen sur “l’intensité” de l’Europe ; or, on retrouve dans L’économie européenne 2017  un chapitre intitulé “L’approfondissement dans l’asymétrie, l’élargissement dans l’hétérogénéité” de 5 pages, directement mobilisable dans le sujet, tel quel.

The Economist : cet hebdomadaire anglais (oui, donc les articles sont en anglais) est très complet si vous voulez vous donner la peine de traduire les points qui vous intéressent (pas accessible pour n’importe qui – l’anglais utilisé est assez complexe !)

 

Dernier conseil : ne vous éparpillez pas partout. Malgré la diversité des resources citées ici, il faut savoir se concentrer sur certaines d’entre-elles pour ne pas être submergé. N’allez pas acheter tous les manuels d’économie du monde, concentrez-vous toujours sur une ressource principale (votre base) avant d’aller chercher autre part. Surligner le même cours dans cinq manuels d’économie n’assure pas votre réussite au concours, surtout si vous n’en avez pas retenu un seul.

Yann Amadieu

20 ans et cube en prépa ECE au lycée Marcelin Berthelot (Saint-Maur). Je suis là pour vous conseiller en termes de lifestyle et méthodologie pour que vous deveniez des préparationnaires stylés et heureux. De surcroît, vous pourrez retrouver quelques articles sur l'économie, les maths et les langues.

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