Rapport de jury – Allemand LV2 IENA 2018 Rapport de jury – Allemand LV2 IENA 2018
Les statistiques 1 182 candidats, 10,39 de moyenne (4,06 d’écart-type).   Le rapport BILAN GÉNÉRAL DE L’ÉPREUVE « La fin dʼun monde »… En... Rapport de jury – Allemand LV2 IENA 2018

Les statistiques

1 182 candidats, 10,39 de moyenne (4,06 d’écart-type).

 

Le rapport

BILAN GÉNÉRAL DE L’ÉPREUVE

« La fin dʼun monde »… En prenant en compte les faiblesses de nos candidats constatées tous les ans en ce qui concerne la culture générale et les capacités de réflexion, nous avons opté pour un article concret et relativement simple qui traite d’une problématique actuelle, à dominante économique, à partir d’un exemple précis : la disparition programmée du petit commerce, entraînant la désertification des centres-villes.

Il nous a semblé intéressant de connaître la vision et les réactions de nos jeunes candidats sur un sujet qu’ils doivent bien connaître puisqu’ils y sont confrontés dans leur vie quotidienne. Ils devaient sans peine expliquer les raisons de ce phénomène, commenter les changements de comportement des consommateurs (dont ils font partie). Regrettent-t-ils cette évolution ou est-ce que cela les laisse indifférents ? Est-ce une fatalité, ou peut-on inverser cette tendance ? Comment (diverses initiatives des élus locaux) ? Peut-on aujourdʼhui parler d’un retour du commerce de proximité (avec ses caractéristiques, ses avantages, ses inconvénients) ?

Le sujet a plu aux candidats et les a inspirés. Ils devaient parler de leur propre vécu, s’identifier éventuellement avec la situation du texte. Mais ils ne pouvaient pas, en l’occurrence, se servir d’un cours appris par cœur pour commenter. Les correcteurs ont ainsi eu le plaisir de lire des essais souvent assez pertinents.

L’article est tiré d’un support classique de grande qualité, « die Süddeutsche Zeitung ». Il est très bien écrit, plutôt narratif, clairement structuré. Il a été retravaillé et adapté au niveau des candidats. Il a fait l’unanimité auprès du jury de sélection et des correcteurs. Mais le niveau reste globalement préoccupant, l’écart se creuse entre de bons, voire d’excellents candidats, et beaucoup d’autres qui sont parfois extrêmement faibles.

La moyenne est conforme aux consignes données : 10,39/20, avec un écart-type élevé de 4,06 pour l’ensemble des notes (notes allant de 00,10/20 à 19,40/20). Les correcteurs ont donc suivi la consigne d’ouvrir au maximum l’éventail des notes.

 

BILAN SPÉCIFIQUE AUX 3 PARTIES : VERSION / QUESTIONS 1 ET 2 / THÈME

La version :

Elle était tout à fait adaptée, bien dosée, abordable. Globalement, elle fut correctement réussie, mais très sélective comme le révèle l’écart-type très élevé, en raison de faiblesses parfois stupéfiantes constatées dans la maîtrise du français…

Cette version semble tout à fait à la portée de l’étudiant sérieux, On note beaucoup de faux-sens étonnants (= confusions) sur des termes basiques (“erwachsen, Beratung, jemand, nun, zumachen, nett, grüßen, Tür = Thuringe ou Turin !”). Lorsque même les mots les plus évidents (“ihre ersten Skier”) posent problème, nous nous sentons désarmés.

La mise en français de plusieurs structures/termes demande de la finesse. Il y avait des structures complexes (“steht vor der Schließung, dann wurde Hochdeutsch gesprochen, das tut wirklich weh, es hat … gegeben”), des difficultés de traduction (Hochdeutsch) et de rendu dans un français au minimum correct, à défaut dʼêtre fluide et élégant. Soulignons à ce propos un défaut qui sʼaggrave : nous avons été atterrés par les faiblesses/absurdités incroyables rencontrées dans la maîtrise du français (“München = Munique, ils y ont acheté leur station de ski et terrain de football, au Karstadt de Warenhaus, Bayerisch = le Bayernois”) !

Donc, comme tous les ans, manque de réflexion, de cohérence, de logique (le candidat se contredit totalement d’une phrase à l’autre), beaucoup d’inattention (toujours et encore l’oubli du titre !), d’étourderie et – surtout – de laxisme sur la forme : qualité du français, orthographe, accents inconnus, ponctuation calquée sur le modèle allemand, écriture pénible à lire/déchiffrer.

La moyenne de 11,62/20 est conforme aux attentes (écart-type de 4,41, notes allant de 00 à 20). Ce résultat très correct nous a permis d’avoir un petit “matelas de sécurité” (en pensant au thème) pour la correction dans l’optique de la moyenne globale visée.

 

 

Les questions :

Question 1 de compréhension :

Le libellé est clair. Cette question a parfaitement joué son rôle de vérification de la compréhension car, pour bien y répondre, il fallait une lecture fine, relever les divers éléments disséminés sur l’ensemble du texte. Les candidats ont donc souvent une lecture superficielle de la question et du texte. Cette question fut parfois plus commentée que restituée. Des correcteurs demandent de “préciser de nouveau aux futurs candidats que la question 1 est une question de compréhension et que l’on n’explicite pas !”

La 2e partie de la question (“warum ist das schade?”) a été parfois escamotée voire complètement oubliée.

En conséquence, cet exercice fut juste correct et très discriminant (comme le révèle la moyenne).

On a relevé peu de plagiat.

La moyenne nationale est de 10,54/20 (écart-type très élevé de 4,67 / notes allant de 00 à

20/20).

 

Question 2 d’expression personnelle :

Une formulation claire et aisée à comprendre, un sujet concret qui a visiblement inspiré les candidats. Un thème qui ne les a pas déstabilisés : “De manière générale, le sujet a inspiré les candidats. J’ai, en effet, lu des essais très fins et particulièrement bien écrits.”

La formulation brève, ouverte, permet au candidat d’exploiter à sa guise les nombreuses pistes possibles. Sans pour cela accepter des développements travaillés en cours, appris par cœur, placés à tout prix et hors de propos.

Le reproche premier, et systématique, des correcteurs concerne une expression personnelle médiocre, liée évidemment aux lacunes linguistiques, avec un manque de personnalité, de profondeur et d’originalité. Comme tous les ans, on relève les difficultés à appréhender le sujet dans sa globalité, à élaborer et à respecter un plan, à analyser/développer de manière personnelle et cohérente les aspects les plus significatifs, avec des exemples concrets et bien choisis : “Certains candidats ont répété les arguments développés dans le texte et évoqués dans la question n°1 de compréhension (manque d’autonomie langagière pour avancer des idées très personnelles et prendre des risques).”

Sans surprise, d’énormes lacunes sont constatées en culture générale, ainsi que dans le lexique basique (comme dans les autres exercices).

L’exercice fut extrêmement sélectif avec une moyenne tout juste convenable : 10,83/20 (écart-type très élevé de 4,73 / notes allant de 00 à 20).

Cela a suscité divers commentaires sur le niveau attendu et le niveau réel des candidats : “Je trouve qu’il y a une grande différence entre les attentes – légitimes – des concepteurs du sujet et la réalité : je n’ai lu aucune réponse à la question 2 dans laquelle un candidat adopte un point de vue, nuance, explique ses opinions, donne des exemples ; la plupart se contente de broder autour de quelques mots, toujours les mêmes, de décrire vaguement la situation, de revenir au texte et à ce que dit lʼauteur. Mais peut-il en être autrement ?”

Nous rappelons avec force et netteté aux préparationnaires que “rester atone n’est pas une stratégie et que nous maintenons la formule langue + culture, ce qui hausse naturellement le niveau”.

La majorité des candidats a respecté la longueur demandée des réponses. Mais attention au décompte des mots erroné, voire mensonger ! On leur rappelle également que les virgules existent et qu’elles sont les bienvenues…

 

Le thème :

En dépit d’une préparation intensive, de phrases allégées et d’un barème volontairement souple (voire généreux, avec des bonus. Il a été jugé “équilibré et favorable aux candidats”), la moyenne reste insuffisante : 08,39/20 (écart-type de 4,52 / notes allant de 00 à 20/20). D’énormes lacunes ou des phrases non faites voisinent avec de bonnes, voire d’excellentes copies. Il y a un manque flagrant de sérieux de la part des candidats faibles : “Plusieurs phrases sont très faciles, ce qui n’empêche pas certains de les massacrer !” / “C’est parfois absolument désastreux (un charabia déconcertant mélangeant 3 langues…)”

Il serait trop long de citer les horreurs absolues rencontrées. Malgré les conseils inlassablement répétés tous les ans, le thème demeure le point noir, l’exercice exigeant, délicat et révélateur, très sélectif et le moins bien réussi. Il correspond pourtant parfaitement à l’entraînement fait en classe préparatoire dans ce domaine. Les disparités entre les copies sont souvent gigantesques.

Il y eut tout de même d’excellents résultats, comme l’indique la ventilation des notes : “Les candidats sérieux, bien préparés, ont montré un savoir-faire tout à fait satisfaisant dans l’ensemble et tirent vraiment bien leur épingle du jeu. D’autres (15 à 20%) n’essayent même pas (le thème n’est pas fait du tout, le plus souvent il est très incomplet, avec deux ou trois phrases seulement) ou alors écrivent n’importe quoi.”

Les problèmes lexicaux furent nombreux : mots/expressions inventés ; la méconnaissance de certains termes est tout à fait anormale si bien que le lexique le plus simple et le plus banal finit par poser problème (“sʼasseoir, notre directeur, français, les livres, remercier, volontiers, aller à pied”). Que dire alors du vocabulaire un peu plus recherché, sans parler des anglicismes !

Les erreurs grammaticales sont toujours les mêmes et parfaitement identifiées : place du verbe, déclinaisons (hasardeuses ou omises), conjugaisons (prétérit, impératif, verbes de modalité, monstruosités verbales sur werden), passif, conditionnel, verbes à rection prépositionnelle, als/wenn, damit/um … zu, bevor + subordonnée, pronoms personnels ou adjectifs possessifs choisis de manière très aléatoire …

 

CONCLUSION :

Comme chaque année, des résultats très disparates, parfois décourageants. Les correcteurs font état d’une forte hétérogénéité, ainsi que du niveau très faible de certaines copies. En conséquence, le jugement est très mitigé, avec de bonnes surprises ou de la déception, parfois de la perplexité, voire de l’irritation devant des lacunes véritablement indignes : “On ne peut toutefois passer sous silence que certaines copies, peu nombreuses heureusement, sont d’une nullité affligeante et/ou comportent des exercices non faits : thèmes non traduits, auxquels s’ajoutent des thèmes très incomplets et des questions non traitées”.

Le niveau est effectivement extrêmement inégal. On ne peut nier, globalement, un certain travail, mais les connaissances restent mal assimilées et sont réemployées avec beaucoup de maladresses (manque de rigueur = “in meiner Meinung nach / meiner Meinung nach, ist, dass …”) et d’approximations (mots confondus ou estropiés), ce qui est très pénalisant dans les exercices de traduction, même si cela peut parfois divertir le correcteur ! A côté du thème grammatical, même les traductions en français sont souvent du charabia total ou du non-sens.

La faiblesse en thème, l’insuffisance de beaucoup d’essais suscitent tous les ans des commentaires sur le niveau attendu/réel des candidats. Ne visons-nous pas trop haut ? Ne sommes- nous pas devenus trop exigeants ? Le jury national en a discuté et maintient les exigences actuelles. Nous sommes très satisfaits du sujet dont le degré d’équilibre prouve que l’on peut proposer une réflexion de bon niveau, voire exigeante.

Un effort manifeste dans les traductions, en français et en allemand (en contournant intelligemment les traductions) a été noté. Ce n’était pas toujours réussi, mais on sentait la consigne claire des professeurs de classes préparatoires ! Nous avons beaucoup de candidats sérieux, qui ont bien travaillé et qui ont été récompensés, et à côté de cela des copies indignes (qui révèlent un manque total de travail minimal) qui furent impitoyablement sanctionnées, mais qui, hélas, baissent les moyennes.

Attention enfin à lʼécriture : “Lʼécriture illisible de certains candidats est insupportable…”

En ce qui concerne l’évolution des effectifs, la légère baisse de l’an dernier se poursuit, avec 1182 candidats sur 6219 en tout, soit 19% (= -1,27%). Après une stabilisation en 2013 et une nette reprise en 2014, ça repart à la baisse en 2015, 2016, 2017, 2018…

 

Merci à tous les professeurs, pour la qualité de leur travail durant l’année et/ou de leur participation à la correction de ce concours. Bonne réussite à tous pour 2019.

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Flore Deghaye