Rapport de jury – Allemand LV2 IENA 2019 Rapport de jury – Allemand LV2 IENA 2019
Les statistiques 1 247 candidats, 10,28 de moyenne (4,36 d’écart-type). La moyenne est de 10,28/20, avec un écart-type élevé de 4,36 pour l’ensemble des... Rapport de jury – Allemand LV2 IENA 2019

Les statistiques

1 247 candidats, 10,28 de moyenne (4,36 d’écart-type).

La moyenne est de 10,28/20, avec un écart-type élevé de 4,36 pour l’ensemble des notes (notes allant de 00/20 à 20/20). Dans tous les exercices, l’écart-type est très élevé. 

Généralités

« Une éducation non-violente »… En prenant en compte les faiblesses de nos candidats constatées tous les ans en ce qui concerne la culture générale et les capacités de réflexion, nous avons sélectionné un article concret, relativement simple mais riche, qui traite d’une thématique classique familière aux candidats, l’éducation des enfants. Celle-ci est au cœur de l’actualité en France avec le débat passionné sur l’interdiction de la fessée, sur les conséquences de 1968 (« Il est interdit d’interdire ! ») et les changements dans la société (enfant-roi, parents débordés, absents ou séparés, laxistes, copains, trop anxieux/présents, etc…). 

En 1978 déjà, une écrivaine suédoise très engagée fit sensation en lançant un vibrant appel en faveur d’une éducation où la violence est proscrite : frapper un enfant, c’est former un être qui sera agressif voire violent, froid, destructeur, égoïste, plus enclin au suicide. Les dictatures apprécient ce type d’éducation car les jeunes qui ont peur des sanctions seront plus disciplinés et malléables. En Suède, dès 1979, la loi a interdit la fessée, suivie par les autres pays nordiques et par l’Allemagne en 2000. 

C’est un sujet sur lequel chacun a une opinion tranchée, reposant le plus souvent sur son propre vécu. Le texte offre des pistes nouvelles de discussion extrêmement intéressantes, comme la relation entre l’éducation et la violence/délinquance, entre l’éducation et la démocratie. Il a plu aux candidats et les a inspirés. Les correcteurs ont ainsi eu le plaisir de lire des essais plutôt pertinents. 

L’article est tiré d’un support classique de grande qualité, « die Süddeutsche Zeitung ». Il est très bien écrit, clairement structuré. Il a été retravaillé et adapté au niveau des candidats. Il a fait l’unanimité auprès du jury de sélection et des correcteurs. Mais le niveau reste globalement préoccupant, l’écart se creuse entre de bons, voire d’excellents candidats, et beaucoup d’autres qui sont parfois extrêmement faibles.

 

La version

Elle était tout à fait adaptée, bien dosée, abordable. Globalement, elle fut correctement réussie, mais très sélective comme le révèle l’écart-type très élevé. 

Le vocabulaire est classique, sans piège particulier. Par prudence, nous avons donné en note la traduction du mot essentiel (violence) car sans ce mot, c’était la catastrophe assurée. Il y avait quelques structures complexes. Cette version semble donc tout à fait à la portée de l’étudiant sérieux, mais elle est délicate à traduire, le dernier paragraphe en particulier. 

On note beaucoup de faux sens étonnants (= confusions) sur des termes basiques, même les mots les plus évidents (« Appell, Flammen, Lektüre ») posent problème. « On se demande parfois si tous les candidats ont le même texte sous les yeux ! On compense l’ignorance par l’imagination… » Mais il faut souligner encore une fois le défaut majeur : nous avons été atterrés par les faiblesses/absurdités incroyables rencontrées dans la maîtrise du français (féminin de lʼauteur = lʼautrice*). 

Donc, comme tous les ans, manque de réflexion, de cohérence, de logique (le candidat se contredit totalement d’une phrase à l’autre), beaucoup d’inattention (toujours et encore l’oubli du titre !), d’étourderie et – surtout – de laxisme sur la forme : qualité du français, orthographe, accents inconnus, ponctuation calquée sur le modèle allemand, écriture pénible à lire/déchiffrer. 

La moyenne de 11,41/20 est conforme aux attentes (écart-type de 4,90, notes allant de 00 à 20).

 

Les questions

1/ Question 1 de compréhension : Le libellé est clair. 

Cette question a parfaitement joué son rôle de vérification de la compréhension car, pour bien y répondre, il fallait une lecture fine, relever les divers éléments disséminés sur l’ensemble du texte. Les candidats ont donc souvent une lecture superficielle de la question et du texte. Cette question fut aussi parfois plus commentée que restituée. Des correcteurs demandent de « préciser de nouveau aux futurs candidats que la question 1 est une question de compréhension et que l’on n’explicite pas ! » 

En conséquence, cet exercice fut juste correct et très discriminant (comme le révèle la moyenne). 

On a relevé peu de plagiat, mais beaucoup de copies font du « blabla » : introduction et conclusion de 40/50 mots chacune, répétant à gogo les termes de la question posée. « La majorité n’a pas relevé l’écho grandissant de l’appel de Lindgren dans la société civile et beaucoup ont compris le lien avec la démocratie à l’envers : les dictateurs demandant ainsi aux parents de frapper leurs enfants. » 

La moyenne est de 10,59/20 avec un écart-type très élevé de 4,70 et des notes allant de 00 à 20/20). 

2/ Question 2 d’expression personnelle : 

Nous avons opté pour une formulation de la question on ne peut plus concise, aisée à comprendre, un peu provocatrice, ouverte, qui permet au candidat d’exploiter à sa guise les nombreuses pistes possibles. Il devait parler de ses propres expériences, s’identifier éventuellement avec les thèses du texte ou les contredire, voire se projeter dans l’avenir (en tant que futur parent !). C’est un sujet classique qui a visiblement inspiré les candidats, en tout cas un thème qui ne les a pas déstabilisés. 

Le reproche premier, et systématique, des correcteurs concerne une expression personnelle médiocre, liée évidemment aux lacunes linguistiques, avec un manque de personnalité, de profondeur et d’originalité. On trouve le meilleur comme le pire. Comme tous les ans, on relève les difficultés à appréhender le sujet dans sa globalité, à élaborer et à respecter un plan, à analyser/développer de manière personnelle et cohérente les aspects les plus significatifs, avec des exemples concrets et bien choisis : « Beaucoup de candidats ont compensé en proposant des exemples de leur vie personnelle. Un grand nombre a eu du mal à cerner le concept même de « cool », le rendant synonyme de « bon » ou réduit à « non violent » – ce qui les ramenait à reprendre le contenu de la question 1.

Dans la majorité des cas, c’est un plan « oui, mais » qui a été choisi. Quelques copies ont cité le débat sur la fessée en France (sans toutefois savoir le dire en allemand), plusieurs ont fait des références (pas toujours bien maîtrisées) à mai 68, Sigmund Freud, et/ou Alice Miller et aux « Helikopter-Eltern », ce qui était une bonne surprise. » 

Sans surprise, d’énormes lacunes sont constatées en culture générale (en 1970, la paix mondiale était encore menacée par la dictature allemande !) ainsi que dans le lexique basique (comme dans les autres exercices). 

En conséquence, l’exercice fut extrêmement sélectif avec une moyenne tout juste convenable : 10,56/20 (écart-type très élevé de 5,10. Les notes allant de 00 à 20). 

La majorité des candidats a respecté la longueur demandée des réponses. Mais attention au décompte des mots erroné, voire mensonger ! On leur rappelle également que les virgules existent et qu’elles sont les bienvenues.  

 

Le thème

En dépit d’une préparation intensive, de phrases allégées et d’un barème volontairement souple (voire généreux, avec des bonus. Il a été jugé « équilibré et favorable aux candidats »), la moyenne reste très insuffisante : 08,39/20 (écart-type de 4,83, les notes allant de 00 à 20/20). 

D’énormes lacunes ou des phrases non traduites (parfois thème non fait) voisinent avec de bonnes, voire d’excellentes copies. Il y a un manque flagrant de sérieux de la part de beaucoup de candidats. Ces faiblesses ahurissantes ne sont plus un problème de maîtrise linguistique quand le verbe n’est pas accordé avec son sujet ou qu’il n’y a aucune déclinaison à l’adjectif ! Les 5 premières phrases sont faciles, la phrase 2 est cadeau. Toutes les phrases sont l’application stricte des points de grammaire essentiels qui sont sans cesse travaillés au lycée et en Prépa : passif, conditionnel, je … desto. Il n’y a pas de piège, pas de surprise, le vocabulaire est classique, voire banal/basique. 

Il serait trop long de citer les horreurs absolues rencontrées. Malgré les conseils inlassablement répétés tous les ans, le thème demeure le point noir, l’exercice exigeant, délicat et révélateur, très sélectif et le moins bien réussi. Il correspond pourtant parfaitement à l’entraînement fait en classe préparatoire dans ce domaine. Les disparités entre les copies sont souvent gigantesques. Il y eut tout de même d’excellents résultats, comme l’indique la ventilation des notes : « D’autres n’essayent même pas. Le thème n’est pas fait du tout, le plus souvent il est très incomplet, avec deux ou trois phrases seulement, ou alors ils écrivent n’importe quoi. »

Les problèmes lexicaux furent nombreux : mots/expressions inventés ou mal fixés ; la méconnaissance de certains termes est tout à fait anormale (« les Allemands ») si bien que le lexique le plus simple et le plus banal finit par poser problème. 

Les erreurs grammaticales sont toujours les mêmes et parfaitement identifiées.

 

Conclusion

Comme chaque année, des résultats très disparates, parfois décourageants. Les correcteurs font état d’une forte hétérogénéité, ainsi que du niveau très faible de certaines copies. En conséquence, le jugement est très mitigé. 

Le niveau est effectivement extrêmement inégal (énormes différences de qualité entre les copies). On ne peut nier, globalement, un certain travail, mais les connaissances restent mal assimilées et sont réemployées avec beaucoup de maladresses et d’approximations. A côté du thème grammatical, même les traductions en français sont souvent du « charabia » total ou du non-sens. 

La faiblesse en thème, l’insuffisance de beaucoup d’essais suscitent tous les ans des commentaires sur le niveau attendu/réel des candidats. Ne visons-nous pas trop haut ? Ne sommes- nous pas devenus trop exigeants ? Le jury en a discuté et maintient les exigences actuelles. Nous sommes très satisfaits du sujet dont le degré d’équilibre prouve que l’on peut proposer une réflexion de bon niveau, voire exigeante. 

Un effort manifeste dans les traductions, en français et en allemand (en contournant intelligemment les traductions) a été noté. Nous avons beaucoup de candidats sérieux, qui ont bien travaillé et qui ont été récompensés, et à côté de cela des copies indignes (qui révèlent un manque total de travail minimal) qui furent impitoyablement sanctionnées, mais qui, hélas, baissent lourdement les moyennes. 

Attention enfin à l’écriture : « L’écriture illisible de certains candidats est insupportable… » (heureusement que l’on peut dorénavant, avec le nouveau logiciel, zoomer sur la copie virtuelle).

 En ce qui concerne l’évolution des effectifs, notons une légère reprise cette année, avec 1247 candidats-LV2 sur 5919 en tout, soit 21,07% (= +2,07%). A confirmer après la baisse en 2015, 2016, 2017, 2018… 

Merci à tous les professeurs, pour la qualité de leur travail durant l’année et de leur participation à la correction de ce concours. Bonne réussite à tous pour 2020. 

Flore Deghaye