Rapport de jury – Allemand LV2 IENA 2020 Rapport de jury – Allemand LV2 IENA 2020
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Tu peux retrouver le sujet de l’épreuve ici : LV2 Allemand IENA 2020 – Sujet

Tu peux également retrouver l’analyse du sujet ici : LV2 Allemand IENA 2020 – Analyse du sujet

 

Les statistiques

La moyenne générale est conforme aux consignes données : 10,39/20, avec un écart-type élevé de 4,28 pour l’ensemble des notes (notes allant de 00/20 à 20/20).

En ce qui concerne l’évolution des effectifs, nouvelle baisse (comme en 2015, 2016, 2017, 2018) après la légère reprise de 2019, avec 933 candidats sur 4685 en tout, soit 19,9% (= -1,17%).

La version

La moyenne de 11,18/20 est conforme aux attentes (écart-type de 4,95, notes allant de 00 à 20). Heureusement qu’un certain nombre de copies sérieuses ont permis de relever le niveau. Ce résultat nous a permis d’avoir un petit « matelas de sécurité » (en pensant au thème) pour la correction dans l’optique de la moyenne globale visée.

La question de compréhension

La moyenne est de 10,47/20 (écart-type très élevé de 4,90 / notes allant de 00 à 20/20).

La question d’expression personnelle

En conséquence, l’exercice fut extrêmement sélectif avec une moyenne juste convenable : 10,58/20 (écart-type très élevé de 4,95 / notes allant de 00 à 20).

Le thème

En dépit d’une préparation intensive, de phrases allégées et d’un barème volontairement souple (voire généreux, avec des bonus. Il a été jugé « équilibré et favorable aux candidats »), la moyenne reste très insuffisante : 09,18/20 (écart-type de 5,02 / notes allant de 00 à 20/20).

 

Le rapport de jury de LV2 Allemand IENA 2020

Généralités

« La pauvreté relative » : en prenant en compte les faiblesses de nos candidats constatées tous les ans en ce qui concerne la culture générale et les capacités de réflexion, les concepteurs de l’épreuve ont sélectionné un article qui traite d’une histoire concrète, relativement classique : les problèmes financiers d’une étudiante. En effet, ses parents, pourtant salariés (artisans), ne peuvent l’aider, aussi bien financièrement qu’intellectuellement. C’est une difficulté à laquelle un grand nombre de nos candidats est confronté ; ils pouvaient ainsi s’identifier aisément à cette jeune étudiante.

A l’époque de la conception des sujets, la crise des « Gilets jaunes » était encore dans tous les esprits et c’était l’exemple même du concept de « pauvreté relative » illustré par notre texte-support : des gens qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois, à vivre normalement, bien qu’ils aient un emploi stable et rémunéré. Entretemps, la crise du virus est passée par là, et on a alors parlé d’un monde nouveau, « du monde d’après », avec de nouvelles priorités et valeurs, une meilleure répartition des richesses, avec un coup de projecteur nouveau sur le monde d’en bas, les « petits métiers », mal payés et soudain devenus si essentiels.

Tous ces éléments (qui n’avaient évidemment pas été prévus !) rendent le texte-support qui, à l’époque, aurait pu paraître banal, plus actuel que jamais ! Tout ceci devait entraîner des analyses personnelles, riches (voire inattendues), pertinentes, nuancées. Il a plu aux candidats et les a inspirés. Les correcteurs ont ainsi eu le plaisir de lire des essais plutôt pertinents.

L’article est tiré de « Bento », le magazine des jeunes du SPIEGEL dont le style dynamique et les thématiques ciblées sont parfaitement adaptés aux capacités actuelles de nos candidats LV2. Il a fait l’unanimité auprès du jury de sélection et des correcteurs. Mais le niveau reste globalement préoccupant, l’écart se creuse entre de bons, voire d’excellents candidats, et beaucoup d’autres qui sont parfois extrêmement faibles.

La version

Elle était tout à fait adaptée, bien dosée, abordable. Globalement, elle fut correctement réussie, mais extrêmement sélective comme le révèle l’écart-type très élevé.

Le vocabulaire est classique, sans piège particulier. Mais les concepteurs n’avaient pas imaginé que les mots les plus simples allaient poser d’énormes problèmes (Fußgängerzone, überall, Arbeiterkind …) Quand le candidat traduit « Studium » par « studio » et qu’il compense l’ignorance de ce mot par une imagination débridée, on imagine les contre sens que cela entraîne : le candidat se fonde sur l’unique mot qu’il croit avoir bien compris et « tord » la phrase pour la faire correspondre à ce terme. Le correcteur se demande alors si les candidats traduisent bien le même texte !

Le passage « Sie ist eine Ausnahme unter Studenten … nicht wie die anderen ist » a été très souvent une véritable catastrophe (méconnaissance du second sens de « unter » = « une sous- étudiante »). On note donc beaucoup de faux sens étonnants sur des termes pourtant basiques du vocabulaire de la Prépa (Schaufenster, fremd, bewusst, Bemühugen, soziale Schichten, spüren, Handwerker, trennen, bei, aufwachsen …) Et il faut souligner encore une fois le défaut majeur : les faiblesses/absurdités incroyables rencontrées dans la maîtrise du français (Friseurin = friseuse).

« Il faudrait que les candidats travaillent l’analyse morpho-syntaxique : le « s » de Hamburg, la dérivation (Ausnahme, Bemühungen), le mot composé (Arbeiterkind), les marqueurs du groupe infinitif (virgules, zu + infinitif), la place et la déclinaison caractéristique du COI pluriel … Ceci leur permettrait de faire des déductions sémantiques et d’éviter les contre sens les plus grossiers. »

Donc, comme tous les ans, manque de réflexion, de cohérence, de logique (le candidat se contredit totalement d’une phrase à l’autre), beaucoup d’inattention (toujours et encore l’oubli du titre !), d’étourderie et – surtout – de laxisme sur la forme : qualité du français, orthographe, accents inconnus, ponctuation calquée sur le modèle allemand, ratures et écriture pénibles à lire/déchiffrer.

Les questions

1/ Question 1 de compréhension

Le libellé est clair. Cette question (explicitation du concept « relative Armut ») a parfaitement joué son rôle de vérification de la compréhension car, pour bien y répondre, il fallait une lecture fine, relever les divers éléments disséminés sur l’ensemble du texte. Les candidats ont donc souvent une lecture superficielle de la question et du texte. Cette question fut aussi parfois plus commentée que restituée. Des correcteurs demandent de « préciser de nouveau aux futurs candidats que la question 1 est une question de compréhension et que l’on n’explicite pas ! »

En conséquence, cet exercice fut juste correct et très discriminant (comme le révèle l’écart- type). On a relevé peu de plagiat. Au vu de la compréhension parfois catastrophique de la version, les correcteurs redoutaient la même chose dans cette question de compréhension. Ce ne fut heureusement pas tout à fait le cas. Globalement, les candidats ayant bien compris le concept ainsi que les difficultés de Jana, ils ont pu tirer leur épingle du jeu. « L’élément de réponse qui a le plus souvent manqué était le fait que Jana ne bénéficie pas du soutien financier de ses parents, contrairement à bon nombre d’étudiants. Le contre sens le plus fréquent fut celui qui ressortait déjà de la version : « Arbeiterkind » faisant écrire aux candidats que Jana a un travail salarié en parallèle de ses études. »

2/ Question 2 d’expression personnelle

La formulation de la question est concise, aisée à comprendre, ouverte ; elle permet au candidat d’exploiter à sa guise les nombreuses pistes possibles. La thématique aurait pu sembler banale si l’actualité ne l’avait pas soudain remise au premier plan des débats.

Comme tous les ans, on relève les difficultés à appréhender le sujet dans sa globalité, à élaborer et à respecter un plan, à analyser/développer de manière personnelle et cohérente les aspects les plus significatifs, avec des exemples concrets et bien choisis : « Les candidats devraient maitriser les bases de l’exercice argumentatif : plan et structuration (introduction, conclusion), éviter les affirmations à l’emporte-pièce non étayées par des exemples, maîtriser les mots de liaison (einerseits/andererseits, zuerst, außerdem, allerdings, deshalb, nämlich), se constituer un bagage de structures verbales (avec leur conjugaison !) pour faciliter l’expression de leur pensée : les modaux (bien maîtrisés), des expressions telles que : es liegt daran, dass / es führt dazu, dass / es zeigt, dass (et non « schaut ») / es bedeutet, dass (et non « es meint »), etc. Cela leur sera plus utile que les sempiternelle phrases vides de sens et des expressions d’opinion personnelle utilisées à mauvais escient pour introduire un élément factuel : « Ich denke, dass die aktuelle Welt globalisiert ist. »

Certains candidats ont aussi répondu à une autre question que celle qui était posée, à savoir « L’argent fait-il le bonheur ? / A-t-on besoin de (beaucoup) d’argent pour vivre ? » / L’économie/la croissance est-elle le moteur de la société ? » Les copies réussies du point de vue du contenu ont su s’interroger sur le sens des mots-clés (Geld, Motor et Gesellschaft) en variant les échelles (individu, monde du travail/salaire, financiarisation de l’économie/rôle des banques, économie du partage, frugalité volontaire), et les perspectives (moteur ou entrave ?) Le tout, sans tomber dans l’écueil de la naïveté. »

Sans surprise, d’énormes lacunes sont constatées dans la qualité/profondeur de la réflexion et en culture générale ainsi que dans le lexique basique (comme dans les autres exercices).

La majorité des candidats a respecté la longueur demandée des réponses. Mais attention au décompte des mots erroné, voire mensonger ! On leur rappelle également que les virgules existent et qu’elles sont les bienvenues…

Le thème

D’énormes lacunes ou des phrases non traduites (parfois thème non fait) voisinent avec de bonnes, voire d’excellentes copies. Il y a un manque flagrant de sérieux de la part de beaucoup de candidats. Ces faiblesses ahurissantes ne sont plus un problème de maîtrise linguistique quand le verbe n’est pas accordé avec son sujet ou qu’il n’y a aucune déclinaison à l’adjectif ! Toutes les phrases sont l’application stricte des points de grammaire essentiels qui sont sans cesse travaillés au lycée et en classe préparatoire (« on peut d’ailleurs se demander si la passif y est toujours enseigné ?! »). Il n’y a pas de piège, pas de surprise, le vocabulaire est classique, voire banal/basique.

Il serait trop long de citer les erreurs absolues rencontrées. Malgré les conseils inlassablement répétés tous les ans, le thème demeure le point noir, l’exercice exigeant, délicat et révélateur, très sélectif et le moins bien réussi. Il correspond pourtant parfaitement à l’entraînement fait en classe prépa dans ce domaine. Les disparités entre les copies sont souvent gigantesques.

Les problèmes lexicaux furent nombreux : mots/expressions inventés ou mal fixés ; la méconnaissance de certains termes est tout à fait anormale si bien que le lexique le plus simple et le plus banal finit par poser problème (träumen, bitte, Klimawandel, handeln, Arbeitslosigkeit, Studentin, streiken, zu Fuß gehen, brauchen, bekannt, das Flugzeug nehmen …)

Les erreurs grammaticales sont toujours les mêmes et parfaitement identifiées ; « Indubitablement, le point noir ce sont les conjugaisons, y compris de verbes très fréquents tels que être, avoir, savoir, aller et les modaux… »

 

Conclusion

Comme chaque année, des résultats très disparates, parfois décourageants. Les correcteurs font état d’une forte hétérogénéité, ainsi que du niveau très faible de certaines copies. En conséquence, le jugement est très mitigé.

Le niveau est effectivement extrêmement inégal (énormes différences de qualité entre les copies). On ne peut nier, globalement, un certain travail, mais les connaissances restent mal assimilées et sont réemployées avec beaucoup de maladresses et d’approximations. A côté du thème grammatical, même les traductions en français sont souvent du charabia total ou du non-sens.

Un effort manifeste dans les traductions, en français et en allemand (en contournant intelligemment les traductions) a été noté. Ce n’était pas toujours réussi, mais on sentait la consigne claire des professeurs des classes préparatoires ! Nous avons beaucoup de candidats sérieux, qui ont bien travaillé et qui ont été récompensés, et à côté de cela des copies mauvaises (qui révèlent un manque total de travail minimal) qui furent impitoyablement sanctionnées, mais qui, hélas, baissent les moyennes.

Attention enfin à l’écriture : « L’écriture illisible de certains candidats, ainsi que les nombreuses ratures sont insupportables… » Heureusement que le correcteur peut dorénavant, avec le nouveau logiciel, zoomer sur la copie virtuelle.

Une question importante a été posée pendant le jury-IENA : « Est-ce que la crise sanitaire n’a pas affecté gravement la préparation des candidats de première année ? Est-ce qu’il ne faudrait pas en tenir compte en 2021 ? » Mais comment évaluer cet impact négatif, s’il existe ? Le jury en a discuté et maintient les exigences et le niveau du concours actuels pour l’an prochain.

Merci à tous les professeurs, pour la qualité de leur travail durant l’année et de leur participation à la correction de ce concours. Bonne réussite à tous pour 2021.

Nicolas Doan

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