Principaux entrepreneurs et entreprises de la révolution industrielle Principaux entrepreneurs et entreprises de la révolution industrielle
Oberkampf et Jouy  L’installation d’Oberkampf à Jouy Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815) vient d’une famille de teinturiers wurtembergeois. Si au départ il apprit le métier d’indienneur... Principaux entrepreneurs et entreprises de la révolution industrielle
Utilise les flèches ← → pour naviguer entre les éléments !

Oberkampf et Jouy 

L’installation d’Oberkampf à Jouy

Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815) vient d’une famille de teinturiers wurtembergeois. Si au départ il apprit le métier d’indienneur de son géniteur, rapidement, il se sépara de son père pour raison d’incompatibilité de caractères et entra comme coloriste dans l’atelier de l’imprimeur de toiles Cottin à Paris. Suite aux nouvelles lois libérant l’impression de toiles, il s’établit en 1760 avec quelques associés à Jouy dont les eaux abondantes et claires étaient indispensables à l’impression des toiles de coton en question. La ville était également suffisamment éloignée de l’agitation ouvrière du centre de Paris, sans trop l’être des fournisseurs et marchands de la capitale. 

 

L’avance technologique : une stratégie payante pour Oberkampf

L’activité est florissante, les salaires doublent jusqu’en 1770. Si le succès peut-être appréhendé par le dynamisme de la demande d’indiennes, il s’explique surtout par l’acquisition de technologies plus avancées grâce aux relations germaines d’Oberkampf. Il importa, en effet, le savoir-faire étranger : les teinturiers, les dessinateurs et les imprimeurs venaient de Suisse et formaient la main d’œuvre locale. Il fit également évoluer les procédés d’impression : planche de bois pendant les dix premières années, puis planche de cuivre et enfin rouleau de cuivre gravé en creux, ce qui assure une plus grande rapidité d’impression. Et enfin, il obtint de son paternel des recettes de teinture jusque là inconnues ou mal maîtrisées en France. Une des originalités d’Oberkampf fut également de se spécialiser dans le haut de gamme alors que l’indienne était un tissu destiné à être consommé massivement. 

 

L’âge d’or et la chute de Jouy

Au départ la croissance est relativement lente, la croissance du nombre de pièces vendues entre 1770 et 1792 s’établit annuellement autour de 0,8% en moyenne. En revanche, le chiffre d’affaire et le bénéfice augmentent de plus en plus vite, assurant par conséquent des taux de profit autour de 30% en moyenne par rapport au capital initial constitué en 1769. Ces bénéfices étaient réinvestis dans la construction de nouveaux bâtiments pour augmenter l’offre de ses produits, mais aussi par une stratégie de concentration verticale, en cherchant à intégrer vers l’amont la fabrication des fils. Si bien qu’au début des années 1800, la manufacture emploie 1 100 personnes, réparties sur deux établissements : Jouy et Essonnes.

Toute ces stratégies s’avèrent payantes, ce sont en revanche les guerres napoléoniennes qui mirent à mal la production jovacienne, particulièrement en 1815, lorsque les Prussiens se mirent à occuper le village. 

 

Que retenir ? 

  • L’importation du savoir-faire étranger sur le sol français. 
  • La stratégie du haut de gamme mis en place par Oberkampf avec de grands efforts en R&D mis en places pour maintenir son avance : recettes de teintures et recherches de nouvelles couleurs, des dessins à la dernière mode avec des artistes connus, innovations dans les procédés d’impression (planche de cuivre)… 
  • La mise en place d’une concentration horizontale avec la fabrication en amont des fils

 

En savoir plus : 

Utilise les flèches ← → pour naviguer entre les éléments !

Calliste de Vauplane Rédacteur ESH

Étudiant à l'ESCP après deux années de prépa à Franklin (ECE)