Comment réussir sa rentrée en prépa A/L ? Comment réussir sa rentrée en prépa A/L ?
Ça y est, ça (re)commence ! Les cours ont repris après de longs mois d’interruption, et les premières colles et DS vont bientôt poindre... Comment réussir sa rentrée en prépa A/L ?

Ça y est, ça (re)commence ! Les cours ont repris après de longs mois d’interruption, et les premières colles et DS vont bientôt poindre le bout de leur nez. Que tu entres en hypokhâgne, en khâgne et même en cube en A/L (petits noms de la première, deuxième et troisième année de prépa chez les littéraires, soit respectivement bizuth, carré et cube), c’est l’heure de replonger dans l’univers de la prépa et son rythme effréné, et pour cela, quoi de mieux que de faire un petit point avant le rush ?

 

Assurer les fondamentaux

En première année

Le moment de la rentrée peut être déroutant, surtout en première année. Les professeurs le savent et vous ont pour cela, la plupart du temps, indiqué une bibliographie – indicative ou obligatoire – avant même de vous rencontrer, à lire pendant l’été. Cette période t’as normalement permis de débroussailler certaines œuvres tout en prenant du plaisir à les découvrir, pour avoir quelques repères au moment de la rentrée. Tu peux donc t’équiper dès à présent des outils indispensables pour un préparationnaire A/L digne de ce nom : Gaffiot pour les latinistes, Bailly pour les hellénistes, Oxford Advanced Learner’s pour tes commentaires et versions en anglais, sans oublier la Bible des textes littéraires fondamentaux, les 150 textes théoriques et critiques (Jacques Vassevière et Nadine Toursel, éditions Armand Colin) qui te sera d’une grande aide tout au long de tes années de prépa.

En deuxième et troisième année

À l’entrée en khâgne (nom de la carrée en A/L) et en cube, la période de rentrée te permettra jusqu’au début de cette dernière d’ajuster et de peaufiner tes recherches et notes estivales. De même, lire ses copies de première année est primordial dans un premier temps pour repérer les éventuelles lacunes, erreurs ou fautes d’orthographe qui sont pour ces dernières plus que jamais à proscrire, et surtout de refaire un point sur la méthode des dissertations dans chaque matière, qui ne sera généralement pas revue en classe. Pour cela, si tu es un(e) habitué(e) des remarques désespérées de tes profs dans les marges de tes copies à propos de tes accords, ou des problèmes de concordance des temps dans tes versions, alors munis-toi d’un Bescherelle et travaille les points de grammaire essentiels et récurrents, car un propos rempli de fautes ne sera jamais aussi bien reçu qu’un texte écrit dans une langue correcte. Essaie de lire également de lire de bonnes copies pour comprendre les éventuels défauts des tiennes, ce qui s’avère être un excellent moyen pour progresser sur le plan de la méthodologie et de la langue.

Enfin, si tu trouves que ta graphie laisse parfois à désirer, n’hésite pas à prendre un peu de temps pour la travailler en faisant régulièrement quelques lignes d’écriture, pour éviter à ton correcteur de prendre systématiquement sa loupe ou de devoir inventer un algorithme pour te comprendre. Ce serait quand même dommage qu’après six heures d’épreuves, tes dernières pages de dissertation ne soient pas corrigées car pas suffisamment lisibles !

 

Prendre ses marques

Que tu arrives en prépa A/L en ayant entendu qu’entre les langues anciennes et la culture antique obligatoires en première année, l’histoire, les lettres, la géo et tes deux langues, c’est l’enfer, ou que tu t’apprêtes à passer ta deuxième année entièrement tournée vers les concours, sache que stresser ne sert à rien, au contraire. La bizuth (ou hypokhâgne) est une année de découvertes, très généraliste, qui te permettra d’acquérir la méthodologie essentielle des dissertations, une rigueur et un solide bagage de références qui te sera utile en deuxième année et plus largement pour la suite de tes études. La khâgne / la carrée est quant à elle plus spécifique, dans la mesure où un programme est imposé dans chaque matière par les ENS.

Dans ce cas, il est donc indispensable d’avoir lu au moins une première fois l’ensemble des œuvres de lettres au moment de la rentrée voire même pendant, et avoir commencé à prendre des notes, en rapport avec les grands axes à étudier en plus, et si ce n’est pas encore fait, ce n’est pas trop tard ! Ce travail de repérage dans les œuvres, qui sera affiné pendant l’année, est un excellent moyen de te les approprier progressivement et non pas au dernier moment avant les concours : savoir de quoi le professeur parle dès le début et maîtriser les références contribue grandement à se sentir en confiance !

Le petit conseil en plus : se constituer un corpus de citations pertinentes dès le tout début de l’année pour les utiliser à partir des premiers DST ; ne pas oublier non plus de travailler à parts égales toutes les matières, sans délaisser celles qui te paraissent moins importantes, ou surtout celles qui te plaisent moins, même si tu dois tout de même mettre l’accent sur les lettres et ta matière de spécialité, qui ont un coefficient plus important aux concours.

Par ailleurs, s’il y a peu de manuels à proprement parler dans les disciplines de la filière A/L, et encore plus en khâgne, aie à l’esprit que chaque année, les éditions Atlande font paraître pour chaque matière du concours un ouvrage très riche exclusivement dédié aux concours de la BEL (Banque d’Épreuves Littéraires) et de la BCE (Banque Commune d’Épreuves), qui traitera les grands axes de chaque sujet. N’hésite donc surtout pas à les consulter dès leur parution, qui a lieu généralement quelques semaines après la rentrée.

 

Reprise du rythme et organisation

Une fois que tu auras eu ton emploi du temps de l’année, les premières inscriptions sur le colloscope vont arriver très vite : n’oublie pas qu’une colle de philo qui s’enchaîne immédiatement après une colle de lettres n’est pas forcément un choix optimal. Garde un calendrier, agenda ou autre sur lequel tu pourras facilement visualiser les échéances prochaines, en prenant en compte les spécificités et le temps de préparation et de recherche de chaque épreuve.

Ensuite, même si tu n’es pas partisan(e) des fiches, essaie quand même le plus possible de te constituer un «catalogue » de références et d’exemples précis, toutes matières confondues, que tu maîtriseras sur le bout des doigts ! De même, tout dépendra de la méthode de tes professeurs, mais lire l’ensemble de la bibliographie qui t’a été donnée s’avère bien souvent impossible, mais ce n’est pas grave : cela participe d’un travail d’apprentissage qui consiste à repérer les chapitres et passages qui te seront utiles pour les concours et laisser de côté ceux qui le sont moins.

Dès que tu liras un article, une citation, ou tout autre document pertinent, note immédiatement la référence complète pour ne pas avoir à la rechercher plus tard au moment des DS, concours blancs et vrais concours. Tu gagneras en temps et en efficacité et la précision des sources dans une dissertation est un énorme plus qui fait la différence quand le correcteur aura lu la même citation pour la énième fois mais sans avoir été exactement établie.

Pour finir, réserve-toi un moment dans la semaine pour lire des ouvrages pour approfondir une notion, un thème ou un auteur, afin de joindre l’utile à l’agréable en te constituant une bibliothèque d’idées plus personnelles qu’à travers les seuls cours !

 

En bref, tu l’auras compris, cette année ne sera pas de tout repos, mais une bonne organisation, des lectures et un travail réguliers seront pour toi la clé de la réussite ; alors plus que jamais, bon courage pour cette rentrée !

Ariane Thévenet

Élève à l'École Normale Supérieure de Lyon après deux années de classe préparatoire A/L au lycée Fénelon à Paris et ancienne interne au lycée d'État Jean Zay.