Les partis politiques aux États-Unis Les partis politiques aux États-Unis
Parti Républicain Il se forme en 1854 pour unir les États contre l’esclavage promulgué au Sud par le Parti Démocrate. Victorieux à la fin... Les partis politiques aux États-Unis

Parti Républicain

Il se forme en 1854 pour unir les États contre l’esclavage promulgué au Sud par le Parti Démocrate. Victorieux à la fin de la Guerre de Sécession, il choisit le symbole de l’éléphant, le nom de Grand Old Party, et ridiculise ses adversaires démocrates en l’affublant du symbole de l’âne.
Si nous allons nous concentrer sur l’évolution du parti depuis les années 2000, il peut s’avérer utile voire nécessaire de faire un bref rappel historique depuis la Grande Dépression. Les conséquences de cette crise ont été si dévastateurs que le Parti républicain ne pouvait plus promouvoir la politique libérale -d’un point de vue économique- qui lui était si cher. En conséquence, ses candidats ont enregistré des scores très bas et le Parti a été privé de pouvoir pendant 20 ans. Les Républicains reprennent peu à peu la main durant les décennies suivantes grâce à l’élection notamment de Richard Nixon, mais n’affichent pas leur unité d’antan. Des divergences d’opinions apparaissent progressivement au sein du parti, et elles seront notamment illustrées par la victoire de Ronald Reagan en 1980 et sa « révolution conservatrice » qui achève le virage à droite des Républicains.. Malgré l’élection en 1989 de Georges Bush, beaucoup plus modéré que son prédécesseur, cet héritage des valeurs reaganiennes se ressent encore aujourd’hui dans la politique et les idées du parti. Si George Bush n’est pas réélu, c’est car des dissidents républicains plus conservateurs préfèrent appuyer un autre candidat, ce qui entrainera l’élection du démocrate Bill Clinton.
Les divergences au coeur du parti son très importantes depuis la révolution conservatrice de Reagan. Si le parti est dominé par son aile conservatrice, incarnée par George W. Bush ou plus récemment Ted Cruz, les républicains modérés ont su faire placer des candidats aux élections présidentielles, à l’instar de John McCain en 2008 ou Mitt Romney en 2012. Contraint de prendre en compte la part croissante des minorités dans la population totale ainsi que les évolutions des meurs, le Grand Old Party essaie de se diversifier pour prouver aux électeurs son ouverture. Ben Carson, Ted Cruz ou Marco Rubio sont une preuve de cette diversification, alors que les Républicains ne peuvent plus uniquement compter sur l’électorat blanc de l’Amérique des 3G (gay, gun, God). Le parti se féminise, et s’ouvre à la population gay (les Log Cabin Republicans représentent l’électorat gay du parti) même si 24% des Américains gays votent pour le GOP.
Paradoxalement, cette évolution entraine une radicalisation de certains conservateurs qui se sont regroupés au sein du Tea Party, un parti politique opposé à l’État et ses impôts, et dont l’appartenance au GOP est encore floue. Donald Trump incarne cette droitisation mais s’affirme par une kyrielle de propositions radicales et populistes souvent décalées de la réalité. S’il veut redonner à l’Amérique sa puissance d’antan effritée par Barack Obama, il souhaite le faire par un isolationnisme et un unilatéralisme accru comme les taxes à l’export, le mur à la frontière mexicaine, la négation d’une origine anthropique du réchauffement climatique ou la préférence des traités bilatéraux sur les multilatéraux. Et ce se fait au grand désespoir des républicains modérés soucieux d’avancer sur divers projets avec la communauté internationale, comme la mondialisation ou climat.

 

Parti Démocrate

Dans le système politique américain à deux visages, le Parti Démocrate est le parti qui partage avec les Républicains le Sénat, la Chambre des Représentants et la Présidence. Il se veut à gauche de l’échiquier politique (ou libéral au sens américain du terme) même si les tendances en son sein sont diverses et éparpillées sur le territoire national.
Les valeurs actuelles du parti s’expliquent partiellement par les mandats de Franklin Roosevelt qui après la crise de 1929 a instauré une politique dirigiste d’aide aux plus démunis et un système de contrôle du monde de la finance. Ces valeurs d’entraide se retrouvent dans les politiques des divers présidents démocrates (Medicare et Medicaid de 1965, Obamacare, …), et de même avec l’esprit d’ouverture et de défenses des minorités qui aux États-Unis votent majoritairement pour les candidats démocrates.
Après les ères Kennedy et Roosevelt, le parti se concentre sur la question raciale et défend les droits de la minorité noire du pays. Ces positions, ainsi que plus tard la logique d’ouverture vers la communauté hispanique prônée par les démocrates, permettront aux démocrates de recueillir les votes de plus de 80% des électeurs des minorités. Cet héritage n’assure pas cependant aux démocrates de rester au pouvoir et ils connaitront, notamment lors de la vague libérale des années 1980, une série de revers politiques. Cette ère de privation du pouvoir entrainera la création du courant Nouveaux Démocrates au coeur du parti, qui regroupera les électeurs plus centristes et libéraux (sens économique), pour surfer aussi sur cette vague libérale. Bill Clinton est un membre de ce courant.
Aujourd’hui, deux courants demeurent au coeur du parti. Les progressistes, dont le membre le plus influent est Bernie Sanders, veulent établir une social-démocratie et une économie dirigiste ainsi que de profondes réformes sociales, politiques et culturelles (université gratuites, salaire minimum de 15 dollars de l’heure, forte restriction du droit de ports d’arme, contrôle extrêmement accru du monde la finance, …). Ils surfent sur la vague des critiques contre la Finance de Wall Street ou encore les bavures policières contre la minorité noire, et incarnent l’altermondialisme de la société civile. L’autre branche est la centriste, représentée aujourd’hui par Hilary Clinton, qui souhaite libéraliser l’économie et réaffirmer des valeurs principalement défendues par les Républicains (travail, rêve américain, …).
À l’heure de l’élection présidentielle, analystes et experts s’accordent pour dire que l’élection d’Hilary Clinton serait plus bénéfique pour l’économique et les intérêts américains au vue des programmes respectifs des deux candidats. Cependant, la victoire de Trump pourrait être meilleure pour les intérêts des alliés, alors que les États-Unis s’isoleraient un peu plus de la scène diplomatique et seraient moins enclins à jouer du smart-power et de leur ruse diplomatique traditionnelle (interférence dans les affaires de l’UE …)

 

Autre

D’autres partis politiques existent aux États-Unis mais collectent trop peu de voix pour peser dans l’échiquier politique. Dans ce pays industriel premier pollueur mondial avec la Chine, le plus intéressant est le Green party qui promeut l’écosocialisme, la défense de l’environnement et la justice sociale. Il distingue par des propositions choc, comme diviser le budget militaire par deux. Enfin, des candidats indépendants parviennent de temps en temps à faire valoir leur s propositions au moment des élections, mais aucun n’a encore réussi à s’imposer dans ce système dominé encore et toujours par les deux partis mastodontes.

Nicolas Berrou

Étudiant à HEC Paris Ancien préparationnaire au Lycée Saint-Vincent de la Providence à Rennes.