Les enjeux géopolitiques du réchauffement climatique Les enjeux géopolitiques du réchauffement climatique
« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche... Les enjeux géopolitiques du réchauffement climatique

« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse ». Cette citation d’Albert Camus peut tout à fait illustrer le défi que représente le réchauffement climatique pour les générations actuelles. À travers les récentes multiples marches pour le climat ainsi que l’importance accordée à l’une des figures du mouvement, Greta Thunberg, on s’aperçoit que le sujet, poussé par son urgence, est en plein dans l’actualité. Quels sont alors les enjeux géopolitiques du réchauffement climatique ? Comment la gouvernance mondiale s’arme-t-elle face à cette urgence ?

 

Un phénomène planétaire

Le réchauffement climatique est le phénomène d’augmentation des températures moyennes sur terre et en mer en raison d’un trop-plein d’émissions de gaz à effet de serre. Il n’épargne quasiment aucun endroit de la Terre. De façon générale, la température moyenne de la planète a augmenté de 1,1 °C depuis 2015. En comparaison, en France, la température moyenne avait augmenté de 1 °C au cours du XXe siècle. La fonte des glaciers entraînée par cette augmentation a, quant à elle, fait monter le niveau des mers. Au XXe siècle, le niveau moyen montait d’environ 2 mm/an. Depuis 1990, la NASA estime que le niveau augmente de plus de 3 mm/an.

De ce fait, des écosystèmes entiers ont été chamboulés. Il est difficile de faire un constat général, dans la mesure où tout n’a probablement pas été recensé. Les évaluations sont également difficilement précises, mais l’on estime que 25 % des espèces animales pourraient disparaître dans les prochaines décennies. Certaines sont déjà fortement menacées, à l’image des tortues marines dans les Caraïbes ou des tigres du Bengale. Les catastrophes naturelles se veulent également plus fréquentes : les activités cycloniques se multiplient par exemple dans les Caraïbes ou sur les côtes Pacifique de l’Asie.

 

Des répercussions géopolitiques

Tout ceci a forcément des répercussions sur la démographie, l’économie ou encore la politique. Les migrations « climatiques » vont probablement très fortement augmenter dans les années à venir. L’ONU estime que pour la seule année 2050, 280 millions de personnes seront concernées. Certains pays seront particulièrement touchés par la montée des eaux. Aux Pays-Bas, 47 % de la population est menacée, 26 % au Viêtnam et 10 % au Japon. En Chine, seulement 4 % de la population est concernée, mais cela représente plus de 50 millions de personnes.

Le réchauffement climatique a également des répercussions économiques. Prenons l’exemple du tourisme : pour de nombreux pays comme l’Espagne, le Mexique ou encore la France, il représente une part importante du PIB. Le développement de l’activité touristique a notamment été rendu possible grâce à la démocratisation du transport aérien. Or, ce dernier ayant une empreinte carbone élevée, il est remis en cause par le mouvement « flight shaming ». Ce mouvement incite à privilégier des modes de transport plus « doux » ou bien à opter pour un tourisme plus « local ». Au 1er semestre, l’usage de l’avion a baissé de 4 % en Suède (pays initiateur du mouvement). Le changement des pratiques dû au réchauffement climatique pourrait donc bouleverser plusieurs secteurs économiques, comme le tourisme.

La dimension politique du réchauffement climatique prend également de l’ampleur, en témoignent l’influence de Greta Thunberg ou les multiples marches pour le climat. Les jeunes générations (mais pas que) tiennent à ce que les dirigeants accordent plus d’importance à l’urgence climatique.

 

Une gouvernance mondiale en demi-teinte

Ces classes dirigeantes semblent néanmoins en manque de solutions face au problème. La gouvernance mondiale paraît fonctionner au ralenti en comparaison à la fulgurante dégradation de l’environnement. En effet, l’accord de Paris a eu le mérite de rassembler quasiment tous les pays reconnus par l’ONU (197) en même temps*. Après la Russie en septembre 2019, seulement dix pays** doivent encore ratifier l’accord. Malheureusement, d’après les travaux de l’ONG Climate Action Tracker, le Maroc est le seul à faire suffisamment d’efforts, conformément à l’accord. Pour traduire : les politiques marocaines en matière d’émissions ne conduiraient qu’à une augmentation de 1,5 °C d’ici à 2020 (objectif de l’accord de Paris). Celles de nombreux pays conduiraient à une augmentation de 4 °C ou plus (Chine, Japon, Russie, États-Unis…).

L’État est-il alors réellement l’acteur adéquat pour répondre au réchauffement climatique ? La crise diplomatique de l’été 2019 entre la France et le Brésil au sujet des incendies en Amazonie nous démontre une fois de plus les difficultés qu’ont les États à coopérer en matière d’environnement. De plus, certaines zones clés de cet enjeu – dont, justement, l’Amazonie – n’appartiennent à aucun État. De ce fait, à qui advient la responsabilité climatique d’espaces tels que l’Antarctique ou la forêt amazonienne ?

D’autres acteurs, présents à une échelle plus locale, tentent ainsi de prendre le relais. C’est par exemple le cas de l’organisation C40, regroupant 94 grandes villes à travers le monde, qui a vocation à lutter contre le réchauffement climatique. Dernièrement, plusieurs maires de villes membres se sont engagés, ensemble, à mettre en place des plans d’action concrets concernant la pollution atmosphérique ou l’alimentation durable.

* Le temps que le Nicaragua et la Syrie signent l’accord fin 2017, D. Trump avait annoncé le retrait des États-Unis.

**Angola, Érythrée, Irak, Iran, Liban, Kirghizistan, Libye, Turquie, Yémen, Soudan du Sud.

 

La carte

 

Conclusion

De façon générale, l’environnement est un sujet en plein dans l’actualité. Un sujet abordant cette partie du programme est donc envisageable. Il conviendra toutefois de voir sous quel aspect il sera tourné (gouvernance mondiale, enjeux économiques, ressources naturelles…). Connaître les grands éléments t’aidera pour de nombreux sujets. Les migrations climatiques à venir, les villes qui s’engagent, les membres des accords ou encore les zones menacées par la montée des eaux en sont de bons exemples.

 

Sources :

https://climateactiontracker.org

https://weather.com/science/environment/news/20-countries-most-risk-sea-level-rise-20140924

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/accord-de-paris-sur-le-climat-les-pays-signataires-cbcd7fc8184870a220daaebf17db9c88

https://www.c40.org/cities

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/changement-climatique-causes-effets-et-enjeux

https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_de_Paris_sur_le_climat#Liste_des_signataires_et_non-signataires

https://www.independent.co.uk/environment/climate-protests-greta-thunberg-strikes-global-warming-number-countries-a9113976.html

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/10/10/a-copenhague-les-maires-de-94-villes-declarent-l-urgence-climatique_6014991_3244.html

https://www.bfmtv.com/economie/la-honte-de-prendre-l-avion-va-plomber-la-croissance-de-l-aerien-et-les-revenus-d-airbus-1783741.html

Samuel Durand

21 ans, étudiant en deuxième année à GEM après deux années de classe préparatoire ECS au lycée Camille Vernet de Valence.