Le chiffre et l’idée n°11 (semaine 3) ‪#‎Mondialisation‬ ‪#‎DenisRetaillé

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Le chiffre et l’idée n°10 (semaine 2): ‪#‎TravailleursDétachés‬ ‪#‎UE‬:
La convergence économique, politique et législative des Etats-membre de l’UE reste largement imparfaite. Cet été, les agriculteurs français s’offusquaient du prix de la viande de porc qui était selon eux bien trop bas pour leur permettre de vivre décemment. La gronde des exploitants français se tournait autant vers l’Etat français que vers Bruxelles, accusé de laisser d’autres pays (la Belgique ou l’Allemagne notamment) s’adonner à une concurrence déloyale: le dumping social.
Selon la loi communautaire, un travailleur détaché (une personne qui travaille dans un autre pays que le sien parce que son employeur l’a envoyé là-bas) est soumis aux cotisations sociales de son pays d’origine. Ainsi, 50% des employés des abattoirs allemands sont des travailleurs détachés venus d’Europe de l’Est, où les charges sont bien plus faibles que chez nos voisins rhénans. Ce type de pratiques tire le prix de nombreuses denrées alimentaires vers le bas et démontre de fait l’importance d’une harmonisation totale des règles et des charges au niveau européen, malgré l’écart de niveau de vie entre les Etats-membres.

Le chiffre et l’idée n°9 (semaine 2) : ‪#‎commerce‬ intrazone ‪#‎UE‬:
Le franco-allemand EADS, le franco-néerlandais Air France-KLM, l’anglo-néerlandais Royal Dutch Shell ou encore Dacia (la filiale roumaine de Renault)… Les FTN européennes sont légions et s’imposent souvent comme des mastodontes dans leur secteur respectif. La politique européenne a largement facilité la coopération européenne, elle n’est donc pas étrangère à la réussite de ces multinationales. Celles-ci bénéficient par ailleurs d’un marché intérieur très dynamique qui facilite l’écoulement de leurs stocks: 2/3 du commerce de l’UE est un commerce intrazone.

Le chiffre et l’idée n°8 (semaine 2) :‪#‎Allemagne‬ ‪#‎RéformesHartz‬:
Vous pensez sans doute l’Allemagne réunifiée peut se targuer d’avoir toujours été un modèle de croissance sans faille et une terre de plein emploi?
Si actuellement, l’excellente santé économique de l’Allemagne contraste avec celle de ses voisins européens, sachez que ce ne fut pas toujours le cas : entre la réunification et les années 2004-2005, l’Allemagne est le vilain petit canard de l’Europe. Tandis que les pays du Sud prospèrent (l’Espagne par exemple parvient à baisser son chômage jusqu’à 10% de la population active, à rattraper le niveau de vie moyen de l’UE…) la croissance n’excède pas 1,5% par an en moyenne chez nos voisins rhénans.
Le salut de l’Allemagne est venu des réformes Hartz (du nom du chef du personnel de Volkswagen de l’époque) sous l’impulsion de Gerald Schröder. Celles-ci ont considérablement assoupli le marché du travail allemand. Le chômage qui s’élevait à 11,5% de la population active en 2005 a quasiment été éradiqué, au prix d’une précarisation du travail que l’aile gauche du SPD a beaucoup reproché à l’ex-chancelier Schröder.

Le chiffre et l’idée n°7 (semaine 2) ‪#‎MonnaieUnique‬ ‪#‎CommerceMondial‬ ‪#‎UE‬ :
Depuis la création de l’Euro en 1999, la monnaie unique a pris une importance certaine sur les marchés en tant que monnaie d’échanges internationale. Actuellement, un quart des échanges internationaux se font en Euro, contre seulement 14% il y a 16 ans.
Comparativement à l’importance de l’Europe dans les échanges commerciaux (l’UE est le premier marché mondiale, elle réalise 17% des exportations mondiales et même 38% si on comptabilise le commerce intrazone) ces 25% sont en fait une piètre performance. L’Euro n’est absolument pas en mesure de remettre en cause l’hégémonie du « roi dollar ».
La France, par exemple, ne vend que la moitié de ses exportations extra-européennes en euro ; Une situation qui expose notre économie aux aléas de conversions monétaires bien souvent préjudiciables.

Le chiffre et l’idée n°6 (semaine 2) : ‪#‎COP21‬ ‪#‎Kyoto‬ ‪#‎UE‬:
A l’approche de la conférence de Paris qui sera sans aucun doute décisive quant à l’engagement des Etats en faveur de la transition énergétique, il est opportun de jeter un regard en arrière.
En 1997, l’Europe a été précurseur en matière de lutte contre le changement climatique. Comme le souligne Zaki Laïdi dans « le reflux de l’Europe » (ouvrage que vous pourrez tenter de gagner prochainement grâce à notre partenariat avec les Presses de Science po !), le protocole de Kyoto n’aurait pas posé d’objectifs aussi ambitieux pour les pays occidentaux sans l’intervention du vieux continent.
Ce leadership européen s’est progressivement effrité. En cause, l’échec retentissant de la conférence de Copenhague (2009), et surtout la baisse progressive du poids de l’Europe en ce qui concerne l’émission de gaz à effet de serre (23% des émissions mondiales en 1997, 12% aujourd’hui). D’aucuns critiquent un Europe donneuse de leçons, qui tient ses objectifs environnementaux grâce à sa croissance atone.

Le chiffre et l’idée n°5 (semaine 1) ‪#‎PuissanceDouce‬ ‪#‎UE‬:
Dans son essai « Why Europe will run the 21st century » (2005), Mark Leonard encense l’Union européenne, capable selon lui de pacifier ses marges en incitant les Etats limitrophes à adopter les valeurs de la communauté pour espérer y entrer (les fameux « critères de Copenhague » adoptés en 1993).
Cette « puissance douce » trouve aussi ses détracteurs, à l’image de Jean-Baptiste Vouilloux : dans son ouvrage paru en 2013 « La démilitarisation de l’Europe : un suicide stratégique ? » il constate que les budgets militaires augmentent partout dans le monde, sauf en Europe. Privée de toute capacité coercitive, l’Europe ne peut à ses yeux tenir son rôle de puissance majeure sur la scène internationale.

Le chiffre et l’idée n°4 (semaine 1) ‪#‎PAC‬ ‪#‎UE‬ :
La Politique agricole commune (PAC) est une des plus grandes réussites de la communauté européenne : Entre 1950 et 1990, la production de denrées agricoles a quintuplé. Cette augmentation spectaculaire est due essentiellement à la professionnalisation des agriculteurs (utilisateurs de machines-outils et d’engrais dès les années 1950) et à l’essor de la productivité qui en découle.
Le modèle va pourtant vaciller à partir des années 1980 : l’Europe devient auto-suffisante et la course à la productivité n’a plus de raisons d’être. Par ailleurs, les pays hostiles à cette politique (groupe des CAIRNS et Etats-Unis notamment) se font entendre à travers la tribune que leur offre l’Uruguay Round (1986-1994). Enfin, l’entrée en 1986 de deux pays résolument agricoles, l’Espagne et le Portugal, rend le poids de la PAC insoutenable pour l’instance européenne (la PAC va représenter jusqu’à 78% du budget de la CEE !).
Les accords de Blair-House (1992) marquent une rupture profonde : ils entérinent la baisse des subventions accordées aux agriculteurs européens et la transition vers une agriculture qui se veut désormais plus qualitative.

Le chiffre et l’idée n°3 (semaine 1) ‪#‎R‬&D ‪#‎UE‬ :
En considérant le capital investi, les 28 Etats de l’Union européenne sont responsables de 21% de la recherche et développement (R&D) mondiale. C’est loin derrière les Etats-Unis (31%), mais c’est mieux que la Chine (17%) et que le Japon (10%).
Néanmoins, la coordination entre les Etats-membres en matière scientifique est inaboutie : il y a peu de recherches communautaires. Il en résulte des « doublons » préjudiciables pour l’Europe, et un mauvais positionnement dans la division internationale du travail (DIT) mondiale.

Le chiffre et l’idée n°2 (semaine 1) ‪#‎Allemagne‬ ‪#‎IntégrationEuropéenne‬ :
En juillet 2009, la cour constitutionnelle de la République fédérale d’Allemagne déclare que le traité de Lisbonne (signé en décembre 2007 par les 27 Etats-membres de l’UE) est compatible avec la constitution allemande (« das Grundgesetz » pour les germanophones), à condition que le parlement allemand dispose d’un cadre légal lui permettant d’intervenir dans les affaires de l’Europe.
Cette décision est clairement perçue comme un coup d’arrêt à la progression de l’Europe vers la supranationalité : les « sages » du plus europhile des Etats européens estiment que la constitution allemande telle qu’on la connait aujourd’hui ne permet plus de poursuivre l’avancement de l’intégration européenne.

Le chiffre et l’idée n°1 (semaine 1) ‪#‎UE‬ ‪#‎Euroscepticisme‬ :
Une majorité de citoyens européens (70%) ont une opinion « assez négative » voire « très négative » de l’administration des instances européennes. Celle que les parties eurosceptiques nomment volontiers « la bureaucratie de Bruxelles » est jugée trop rigide, sans aucune légitimité démocratique… mais surtout pléthorique et donc très couteuse pour le contribuable européen. Le coût de ses fonctionnaires ne s’élève pourtant qu’à 6% du budget de l’UE, qui n’équivaut lui-même qu’à 1% du PNB européen.
Il faut par ailleurs rappeler que le budget de l’UE est fixé chaque année sans possibilité de dépassement : l’Europe ne se finance pas sur les marchés mais directement auprès des Etats-membres.
(D’après Robert Menasse, Un messager pour l’Europe).