Rapport de jury – Espagnol LV2 IENA 2019 Rapport de jury – Espagnol LV2 IENA 2019
Les statistiques 3 369 candidats, 10,37 de moyenne (3,32 d’écart-type). 3369 candidats ont composé. Un nombre en baisse sensible par rapport à la précédente... Rapport de jury – Espagnol LV2 IENA 2019

Les statistiques

3 369 candidats, 10,37 de moyenne (3,32 d’écart-type).

3369 candidats ont composé. Un nombre en baisse sensible par rapport à la précédente session (3642), pour une LV2 qui reste cependant celle de la grande majorité des candidats.

Pour mémoire : 3615 candidats en 2017, 3510 en 2016 ; 3454 en 2015.
Moyenne de l’épreuve : 10,33 (10,27 en 2018 ; 9,97 en 2017 ; 10,44 en 2016 ; 10,59 en 2015)
Ecart-type : 3,32 (3,02 en 2018 ; 3,09 en 2017, 3,02 en 2016, 3,13 en 2015)

Le rapport

Le sujet

Le texte choisi était emprunté à un article de novembre 2018 de Mario Vargas Llosa (Piedra de toque –Pierre de touche- tribune publiée chaque quinzaine dans El País) intitulé La marcha del hambre. Dans cet extrait inspiré par le drame de la caravane de migrants centraméricains qui avait quitté le Honduras quelques semaines plus tôt dans l’espoir d’atteindre les Etats-Unis, le prix Nobel de littérature 2010 pose le problème des migrations dans le monde et des raisons qui poussent les personnes à quitter leur pays en quête d’une vie et d’un monde meilleur.

 

La version

En version le texte n’a pas toujours été bien rendu. La moyenne reste plus élevée que celle des autres sous-épreuves (11,09) mais dans une moindre mesure que les années antérieures. Le passage à traduire présentait quelques difficultés lexicales et syntaxiques qui correspondaient au niveau attendu des candidats à l’issue de deux années de préparation. Pour le lexique : « por supuesto » (bien entendu) ; « remesas » (remises ; envois d’argent) ; « desamparo » (désarroi) ; « suciedad » (saleté) ; « arrojan piedras » (lancent des pierres). Les expressions « plaga de maleantes » (bande de malfaiteurs) et « dispararán a matar » (tireront dans le tas ; feront usage de leurs armes à feu) ont fréquemment été mal traduites et parfois sans cohérence contextuelle. La valeur du subjonctif « salven » a parfois été ignorée. A l’inverse, certains candidats proposent une bonne voire une excellente traduction de ces points et de l’ensemble du passage.

 

Les questions

Cette réalité abondamment reprise dans les médias n’a pas surpris les candidats, ni l’exemple choisi pour l’illustrer: des Honduriens abandonnant leur pays en une caravane composée de personnes de tout âge et grossissant au fil de son passage par Le Salvador, le Guatemala et le Mexique, pour se diriger vers les Etats Unis et y obtenir le statut de réfugiés. Par contre, l’interprétation qu’en donnait l’auteur était originale : il considérait que ces migrants en fuyant la violence, la corruption et la misère de leurs pays respectifs rendent hommage à la culture démocratique, à ses valeurs et en premier lieu à la liberté des pays occidentaux dans lesquels ils aimeraient vivre (question 1). Les candidats ont dans l’ensemble bien compris et traité la question, ils ont repris et reformulé l’actualité qui inspirait l’article. Certains ont toutefois eu plus de difficultés pour rendre compte de l’interprétation que donnait Vargas Llosa du phénomène. La correction et la qualité de la langue ont permis de bonifier les meilleures réponses.

C’est la prise de position de Vargas Llosa qui faisait l’objet de l’essai. Peut-on considérer que ces migrants, « les millions de pauvres qui veulent travailler dans les pays occidentaux rendent un grand hommage à la culture démocratique »? (question 2) Les candidats pouvaient s’interroger dans un premier temps sur la définition même de la démocratie et des principes fondamentaux et valeurs qui y sont associés. Dans leurs développements, ils se sont souvent appuyés sur leur connaissance de l’Amérique latine : crise migratoire suscitée par la situation du Venezuela ; flux de l’Amérique centrale vers le nord ; situation  à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, migrations d’un pays latino-américain à un autre, incurie des gouvernants, violence, corruption et misère, entre autres maux qui frappent les citoyens candidats à l’exil dans leurs pays d’origine. Ils ont également utilisé l’exemple des migrants qui arrivent aux frontières de l’Europe et en particulier de l’Espagne. La plupart sont allés dans le sens de l’auteur, considérant que l’Occident pouvait être un refuge face aux guerres, aux catastrophes climatiques ou à la pauvreté. D’autres se sont également demandés si l’Occident n’avait pas sa part de responsabilité dans ces migrations et si les pays occidentaux étaient toujours à la hauteur de l’hommage qui était rendu à leurs valeurs démocratiques. Des exemples pouvaient montrer que l’Europe était toujours le continent des droits et des libertés fondamentales mais aussi que les dérives ou les réactions contraires ne manquaient pas comme l’indique l’émergence dans l’espace politique espagnol du parti d’extrême droite Vox, associée au phénomène migratoire. Les déclarations et les mesures prises par le président Trump pour lutter contre l’entrée des migrants aux Etats-Unis ont souvent été mentionnées et commentées.

Ont été pénalisés les essais qui répondent très peu ou pas du tout à la question posée -hors-sujet- ou dans lesquels les éléments appris sont plaqués, ou utilisés sans discernement. Les exemples empruntés au monde hispanique ont été valorisés. Au même titre que l’esprit de synthèse, la construction des réponses, l’articulation probante des différents éléments et/ou arguments.

 

Le thème

Le thème grammatical est comme les années antérieures la sous-épreuve qui pose le plus de difficultés et pour laquelle la moyenne est la plus basse (8,62). Un nombre important de candidats, insuffisamment préparés, ne possèdent pas les connaissances grammaticales de base indispensables pour réussir l’exercice. Comme tous les ans les phrases proposées renvoyaient à l’actualité de l’année écoulée mais également à des situations plus générales ou empruntées à la vie quotidienne. Il fallait pour bien les traduire être en mesure d’utiliser le vocabulaire courant des relations économiques (taux de chômage, emploi précaire, budget, pouvoir d’achat, investissaient). Les candidats devaient également démontrer qu’ils connaissaient la conjugaison, régulière ou irrégulière (dont l’impératif, souvent malmené). Plusieurs structures syntaxiques très courantes devaient enfin être maîtrisées : mise en relief, emploi du mode dans les subordonnées de temps, de condition, après les verbes d’ordre ou de demande. A côté des faiblesses et lacunes de certains candidats, les correcteurs soulignent aussi les nombreuses réussites dans cette sous-épreuve, pour laquelle les notes attribuées vont de 0 à 19 et l’écart-type est de 4,21.

Flore Deghaye