Qu’est-ce qu’une prépa B/L ? Qu’est-ce qu’une prépa B/L ?
Bonjour à toi gentil lecteur / gentille lectrice qui te poses aujourd’hui la question existentielle : qu’est-ce qu’une prépa B/L ? Imagine, après plusieurs... Qu’est-ce qu’une prépa B/L ?

Bonjour à toi gentil lecteur / gentille lectrice qui te poses aujourd’hui la question existentielle : qu’est-ce qu’une prépa B/L ?

Imagine, après plusieurs semaines de dur labeur, faites de colles, de DS, et autres joyeusetés, tu pourras dire lors de ton prochain repas de famille, tout(e) fier(e), que tu es cette année en prépa B/L. Et là, grand moment de solitude, tout le monde te dira poliment « ah oui ok »… Mais personne ne saura ce que c’est.

Eh oui, la prépa B/L est somme toute assez… « confidentielle ». En effet, seules une petite trentaine de prépas B/L existent en France. Tu pourras dire ensuite « c’est la prépa qu’a faite Emmanuel Macron » pour entendre toute l’assistance répondre d’une seule voix « ah oui ok !! ». Mais personne ne saura ce que c’est.

Ton heure de gloire passée, peut-être que ton arrière-grand-tante posera LA question qui tue : « mais ça veut dire quoi le B et le L ?? » Il y a fort à parier que tu ne sauras pas répondre. Peut-être que tu hésiteras entre « Beautiful Life » et « Big Love », mais c’est là que j’interviens et que je te sauve la face.

 

Petite minute culturelle sur la prépa B/L

Il fut un temps, lointain – que même moi je n’ai pas connu –  où les terminales ne s’appelaient pas L, ES, ou S, mais A, B, C, D, E. En réalité il y avait depuis 1968 pléthore de séries : aux cinq susnommées, on pouvait ajouter D’, A1, A2, A3, A4, A5, A6, A7, F1, F2, F3, F4, F5, F6, F7, F7’, F8, F9, F10.A, F10.B, F11, F11’, F12, G1, G2, G3, et même H. Inspirés les gars au Ministère… Les terminales A étaient des littéraires (avec des variantes A1 , A2… selon les options choisies), les B des séries économiques et sociales. Et les C, D, E des scientifiques avec des spécialités maths, bio, ou dessin industriel, mais nous on va s’intéresser aux A et aux B. Après un bac A, les étudiants désireux de suivre une prépa littéraire (le « L ») allaient en A/L, et après un bac B, en B/L. Logique, non ?

En 1996, avec la réforme du bac, les séries L, ES et S sont apparues, puis elles ont disparu en 2020 mais les noms des deux classes prépas littéraires sont restées, et le recrutement dans ces filières s’est diversifié. Les A/L sont donc aujourd’hui des classes préparatoires « purement » littéraires, tandis que les B/L sont des prépas littéraires dites « lettres et sciences sociales ». Les deux filières sont considérées comme des hypokhâgnes (1ère année) et des khâgnes (2ème année), et sont accessibles à différents profils de bacheliers.

 

La B/L, le « couteau suisse » des prépas

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que la B/L c’est un peu le « couteau suisse » des classes prépas, avec ses nombreuses matières et ses débouchés extrêmement variés. En effet, en B/L tu vas étudier, avec des volumes horaires quasiment identiques, les lettres, la philo, les SES, les maths (comme le nom de la filière ne l’indique pas !), l’histoire, les langues vivantes (parfois 2 !), peut-être le latin, le grec ancien ou la géographie en fonction de tes options. C’est donc une filière extrêmement riche intellectuellement, qui te permettra de te forger une solide culture générale !

La prépa B/L a été créée en 1983, à l’origine pour permettre à des étudiants issus d’un bac B donc, d’intégrer les ENS (écoles normales supérieures). Mais aujourd’hui, parmi les débouchés possibles, en plus des ENS (écoles normales supérieures), on compte principalement les grandes écoles de management (HEC, ESSEC, ESCP…), les écoles de statistiques (ENSAE, ENSAI), Sciences Po Paris (en M1, donc après 3 ans de prépa B/L), le Celsa, l’ENSG, quelques écoles d’ingénieur regroupées dans le concours GEIDIC, et de nombreuses formations universitaires prestigieuses (Dauphine, Sorbonne, Assas…).

 

D’anciens B/L devenus célèbres

La B/L a son lot d’anciens élèves devenus célèbres : notre président a effectivement fait une B/L, puis a intégré Sciences Po Paris, et l’ENA. Même parcours pour Edouard Philippe, notre ancien premier ministre. Un autre exemple est celui de Christophe Barbier, éditorialiste politique et ancien rédacteur en chef de l’Express, qui a quant à lui intégré l’ENS Ulm après une B/L, avant de poursuivre avec un mastère spécialisé média à l’ESCP.

 

Voilà, tu sais tout sur l’origine de cette filière ! De quoi animer ton prochain repas de famille et, je l’espère, te motiver pour te mettre au boulot 😉

Amélie Hurteaux

Professeure de mathématiques en B/L au lycée Stanislas de Cannes