CSH HEC : « Rien de nouveau sous le soleil » CSH HEC : « Rien de nouveau sous le soleil »
Toutes les références de ce plan détaillé sont issues du manuel 1000 idées de culture générale.   Définitions : Expression qui provient de l’Ancien Testament... CSH HEC : « Rien de nouveau sous le soleil »

Toutes les références de ce plan détaillé sont issues du manuel 1000 idées de culture générale.

 

Définitions :

Expression qui provient de l’Ancien Testament (Ecclésiaste I,9) : « Ce qui fut sera, Ce qui s’est fait se refera, Et il n’y a rien de nouveau sous le soleil. » –> Rien ne change malgré le changement du monde, cela s’est déjà produit.

 

Problématisation :

– aphorisme péremptoire (phrase courte) et excessif (« rien »)

– affirmation de quelqu’un de désabusé

– affirmation qui semble en contradiction avec la réalité : accélération du temps, innovation permanente, recul de la tradition et règne du nouveau, etc.

– affirmation toutefois ressentie à travers différents aspects de la vie : les saisons, les stades de la vie individuelle, le théâtre de la politique (avec la régularité des élections), les saisons sportives, etc.

Problématique : dans quelle mesure ce fatalisme est-il justifié ?

 

I/ Si la réalité peut s’interpréter comme l’éternelle répétition du même…

A/ du fait de la stabilité de la nature humaine

La nature humaine est inchangeable : les deux passions principales qui animent l’homme sont la pleonexia, l’amour des possessions, et la philotimia, l’amour de la gloire (Histoire de la guerre du Péloponnèse, Thucydide).

 

B/ du fait de la cyclicité inhérente aux phénomènes humains

Les différents régimes politiques s’enchaînent indéfiniment parce qu’ils dégénèrent chacun jusqu’à créer les conditions de l’émergence du régime suivant : la monarchie (un seul gouvernant) qui dévie en tyrannie ; l’aristocratie (les gouvernants sont les « meilleurs ») qui dévie en oligarchie (quelques gouvernants) ; et la république en démocratie (Politiques, Aristote).

 

C/ du fait de la cyclicité de l’Histoire

Les sociétés archaïques se caractérisent par leur vision cyclique du temps et de l’Histoire, car elles conçoivent tout comportement comme la répétition d’un geste antérieur, et toute création comme la répétition de la création du monde, de telle sorte que toute construction humaine imite un modèle céleste (Le Mythe de l’éternel retour, Mircéa Eliade).

 

II/ …elle semble aussi donner lieu à des ruptures et à des mutations…

A/ l’humanité paraît progresser

Grâce à l’éducation et aux découvertes scientifiques, l’humanité se dirige irrésistiblement vers un destin radieux éclairé par la raison (Esquisse d’un tableau historique des progrès humains, Condorcet).

 

B/ l’humanité paraît régresser

Une civilisation puissante devient fragile et décadente quand sa domination n’est plus assumée moralement et quand les valeurs qui sont ses piliers éthiques disparaissent (Préface de l’Histoire romaine, Tite-Live).

 

C/ le cours de l’humanité paraît suivre une providence

L’Histoire universelle est un processus où les événements s’enchaînent rationnellement les uns à partir des autres, rendant ainsi illusoire le libre arbitre de l’acteur individuel et privant de sens tout point de vue éthique sur un événement en particulier (La Raison dans l’Histoire, Hegel).

 

III/ …c’est pourquoi une description fidèle doit en restituer la combinaison du variable et de l’invariable.

A/ le futur est fondamentalement imprévisible

Le réel est formé de longues périodes calmes, prévisibles et continues, entrecoupées par des événements très brefs, brutaux, et imprévisibles (les cygnes noirs) qui ont une très forte rémanence (Le cygne noir, la puissance de l’imprévisible, Nicholas Nassim Taleb)

 

B/ c’est l’homme qui recherche la régularité dans le réel

Si l’évolution a sélectionné le principe de régularité parce que les hommes qui l’utilisent comme principe d’action sont plus efficaces, il n’est pas pour autant la seule propriété de la réalité, si bien qu’il ne suffit pas à l’expliquer (Le Fondement ultime de la science économique, Ludwig von Mises).

 

C/ la réalité est un ordre spontané

La société fonctionne et progresse comme un ordre spontané, c’est-à-dire que l’ordre social, concrétisé notamment dans le droit et les institutions, émerge à chaque instant de la compilation involontaire et inconsciente de toutes les actions individuelles (La Route de la servitude, Friedrich Hayek).

 

Romain TREFFEL

Romain Treffel enseigne la culture générale à des étudiants en classes préparatoires. Il est auteur d’un manuel de CG : 1000 idées de culture générale).

Mehdi Cornilliet Fondateur

Ancien étudiant à HEC Paris après une prépa ECS au Lycée La Bruyère (Versailles) et fondateur de Major-Prépa.