Les années de plomb en Italie  Les années de plomb en Italie 
Les années de plomb (Le anni di piombo) en Italie sont une période qui s’étend de la fin des années 1960 au début des... Les années de plomb en Italie 

Les années de plomb (Le anni di piombo) en Italie sont une période qui s’étend de la fin des années 1960 au début des années 1980. Cette épisode demeure l’un des plus traumatisants de l’histoire italienne. Pendant ces années, on assiste à la conjonction du mouvement étudiant de 1968 et de révoltes ouvrières visant à renouveler les conventions collectives. La montée des tensions entre les organisations extrémistes et les autorités va aboutir à un niveau de violence rarement observé. 

La bonne connaissance de l’Histoire est très importante pour l’épreuve de langue, pour l’exercice de rédaction notamment car elle te fournira des faits précis pour illustrer tes propos. Le nombre d’événements qui se sont déroulés pendant les années de plomb en Italie est donc une bonne raison de se renseigner sur celles-ci. 

 

Les années de plomb en Italie – Le contexte 

Au cours des années 1960, la situation en Italie est au beau fixe. Le miracle économique a contribué à l’élévation du niveau de vie. lLs progrès sanitaires se manifestent par une baisse de la mortalité infantile. Le pays commence enfin à s’unifier grâce à l’expansion d’une langue commune. À cette époque le parti communiste (Partito comunista italiano) est puissant et sa popularité inquiète l’extrême droite (Estrema destra) mais également certains pays comme les États-Unis. Les nombreuses manifestations étudiantes et ouvrières se déroulent donc dans un climat de tension. Il n’est pas rare que certains manifestants y trouvent la mort. Les manifestations laissent alors place à des affrontements.

 

L’escalade de la violence 

Les attentats (attentati) font leur apparition et commencent à se multiplier, entre 1968 et 1974 on en recense 144. Ils sont orchestrés tantôt par des organisations communistes et anarchistes, tantôt par des groupes néo-fascistes. Les attentats à la bombe sont organisés pour la plupart par l’extrême droite qui veut, en augmentant l’insécurité, pousser la Démocratie chrétienne (Democrazia Cristiana) vers un régime plus autoritaire. L’extrême gauche (Estrema sinistra) ne va, en revanche, pas privilégier des attentats à l’aveugle mais identifier clairement ses cibles. Les autorités publiques vont avoir leur part de responsabilité dans cette escalade de la violence car il arrive qu’elles imputent volontairement à l’extrême gauche des attentats néo-fascistes, dans le but d’endiguer la « menace communiste ». La population est donc extrêmement divisée et les tensions se font sentir.

En 1977, la violence prend une nouvelle ampleur, les manifestations se transforment en guérilla urbaine. En 1978, les brigades rouges (Brigate rosse) enlèvent Aldo Moro (Président de la Démocratie chrétienne), le séquestrent et le tuent. Cet événement et les conditions dans lesquelles il a été mis en œuvre ont profondément choqué l’Italie. Cette organisation terroriste d’extrême gauche reste célèbre pour avoir visé plusieurs représentants des autorités.

 

L’apaisement 

L’assassinat d’Aldo Moro marque un tournant dans les années de plomb en Italie. L’opinion publique de gauche, alors plutôt favorable aux mouvements observés, finit par les désapprouver totalement. Le Ministre de l’Intérieur (Ministro dell’Interno), Francesco Cossiga, démissionne en 1978. Carlo Alberto dalla Chiesa est nommé coordinateur de la lutte contre le terrorisme et aura plus de succès. 

La situation s’apaise lentement à la fin des années 1970. L’opinion publique ne croit plus en la violence comme moyen efficace pour la lutte sociale. Ce n’est pas pour autant la fin des attentats. Toutefois, ils sont moins courants et ne parviennent plus à déstabiliser les autorités. Ils ont perdu les faveurs de la population.

 

C’est donc un épisode marquant et très important de l’histoire italienne. L’essentiel n’est pas de connaître le bilan humain de chaque attentat, mais de comprendre les raisons d’une telle violence. Les années de plomb ont principalement été un affrontement entre l’extrême gauche, l’extrême droite et les autorités. Il faut également te souvenir de quelques noms importants comme celui d’Aldo Moro ou de Carlo Alberto dalla Chiesa. Enfin, on peut garder en mémoire le fait que connaître ce genre d’événements peut aider pour l’exercice de traduction, notamment pour comprendre le contexte. Il y a déjà eu un texte sur les brigades rouges, et ceux qui savaient de quoi il s’agit on sûrement gagné du temps ou des points. Enfin, pour en apprendre plus sur le contexte qui précède les années de plomb en Italie tu peux lire cet article sur le miracle économique.

Bon travail et bonne chance ! 

Guillaume Segonne

Étudiant à l'EM Lyon après une prépa ECE à Marseille.