Rapport de jury – Anglais LV1 ELVI 2018 Rapport de jury – Anglais LV1 ELVI 2018
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Tu peux trouver le sujet ici : LV1 Anglais ELVi 2018 – Sujet

Et l’analyse là : LV1 Anglais ELVi 2018 – Analyse du sujet

 

Les statistiques

8427 candidats, 10,14 de moyenne (3,63 d’écart-type).

 

Le rapport

Sujet 

Les candidats traitent 4 exercices : 1 thème (traduction de 200 mots de français en anglais), 1 version (traduction de 250 mots d’anglais en français) et 2 rédactions de 250 mots chacun, dont un résumé et un essai d’opinion, suite à la lecture d’un article de la presse anglo-saxonne de 850 mots. Le nombre de mots dans chaque item peut varier de +/- 10%.

 

Sujet 2018 

Les deux traductions sont des extraits d’œuvres de fiction littéraires :

Le thème, extrait du roman de Marc Dugain, L’Emprise, publié en 2014, décrit une scène où deux personnages se rencontrent dans une boutique et ensuite dans la rue où leur conversation se poursuit. Le texte est composé d’une moitié environ de description et de l’autre de dialogue. Il comporte des éléments de lexique basiques ainsi que des items plus complexes, une variété de constructions grammaticales et des expressions « orales » courantes.

La version est un extrait du 13ème roman de l’écrivain britannique Rose Tremain The Gustav Sonata, publié en 2016, une œuvre de fiction historique située en Suisse pendant la deuxième guerre mondiale. Il s’agit de l’évocation de l’environnement du personnage principal pendant sa petite enfance, décrivant sa relation avec sa mère et son père défunt. Sans complexité particulière à la compréhension, le texte contient quelques défis notamment dans la concordance des temps et la précision lexicale. Le texte est principalement descriptif, sans dialogue, avec environ 40 mots prononcés par le personnage de la mère.

 

Sujet 2017 

Le thème : extrait du roman autobiographique La Promesse de l’Aube de Romain Gary (1960) évoquant l’adolescence de l’auteur.

La version : extrait du roman Let the Great World Spin de l’auteur irlandais Colum McCann (2008) dont l’action se situe à New York dans les années 1970.

 

Pour l’Expression écrite, les candidats ont été confrontés à un éditorial de Glenda Elizabeth Gilmore, intitulé “Colin Kaepernick and the Myth of the ‘Good’ Protest” (874 mots) extrait du The New York Times du 20 novembre 2017. Gilmore est Woodward Professor d’Histoire à Yale University. Son dernier livre “These United States : A Nation in the Making 1890 to Present” a obtenu plusieurs prix. Le texte a été choisi par les examinateurs des quatre écoles en janvier 2018 pour les vastes possibilités qu’il offrait au candidat d’aborder la culture générale du monde anglophone.

Cet éditorial de Gilmore évoque Colin Kaepernick, le quarterback de la National Football League, qui a été nommé “Citoyen de l’Année” par GQ Magazine. Le sujet s’appuie sur un acte symbolique par Kaepernick, un joueur de football américain, en guise de protestation contre l’injustice raciale aux Etats-Unis, qui a soulevé la controverse. Donald Trump a suggéré que Kaepernick soit licencié pour «irrespect de notre drapeau». D’autres ont pensé que Kaepernick ne devrait pas mélanger sport et politique. Dans son éditorial, Gilmore déclare que ces controverses autour de Kaepernick démontrent la méconnaissance des Américains sur le fonctionnement d’une protestation et rappellent le mythe du « good protest ». Les Américains pensent qu’une “good protest” est un acte spontané d’un individu isolé, qui n’appartient à aucune organisation politique, et qui est considéré comme le «premier» de la sorte. Le mythe du «good protest» se concentre sur l’action individuelle plutôt que l’action collective «spade work». Ce mythe obscurcit l’histoire des protestations contre la discrimination raciale et engendre la suspicion envers les organisations politiques comme la NAACP et Black Lives Matter.

 

Les candidats sont invités à :

 

  • expliquer comment l’auteur démontre que l’incompréhension du geste du footballeur déforme ou donne une fausse image des mouvements de contestation aux Etats-Unis,

 

  • donner leur opinion sur les circonstances où le citoyen individuel peut ou doit prendre position ou agir afin d’aboutir à des changements sociaux, avec, en appui, des exemples tirés de l’actualité ou de l’histoire des pays anglophones.

 

Pour les deux rédactions, la consigne est donnée de composer dans ses propres mots sans citer l’article directement.

 

En 2017, les candidats ont exploré un éditorial de Paul Krugman intitulé “The Populism Complex” (805 mots) extrait du The New York Times. Krugman est un Distinguished Professor of Economics à la Graduate Center of the City University of New York. En 2008, Krugman a reçu le Prix Nobel d’économie pour ses contributions au “New Trade Theory and New Economic Geography”.

 

 

Barème, attentes du jury

Les deux traductions réunies représentent 40% de la note et les deux rédactions 60%.

Les traductions sont divisées en 5 sections de difficulté à peu près équivalente et notées selon des critères de compréhension du texte original, de justesse grammaticale et lexicale dans la traduction, de style, de registre ou ton, et d’orthographe. Les critères sont communs aux deux exercices de traduction.

Les meilleures copies tiennent compte du style de l’original et se lisent de manière fluide et cohérente, sans faute grave ni contresens. Le candidat peut faire preuve de créativité dans son choix d’expressions et de lexique ainsi que dans sa manière de présenter son texte, en changeant l’ordre des mots ou des parties de phrase, par exemple. Une traduction ‘mot à mot’, linéaire, même correcte linguistiquement, n’obtiendra pas de note excellente, car manquant de style.

Pour le thème, les correcteurs recherchent le respect des règles de grammaire et de syntaxe de base, la connaissance du vocabulaire et des expressions courantes et, pour les parties complexes, des tentatives intelligentes de solutions à travers la compréhension du contexte et l’appréciation de la nature du texte.

Pour la version, les correcteurs s’attendent à ce que les candidats démontrent leur compréhension du texte en anglais en fournissant une traduction cohérente et sensée, et par ailleurs ils espèrent trouver une maîtrise de la langue française digne de candidats du niveau Bac+2.

Les rédactions sont notées en fonction de la justesse de la langue (grammaire, champ lexical), la structure de la composition (mots de liaison, cohérence des arguments), la compréhension de l’article d’origine (aspects de l’article reformulés en adéquation avec les consignes données) et la pertinence du contenu (qualité de l’argumentation, validité des références culturelles). La qualité linguistique est néanmoins le facteur de réussite déterminant, dans la mesure où une rédaction présentant des défauts linguistiques trop nombreux n’obtiendra pas la moyenne quelle que soit la qualité du contenu. A l’inverse, un essai bien rédigé mais sans références adéquates et sans originalité obtiendra au moins 10/20.

En outre, le candidat ne doit pas confondre le but des deux rédactions soit en donnant son avis personnel dans le premier essai, où il doit se référer uniquement à l’avis exprimé par l’auteur, soit en paraphrasant l’article dans le deuxième, où il doit élargir le champ du débat pour tenir compte du contexte général, en illustrant ses propos avec des exemples spécifiques et concrets.

Pour la question 1, les correcteurs attendaient une reformulation des arguments de l’auteur avec un lexique riche ; ainsi que suffisamment d’éléments qui démontrent une compréhension claire des arguments. Mais cela n’était pas nécessaire d’avoir la totalité des exemples.

Des exemples d’arguments que le candidat aurait pu offrir sont :

 

ROSA PARKS : elle a pris part à la lutte pendant les années 1930-1940 ; Parks s’est inspirée de l’exemple de Pauli Murray qui a refusé de laisser son siège dans le bus à Petersburg, Virginie en 1940. Des soldats noirs de la deuxième guerre mondiale ont été battus pour avoir tenté l’intégration dans les bus ; Murray a entrainé les manifestants. Les actions de Murray ont débouché sur Morgan v. Virginia (déségrégation dans les bus «interstate»). Parks a consciemment tiré parti de Morgan v. Virginia pour l’appliquer à Montgomery. L’action de Parks comptait plus qu’un simple siège de bus ; elle incluait aussi Jim Crow.

 

WOOLWORTH COUNTER SIT-INS : Les étudiants noirs de l’université de Greensboro, North Carolina, conseillés par la militante Ella Baker; Ils ont aussi été inspirés par le “stool sitting” des étudiants de Howard University au début des années 1940 (aussi entrainés par Murray); ces étudiants de Greensboro ont pris pour cible les chaines nationales de magasins, ce qui montre une stratégie claire et une organisation intense. Les sit-ins de Greensboro ne concernaient pas seulement les hamburgers ; ils concernaient aussi le droit de vote et les opportunités en éducation.

 

Remarques de correction, commentaires synthétiques

 

Traductions

Thème :

Une épreuve difficile où beaucoup de candidats ont peiné à atteindre la moyenne.

 

Les deux dernières sections du texte, ainsi que les éléments de dialogue, ont globalement été les plus réussies. Les meilleures copies ont montré une bonne maîtrise de la langue avec des tournures idiomatiques bien utilisées, une belle fluidité, et des traductions originales et intéressantes. Les temps dans l’ensemble étaient assez bien traités.

 

Les difficultés principales rencontrées par les candidats :

Lexique : la traduction de certains mots pourtant usuels ou évidents tels que ‘lampe’, ‘immeuble’, ‘lunettes de soleil’ ou ‘la vendeuse’, des verbes courants (peser, porter, livrer) et la méconnaissance de la différence entre ‘watch’ et ‘look at’ pour ‘regarder’, ‘wear’ et ‘carry’ pour ‘porter’, ‘say’ et ‘tell’ pour ‘dire’, ‘leave’ et ‘let’ pour ‘laisser’ ou ‘I’m afraid not’ et ‘I’m not scared’ pour ‘J’ai peur que non’.

La tournure interrogative ‘n’est-ce pas’ traduite par ‘isn’t it?’ sans tenir compte de la structure imposée par le temps du premier verbe et son nombre en anglais (“Vous êtes à deux pas, n’est-ce pas?” et “Vous êtes Mme Launay, n’est-ce pas?”)

La négation dans la première phrase ‘Aucun objet…’ a donné ‘None object/Not any item/Any article’ au lieu de ‘None of the articles/ Not one of the objects…’

La construction des temps: I not said that*; I didn’t said*; I wasn’t say*; I don’t have said*; we was close*; before that she had could answer at the question*; can you has been help me*; she tooks*; I will probably cannot*; it not weighs much*; are you will delivery me*; doesn’t you’ll delive*r…

 

Version

La compréhension générale était relativement simple, ce qui a permis à certains candidats de ‘rattraper’ un thème moins bien traité et aux meilleurs candidats de briller.

Ceux-çi ont su adopter le ton élégant de l’original dans un français fluide et naturel qui était agréable à lire. Quelques éléments de lexique peu courants – ‘a reedy voice’, ‘straggly hair’, ‘an oak sideboard’ et ‘posies of gentian flowers’ – ont pu poser problème, mais des suppositions inspirées basées sur une lecture attentive étaient souvent acceptables bien que pas tout à fait précises.

Cependant, une traduction mot par mot a mené de nombreux candidats à des erreurs d’interprétation et à des contresens, du fait des différences dans les concordances des temps entre l’anglais et le français. Ceci était particulièrement en évidence dans la traduction du ‘would’ fréquentatif en anglais qui apparait à trois reprises dans le texte ; par exemple, ‘Emilie would remind her son every year’ est traduit par le conditionnel ‘rappellerait’* ou encore ‘a voulu rappeler’*; la maladresse ‘il pouvait seulement voir’* pour ‘he could see only (that)…’ (Il voyait simplement que…).

La traduction mot à mot sans tenir compte du sens du résultat a produit des barbarismes tels que ‘sonner bébé à ses yeux’* pour ‘sound babyish’ (sembler/paraître enfantin), ‘son seule’* et ‘son clône’* pour ‘(his ‘Mutti’),his alone’ (la sienne, à lui (tout) seul), ‘ses mains pressées les unes avec les autres’* pour ‘her hands pressed together’ (les mains jointes), ‘un homme bienveillant’* ou ‘un homme qui avait l’air bon’* pour ‘a good-looking man’ (un bel homme) et ‘prier pour son père alcoolique’ pour ‘pray for his father’s soul’ (prier pour l’âme de son père).

L’orthographe, et encore et toujours les entorses faites au prétérit : disa*, comprena*, se tena*, fesa*, décidit*, il a tord/tords/torre* (il a tort), il mourrit*, héro*, bouttons*, briance* (brillance), dessendre*, enlassées* (enlaçées), sourrir*, s’agenouillir*, la Souisse*…

 

Expression Ecrite

Question 1 :

Résumés plus ou moins clairs et bien rédigés, compréhension générale de l’article dans une majorité de copies.

Compréhension biaisée dans certaines copies : les paragraphes 3 et 4 ne sont pas toujours perçus comme la conception commune et erronée de la contestation politique, mais comme l’approche propre à l’auteur, à l’encontre du reste du texte, d’où des contradictions dans la réponse à la question.

 

Les notions historiques telles que Jim Crow sont parfois nommées, mais manifestement incomprises, comme la chronologie des événements évoqués dans le document : ‘Rosa Parks started her fight in the 19th century’*; Parks’s work was followed by Pauli Murray’s’*; Greensboro est parfois interprété comme un nom de personne; ‘Morgan v. Virginia’ est parfois vu comme l’aboutissement de la déségrégation, en contradiction avec le reste du texte.

Parfois les candidats dévient de la question posée : ainsi Snowden, Assange et Mandela apparaissent parfois pour étayer la réponse à la question 1, ce qui est évidemment hors de propos.

 

Question 2

Les meilleures copies ont su puiser dans les événements récents (scandale Weinstein, fusillades dans les écoles aux E.U.) pour illustrer leurs propos, comme dans l’histoire de la contestation politique (the Boston Tea Party, le combat des Suffragettes, la conquête des lois de protection sociale en Grande Bretagne.)

Des candidats s’écartent de la question posée : on voit mal la pertinence de la guerre du Vietnam et celle de Corée pour illustrer les combats pour ‘social change’. Même objection à l’égard du ‘printemps arabe’ ou de la croissance de ‘Podemos’ en Espagne, qui n’ont rien à voir avec ‘the English-speaking world. Une lecture attentive du sujet s’impose donc.

 

Les connaissances mal assimilées et les affirmations erronées desservent les candidats: ‘the Alfred Weinstein scandal’*, ‘ Ophrah Winsfrein’*, ‘the Superball’* (Super Bowl), ‘the tragic murder of Nelson Mandela’*, ‘the Second Amendment allows people to rebel to bring social change’*, ‘in the early 7Os, the Vietnam et Corea (sic) wars…*’, in the US 80% of men in jail are black people’*, ‘the NRA, a firm which sells arms’*. Rien de mieux pour démontrer la superficialité de ses connaissances.

Les fautes d’anglais sont nombreuses :

  • formes verbales mal maîtrisées (will *endangered, they *do have raised, it *have deleted shame (?), it should be *understand, etc…).

 

  • barbarismes : ‘rebel *theirself’, ‘*totalitarism’, ‘*althought’, ‘the *autor’: la liste est trop longue à énumérer.

 

  • génitif mal maîtrisé : ‘the *Kaepernick’s protest’.

 

  • vocabulaire incertain : confusions classiques entre ‘to lose’ et ‘to loose’; ; ‘resume’ et ‘sum up’; ‘criticism’, ”critic, ‘to criticize’; ‘politics’, ‘politicians’, ‘policy’, etc…

 

4 – Conseils aux futurs candidats

 

Les traductions :

 

  • Réviser les temps et les structures basiques en anglais et en français avant l’épreuve
  • Ne pas calquer le temps des verbes d’une langue à l’autre : les concordances ne sont pas

identiques : penser au sens

 

  • Lire les textes en entier afin de saisir le sens et le registre, obtenir une impression générale avant de commencer à composer

 

  • Respecter le style autant que le sens du contenu. Apporter quelques « fioritures », tout en respectant le registre de l’original

 

  • Oser prendre des risques (calculés !) en changeant l’ordre des mots, en se permettant d’utiliser des expressions et des tournures de phrase idiomatiques ou poétiques. Si le sens de l’original n’est pas altéré, la stratégie est souvent payante
  • Relire la production finale avec le texte de départ pour s’assurer de n’avoir pas omis des parties de phrase

 

  • Oublier toute stratégie visant à penser que les correcteurs ne verront pas qu’un mot difficile a été intentionnellement oublié – revoir plutôt des stratégies de contournement des difficultés lexicales

 

L’Expression Ecrite 

Pour la question 1, l’erreur la plus grave qu’un candidat puisse commettre est de faire un copier-coller. Toujours s’assurer de reformuler les arguments de l’auteur dans ses propres mots en utilisant un lexique varié et en évitant d’être vague (« people », « things », etc.), et aussi en évitant les mots de liaison répétitifs et les expressions toutes faites.

Il est très important de ne pas apporter de jugement ou d’ajouter des arguments à l’article ; et de ne pas faire référence à des points de vue qui ne figurent pas dans le texte.

Pour la question 2, les correcteurs recherchaient un énoncé clair, une argumentation structurée, un lexique riche et de la précision affichant un point de vue critique, une contre-argumentation, et une opinion personnelle clairement formulée sur le sujet, ainsi que des références concrètes et des exemples provenant du monde anglophone.

Il est très important de ne pas simplement répéter les exemples provenant de l’auteur de l’article ; il faut inclure ses propres opinions et les défendre vigoureusement en donnant des exemples pertinents provenant de l’actualité du monde anglo-saxon. Ne pas se limiter aux seuls exemples liés à l’information : inclure de la littérature, du cinéma, de la musique, etc. afin d’élargir la vision.

Il est important de se relire pour éliminer les incorrections commises par inadvertance et les illogismes (‘We must turn forward into the past’*/ ‘Change is often due to collective groups, not individual groups’*/They raised their voices with flying colors’*).

 

Statistiques

Statistiques pour 2018

 

8427 candidats

Moyenne : 10,14

Ecart type épreuve : 3,63

Note minimale 0.5/20 (hors copies blanches)

Note maximale 20/20

 

 

Dimitri Des Cognets

Rédacteur en chef de Major-Prépa