Rappel sur la politique autrichienne Rappel sur la politique autrichienne
L’Autriche est un sujet souvent délaissé par les germanistes. Cependant, il peut quand même être présent au concours, auquel cas il est capital de... Rappel sur la politique autrichienne

L’Autriche est un sujet souvent délaissé par les germanistes. Cependant, il peut quand même être présent au concours, auquel cas il est capital de savoir en parler. Même si le sujet ne porte pas spécifiquement sur l’Autriche, une référence à ce pays germanophone, souvent oublié, peut plaire aux correcteurs et permettre d’augmenter ta note finale. C’est pour cela que Major-Prépa te propose aujourd’hui de te rafraîchir la mémoire sur la politique autrichienne.

 

La Deuxième République

L’Autriche, annexée par l’Allemagne nazie en 1938 dans le cadre de l’Anschluss, retrouve son indépendance le 27 avril 1945. À l’instar de l’Allemagne, le pays et sa capitale, Vienne, sont occupés par les quatre forces alliées : Grande-Bretagne, USA, URSS et France. En 1955, cela prend fin et l’Autriche retrouve son indépendance politique : c’est le début de la Deuxième République. Ce régime est démocratique, parlementaire et semi-présidentiel. Comme dans beaucoup de démocraties, il y a trois pouvoirs distincts et indépendants : exécutif, législatif et judiciaire. On se concentrera bien sûr sur les deux premiers.

Le pouvoir exécutif est représenté par le président fédéral, ou Bundespräsident (Alexander Van der Bellen actuellement), élu au suffrage universel. Celui-ci nomme le chancelier fédéral, ou Bundeskanzler (Sebastian Kurz actuellement). Il coordonne les ministères, mais ne leur donne pas de directives.

Le pouvoir législatif, quant à lui, est représenté par le Nationalrat, 183 députés élus pour cinq ans au suffrage universel, et par le Bundesrat, composé de 58 sénateurs. Eux-mêmes sont élus par les représentants des parlements des Länder.

 

Les partis politiques

Actuellement, l’ÖVP (Österreichische Volkspartei) est au pouvoir en Autriche, et ce depuis les élections d’octobre 2019. Le parti de Kurz avait gagné les législatives anticipées de 2017 et ce dernier était devenu chef du gouvernement de coalition entre l’ÖVP et le FPÖ (Freiheitliche Partei Österreichs). Les élections législatives de 2019, remportées par l’ÖVP, lui ont permis de constituer un gouvernement uniquement au sein de son parti.

L’ÖVP est un parti chrétien-démocrate, qui pourrait être comparé à la CDU allemande. Kurz s’est notamment distingué par ses mesures économiques très favorables aux employeurs et par sa politique migratoire dure (il souhaite que les flux migratoires soient gérés hors d’Europe et considérablement réduits.) Le FPÖ, quant à lui, est le parti libéral, comparable au FDP allemand.

En dehors de ces deux partis, le parti social-démocrate (Sozialdemokratische Partei Österreichs, ou SPÖ) et les Grünen (parti d’Alexander Van der Bellen) sont les deux autres grands partis populaires. Si la droite gouverne actuellement l’Autriche, la ville de Vienne reste acquise au SPÖ, d’où son surnom « Wien das Rote » (Vienne la Rouge).

 

L’Autriche et l’UE

Pendant la Guerre froide, l’Autriche mène une politique de neutralité. Le Traité d’État autrichien (Österreichischer Staatsvertrag), signé en 1955 et qui donne naissance à une Autriche pleinement indépendante, fait état de la neutralité que l’Autriche doit avoir en tant qu’État. Selon certains analystes, ce choix est fait pour remercier l’URSS de ne pas avoir souhaité l’intégrer au bloc de l’Est.

Donc, l’Autriche ne rejoint l’UE qu’en 1995 et n’a jamais rejoint l’OTAN. Malgré cette neutralité, le modèle politique autrichien est néanmoins resté proche des autres démocraties occidentales : libre-échange, élections libres…

À l’échelle mondiale, l’Autriche joue néanmoins un rôle très important. Vienne accueille par exemple de nombreux sièges d’organisations, affiliées à l’ONU, comme l’Agence internationale de l’énergie atomique ou l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Pierre Heller