Interview de Thomas, étudiant à l’ESCP Europe Interview de Thomas, étudiant à l’ESCP Europe
Les résultats d’admission de l’ESCP Europe viennent de tomber. Pour l’occasion, Major-Prépa a réalisé un long entretien avec un étudiant emblématique de la richesse... Interview de Thomas, étudiant à l’ESCP Europe

Les résultats d’admission de l’ESCP Europe viennent de tomber. Pour l’occasion, Major-Prépa a réalisé un long entretien avec un étudiant emblématique de la richesse de la vie culturelle de la prestigieuse école parisienne.

 

Avant l’école

Ton parcours avant ton intégration (lycée et prépa) ?

J’étais en S à Grandchamp à Versailles, d’où on m’a envoyé faire ma prépa au lycée La Bruyère quelques rues plus loin. Lycée qui va finir par avoir une certaine notoriété dans les écoles vu les résultats franchement impressionnants de cette année.

 

Tes notes aux écrits ?

A peu près 10 et 10 en maths HEC et CCIP, 13 en géopolitique, 11.5 en chinois, probablement 14 en contraction/synthèse, et 17.8 en anglais et 20 en philo HEC, ce qui m’a bien aidé.

 

Ton oral d’entrée à l’ESCP Europe ?

L’entretien s’est bien passé avec un jury agréable quoiqu’un peu taquin mais avec qui j’ai eu l’impression d’aller à peu près au fond des choses. J’ai eu 16, ce qui avec un 18 en anglais m’a permis de compenser le 7 en maths et le 11.5 en chinois.

 

Pourquoi avoir choisi l’ESCP Europe ?

Honnêtement le classement ne laisse pas des masses de choix, et même si j’aurais probablement été très heureux à Lyon ou ailleurs – surtout vu la qualité de vie dont on a profité brièvement au MANE, scandaleux – les parisiennes sont difficilement refusables et rarement délaissées pour des provinciales attrayantes.

Je pourrais dire « pour être dans Paris et découvrir la ville », « pour l’excellence académique et le réseau d’anciens » mais c’était ma plus haute admissibilité, le choix a été vite fait.

 

 

La vie à l’ESCP Europe

Tes cours ?

Un peu lourds en volume horaire et investissement au premier semestre, ce qu’on oublie vite au second. Des projets assez longs à rendre dans toutes les matières plus un mini mémoire à rendre en janvier, le projet OPEN, qui a appris à pas mal de gens les joies du travail en groupe en dehors des exposés d’histoire géo. Au deuxième semestre en revanche, les soucis académiques s’en vont en même temps que les 2A qui nous laissent de plus en plus les rênes des assos, donc ça tombe bien.

 

Les associations ?

La vie associative rythme vraiment l’ESCP, surtout en l’absence de logements sur campus. Le couloir des assos, quoique moyennement salubre, devient vite assez hospitalier quand on en rejoint quelques-unes et qu’on se permet de se caler dans le local des autres pour y retrouver ses potes. En gros il y a deux grandes catégories d’assos, celles qui ont des évènements réguliers (les concerts de Polyphony, les dégustations d’Oenocratia, émissions d’On Air, conférences de Tribunes, JT de Téléscoop, j’en passe et des meilleures) et celles qui préparent de gros évènements (les pièces de la CoMu et d’ArtManiac, et les Trekk, WEPN, Kruise, WESP, là aussi j’en passe). Ces catégories ne contiennent pas les assos « piliers » comme le BDE qui organise les soirées et la vie étudiante en général ou le Quatter qui gère le bar, ni les assos pro que sont la JE et Challenge, que vous découvrirez bien assez vite, parce qu’elles sont d’un autre ordre.

 

Tes associations ?

Je suis rentré à Artmaniac en premier, qui est l’asso de théâtre (à ne pas confondre avec les cousins de la CoMu, qui montent une comédie musicale -excellente par ailleurs). On y joue une pièce originale dans un petit théâtre de Paris, 6 ou 7 soirs de suite, en avril. On y entre après des cours d’essais, essentiellement de l’impro et de la technique théâtrale, puis des auditions – texte imposé et texte libre puis bref entretien. Cette phase de sélection est nécessaire parce que le projet est beau et demande pas mal de travail (tous les mardis soirs, un weekend par mois plus les 9 jours de vacances de février). Et honnêtement pour avoir parlé à beaucoup de gens dans et hors de l’asso, je conseille à tout le monde d’avoir un projet du genre en 1A, pour donner un sens à votre année. Ça pourrait faire un peu vide sinon. Si vous aimez le théâtre, que vous en ayiez fait ou pas, et que vous voulez tisser des liens forts à base de talent, de travail, de sueurs et de lettres avec 21 autres jeunes gens, on vous accueille l’an prochain. Je vous y attends, j’y rejoue et je suis vice-président.

 

Peu après j’ai été intro à Polyphony, où je suis principalement instrumentiste mais aujourd’hui aussi secrétaire général. J’ai été pris parce que je jouais du trombone et que j’avais joué aux apéros de début d’année (une tradition dans toutes les associations) et qu’il se trouve que dans le trombone on a assez peu de compétition. Depuis, je me suis mis au saxo et à la guitare un peu et je fais partie du groupe avec lequel cette année nous avons remporté le Grand Prix du Jury au MANE, un concert compétitif magistralement organisé par emlyon. Du coup on va enregistrer un EP* en studio, puisque c’était le prix à gagner, qui sera dans les bacs le temps que nos admis poussent à nouveau les portes de l’école. En tant qu’instrumentiste j’ai surtout participé à l’organisation des jams (soirée au local où n’importe qui peut prendre un instrument et jouer avec nous), concerts ou KaraoQ (soirée au Quatter où nous jouons la musique et des jeunes téméraires chantent, plus fréquents l’année prochaine à la grâce de Dieu). Mais Polyph organise aussi le déplacement vers des festivals de musique et mixe pendant les meilleures soirées de l’école, ce qui laisse largement la place aux amateurs de musique sans instrument de prédilection. Et puis le local est fou.

* un maxi (en anglais extended play ou EP), est un disque vinyle ou un disque compact qui est trop long pour être qualifié de simple single mais trop court pour être qualifié d’album

 

Et enfin plus tard dans l’année j’ai été intro à Streams, le journal de l’école (http://streamsescp.com/), pour lequel j’ai écrit un article il y a peu et quelques autres sont dans les fourneaux. C’est un beau projet esthétiquement réussi et une jeune association prometteuse et ambitieuse, ouverte à toutes les plumes acérées et motivées pour écrire sur la vie de l’école, l’actualité ou tout sujet qui aura leur intérêt. Pour le moment je bataille avec WordPress pour pouvoir être le meilleur soutien technique possible de ce joli site.

 

Les stages ?

On doit valider un certain nombre de semaines de stages pendant la scolarité, quelque chose comme 45 ou 50, et il faut en faire 10 à l’été de fin de prémaster. Je suis en stage depuis début juin dans une start-up de tourisme, Unique Tours Factory, où je reste jusqu’au 10 septembre. C’est plus long que la durée obligatoire mais d’une part j’y suis bien et d’autre part j’ai besoin d’oseille donc là aussi le choix est vite fait. Je contacte des guides dans toute l’Europe, j’écris et je traduis des documents en français et en anglais, je fais de la relation client et un peu de marketing quand il me reste du temps. Comme on dit parfois chez nous, pas le temps de niaiser.

 

Le parcours que tu envisages ?

J’aimerais bien commencer par faire du tourisme pour me renseigner sur certains pays de façon assez professionnelle et pour m’y faire un réseau, avec pour objectif à terme d’y créer ou d’y rejoindre des projets de social business. Faire de la prospection de problèmes en fait, m’installer sur place, comprendre au mieux les enjeux, trouver la source du problème et monter l’entreprise qui le résout, pour ensuite la laisser aux locaux et partir en monter une autre.

Mais en vrai en fin de prémaster c’est difficile d’être réaliste, on a pas l’expérience donc j’espère que je pourrai répondre à cette question après ma césure. Affaire à suivre.

 

Comment se déroulent les campagnes de renouvellement des assocs’ ?

Ça dépend très largement des assos, très souvent il y a des apéros pour voir si ça te plait sur le principe. Ensuite dans les grandes lignes le BDE pré-liste puis liste, les assos pros font des épreuves pros, ArtManiac et la CoMu font des auditions et ailleurs on est pris si on correspond à l’esprit local. A mon avis il y a assez d’assos pour tout le monde, et pas de soucis à se faire pour ce qui est de trouver une asso à son goût.

D’autant moins que je trouve personnellement que les présidents de l’an prochain ont été choisis avec grand talent et grand soin donc n’ayez crainte, si vous êtes sincères, que vous aimez le projet de l’asso et que vous y êtes bien il y a de fortes chances pour qu’elle vous ouvre grand ses portes.

 

Quid de la vie extra-scolaire ? (sports, soirées, ville)

Les sports ne sont pas vraiment de la vie extrascolaire à l’ESCP (le Club Foot, le XV et l’Aviron en particulier sont presque des assos comme les autres). J’ai fait de l’aviron et de la boxe au premier semestre mais vie associative et petits boulots ont pris le dessus. Ça m’a quand même permis de voir que l’ESCP pallie le fait d’être en plein Paris par un système de transports vers les infrastructures plutôt bien huilé, une salle de sport petite mais de qualité et des coachs vraiment très compétents. Du coup n’hésitez pas, si vous aimez un sport il y a fortement moyen de progresser et de jouer à fond.

Les soirées de Paris sont pour la plupart d’entre nous rythmées par les métros et donc commencent tôt et terminent tôt aussi. Mais ça c’est pour les soirées organisées, libre à chacun d’aller s’ambiancer dans les boîtes excessivement nombreuses de Paris ou de décaler dans la coloc d’un ami plus ou moins proche après.

Pour ce qui est de la ville j’avoue avoir assez peu pris le temps de l’explorer, même si j’ai été très heureux de découvrir la Cinémathèque Française et d’aller à la Filmothèque du quartier latin, etc. Les bons plans culturels pullulent, et finalement c’est quand même une très belle ville.

 

Quid des différents campus ? Du nouveau campus à Varsovie ?

Mon cas est particulier puisque j’ai décidé de rester à Paris l’an prochain, pour rejouer avec ArtManiac et Polyphony et m’investir dans mes assos en général. Ce qui fait que je vais partir deux ans à l’étranger, en césure puis en M2, et que je serai plus apte à répondre à ce moment là.

Ce que je peux dire pour l’instant c’est que la procédure d’affectation aux campus de Madrid, Berlin, Londres et Turin est un joyeux bazar, que je ne sais pas trop quoi dire de nouveau sur Varsovie si ce n’est que vivement et que je risque de me promener un peu en Europe malgré tout l’an prochain pour rendre visite aux copains.

 

Le prix ?

Je bénéficie d’un régime spécial pour des raisons perso, je n’ai pas fait d’emprunt pour le moment mais ça viendra l’an prochain pour financer le logement que je cherche encore, pour le coup très vite très cher. L’année coûte 13 500€ il me semble.

 

En 5 lignes, pourquoi l’ESCP et pas une autre ?

Difficile. Pour Paris, déjà, que maintenant que je suis en stage et que j’ai plus de temps je découvre de mieux en mieux. Pour les associations, qui sont particulièrement nombreuses mais qui ont toutes un projet et qui offrent l’opportunité de devenir bon dans ce qu’on aime (même si c’est le saucisson ou le vin rouge). Et puis pour un gros réseau de beaucoup de gens connus et un tampon très pratique quand on a des requêtes auprès d’entreprises pour des projets.

 

Quelle est la fierté de l’école ?

Si j’étais l’admin je répondrais « être la première école de commerce au monde » ou « nos valeurs européennes et humanistes » ou « notre immense réseau d’illustres anciens », mais tout ça je ne le ressens pas encore. Pour moi c’est voir que via les associations, sports et cours les jeunes de l’ESCP peuvent devenir bons dans ce qu’ils ont envie de faire, et que le diplôme qu’ils auront a assez de prestige pour leur permettre de s’y lancer. C’est d’ailleurs pour ça qu’on retrouve des ESCP dans tous les métiers.

 

Ton plus beau souvenir cette année à l’ESCP ?

Là aussi le choix est difficile mais la plus belle récompense pour le plus de travail est bien sûr la pièce d’ArtManiac, Jeanne Enchaînée, qu’on a joué 7 fois au théâtre du Passage vers les Etoiles et qui a assez unanimement été un grand succès je crois. Et voilà la petite photo, merci Lifeshots :

Photo ITW Boc

 

Comment a été ressenti le résultat du référendum sur le Brexit à l’ESCP ?

Je pense qu’on peut dire qu’on est tous un peu incrédules et désolés mais fort heureusement nous avons vite reçu un mail de Frank Bournois nous assurant que d’une part ça ne se fera pas du jour au lendemain, ce malgré la fermeté de l’Europe sur le sujet, et que d’autre part l’ESCP défendra son campus de Londres au même titre que n’importe quel autre. Je ne pense pas que nous en ressentirons vraiment trop les effets, j’espère que non en tous cas pour les copains qui y vont. La seule chose que risque la spé finance de ce campus c’est l’effondrement de la City, ce qu’on ne souhaite pas non plus.

 

Puisque rien n’est pas parfait, cite-nous au moins un défaut !

Il y a des vrais inconvénients liés à l’administration, comme par exemple l’obscurantisme pour ce qui est de faire d’autres doubles-cursus que licence de droit ou de maths. J’aurais bien fait philo mais les choix sont maigres et se démener ne sert pas à grand-chose manifestement. Deuxième tare, l’absence de LV3, ce dont je clame haut et fort que c’est un scandale. Mais je pense que le reste des inconvénients avec l’admin sont assez universels.

Et autre chose, j’ai beaucoup d’espoir pour la promo de l’an prochain, pour avoir hébergé quelques admissibles et pour avoir encore une fois beaucoup d’estime pour les présidents des différentes assos. Du coup, mesdames et messieurs les futurs bizuths, choisissez l’association/sport que vous aimez le plus a priori et faites-en quelque chose dont vous serez fiers, parce l’asso ce sera vous plus vite que vous ne le pensez et parce qu’en fin de prémaster, c’est tout ce qui reste.

Mehdi Cornilliet Fondateur

Ancien étudiant à HEC Paris après une prépa ECS au Lycée La Bruyère (Versailles) et fondateur de Major-Prépa.