Actualité du monde hispanique de décembre 2020 à février 2021 Actualité du monde hispanique de décembre 2020 à février 2021
Tu n’as pas suivi l’actualité de ces derniers mois ? Nous l’avons fait pour toi ! Voilà une synthèse de l’actualité du monde hispanique,... Actualité du monde hispanique de décembre 2020 à février 2021

Tu n’as pas suivi l’actualité de ces derniers mois ? Nous l’avons fait pour toi ! Voilà une synthèse de l’actualité du monde hispanique, de décembre 2020 à février 2021 😉

 

Espagne

La réforme du pouvoir judiciaire

Au cours des deux derniers mois, le PSOE et Unidas Podemos ont tenté de réformer le Consejo General del Poder Judicial. Actuellement, les membres du CGPJ peuvent se nommer à d’autres postes pendant leur mandat. C’est ce que le PSOE et UP veulent changer. Le gouvernement de coalition est confronté à la réticence du Partido Popular, mais surtout au refus de la part du Poder Judicial, qui dénonce fermement cette tentative de réforme.

C’est donc une bataille engagée entre le législatif (le Congreso) et le judiciaire (le CGPJ), qui plonge les institutions espagnoles dans la tourmente.

 

Les Presupuestos et les réformes à venir

Début décembre, les budgets ont été largement approuvés par le Congreso, une victoire pour le duo PSOE-UP. Cette année, le budget a été revu à la hausse : plus de fonds seront alloués pour la protection sociale, la relance économique, les fonctionnaires, mais aussi l’armée.

Pourtant, beaucoup de sujets de discorde demeurent entre les membres de la coalition. Les retraites, la montée ou non du salaire minimum ou encore la réforme du marché du travail font débat au Congreso.

 

La corruption

Après des mois d’enquête, Barcenas (trésorier du Partido Popular de 1982 à 2005) a avoué l’existence d’une caja B au Partido Popular lorsqu’il était trésorier. Un scandale qui pourrait fragiliser le Partido Popular, en pleine campagne catalane.

 

Le progrès social

Après quatre tentatives infructueuses, le PSOE a enfin réussi à faire passer la loi autorisant l’euthanasie et le suicide assisté, malgré l’opposition du Partido Popular et de Vox. Cette loi est largement soutenue par la population, puisque 89 % des Espagnols saluent cette avancée. L’Espagne est donc le sixième pays du monde à autoriser l’euthanasie. C’est une réussite pour le gouvernement de coalition, qui a été soutenu par Ciudadanos, PDeCat et par le PNV.

La « Ley trans », qui autoriserait le changement de sexe et de nom à toute personne de plus de 16 ans, et ce, sans l’approbation des responsables légaux et sans certificat médical, a été proposée par le Ministerio de la Igualdad. Cette loi donnerait également la possibilité de supprimer toute mention du genre dans les documents officiels. Enfin, elle donnerait accès aux traitements hormonaux à partir de 16 ans.

 

Juan Carlos I

Début décembre, le roi émérite a présenté une déclaration afin de régulariser sa situation fiscale, concernant l’utilisation louche de cartes de crédit. Rien sur ses biens à l’étranger, donc.

Suite à cela, Juan Carlos I a payé plus de 600 000 € pour régulariser sa situation, tandis que la Hacienda a décrété qu’il ne possédait pas de comptes à l’étranger.

 

La monarchie

Chiffre à retenir : 80 % du Congrès soutient la monarchie et l’unité du territoire espagnol.

Fin décembre, Podemos s’est engagé à faire une proposition de « Ley de la Corona », qui déterminerait les droits du roi. Sanchez, dans un discours, a également statué en ce sens, avec l’appui du Partido Popular et de Felipe VI. Cette Ley de la Corona aurait visé à modifier l’inviolabilité du roi. Cependant, la possibilité constitutionnelle d’une telle loi fait débat.

Début janvier, Sanchez a modifié son propos de peur qu’une telle loi vienne à lancer le débat sur l’existence même de la monarchie. Par conséquent, le gouvernement ne proposera que quelques réformes : la possibilité d’avoir accès aux détails des dépenses personnelles du roi et la limitation de l’inviolabilité. En effet, actuellement, un roi ne peut être poursuivi pour des actes commis pendant son règne.

Enfin, le roi a pris la décision de geler les salaires des membres de la famille royale pour l’année 2021, du fait de la pandémie.

 

Les élections en Catalogne

Après plusieurs jours de débat, les élections se tiendront bel et bien le 14 février, malgré la pandémie.

Voilà un bref résumé des partis et des enjeux de cette élection :

  • PSOE
  • UP
  • PP, Cs et PCS : ne veulent pas l’indépendance
  • Vox : prône la liberté du peuple catalan
  • CUP : demande un référendum sur l’indépendance
  • ERC : veut forcer l’État à admettre le droit d’autodétermination
  • PDeCAT : demande également un référendum
  • PNC : considère que l’indépendance n’est pas un enjeu prioritaire
  • Junts per Cataluna : défend ouvertement l’indépendance

 

La vaccination

Comme partout en Europe, la vaccination contre la Covid-19 a commencé en Espagne et a pris du retard du fait des retards de livraison essuyés par l’UE. En Espagne, la vaccination est gérée par les autonomies. Le pays est victime de quelques scandales, puisque la Fiscalia a lancé une enquête sur les abus lors de la campagne de vaccination.

 

L’Europe

Le budget de relance européen a été approuvé à la mi-décembre. L’Espagne recevra 140 milliards d’euros pour soutenir la relance, dans une économie fragilisée par la pandémie mondiale, notamment à cause de la prépondérance du tourisme dans l’économie. Pour rappel, en 2020, le PIB de l’Espagne a chuté de 11 %, ce qui fait de l’Espagne le pays le plus touché de l’UE par la crise de la Covid-19.

Les négociations pour le Brexit se sont soldées par un accord sur la situation de Gibraltar. Désormais, Gibraltar fait partie de l’espace Schengen.

 

Amérique latine

Brésil

Les élections municipales brésiliennes se sont soldées par une défaite pour Bolsonaro et Lula, ce qui montre que les Brésiliens rejettent de plus en plus les extrêmes. Pour autant, il faut garder à l’esprit que cela n’augure rien sur les élections présidentielles, qui auront lieu en 2022.

Ces municipales nous marquent aussi l’ascension d’un parti qui pourrait faire de l’ombre au Partido de los Trabajadores (PT, dont Lula est un des fondateurs) : le PSOL, qui ne comptabilisait même pas 1 % des votes aux présidentielles de 2018. Le PSOL a en effet gagné les élections à Belém et a récolté plus de deux millions de votes à Sao Paulo.

Notons également que seule une des 26 capitales régionales sera dirigée par une femme pour les quatre années à venir.

L’ancien maire de Rio de Janeiro (Marcelo Crivella, républicain) a été arrêté lors d’une opération anticorruption. La lutte contre la corruption continue, conformément aux grandes promesses électorales de Bolsonaro en 2018.

 

Chili

Le processus de rédaction de la nouvelle Constitution, décidée en novembre, avance. Les citoyens devraient participer activement à ce renouveau pour la démocratie chilienne. Le comité citoyen qui participera à la rédaction de la Constitution sera constitué de 155 membres, sera paritaire et 17 places seront réservées aux indigènes. Les membres seront élus parmi les 2 200 candidats qui se sont présentés. Notons que même si ce projet se veut égalitaire et inclusif, il se heurte à certaines limites : certains partis politiques seront plus représentés que d’autres, puisque certains partis comptent plus de membres parmi les candidats.

 

Équateur

Les élections présidentielles équatoriennes se sont déroulées le 7 février. Le taux de participation a été très fort, atteignant presque les 80 %. Andrés Arauz, candidat de l’Unión por la Esperanza (coalition de centre-gauche présidée par Correa), est arrivé en tête avec plus de 30 % des voix. Conformément à la Constitution, il y aura donc un second tour le 11 avril, puisqu’aucun candidat n’a obtenu la majorité. En deuxième position, on retrouve Yaku Pérez (avec 20 % des voix). C’est un exemple à retenir pour parler de la présence des indigènes dans la vie politique en Amérique latine.

 

Guatemala

L’armée guatémaltèque a freiné une vague migratoire, dans une altercation assez violente. La caravane, partie du Honduras, voulait atteindre le Mexique. En tout, ce sont 9 000 personnes qui ont quitté leur pays afin d’atteindre les États-Unis, espérant une politique plus accueillante de la part du nouveau locataire de la Maison-Blanche.

 

Mexique

À la mi-décembre, la Banque du Mexique (Banco de México) a été réformée. Sans entrer dans les détails, la réforme réduit l’indépendance financière du Mexique à l’égard des États-Unis et faciliterait le narcotrafic.

Les présidentielles américaines pourraient donner un nouveau souffle aux relations entre les États-Unis et le Mexique. Premièrement, Biden s’est engagé à stopper la construction du mur, qui fait déjà plus de 280 km. De plus, les deux dirigeants, dans leurs premiers échanges, ont laissé entendre qu’il y aurait une coopération entre les deux pays pour rendre les migrations plus sûres. Biden a également évoqué la possibilité de traiter le problème des migrations à la racine, c’est-à-dire de s’attaquer à la pauvreté et à l’insécurité dans certains pays.

D’un autre côté, le Mexique et la Russie ont passé un accord. La Russie enverra 24 millions de doses de son vaccin contre la Covid-19 et s’engage à former des médecins mexicains en Russie.

Chiffre à retenir : 70 % des armes circulant illégalement au Mexique viennent des États-Unis. Cela représente 15 millions d’armes.

 

Venezuela

Toujours frappé par l’hyperinflation, le Venezuela a vu se dérouler des élections législatives assez particulières. En effet, le taux de participation a été historiquement bas, atteignant difficilement les 30 % selon les chiffres officiels. Les enquêtes privées tablent sur 20 à 25 %. La victoire a été remportée par le camp de Maduro. Le fort taux d’abstention s’explique par le fait que les opposants au régime ont décidé de ne pas aller aux urnes. Le GPPSB (présidé par Maduro) a remporté près de 70 % des sièges de l’Assemblée nationale.

Au niveau international, les États-Unis, l’UE, ainsi que 12 pays d’Amérique latine refusent de reconnaître les législatives.

Ces élections sont un coup dur pour Juan Guaidó, qui ne préside donc plus l’Assemblée nationale. En plus de cela, la pandémie réduit drastiquement les manifestations qui le soutenaient. Son plus gros atout, la reconnaissance internationale, s’est également effrité. En effet, l’UE ne le reconnaît plus comme président du Venezuela et le considère seulement comme le leader de l’opposition. Notons que le Parlement européen le reconnaît toujours comme président. Cette hésitation de Bruxelles montre bien que l’appui dont bénéficiait Guaidó s’est affaibli.

Mais il ne compte pas laisser tomber son projet de rétablir la démocratie au Venezuela pour autant. En effet, quelques jours après l’élection, il a lancé un référendum alternatif, qui n’est pas parvenu à mobiliser les foules. Guaidó a également formé une Assemblée nationale de l’opposition, avec 21 autres membres de l’opposition.

Au niveau économique, la Ley Antibloqueo a été adoptée. Elle vise à attirer les capitaux étrangers sur le territoire et facilite la circulation du dollar dans l’économie. Notons que du fait de l’hyperinflation, les billets verts circulaient déjà sur le territoire (de manière légale ou non). Cette mesure pourrait bien renforcer les inégalités entre les personnes payées en dollars et celles payées en bolivars, qui perdent constamment en pouvoir d’achat. Il est possible d’utiliser cet exemple dans les essais ou les colles sur les relations entre les États-Unis et l’Amérique latine, afin d’insister sur l’aspect économique.

 

Voilà largement de quoi enrichir ton panel d’exemples pour les colles et les essais ! Toutes nos ressources pour t’entraîner en espagnol se trouvent ici 😉

Eulalie Bonnot