Actualité du monde hispanique avril/mai 2021 Actualité du monde hispanique avril/mai 2021
Tu n’as pas suivi l’actualité de l’Espagne et de l’Amérique latine ces deux derniers mois ? Pas d’inquiétude ! Major-Prépa te propose une synthèse... Actualité du monde hispanique avril/mai 2021

Tu n’as pas suivi l’actualité de l’Espagne et de l’Amérique latine ces deux derniers mois ? Pas d’inquiétude ! Major-Prépa te propose une synthèse de tous les rebondissements qui ont eu lieu dans les pays hispaniques !

 

Espagne

Économie

Le gouvernement espagnol met en place un plan de relance prenant la forme d’aides directes aux entreprises, dont le montant ira de 3 000 à 200 000 €. Il s’adresse aux entreprises dont les revenus ont baissé de plus de 30 % depuis le début de la pandémie.

Le gouvernement va également injecter 70 milliards d’euros dans l’économie, qui seront investis pour verdir la mobilité (voitures électriques) et les logements (augmentation de l’efficacité énergétique), simplifier les contrats de travail, préserver le littoral et la biodiversité, développer la 5G et digitaliser les PYMES. Enfin, trois milliards d’euros seront dédiés au développement du système national de science et d’innovation. Ce plan d’investissement montre que l’Espagne tente de réorienter son économie afin de s’adapter aux défis environnementaux, tout se positionnant à la pointe de l’innovation.

Cependant, la situation économique de l’Espagne reste dramatique. En effet, la crise de la Covid-19 a entraîné la suppression de plus de 400 000 emplois. Le ministère de l’Économie a même revu ses prévisions de croissance à la baisse pour 2021 (6,5 % de croissance contre 9,5 % initialement prévus).

 

Politique

Pablo Iglesias a décidé de quitter le poste de vice-président afin de se concentrer sur les élections madrilènes. Pour la première fois dans l’histoire espagnole, ce sont quatre vice-présidentes qui dirigeront le gouvernement espagnol avec Pedro Sanchez. Après les élections de Madrid, Pablo Iglesias a décidé de se retirer de la vie politique.

 

Élections madrilènes

Source : Europapress

Après une campagne mouvementée caractérisée par une polarisation sans précédent, les élections à Madrid ont confirmé le coup de maître opéré par Ayuso, qui avait réclamé des élections anticipées.

Tout d’abord, ces élections ont été caractérisées par un taux de participation très fort, puisqu’il a atteint les 76 %.

Comme le montre l’illustration ci-dessus, le Partido Popular, avec à sa tête Isabel Diaz Ayuso (à Madrid), l’a emporté haut la main, bien que la dirigeante ait besoin de l’appui de Vox pour gouverner.

Une surprise lors de ces élections a été la chute de Ciudadanos. Ayant récolté moins de 5 % des voix, le parti ne sera même plus à l’Assemblée. Les anciens électeurs de centre-droite se sont donc tournés vers le Partido Popular et vers Más Madrid. Le parti, dont la tête de liste était Monica Garcia, a également hérité des voix perdues par le PSOE.

Enfin, il est intéressant de voir que le PP a gagné du terrain dans toutes les classes sociales. Dans les quartiers populaires, le PP, Vox et Ciudadanos ont récolté environ 50 % des voix. Dans le même temps, le PP a hérité des ¾ des votes des 20 % les plus riches.

Cette élection, qui a fait couler beaucoup d’encre, a redistribué les cartes entre les partis politiques à Madrid. Il faut cependant garder en tête qu’en matière de politique, ce qui se passe à Madrid n’est pas symptomatique de ce qui se passe au niveau national. Pour preuve, à Madrid, le PP est au pouvoir depuis 26 ans, ce qui est loin d’être le cas au niveau national.

On peut tout de même noter un trait intéressant de ces élections. Comme dans beaucoup de pays (Royaume-Uni, Brésil…), l’issue de la campagne électorale est aussi bien déterminée par la personnalité des candidats que par leur programme.

 

Catalogne

Les partis élus lors des dernières élections ont beaucoup de mal à se mettre d’accord pour l’investiture. Or, les deux partis sortis vainqueurs des élections étaient Junts per Catalunya et Esquerra Republicana, deux partis indépendantistes. Ce bloqueo montre à quel point l’indépendantisme catalan est fragmenté. Les points de divergence pour l’exécutif sont les suivants : stratégie indépendantiste, souveraineté parlementaire, priorités du Govern, architecture de l’exécutif et mécanismes de coordination.

L’absence d’accord entre les deux partis a un impact non négligeable sur la vie quotidienne des Catalans. En effet, de nombreux projets, comme la ligne 9 du métro de Barcelone, sont bloqués.

Face à l’urgence de trouver un accord afin de ne pas répéter les élections, ERC a fait beaucoup de concessions à Junts afin de pouvoir mettre Aragonès (ERC) à la présidence de la Generalitat. Le gouvernement sera donc composé du président, de sept conseillers de Junts et de sept conseillers de ERC. Le premier projet qui attend le gouvernement est la création d’un « órgano colegiado » pour définir la stratégie d’indépendance.

 

Crise migratoire

Mi-mai, plus de 8 000 migrants sont arrivés à Ceuta par le Maroc. Cette crise migratoire a été source de nombreuses discussions entre l’UE, l’Espagne et le Maroc. En effet, le Maroc ne parvenait pas à contenir le flux migratoire, ce qui a forcé l’UE à envoyer des agents de Frontex pour renforcer les contrôles à la frontière. Les migrants ont été renvoyés au Maroc. Finalement, le pays a fini par renforcer la sécurité à la frontière, sous la pression de l’Union européenne et de l’Espagne.

 

Amérique latine

Relations entre les États-Unis et l’Amérique latine

Joe Biden a lancé un plan d’investissement de quatre milliards de dollars sur quatre ans pour dynamiser l’économie latino-américaine. Ce plan est une illustration de la politique que veut mener Biden face à l’immigration. Il souhaite dynamiser les économies d’Amérique du Sud, afin de réduire les migrations en réduisant la pauvreté.

Il faut aussi noter que le plan de relance de l’économie américaine, dont le budget d’élève à 1 900 milliards de dollars, aura un impact indéniable sur les pays d’Amérique latine. Cela s’explique par le commerce international et les remises.

 

Relations entre la Chine et l’Amérique latine

La Chine a décidé de mettre en œuvre une coopération économique et sanitaire avec l’Amérique latine. La stratégie de la Chine envers le continent a quelque peu changé du fait de la crise sanitaire. En effet, en 2020, el Banco de Desarrollo de China et el Banco de Exportación e Importación de China n’ont pas accordé de crédits aux pays d’Amérique latine. La Chine a préféré augmenter ses investissements sur le continent, notamment avec des projets de plus de 12 milliards de dollars. De plus, la Chine a envoyé des équipements sanitaires à des pays du continent pour un montant de 214 milliards de dollars.

 

Brésil

Début avril, Jair Bolsonaro a destitué le ministre de la Défense et le ministre des Affaires étrangères, notamment parce qu’ils avaient critiqué les décisions du président par rapport à la Covid-19. Pour protester contre cette décision, trois autres dirigeants ont quitté le navire (jefes del Ejercito, de la Armada y la Fuerza Aerea).

Le président cherche désormais aussi à contrôler l’information que la population reçoit. En effet, depuis avril, il fait des live tous les jeudis pour résumer l’actualité, faire le point sur l’avancement de ses projets ou encore s’afficher avec des personnalités indigènes. Par exemple, le président de la Funai (Fundación nacional del Indio) a été invité à l’une des sessions pour défendre le projet de loi cherchant à autoriser l’exploitation minière des terres indigènes. Comptabilisant près d’un million de vues, ces vidéos posent la question de la séparation des pouvoirs. En effet, la presse, communément appelée le « quatrième pouvoir », avec son rôle informatif, est ici exercée par le représentant de l’exécutif. De plus, le président refuse désormais de donner des conférences de presse, si ce n’est avec des journalistes qui le soutiennent.

La question de la séparation des pouvoirs au Brésil se pose aussi avec les multiples poursuites à l’encontre des critiques de Bolsonaro. Par exemple, Celso Rocha de Barros, intellectuel ayant dénoncé la réaction de Bolsonaro face à la Covid-19, fait aujourd’hui l’objet de poursuites judiciaires.

 

Chili

Fin mai, les Chiliens ont enfin voté pour les membres de la Convención Constituyente, chargée de rédiger la nouvelle constitution.

Le comité sera constitué de 155 membres. Les 2/3 d’entre eux seront des candidats indépendants, principalement progressistes et de gauche. Ces élections, dont le taux de participation est relativement faible (43 %), montrent que la population rejette les partis traditionnels et laissent augurer un retour de la gauche. Dans le même temps, l’élection d’une majorité d’indépendants montre la fragmentation politique dans le pays.

 

Colombie

Fin avril, Ivan Duque a proposé une réforme tributaire très peu soutenue par la population. En effet, le président désirait augmenter les impôts sur les bénéfices et sur les produits de base pour faire face à la crise économique causée par la Covid-19. Ce projet de réforme, dans un pays fortement frappé par la crise et où la pauvreté a augmenté, a déclenché de vives manifestations.

Ivan Duque a donc décidé d’abandonner son projet de réforme fiscale après plusieurs jours de manifestations. Cependant, ces dernières n’ont pas cessé et durent depuis plusieurs semaines. Les manifestants, surtout des jeunes, ont subi des violences policières qui ont fait des centaines de blessés. Pourtant, les manifestations étaient la plupart du temps pacifiques. Face à ces abus, la manifestation s’est transformée en protestation contre les violences policières. Aujourd’hui, 55 % de la population colombienne a une image négative de la police.

Ivan Duque est donc vivement critiqué par la population, mais il fait aussi l’objet de critiques au sein de son parti. Par exemple, le ministre des Finances ainsi que le responsable des Relations extérieures ont quitté le gouvernement. Il a donc décidé de négocier avec les manifestants, à l’image de ce qui avait été envisagé avec la conversación nacional en 2019.

 

Cuba

Le Congrès du PCC (mi-avril) s’est soldé par le retrait de Raul Castro, de Ramiro Valdés et de José Ramón Machado de la politique cubaine. C’est un tournant, puisqu’ils ont tous trois participé à la révolution cubaine aux côtés de Fidel Castro. Désormais, il n’y a plus que trois militaires au buró político. Quant à Miguel Diaz-Canel, il est désormais maximo lider du PCC.

Cependant, il faut noter que ces changements de leaders ne sont pas synonymes de changements au niveau de la politique menée. En effet, pendant le Congrès, l’accent a été mis sur la continuité (parti unique, économie planifiée, entreprises dirigées par l’État…).

Pour ce qui est du domaine économique, les participants au Congrès ont reconnu l’importance du secteur privé pour sortir de la crise. Pour rappel, le PIB cubain a chuté de 11 % en 2020. Aujourd’hui, les cuentapropistas représentent 13 % de la population active.

Le pays se retrouve donc confronté à un dilemme : réformer l’économie ou préserver l’esprit du socialisme ?

 

Équateur

Les élections présidentielles ont eu lieu le 10 avril, et c’est Guillermo Lasso qui en sort vainqueur avec plus de 52 % des voix. Lasso est le leader du mouvement CREO (droite). C’est donc un conservateur au niveau des mœurs. Premier leader de droite depuis des décennies, c’est un fervent défenseur de l’économie dollarisée.

Il arrive à la tête d’un pays dont la dette extérieure a été renégociée l’année dernière, mais qui subit toujours un déséquilibre budgétaire, notamment parce que le travail informel représente 50 % des emplois. La pauvreté ne recule pas, puisque 1/3 des Équatoriens vivent sous le seuil de pauvreté. Autre défi de taille qui attend Lasso : la vaccination.

 

Pérou

Après la période de tumulte en novembre 2020 et que nous décrivions ici, le Pérou va finalement élire un président pour remplacer Sagasti.

Le premier tour des élections présidentielles péruviennes a eu lieu courant avril. Les deux candidats vainqueurs sont Pedro Castillo (extrême gauche) et Keiko Fujimori. Cette dernière s’est rattachée au courant développé par son père, le fujimorisme.

L’arrivée de Pedro Castillo à la première place a été une surprise générale, car il est le représentant de la face cachée du Pérou, qui vit hors de la capitale, Lima.

Le point intéressant, c’est que les candidats sont tous deux conservateurs au niveau des mœurs. Au Pérou, les questions d’égalité et de genre font peu de bruit, et l’opinion des candidats sur le sujet importe très peu alors même que les 15-29 ans représentent 25 % de la population. C’est un fait intéressant pour parler du féminisme en Amérique latine et nuancer par rapport à d’autres pays comme l’Argentine.

 

Venezuela

Le trafic routier a été bloqué au Venezuela du fait du rationnement des stations-service. En effet, le pays a subi une pénurie de diesel qui a bloqué le transport public, les autoroutes et empêché le transport de marchandises (alimentaires notamment).

Cette pénurie de diesel s’explique par deux phénomènes. Premièrement, du fait de la pandémie, les subventions pour l’industrie pétrolière ont baissé. À cela s’ajoutent les mesures mises en place par Donald Trump, qui visaient à bloquer l’export de pétrole au Venezuela.

Cette situation de crise montre, d’une part, l’impact conséquent des décisions de Donald Trump sur l’Amérique latine et, d’autre part, la dépendance de certains pays aux importations.

Pourtant, la situation politique semble changer. Après que Juan Guaidó a demandé l’organisation d’élections démocratiques (présidentielles, parlementaires et municipales), Nicolás Maduro a accepté de négocier avec l’opposition à condition que les sanctions ainsi que les mesures coercitives soient levées, et que l’Assemblée nationale soit reconnue. Ces négociations seront supervisées par l’UE et la Norvège.

 

Nous espérons que cet article t’aura aidé à mieux comprendre l’actualité ! Retrouve toutes nos ressources en espagnol ici.

Eulalie Bonnot