Les débouchés de la prépa A/L : ce qu’il faut savoir Les débouchés de la prépa A/L : ce qu’il faut savoir
Voici venue la période de l’orientation, notamment avec l’ouverture de la plateforme Parcoursup depuis le 20 janvier. Pour t’aider à te repérer dans les... Les débouchés de la prépa A/L : ce qu’il faut savoir

Voici venue la période de l’orientation, notamment avec l’ouverture de la plateforme Parcoursup depuis le 20 janvier. Pour t’aider à te repérer dans les multiples offres de formations qui sont proposées, quoi de mieux que d’avoir la possibilité de se renseigner sur les débouchés du parcours pluridisciplinaire d’excellence qu’est la prépa A/L, aussi connue sous le doux nom d’hypokhâgne/khâgne ?

 

La CPGE A/L : une formation exigeante

La classe préparatoire A/L est un cursus sur deux ans (voire trois ans pour les élèves qui souhaitent retenter les concours à la fin de la deuxième année). On y étudie la philosophie, l’histoire, la géographie, la littérature française ainsi que les langues anciennes et vivantes. En suivant ce parcours, tu acquerras un excellent niveau dans ces matières, ce qui te permettra de te diriger par la suite vers de nombreuses voies. L’article que nous te proposons ici renvoie à de nombreux liens afin de te diriger directement et de la manière la plus efficace possible vers le sites, documents et sources officiels !

Les équivalences à l’université

Principe

Un des principes de fonctionnement des études en classes préparatoires est l’existence d’équivalences avec l’université. En effet, un des premiers débouchés des élèves de khâgne est la poursuite à l’université. Langues, littérature et civilisation (LLCE) en langue étrangère, philosophie, géographie, histoire, musicologie, cinéma, théâtre, lettres modernes, lettres classiques, tous ces parcours sont à ta portée en fonction de la spécialité que tu auras suivie en classe de khâgne.

Pour rappel, lorsque tu t’inscris en classe préparatoire, tu dois obligatoirement être inscrit en parallèle dans une université avec laquelle ta prépa a passé une convention, avec un choix de parcours prédéfini en lien avec ta spécialité ; c’est ce que l’on appelle « l’inscription en cumulatif ». Bien sûr, tu n’as aucune obligation d’assister aux cours dispensés à l’université et tu ne passes aucun partiel ni examen de fin d’année.

À la fin de chaque année de classe prépa que tu auras validée, tu obtiendras une attestation de délivrance d’ECTS (système européen de transfert et d’accumulation de crédits). Ainsi, à l’issue de la première année, les élèves obtiennent 60 ECTS, auxquels on ajoute 60 la deuxième année, pour parvenir à 180 ECTS à la fin de la licence 3 (si tu cubes). Cela signifie concrètement qu’à l’issue de ta première année de prépa, si tu souhaites arrêter, tu pourras intégrer directement en deuxième année l’université dans le parcours que tu as choisi. Il en va de même pour chacune des années ultérieures.

Voici à titre d’information le texte officiel expliquant son fonctionnement :

« Une attestation descriptive de son parcours de formation est délivrée à chaque étudiant. Cette attestation mentionne les crédits (E.C.T.S.) qu’il peut faire reconnaître et valider par l’établissement d’enseignement supérieur dans lequel il poursuivra ses études. Établie sur la base d’une grille nationale de référence, et délivrée par le proviseur ou le chef d’établissement d’origine, cette attestation est valable pour les universités françaises et étrangères. »

Tu retrouveras toutes les modalités relatives aux classes préparatoires juste ici, énoncées par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Changement de voie

Par ailleurs, si l’on parle surtout des concours à bac +2 ou bac +3 pour celles et ceux qui auront fait le choix de cuber, il ne faut pas oublier que les hypokhâgneux (premières années de lettres supérieures ou bizuths) ont la possibilité de se réorienter à l’issue de cette première année s’ils le souhaitent. Ainsi, grâce notamment au système d’équivalences présenté ci-dessus, poursuivre sa scolarité dans un établissement du supérieur est très facile et n’implique pas de reprendre sa scolarité à zéro dans le supérieur (sauf changement radical de domaine). Tu pourras également passer le concours d’entrée en première année à SciencesPo pour intégrer un des nombreux IEP situés partout en France. Enfin, il te faudra passer à nouveau par la plateforme Parcoursup si tu souhaites procéder à une réorientation à la fin de ta première année de prépa.

Les concours

Comme son nom l’indique, les classes préparatoires aux grandes écoles littéraires ont pour vocation première de former ses élèves afin qu’ils intègrent une grande école.

Les Écoles Normales Supérieures

En premier lieu, le débouché historique de la classe de khâgne est l’École Normale Supérieure (ENS). Il existe trois établissements différents : l’ENS (ENS Ulm), destinée aux élèves de khâgne classique, l’ENS de Lyon, principalement destinée aux élèves de khâgne moderne et l’ENS Paris-Saclay (anciennement Cachan, réservée aux spécialistes d’anglais en khâgne). Les places y étant très limitées (seuls 4% des préparationnaires intègrent ces établissements), d’autres concours sont ouverts afin que ses élèves aient accès à des recrutements plus diversifiés.

Si tu intègres une des ENS par la voie du concours, tu deviendras normalien élève (fonctionnaire-stagiaire). Cela signifie que pendant tes quatre années de scolarité à l’ENS, tu recevras un traitement par l’État (tu percevras un salaire mensuel et commencera à cotiser pour ta retraite). Tu seras par conséquent soumis à l’engagement décennal, c’est-à-dire que tu devras dix ans de service à l’État à compter de ton entrée à l’ENS (quatre années à l’ENS pour obtenir ton diplôme et six années restantes). Tu devras donc travailler pendant dix années dans le service public en contrepartie de ce statut. À noter que si tu intègres cet établissement sur dossier, tu ne seras pas concerné par ces conditions et effectueras ta scolarité sans rémunération, mais également sans être soumis à l’engagement décennal.

La BEL

Dès lors, la Banque d’Épreuves Littéraires (BEL), permet d’avoir accès à plusieurs écoles (dont les ENS) regroupées dans cette banque en ne passant qu’une salve d’épreuves, dont le programme pour chaque matière est fixé en amont et chaque année par les ENS. Au moment des inscriptions aux concours en deuxième année, tu dois choisir (ou non) les écoles qui t’intéressent parmi la liste suivante :

  • Le CELSA (licence / master de sciences de l’information et de la communication, qui donne accès notamment aux métiers du journalisme à Sorbonne Université)
  • L’École nationale des Chartes
  • L’ESIT (l’École supérieure d’interprètes et de traducteurs)
  • L’École spéciale militaire Saint-Cyr (ESM Saint-Cyr, qui forme des officiers destinés à encadrer les unités opérationnelles de l’armée de Terre)
  • L’École du Louvre
  • L’ISIT (Institut de management et de communication interculturels)
  • L’ISMaPP (Institut Supérieur du Management Public et Politique)
  • SciencesPo Lyon
  • SciencesPo Aix
  • SciencesPo Lille
  • Ecricome (Banque de 4 grandes écoles de commerce : EM Strasbourg Business School, Kedge Business School, Neoma Business School et Rennes School of Business, dont la brochure de présentation est accessible via ce lien)

La liste complète des écoles membres de la BEL est disponible sur son site officiel. Tu y trouveras une présentation rapide de chacun des établissements, qui renvoient par ailleurs à leur site officiel si tu souhaites obtenir davantage d’éclaircissements !

La BCE

On ne la présente plus, la Banque Commune d’Épreuves s’adresse également aux préparationnaires littéraires qui souhaitent intégrer une grande école de commerce. Il s’agit d’un second concours, distinct de celui de la BEL. Le programme de celui-ci est le même que pour ce premier concours, seuls les formats d’épreuves diffèrent quelque peu. Si celui-ci t’intéresse, tu trouveras dans cet article les modalités pratiques relatives au passage de la BCE pour les préparationnaires A/L.

Beaucoup d’élèves de khâgne A/L choisissent chaque année cette voie et s’y épanouissent pleinement ; cette offre non négligeable en termes d’écoles constitue un débouché supplémentaire aussi multiple que complet pour les élèves de classe préparatoire littéraire. À cet effet, pour illustrer ce type de trajectoire répandu, l’interview d’une ancienne élève de khâgne A/L aujourd’hui à l’ESCP paraîtra prochainement, alors si son parcours t’intéresse, reste connecté(e) !

De même, nous te joignons la brochure réalisée par l’ensemble des écoles de la BCE afin de te présenter ces dernières et t’aider à te guider parmi ces nombreuses offres. Elle te sera très utile si tu comptes passer la BCE, car au moment des inscriptions, tu devras sélectionner la ou les écoles que tu souhaites passer !

Écoles sur dossier

Les débouchés de la prépa A/L ne se limitent pas qu’à l’obtention d’écoles sur concours. En effet, à l’issue de ta khâgne ou de ta cube, tu peux présenter des dossiers dans un très grand nombre d’établissements suivant ce que tu souhaites étudier par la suite. Les ENS, l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), SciencesPo Paris et IEP de province (accessibles en master uniquement), l’École du Louvre, et d’autres formations sélectives (licences ou masters) en France ou à l’étranger, sont disponibles pour les khâgneux qui en font la demande et qui auront été sélectionnés.

Une multitude de parcours professionnels

Ces nombreuses possibilités de parcours sont le moyen de se diriger par leur formation vers des métiers tout aussi divers. Ainsi, la traduction, la recherche, l’enseignement, la diplomatie, les relations internationales, le commerce, les métiers liés à la culture (domaine artistique sous toutes ses formes), le journalisme, sont autant de voies pour lesquelles tes compétences que tu auras développées en CPGE A/L seront un véritable atout. Aie à l’esprit qu’il n’y a pas un parcours unique, mais bien des parcours qui épousent tes envies et tes ambitions.

Il te faut donc te renseigner sur les offres disponibles afin de trouver un parcours qui te mènera à un métier dans lequel tu t’épanouiras. Tu peux t’aider de témoignages d’anciens élèves de prépa A/L, que l’on trouve parfois sur les sites des lycées présentant cette formation par exemple, qui son toujours très enrichissant. De même, assister aux portes ouvertes des établissements qui t’intéressent est une excellente façon de rencontrer des personnes aux parcours variés et parfois même atypiques, pour t’ouvrir davantage de perspectives. Même si en ces temps de pandémie, ces interactions se trouvent réduites, n’hésite pas à participer aux dispositifs de portes ouvertes virtuelles ou de rencontres à distance pour parler de tes projets !

Pour finir, et parce que c’est toujours plus parlant et concret de visionner des vidéos sur ce sujet, nous t’invitons à regarder cette interview de Marie-Christine Gillet, professeure de philosophie au lycée La Bruyère de Versailles, qui te donnera encore plus d’informations sur ce parcours ! Nous te souhaitons bon courage pour cette période en partie dédiée à ton orientation, et espérons que cet article aura su t’éclairer davantage sur les nombreux débouchés qu’offre la prépa A/L !

Ariane Thévenet

Élève à l'École Normale Supérieure de Lyon après deux années de classe préparatoire A/L au lycée Fénelon à Paris et ancienne interne au lycée d'État Jean Zay.