La langue italienne : naissance au Risorgimento et évolution La langue italienne : naissance au Risorgimento et évolution
« Roma non è stata costruita in un giorno! » (Rome ne s’est pas faite en un jour). L’Italie non plus. En effet, il... La langue italienne : naissance au Risorgimento et évolution

« Roma non è stata costruita in un giorno! » (Rome ne s’est pas faite en un jour). L’Italie non plus. En effet, il Risorgimento – résurgence ou renaissance – est une période charnière dans l’histoire de l’Italie. Cette période marque la naissance de l’État italien. Mais, il a aussi fallu faire les Italiens, comme le disait Massimo d’Azeglio avec cette phrase « l’Italie est faite, il reste maintenant à faire les Italiens. » (Fatta lItalia, bisogna fare gli italiani). Pour cela, la langue italienne a contribué à la création d’une identité nationale italienne. 

 

Mais avant tout cela, che cos’é il Risorgimento?

C’est une succession de guerres entre 1815 et 1871 qui a permis à l’Italie de devenir un État politique. Les acteurs clés à retenir sont : 

  • Giuseppe Verdi, un compositeur italien qui par le biais de ses opéras a su traduire ses aspirations à la liberté et à l’unité.   
  • Camillo Cavour, protagoniste de l’unité italienne. Il entreprend une série de réformes qui seront les bases du futur État italien. 
  • Giuseppe Garibaldi, vu comme un héros qui a conduit de nombreuses campagnes militaires.  
  • Vittorio Emanuele II, Roi de Sardaigne et Prince du Piémont qui deviendra Roi d’Italie. 

Il Risorgimento se termine le 1er juillet 1971 lorsque Rome est faite capitale d’État. Mais maintenant, il faut créer une identité nationale.

 

Ma come possiamo creare un identità nationale? Grazie alla lingua. 

La langue italienne est utilisée pendant cette période historique dans les documents officiels. C’est le toscan de Florence (fiorentino) qui devient l’italien officiel, étant donné l’importance de sa littérature (Dante, Pétrarque, Boccace). Cependant, il est difficile d’imposer une langue à toutes ces régions qui se différencient tant par leur niveau culturel que par leur système économique, leurs monnaies et leurs douanes. Or, les dialectes (i dialetti) existent toujours et sont encore parlés aujourd’hui. Je vous invite a écouter le refrain de cette chanson si vous voulez vous faire une idée du dialecte napolitain (il napoletano) : Nu Juorno Buono.  Cette musique (una canzone) de l’artiste Rocco Hunt prouve que les dialectes ne sont pas seulement parlés par les anciennes générations, mais aussi par la nouvelle génération. 

 

Come creare una lingua nazionale? 

L’école (la scuola) a permis la diffusion de la langue italienne. En effet, l’Italien est la langue officielle qui est parlée à l’école. Ainsi, des livres, comme le célèbre Pinocchio (Le avventure di Pinocchio) écrit en 1881 par Carlo Collodi, ont permis la diffusion d’une langue commune chez les enfants. (À savoir que Pinocchio signifie « pignon » en toscan). Cuore est aussi un livre pédagogique important dans l’histoire de la langue italienne. Le livre raconte la vie d’une classe lors d’une année scolaire. L’année scolaire choisie est celle de 1881-1882, ce qui permet d’évoquer la création récente de l’Italie, par exemple en citant la mort de Garibaldi le 2 juin 1882.

La télévision (la TV {tivù}) a aussi permis la diffusion de la langue. Elle n’apparaît que dans les années 1930, mais on y retrouve des programmes comme « Non è mai troppo tardi » avec Maestro Manzi. Cette émission (trasmissione) est d’utilité publique puisqu’elle lutte contre l’analphabétisme. On y voit des personnes âgées apprendre à lire et à écrire.

Ceci démontre la difficulté de créer une langue commune. 

 

La lingua è viva, si evolve continuamente.   

La langue italienne ne cesse d’évoluer. En effet, elle découle du toscan, mais au fur et à mesure sont apparus des mots ou des expressions vénitiennes, piémontaises, etc. On y retrouve même des mots étrangers comme « garage » (venant du français), mais aussi beaucoup d’anglicismes : Il week end, form, il computer ou encore le « job act » de Renzi pour parler de la « réforme du marché du travail ». Ainsi en 2015, la pétition Dillo in italiano (dis-le en italien) a recueilli 70 000 signatures afin de prévenir l’usage excessif des mots étrangers par la presse (la stampa) et les politiciens.

Ainsi, comme une langue vivante, l’italien ne cesse de se transformer et de s’adapter. En 2016, un élève de 7 ans a inventé un nouveau mot : petaloso. Il utilise le mot « petalo », signifiant « pétale » et y ajoute le suffixe « oso ». Ce qui en français donnerait « pétaleux ». Lui et son institutrice ont écrit à l’Accademia della Crusca pour faire entrer le mot dans le dictionnaire (il vocabolario), mais pour cela il faudrait que le mot soit compris et utilisé par les Italiens.

 

Même si la langue a servi à créer une identité nationale, il y a encore des revendications régionales comme le prouve le référendum de 2017 où les électeurs de Lombardie et de Vénétie se sont exprimés en faveur du renforcement de l’autonomie régionale. Il semble donc que certains Italiens ne se sentent pas Italiens. Gaber, un chanteur (il cantante) italien, disait « Io non mi sento italiano/ ma per fortuna o purtroppo lo sono. » 

Léa Mangeot