Viajo en… #7 : Cuzco Viajo en… #7 : Cuzco
Afin de continuer la découverte des sites d’Amérique latine, nous t’emmenons cette fois au Pérou, dans l’une des villes les plus touristiques du continent... Viajo en… #7 : Cuzco

Afin de continuer la découverte des sites d’Amérique latine, nous t’emmenons cette fois au Pérou, dans l’une des villes les plus touristiques du continent ! Nombril du monde pour les Incas, plus belle citée hors d’Espagne pour les conquistadors, Cuzco, perchée à 3 300 mètres d’altitude, présente une histoire et un patrimoine uniques. Sa beauté et ses richesses lui ont valu le statut de monument historique national en 1972 et une place parmi les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983.

 

Point légendaire et historique

La légende raconte que, au XIe ou XIIe siècle, le dieu soleil Inti confia à son fils Manco Cápac la mission d’apporter la civilisation aux hommes, en fondant la capitale d’un futur empire, dont le lieu serait désigné par leur baguette d’or. Cuzco fut ainsi construite et assimilée au « nombril du monde ». Bâtie selon la silhouette d’un puma, la ville connut son apogée pendant 70 ans seulement, avant l’arrivée des conquistadors au XVIe siècle, notamment celle de Francisco Pizarro, qui prit et refonda la ville en y apportant la culture espagnole de l’époque.

L’architecture de Cuzco est ainsi marquée par le métissage entre culture inca et espagnole : on peut en effet y voir d’immenses murs de pierres, savamment assemblées, témoignant de la civilisation inca, tandis que les Espagnols bâtirent leurs édifices coloniaux sur les fondations de leurs prédécesseurs. Cette architecture unique fait de la ville un incontournable lieu culturel et architectural de la région.

 

La Plaza de Armas, entre culture inca et arrivée des conquistadors

La place porte un nom espagnol, mais était déjà le centre du Tahuantinsuyu, l’« empire des Quatre Directions », pour les Incas. C’est à cet endroit qu’avaient lieu les cérémonies religieuses et militaires. Les Espagnols en firent un théâtre de violence, symbolisé par l’exécution du chef rebelle Túpac Amaru II, en 1781. Aujourd’hui entourée d’édifices coloniaux à arcades et de deux églises majeures, la place est l’une des plus remarquables d’Amérique latine.

 

Événements et fêtes de la ville

De nombreuses fêtes animent Cuzco, dont la plupart ont lieu en juin, exception faite de Santuranticuy (vente de saints) qui envahit, la veille de Noël, la Plaza de Armas de stands d’artisanat, de santons et de crèches, et de la fête de Nuestro Señor de los Temblores, qui a lieu à Pâques. Les habitants jettent alors des pétales rouges pour symboliser le sang du Christ.

Le renouveau du Soleil : Inti Raymi, la fête du Soleil, saluait le solstice d’hiver le 21 ou 22 juin, mais les Espagnols, après l’avoir interdite, la décalèrent au 24 juin, pour la regrouper avec la fête de Saint-Jean le Baptiste. Les participants suivent la procession à partir du temple du Soleil (il s’agit du lieu de culte le plus important pour les Incas, comme en témoignent les 700 feuilles d’or serties d’émeraudes et de turquoises qui en ornent les murs), jusqu’à la forteresse de Sacsayhuamán, en passant par la Plaza de Armas. Plusieurs centaines de milliers de personnes, Indiens comme touristes du monde entier, se réunissent au cours de cette reproduction de la fête historique inca, faisant de l’événement le deuxième plus grand festival d’Amérique du Sud.

 

Martín Chambi, le « Nadar de Cuzco »

Né en 1891, ce photographe se convertit en un témoin unique de son temps grâce à son œuvre. Il sut en effet « regarder les Indiens avec des yeux non coloniaux », en réalisant les portraits des gens de son temps. Par ailleurs, il photographia des scènes quotidiennes, les fêtes et les vestiges de la ville. Il mourut en 1973, laissant derrière lui des témoignages historiques et artistiques majeurs pour l’Amérique latine.

 

En un mot, Cuzco est un bijou historique et architectural, qui regorge d’églises, de monuments en tout genre et de vestiges de l’empire puissant que fut celui des Incas.

Solene Levy